Dévoilé le 13 mai 2026, le Sony A7R VI signe la mise à jour la plus ambitieuse de la gamme R depuis son lancement en 2013. Au programme : un nouveau capteur plein format empilé de 67 Mpx, une rafale atteignant 30 i/s, une dynamique annoncée à 16 stops, un mode vidéo 8K revu et une nouvelle batterie.
Sport, animalier, vidéo, reportage… sur le papier, l’A7R VI ne se contente plus du paysage et du studio et veut s’imposer comme la déclinaison la plus polyvalente jamais sortie dans la gamme « R ». Mais sur le terrain, Sony tient-il son pari ? La réponse dans notre test du Sony A7R VI.

Sommaire
- Sony A7R VI, héritier d’une grande lignée
- Ergonomie et prise en main
- Performances et qualité d’image du Sony A7R VI
- Autofocus, suivi et réactivité du Sony A7R VI
- Rafale et buffer
- Rolling shutter
- Stabilisation
- Vidéo 8K 30p et 4K 120p sans crop, ou presque
- Connectique, stockage et autonomie
- Sony A7R VI : la haute définition la plus polyvalente jamais sortie chez Sony
Sony A7R VI, héritier d’une grande lignée
Au commencement était la série A7R. Car lorsque Sony inaugure la course des hybrides plein format en octobre 2013, la marque lance deux boîtiers simultanément : l’A7 original, mais aussi l’A7R. Embarquant un capteur CMOS Exmor de 36 Mpx, ce dernier pouvait se vanter de partager la couronne de l’appareil plein format le plus défini du marché avec le reflex Nikon D800.
Depuis, la série a évolué pour offrir toujours plus de mégapixels, tout en palliant les défauts des débuts (autofocus, stabilisation, mode vidéo). Néanmoins, à partir de 2019 et le Sony A7R IV avec ses 61 Mpx, le capteur n’avait plus connu d’évolution. Lancé fin 2022, le Sony A7R V conservait la même cellule sensible, comme ses « cousins », les A7C R et RX1R III. La concurrence, hormis chez Leica et Sigma, se contentait depuis de définitions plus « raisonnables » de 45 ou 47 Mpx.
En dévoilant son A7R VI et son capteur de 67 Mpx, Sony met donc fin à une période de 7 ans, soit la plus longue entre deux renouvellements de capteur dans la série des « R ». La firme conserve toutefois une certaine logique puisqu’elle a tendance à modifier les capteurs d’une même série tous les deux modèles (hors déclinaisons compactes ou vidéo).

Le capteur de l’A7R VI n’est pas seulement plus défini. Il gagne une structure dite « empilée » qui devrait corriger l’un des principaux griefs émis à l’encontre des précédentes générations : le rolling shutter. Associé à un autofocus toujours plus performant, à un mode vidéo repensé ou encore à une rafale boostée à 30 i/s, il s’impose comme la variante « haute def » du très polyvalent Sony A7 V.
Voici un tableau comparatif des caractéristiques du Sony A7R VI et du Sony A7R V :
| Sony A7R VI | Sony A7R V | |
|---|---|---|
| Capteur | 24x36 Exmor RS BSI 67 Mpx semi-empilé | 24x36 Exmor R BSI 61 Mpx |
| Filtre passe-bas | non | non |
| Processeur | 1x Bionz XR2 | 2x Bionz XR +1 puce IA |
| Viseur électronique | OLED de 9,44 Mpts, 0,9x | OLED de 9,44 Mpts, 0,9x |
| Ecran LCD | 3 pouces, 2,095 Mpts, orientable et inclinable | 3 pouces, 2,095 Mpts, orientable et inclinable |
| Autofocus | AF hybride à détection de phase + contraste | AF hybride à détection de phase et contraste |
| Nombre de points AF | 759 points AF | 759 points AF |
| Couverture AF | 94 % | 94 % |
| Plage AF | -4 à 20 EV | -4 à 20 EV |
| Sensibilité | 100-32 200 ISO (extensible de 50 à 102 400 ISO) | 100-32 200 ISO (extensible de 50 à 102 400 ISO) |
| Obturateur | mécanique et électronique | mécanique et électronique |
| Rafale (obturateur mécanique) | 10 i/s | 10 i/s |
| Rafale (obturateur électronique) | 30 i/s | 10 i/s |
| Pré-capture | oui, 0,03 s - 1 s | non |
| Mode haute résolution | oui (en externe), pixel-shift 270 Mpx et upscale 130 Mpx | oui (en externe), pixel-shift 240 Mpx |
| Obturation mécanique | 30 s – 1/8000 s | 30 s - 1/8 000 s |
| Obturation électronique | 30 s – 1/16 000 s | 30 s – 1/8000 s |
| Stabilisation, gain | oui, 8,5 stops | oui, 8 stops |
| Vidéo | 8K UHD 30 fps (crop 1,2x) + 4K UHD 120 / 60 / 30 fps | 8K UHD 24 fps + 4K UHD 60 fps (crop 1,2x) |
| Vidéo RAW | Oui, ProRes RAW 3,8K 16 bits via port HDMI | Oui, ProRes RAW 3,8K 16 bits via port HDMI |
| Profils colorimétriques vidéo | 12 Film looks, S-Log 3, S-Cinetone | 10 Film looks, S-Log 3, S-Cinetone |
| Stockage | 2x slot SD UHS-II / slot CFexpress type A | 2x slot SD UHS-II / slot CFexpress type A |
| Connectivité sans-fil | Wifi 2,4, 5 et 6 Ghz, Bluetooth 5.0 Low Energy | Wifi 2,4 et 5 Ghz, Bluetooth 5.0 Low Energy |
| Connectivité filaire | USB-C 3.2 Gen2, USB-C 2.0, HDMI Type A, prises micro + casque 3,5 mm | USB-C, microUSB, HDMI Type A, prises micro + casque 3,5 mm |
| Batterie | NP-SA100 (690 / 600 vues) | NP-FZ100 (530 / 440 vues) |
| Rechargement par port USB | Recharge et alimentation directe USB-C | Recharge et alimentation directe USB-C |
| Tropicalisation | Oui, 0-40 °C | Oui, 0-40 °C |
| Dimensions (L x H x P) | 133 x 97 x 83 mm | 131 x 97 x 82 mm |
| Poids (batterie + SD inclus) | 713 g | 723 g |
| Prix au lancement | 5100 € (mai 2026) | 4500 € (octobre 2022) |
Ergonomie et prise en main
Au premier regard, le Sony A7R VI épouse le langage stylistique du tout récent A7 V. Les habitués de la marque ne seront donc pas dépaysés : ce sont les détails qui font la différence.

Avec 13 cm de large, 9,7 cm de haut et 8,3 cm de profondeur pour 713 g, le boîtier est toujours assez compact au regard de sa fiche technique. Il perd même 10 g par rapport à son aîné, là où la concurrence – Nikon Z8 et Lumix S1R II en tête – s’oriente plutôt vers des gabarits plus imposants.

La prise en main est excellente. La poignée un peu plus creusée et la tropicalisation rendent l’appareil aussi rassurant en main en studio, qu’en extérieur par météo capricieuse. La disposition des commandes n’évolue pas et reprend la formule éprouvée :
- double molette (avant et arrière) ;
- molette de compensation d’exposition personnalisable ;
- commutateur photo / vidéo / ralenti ;
- joystick de sélection ;
- bouton d’accès rapide au menu Fn ;
- bouton REC dédié ;
- 4 touches Custom ;
- roue crantée cliquable.
L’écran tactile de 3,2 pouces et 2,1 Mpts est toujours orientable et inclinable et présente sans aucun doute la meilleure solution du marché pour alterner sereinement photo et vidéo.


Le viseur électronique n’évolue pas en définition (toujours 9,44 Mpts, soit 2048 x 1536 px), mais Sony a profondément retravaillé la dalle. Annoncé comme étant trois fois plus lumineux que celui du A7R V, compatible HDR et couvrant l’espace DCI-P3, ce viseur est un vrai régal à utiliser, en particulier en plein soleil ou pour analyser une image en S-Log. C’est probablement le meilleur viseur jamais embarqué dans un boîtier Sony.

Trois évolutions ergonomies notables complètent ce tableau. D’abord, l’arrivée des touches rétroéclairées : une grande première chez Sony. En appuyant sur touche située sur l’épaule droite (réassignable, comme il se doit), on peut illuminer 8 boutons au dos du boîtier.

Une nouveauté qui fera la différence en reportage de nuit ou en astrophotographie, et qui rattrape un retard que la marque traînait depuis bien trop longtemps face à un Nikon Z8.

Ensuite, la molette de sélection des modes s’enrichit. Au programme habituel (Auto, P, A, S, M et trois positions personnalisables) s’ajoute une étoile qui ouvre un sous-menu et donne accès à 10 profils pré-réglés supplémentaires. Ce qui est intéressant pour les photographes qui jonglent entre plusieurs disciplines.

Enfin, on note la présence d’une tally lamp, inédite sur un hybride Sony classique mais déjà croisée sur les caméras FX3, FX30, FX2 ou ZV-E1.


Installée à cheval entre la face avant et l’épaule droite, elle reste visible aussi bien par l’opérateur que par le sujet filmé – une attention bienvenue. Comme à l’accoutumée, il est possible d’activer la fermeture du rideau à l’extinction de l’appareil pour bien protéger le capteur entre deux changements d’optiques.

Performances et qualité d’image du Sony A7R VI
Capteur plein format empilé de 66,8 Mpx
C’est évidemment le grand changement de cet A7R VI. Sony a opté pour une cellule de 66,8 mégapixels BSI CMOS Exmor RS : la plus haute définition du marché du plein format.
Surtout, ce capteur adopte une architecture empilée qui devrait se montrer bien plus efficace dans la compensation du rolling shutter que les précédentes générations. Du fait d’une vitesse de lecture bien trop lente, il était pratiquement impossible d’utiliser sereinement les A7R IV, V, A7C R et RX1R III en obturation électronique. Déjà problématique en photo, ce point était rédhibitoire en vidéo. Avec l’A7R VI, ce problème devient bien plus marginal – nous y reviendrons.

Comme avec l’A7 V, le constructeur abandonne les RAW non compressés et les valeurs intermédiaires. On peut maintenant choisir entre des RAW compression sans perte (environ 80 à 85 Mo, contre 125 Mo pour les RAW non compressés de l’A7R V), compressés HQ et compressés. Sony garantit que ce choix n’a aucun impact sur la qualité d’image ou la dynamique, mais une certaine prudence reste de mise.
On peut également opter pour un mode APS-C proposant des fichiers de 28 Mpx, ce qui s’avère confortable et rangerait l’A7R VI sur le podium des hybrides APS-C, en termes de définition.
Nous avons utilisé le Sony A7R VI avec un choix assez varié d’optiques : les Sony FE 50 mm f/1,4 GM, Sony FE 70-200 mm f/2,8 GM OSS II, Sony FE 100-400 mm f/4,5 GM OSS, Sony FE 24-70 mm f/4 Zeiss, mais aussi le Sigma 85 mm f/1,4 DG DN Art ou encore le Tamron 28-75 mm f/2,8 Di III VXD G2.
N’hésitez pas à cliquer sur les photos présentes dans ce test pour les afficher en qualité supérieure.



Le niveau de détail est vraiment bluffant. La possibilité de crop est un vrai avantage et permet de retravailler ses cadrages sans craindre de pixéliser le sujet.


Sur ce terrain, on retrouve les sensations connues d’un capteur haute définition. Sans surprise, il faudra des optiques à la hauteur pour exploiter pleinement les 67 Mpx.

Sony insiste enfin sur un nouveau mode de balance des blancs automatique assisté par IA. Le résultat est convaincant : la colorimétrie est assez juste dès la sortie du boîtier, ce qui facilite le recours direct aux JPEG et limite le temps d’édition des RAW.

Pour ceux qui préfèrent éviter de passer par la case développement, on dispose toujours des 12 Creative Looks de Sony, dont les variations FL2 et FL3 introduites avec le RX1R III.

Montée en ISO et dynamique
La sensibilité du capteur va de 100 à 32 000 ISO et peut être étendue de 50 à 102 400 ISO. Une plage classique sur la haute définition Sony, et qui n’a pas évolué depuis 2022. Notez qu’à l’heure de publication de notre test, il nous est impossible d’ouvrir les fichiers RAW, même avec le logiciel Imaging Edge de Sony. Nos premières constatations se baseront donc sur les fichiers JPEG. Nous reviendrons en détail sur l’analyse des RAW ultérieurement.



Malgré le bond en définition, les performances en hautes sensibilités sont au rendez-vous. Les images sont impeccables jusqu’à 1600 ISO. Au-delà, la dégradation reste contenue jusqu’à 6400 ISO, où l’on commence à observer un léger lissage.



Entre 6400 et 12 800 ISO, les résultats restent parfaitement exploitables. À 25 600 ISO, le bruit devient nettement perceptible, mais le résultat reste bien meilleur qu’avec un A7R V dans des conditions équivalentes, ce qui est plus qu’honnête pour un capteur passant de 61 à 67 Mpx.



Au-delà, et notamment dans les valeurs étendues, l’image se dégrade vite. À 102 400 ISO, on ne sauvera que peu de fichiers, sauf à passer par la case logiciel spécialisé.



Très concrètement, le Sony A7R VI offre un très bon rendu pour un capteur si défini. Les fichiers sont propres jusqu’à des valeurs élevées. Même aux valeurs ISO les plus hautes, les photos restent très détaillées.



Par ailleurs, Sony avance une dynamique allant jusqu’à 16 stops, ce qui placerait l’A7R VI au niveau des appareils moyen format, comme le Fujifilm GFX 100 II ou le Hasselblad X2D II 100C. Une affirmation osée, que nous ne manquerons pas de vérifier dans un second temps quand les RAW seront lisibles.

Pixel-shift à 270 Mpx et upscaling 134 Mpx
Pour aller encore plus loin en définition, Sony conserve son mode pixel-shift. Le procédé consiste à capturer 16 fichiers RAW, ensuite assemblés sur ordinateur via le logiciel maison Imaging Edge Desktop (compatible Windows et macOS). On obtient au final une image de 270 mégapixels.
Comme toujours, le recours à un trépied bien stable est obligatoire et le moindre mouvement dans la scène ruine le rendu. On est loin de ce que propose Panasonic avec son pixel-shift à main levée sur le Lumix S1R II…
Plus intéressant, l’A7R VI hérite de l’agrandissement par upscale inauguré par l’A7 V. Toujours via Imaging Edge Desktop, il est possible d’agrandir dynamiquement un unique fichier en une photo de 134 Mpx (16 320 x 8160 px). Le résultat est un fichier RAW éditable, prêt à être retravaillé.

Nous préférons largement cette solution au pixel-shift, infiniment moins contraignante : nul besoin de trépied, d’immobilité de la scène : un seul cliché suffit à l’opération. Le traitement prend une vingtaine de secondes par fichier en qualité maximale. Les résultats sont très propres, sans artefact gênant. C’est typiquement le genre de fonction dont on aimerait disposer en interne, comme sur le Canon EOS R5 Mark II. On se consolera avec la gratuité de cet outil.
L’obturation, en revanche, plafonne toujours à 1/8000e de seconde, que ce soit en mode mécanique ou en électronique. Une valeur assez limitée pour un appareil de ce gabarit, là où la concurrence affiche 1/16 000 s, 1/32 000 s voire plus en électronique.
Autofocus, suivi et réactivité du Sony A7R VI
Le Sony A7R VI hérite du processeur Bionz XR2 introduit par Sony avec l’A7 V. Ce nouveau modèle est bien plus puissant que ses prédécesseurs, et selon Sony, il rend l’ajout d’un module IA séparé superflu.
Les 759 points de l’autofocus couvrent désormais 94 % de la surface du capteur, contre seulement 79 % sur l’A7R V – un vrai gain à mettre au crédit du nouveau capteur.

L’A7R VI repère et suit les visages et les yeux des humains, en analysant les différentes parties du corps pour « prédire » la position du sujet.

Il peut aussi détecter et suivre sans problème les animaux, les oiseaux (œil, visage et corps) ainsi que les insectes.


Côté véhicules, on retrouve la reconnaissance des trains, avions et des voitures. Le mode « auto » introduit avec l’A1 II est de la partie : il privilégie les humains, mais n’oblige pas pas à changer manuellement les cibles reconnues. Très pratique, surtout pour les situations mixtes.
Sur le terrain, l’AF impressionne par sa rapidité et sa justesse. Si l’A7R V était déjà un excellent boîtier en matière de détection autofocus, l’A7R VI monte encore d’un cran.

L’œil est détecté instantanément, même de profil ou avec une partie du visage masquée. Une fois le sujet détecté, le boîtier ne lâche plus : le sujet peut se tourner, marcher vers nous, traverser le cadre, l’AF reste verrouillé.

Les ratés sont rarissimes, et lorsqu’ils surviennent, ils sont plus souvent imputables à une mauvaise estimation de la distance de mise au point de l’objectif qu’à une défaillance de l’AF lui-même.

Même par temps très couvert ou en basse lumière, le boîtier ne flanche pas. Sur ce terrain, le Sony A7R VI est difficilement mis en défaut, ce qui est d’autant plus impressionnant avec un capteur si défini.

Rafale et buffer
Outre la définition du capteur, l’autre changement majeur de cet A7R VI concerne la cadence en rafale. En obturation électronique, on passe de 7 i/s à 30 i/s, et ce en RAW 14 bits ! Une hausse spectaculaire qui, couplée au capteur empilé très défini, permet d’envisager l’A7R VI comme un compagnon très intéressant des photographes animaliers ou de sport.

Si l’on trouve des appareils définis plus rapides sur le marché (le Lumix S1R II ou le Canon EOS R5 Mark II vont au-delà) une telle cadence avec un tel capteur est inédite. En obturation mécanique, on plafonne à 10 i/s, comme le veut la tradition chez Sony.

Toutefois, cette rafale s’accompagne d’une mémoire tampon assez limitée. Sony annonce 60 images maximum dans le format de RAW les plus lourds en obturation électronique. Pas vraiment de quoi pavoiser face aux 1000+ images d’un Z8 ou d’un EOS R5 Mark II. Rappelons toutefois que ces derniers embarquent des capteurs moins impressionnants et leurs rafales rapides sont capturées en RAW 12 bits.
Voici les performances mesurées avec une carte CFexpress type A rapide :
| Obturation mécanique (10 i/s) | Obturation électronique (30 i/s) |
|---|---|
| RAW compressés sans perte + JPEG : 95 images | RAW compressés sans perte + JPEG : 55 images |
| RAW compressés sans perte : 130 images | RAW compressés sans perte : 60 images |
| RAW compressés + JPEG : 130 images | RAW compressés + JPEG : 130 images |
| JPEG seuls : 999+ images | JPEG seuls : 215 images |
À l’instar de l’A7 V, une fois le buffer rempli, la capture ne s’arrête pas. La cadence descend autour… de 3 ou 4 i/s, mais s’avère « illimitée » ! Cela n’a pas forcément un très grand intérêt, mais évite les blocages aperçus sur certains modèles concurrents.
Comme avec les A1 II, A9 III et A7 V, le Sony A7R VI propose un mode boost en rafale. En assignant cette fonction à une touche personnalisable, il est possible d’augmenter temporairement la vitesse de prise de vue en continu : de 15 à 30 i/s, ou de 10 à 20 i/s, avec une plage de réglage comprise entre 5 et 30 i/s, par exemple. Très pratique pour ne pas remplir prématurément son buffer.

L’appareil est aussi doté d’un mode pré-capture réglable entre 0,03 s et 1 s avant le déclenchement complet. Un atout précieux pour saisir l’instant qui précède le pic de l’action.

Comme d’habitude, les cadences de 20 et 30 i/s sont réservées à certaines optiques signées Sony. Pour les constructeurs « tiers » , la cadence plafonne à 15 i/s. Une contrainte toujours frustrante, surtout pour les utilisateurs de Sigma, Tamron et autres.

Comme avec l’A7 V, pour faciliter le tri des rafales, Sony a intégré une fonction qui permet d’insérer une image séparatrice avant chaque rafale, indiquant clairement le début et la fin d’une série à 30 i/s.

Rolling shutter
D’après les explications de Sony, si le capteur est bien empilé, il n’est pas équipé de mémoire DRAM. Cette couche supplémentaire, qui permet habituellement de doper la vitesse des capteurs (comme sur le Sony A1 II ou A9 III), est ici absente.
Ce faisant, la vitesse du capteur de l’A7R VI sera plus proche de celle d’un capteur « semi-empilé » comme celui de l’A7 V que de celle d’un véritable capteur empilé pleinement opérationnel. Plusieurs raisons à ce choix : le développement d’un capteur 67 Mpx « pleinement empilé » (avec mémoire intégrée) entraînerait des surcoûts conséquents et aurait fait exploser le tarif. Et, surtout, en améliorant trop le capteur de son boîtier haute définition, Sony aurait pris le risque de cannibaliser les ventes du A1 II…
Sur le papier, le passage à un capteur empilé devait régler définitivement le souci du rolling shutter. Dans les faits, le constant est plus nuancé. L’absence de mémoire DRAM rapproche le capteur de l’A7R VI d’un capteur semi-empilé comme celui de l’A7 V, plus que d’un capteur pleinement empilé comme celui du A1 II.



Conséquence : en obturation électronique, le niveau de distorsions reste plus marqué qu’en obturation mécanique, mais les déformations sont sans commune mesure avec celles des A7R IV, V ou A7C R. On parle d’un gain spectaculaire par rapport à la génération précédente.
Sur le terrain, les distorsions sont très modérées. Il faut viser des sujets très rapides en panoramique, comme des voitures, des structures très verticales, pour observer une déformation visible. En utilisation classique, paysage, portrait, animalier modéré ou même en sport, vous ne constaterez (presque) jamais de déformations.
C’est un vrai progrès qui, combiné à la rafale 30 i/s, fait de l’A7R VI un boîtier sensiblement plus crédible pour la photo d’action ou d’animaux que ses aînés. Sans oublier que l’obturation mécanique reste toujours disponible.
Stabilisation
La nacelle 5 axes de l’A7R VI a été retravaillée. Sony annonce désormais un gain jusqu’à 8,5 stops au centre et 7 stops en périphérie, contre 8 stops au centre sur l’A7R V. Ces valeurs ont été mesurées avec le Sony FE 50 mm f/1,2 GM.

Sur le terrain, comme souvent, les chiffres CIPA restent difficiles à reproduire. Avec l’A7R VI et un 50 mm, nous avons pu récupérer jusqu’à 6,5 à 7 stops à main levée, soit environ 2 secondes d’exposition exploitables. Au-delà de 2 secondes, malgré tous nos efforts, il devient plus compliqué d’obtenir un cliché parfaitement net.

C’est cependant un net progrès par rapport à l’A7R V. Et c’est surtout une vraie nécessité sur un appareil comptant 67 Mpx, où le moindre flou est immédiatement visible. On peut en revanche regretter l’absence de double stabilisation lorsque l’on monte une optique stabilisée.
Voici une sélection de photos réalisées avec le Sony A7R VI :





















Vidéo 8K 30p et 4K 120p sans crop, ou presque
La vidéo n’est pas le point le plus fort de la série R, où la forte définition limite souvent à du studio et des scènes très statique. Avec le capteur empilé, on peut désormais envisager l’A7R VI plus sérieusement, même si Sony ne propose pas l’appareil le plus ambitieux du marché sur ce terrain.
Le boîtier conserve la 8K UHD au maximum, suréchantillonnée pour l’occasion depuis la 8,2K, mais toujours en MP4 (pas de ProRes ni de RAW interne). De son côté, la cadence grimpe à 30 fps, contre 24 fps auparavant. Dans tous les cas, la captation s’opère avec un crop 1,2x.
Pour un enregistrement sans recadrage, il faut basculer en 4K, suréchantillonnée depuis la 5K, avec, en bonus, un mode ralenti à 120 fps absent du précédent modèle.
| Mode | Définition | Fréquence d’images | Suréchantillonnage | Crop |
|---|---|---|---|---|
| Plein format | 8K | 30p / 24p | 8,2K | 1,2x |
| Plein format | 4K | 120p / 60p / 30p | 5K | — |
| Super35 mm | 4K | 60p / 30p | 6,3K | 1x |
| Super35 mm | 4K | 120p | 4,6K | 1,4x |
Il est aussi possible d’obtenir un signal 4K de qualité supérieure, car suréchantillonné depuis la 6,3K, mais il faut alors passer en mode Super35 mm (crop 1,5x). Un mode 4K 120 fps en Super35 est également disponible, avec un crop supplémentaire 1,4x.
Via la prise HDMI Type A, il est par ailleurs possible d’obtenir un signal ProRes RAW 3,8K 16 bits avec un enregistreur compatible (type Atomos Ninja). Une bonne nouvelle pour les vidéastes pro, mais on aurait préféré disposer du ProRes en interne, comme chez Canon, Panasonic ou Nikon.
Côté qualité d’image vidéo, l’A7R VI livre des séquences très détaillées, avec un piqué et un contraste convaincants. Le rolling shutter, longtemps problématique sur la série R, est bien maîtrisé, sauf cas extrêmes, ce qui démontre l’efficacité du capteur empilé (même sans DRAM). On peut ainsi imaginer filmer à main levée en 8K avec le boîtier, ce qui relevait du fantasme avec les générations précédentes. Mieux, le phénomène se montre encore plus limité en baissant la définition.
Sony introduit ici une nouvelle fonction Dual Gain. En combinant deux niveaux de gain au sein du capteur, on étend la plage dynamique dans les basses lumières et le bruit est visiblement réduit. Les dégradés sont plus doux, les ombres mieux préservées. Un atout précieux en faible luminosité, à condition d’en accepter les limites :
- 4K uniquement ;
- 30 fps maximum ;
- ISO plafonné à 400 (200-3200 en S-Log3) ;
- autonomie réduite ;
- vitesse de lecture du capteur ralentie.
Sony recommande donc de réserver le Dual Gain à des sujets peu mobiles : paysages ou portraits posés. Une fonction de niche, mais qui peut faire mouche dans certains contextes. On trouve une option similaire dans les caméras de Canon avec la fonction DGO, mais avec moins de contraintes.
L’A7R VI hérite aussi du mode de stabilisation Dynamic Active, plus efficace que « l’Active » classique pour les prises de vue en mouvement. Cela se manifeste par un recadrage assez prononcé et il faudra bien s’équiper d’optiques grand-angle. On est assez loin de la stabilisation crop-less des Panasonic Lumix.
Sony ajoute enfin deux fonctions inédites sur la série A7R :
- l’import et l’affichage de LUT pour prévisualiser le rendu colorimétrique directement à la prise de vue ;
- une tally lamp signalant l’enregistrement en cours.
La reconnaissance AF des sujets en vidéo est tout aussi performante qu’en photo, ce qui est désormais la norme chez Sony.
Surprise au registre du son : la captation interne a été optimisée et l’appareil peut enregistrer en 32 bits flottant. Une grande première pour un modèle de Sony, qui se rapproche ici des standards proposés par les meilleurs enregistreurs externes (ou les boîtiers Panasonic). Toutefois, cela ne peut se faire directement en interne. Il faudra utiliser la nouvelle poignée XLR, compatible 32 bits reliée en numérique via la griffe accessoires.


Mais, malgré toutes ces évolutions, l’A7R VI reste un cran en dessous des hybrides concurrents. Ses performances sont très convaincantes pour un boîtier orienté photo, mais les vidéastes purs et durs iront chercher les 6K ou 7K Open Gate, ProRes ou RAW en internes ailleurs.
Connectique, stockage et autonomie
Le Sony A7R VI voit sa connexion sans-fil améliorée et passe le cap du Wi-Fi 6. Cela devrait assurer un appairage et un transfert plus rapides (avec les tablettes et smartphones compatibles) via l’application Creator’s App. Sur le terrain, la stabilité de la connexion s’améliore nettement, en particulier en environnement saturé.
L’enregistrement des images et des vidéos se fait sur deux slots acceptant les cartes CFexpress type A et SD UHS-II. On peut déplorer que Sony n’ait pas adopté la norme CFexpress 4.0, ce qui aurait permis une vitesse d’enregistrement plus véloce et probablement un buffer moins limité.


Côté connectique filaire, l’A7R VI embarque deux ports USB-C (un USB 3.2 Gen2 et un USB 2.0), à la manière du Sony A7 V ou du Nikon Z8. Les deux ports sont compatibles Power Delivery, indispensable pour utiliser le boîtier et le recharger simultanément. Petit bémol : on ne peut toujours pas enregistrer directement sur un SSD externe, un grief récurrent que l’on reproche aux trois « grands » (Canon, Sony, Nikon).


Le reste de la connectique est plus classique avec une prise HDMI Type A, deux prises jack 3,5 mm (micro et casque), une synchro-flash et une griffe porte-accessoires acceptant les micros numériques.
Enfin, dernière évolution, la batterie a été profondément modifiée. Alors que le processeur Bionz XR2 permettait à l’A7 V d’être parmi les boîtiers les plus endurants du marché, Sony aurait atteint les limites de la NP-FZ100 lancée au printemps 2017 avec le premier A9. La nouvelle batterie voit sa capacité augmenter de 17 % à 2670 mAh, contre 2280 mAh auparavant. Elle supporte la charge rapide, et l’appareil intègre un menu permettant de connaître l’état de santé de la batterie.


L’autonomie est annoncée pour 600 clichés via le viseur, contre 440 avec l’A7R V. Sur le terrain, l’amélioration est bien réelle : nous avons couramment dépassé les 1000 vues sur batterie pleine en alternant écran/viseur. Excellent. En vidéo 8K 30p, l’appareil a pu remplir notre carte CF express type A 320 Go, soit à peu près 1 h et 15 minutes, et il restait encore 35 % de batterie à la fin. Et, à aucun moment, un voyant de chauffe ne s’est allumé. Marathonien.


Toutefois, cette nouvelle batterie vient avec un gros point négatif : elle change de format, ruinant ainsi toute possibilité de rétrocompatibilité avec les anciennes batteries, chargeurs ou grips déjà existants. De quoi faire grincer des dents les utilisateurs équipés de plusieurs boîtiers Sony.


De fait, Sony commercialise de nouveaux chargeurs et grips pour accompagner cette batterie. Une rupture qu’on aurait préféré éviter, mais qui était sans doute incontournable au vu des nouvelles ambitions du boîtier.


Sony A7R VI : la haute définition la plus polyvalente jamais sortie chez Sony
Avec cet A7R VI, Sony renouvelle avec brio sa gamme haute définition, longtemps restée figée sur le capteur 61 Mpx. Le boîtier ne se contente plus d’être l’expert du paysage et du studio : grâce à son nouveau capteur empilé de 67 Mpx, sa rafale boostée à 30 i/s et un mode vidéo moins timoré, il s’aventure désormais sur les terrains de l’animalier, du reportage et de la création hybride : il s’agit là d’un véritable A7 V plus défini, tout simplement.
L’autofocus, héritier des dernières avancées de Sony, impressionne par sa précision redoutable. Rares sont les appareils photo peuvant rivaliser sur le terrain. Le viseur trois fois plus lumineux est une réussite, et les touches rétroéclairées répondent à un besoin que la marque ignorait depuis trop longtemps. Côté image, les 67 Mpx, la dynamique annoncée à 16 stops et l’upscale 134 Mpx font de cet A7R VI un outil exceptionnel pour les amateurs de très haute définition.


Tout n’est pas parfait cependant. Le rolling shutter est bien plus maîtrisé que sur l’A7R V, mais il n’est totalement absent. Le buffer limité à 60 images en RAW est frustrant au regard d’une rafale 30 i/s pourtant prometteuse. Le changement de format de batterie, qui sacrifie la rétrocompatibilité, fera aussi jaser.
Et la vidéo, malgré la 8K et le son en 32 bits flottant, conserve quelques compromis (recadrage lié à la stabilisation, absence d’Open Gate, de RAW ou de ProRes en interne). Ces quelques points montrent que Sony n’a pas voulu (ou pu) pousser tous les curseurs au maximum.
Reste la question du prix : à 5100 €, l’A7R VI s’affiche 600 € au-dessus de son prédécesseur sorti en 2022. Une augmentation attendue au vu des nouveautés, et qui acte une séparation plus marquée avec la concurrence. En embuscade, les Nikon Z8, Panasonic Lumix S1R II et autres Canon EOS R5 Mark II ont aussi de belles cartes à jouer, même s’il ne faut pas sous-estimer l’attrait indéniable de ce capteur 67 Mpx empilé.
Le Sony A7R VI est disponible en précommande au tarif de 5100 €.
Vous le trouverez chez Digit-Photo, MN Photo Vidéo, IPLN, Photo-Univers, Panajou, Camara, à la Fnac et dans les revendeurs spécialisés. Les livraisons devraient débuter à la mi-juin 2026.




