5 livres photo à ne pas manquer – avril 2026

Chaque mois, Phototrend vous propose de découvrir les livres photo qui nous ont marqués. En ce mois d’avril 2026, voici 5 nouveaux ouvrages que nous avons sélectionnés pour vous.

Le New York de Harry Gruyaert et les carnets photographiques de Claude Ventura sont à l’honneur. Deux guerres, deux regards singuliers s’affirment : ceux de Germaine Kanova et de Fatma Hassona. Enfin, Paul-Louis Roubert livre une analyse critique de la manière dont s’écrit l’histoire de la photographie.

Bonne lecture.

New York

« Habiter New York, c’est faire l’expérience du chaos. » Harry Gruyaert a parcouru le monde, de l’Inde à l’Égypte en passant par le Japon. Mais rares sont les paysages à l’avoir autant marqué que ceux de New York, qu’il découvre en 1968. « La couleur s’est imposée naturellement. Elle était le langage même de la ville », confie-t-il dans une interview accompagnant la sortie de l’ouvrage.

De la fin des années 1960 à nos jours, de Manhattan à Brooklyn, les époques défilent et les modes se succèdent, mais la frénésie reste intacte. En « maître de la couleur », Harry Gruyaert rappelle Joel Meyerowitz ou Saul Leiter, avec une même volonté de saisir l’instant, de s’immerger dans la foule pour mieux s’imprégner de ce théâtre à ciel ouvert.

Doté d’une reliure à la suisse, l’ouvrage offre une plongée complète dans la ville qui ne dort jamais et dans les pas du photographe : couleurs vives, contrastes saisissants, lumières nocturnes hautement cinématographiques. En prolongeant cette dimension, le réalisateur Cédric Klapisch signe de courts textes, comme surgis des pensées des sujets photographiés.

New York, Harry Gruyaert, textes de Cédric Klapisch
Éditeur : Atelier EXB
55 €, 200 pages, reliure à la suisse avec couverture cartonnée, 23 x 31,1 cm
Acheter le livre : Atelier EXB, Fnac

Claude Ventura, Carnets photographiques

Né en 1938, Claude Ventura s’est fait connaître pour ses émissions cultes Pop 2 et Cinéma, Cinémas. Mais sa vie ne se résume pas à la télévision : la musique, le cinéma et la photographie en font partie intégrante. Son Leica en bandoulière, il n’a cessé de photographier pendant près de soixante ans : le festival de l’île de Wight en 1970, les gamins de Liverpool, les événements de Mai 68, Jane Birkin et Serge Gainsbourg, le New York de Patti Smith… Soit un corpus de 35 000 négatifs, oubliés dans des classeurs.

Ses images, en couleur comme en noir et blanc, composent un voyage à travers le temps, les villes et les visages, célèbres ou anonymes. Ce journal intime photographique raconte sa vie de cinéaste et ouvre une fenêtre sur des époques aujourd’hui révolues.

Publié par les éditions Allary, l’ouvrage accompagne une exposition qui réunit, à la Galerie Cinéma et jusqu’au 25 avril 2026, une quarantaine de tirages en édition limitée.

Claude Ventura, Carnets photographiques, Vincent Roget
Éditeur : Allary Éditions
35 €, 207 pages, broché, 22,4 x 27,2 cm
Acheter le livre : Allary Éditions / Fnac

Germaine Kanova

Parmi les femmes ayant couvert la Seconde Guerre mondiale, Lee Miller reste la plus connue, et la plus médiatisée. Aussi était-il nécessaire de mettre en lumière Germaine Kanova (1902-1975). Photographe au Service cinématographique des armées, elle a signé près de 1 800 clichés entre décembre 1944 et septembre 1945.

Avant comme après le conflit, son travail est pourtant resté dans l’ombre. En 1942, elle ouvre un studio à Londres et réalise un portrait du général de Gaulle. Son regard humaniste documente ensuite les années d’après-guerre, notamment en Pologne pour l’Administration des Nations unies pour le secours et la reconstruction (UNRRA) en 1946. Son travail paraît également dans la presse britannique et américaine. On la retrouve également sur des tournages dans les années 1950 et 1960.

La redécouverte récente des clichés signés de son nom de jeune fille, Osstyn, a relancé les recherches. Cet ouvrage publié par l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD) révèle enfin l’ampleur de son œuvre.

Germaine Kanova Photographe de guerre, ECPAD
Éditeur : ECPAD
30 €, 224 pages, broché, 21,6 x 26,9 cm
Acheter le livre : leslibraires.fr / Fnac

Les yeux de Gaza

Pendant dix-huit mois, la photojournaliste Fatma Hassona a documenté au quotidien les destructions de la bande de Gaza et la mort de son peuple. « Face aux atrocités de la guerre, son acte de résistance était la photographie », écrit Amnesty International en préface de l’ouvrage.

Immortaliser la vie des Gazaouis au milieu des ruines : telle est la mission qu’elle s’est donnée. Ses images, tragiques et poignantes, sont parfois teintées d’espoir : une enfant et sa perruche posée sur son doigt, des marchands souriants devant leur étal de jouets multicolores.

Au gré d’une connexion instable, elle transmettait ses photos à la réalisatrice iranienne Sepideh Farsi, son unique lien avec le monde extérieur. Après la mort de Fatma Hassona, tuée à 25 ans avec toute sa famille par un missile israélien, la réalisatrice a rassemblé ses images dans un ouvrage posthume et bouleversant.

Les yeux de Gaza, Sepideh Farsi
Éditeur : Textuel
29 €, 144 pages, broché, 19,3 x 25,6 cm
Acheter le livre : leslibraires.fr / Fnac

La photographie et ses mythes modernes

Avant d’être un objet d’étude universitaire, la photographie a longtemps été regardée du coin de l’œil par l’histoire de l’art. C’est ce long mouvement de reconnaissance que raconte Paul-Louis Roubert dans ce livre paru aux Éditions de la Sorbonne. Maître de conférences à l’université Paris 8 et président de la Société française de photographie depuis 2010, l’auteur revient sur trois décennies de structuration.

On y croise le daguerréotype, Baudelaire et son rapport ambigu à l’image photographique, les débats de la critique d’art au XIXe siècle, ou la redécouverte du calotype. Chaque chapitre est l’occasion de revenir sur un mythe moderne que la discipline s’est elle-même fabriqué et d’en interroger les acteurs, les revues spécialisées et les institutions.

Le résultat tient à la fois du carnet de chercheur et de l’essai d’historiographie. Avec, en arrière-plan, une conviction qui traverse tout le livre : l’histoire de la photographie a tout à gagner à exister pour elle-même, sans avoir à se justifier face à l’histoire de l’art.

La photographie et ses mythes modernes. Pour une histoire critique, Paul-Louis Roubert
Éditeur : Éditions de la Sorbonne
18 €, 168 pages, broché, 12,7 x 21,6 cm
Acheter le livre : Éditions de la Sorbonne / Fnac