Test Sony RX10 V : que vaut le nouveau bridge expert à capteur 1 pouce et zoom 24-600 mm ?

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Près de neuf ans après le RX10 IV, Sony ressuscite son bridge expert. Le Sony RX10 V conserve les atouts qui ont fait la réputation de la série : un capteur 1 pouce empilé de 20,1 Mpx et un zoom Zeiss 24-600 mm f/2,4-4. Il troque cependant son design hérité des reflex pour l’ergonomie et l’électronique des hybrides les plus récents.

Au menu de cette modernisation : un autofocus piloté par IA, une rafale à 30 i/s, la vidéo 4K 120 fps, une batterie bien plus endurante, sans oublier l’USB-C et un viseur revu. De quoi gommer les principales rides d’une formule pensée il y a presque une décennie.

Reste que le couple capteur-objectif n’a pas bougé depuis 2016 et que la facture, elle, s’annonce plutôt salée. La cure de jouvence suffit-elle à effacer ses limites ? Le suivi autofocus tient-il ses promesses, notamment à 600 mm ? Son positionnement tarifaire a-t-il encore un sens face aux hybrides plein format ? La réponse dans notre test complet du Sony RX10 V.

Test Sony RX10 V Phototrend

Sony RX10 V : le réveil d’un bridge devenu une exception

Initiée en 2013, la lignée des bridges Sony RX10 se démarque par un concept ambitieux : un capteur type 1 pouce (8,8 x 13,2 mm), un zoom particulièrement étendu, une tropicalisation et une bonne réactivité. Sa cible : les photographes rêvant d’un seul appareil capable de capturer n’importe quel type de sujet, petit ou grand, proche ou lointain, avec un seul objectif. Dès ses débuts, l’appareil avait su séduire les photographes animaliers et les plane spotters.

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Depuis, Sony a fait évoluer son boîtier à un rythme soutenu. Le RX10 II (2015) inaugurait un capteur empilé Exmor RS et la vidéo 4K. Le RX10 III (2016) a troqué l’optique 24-200 mm f/2,8 d’origine pour un impressionnant zoom 24-600 mm f/2,4-4. Enfin, le RX10 IV (2017) a ajouté l’AF à détection de phase et la rafale à 24 i/s.

Introducing RX10 V | Sony | RX

Et puis… plus rien. Pendant près de neuf ans, le RX10 IV a régné sur le segment des bridges experts, faute de successeur ou de rival. De son côté, Panasonic a délaissé ses bridges 1 pouce comme le Lumix FZ1000 II (2019), Canon a abandonné depuis longtemps son PowerShot G3 X (2015), et Nikon a même arrêté sa gamme DL en 2017… avant même de débuter sa commercialisation !

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Début 2026, le rayon des bridges ne comptait plus que des superzooms avec un petit capteur type 1/2,3 pouce (4,55 x 6,17 mm), à l’image du Nikon Coolpix P1100 et de son vertigineux 24-3000 mm ou autre Lumix FZ82D. Autant dire que les photographes attendaient depuis bien longtemps le retour du mariage entre grand capteur 1 pouce et très long zoom lumineux.

En dépit d’une cote en occasion très élevée, le RX10 IV souffrait aujourd’hui de plusieurs défauts, comme une ergonomie héritée des reflex, un autofocus dépassé et une autonomie réduite. Le Sony RX10 V vise donc à corriger tous ces points. S’il conserve le fameux capteur type 1 pouce empilé de 20,1 Mpx associé au Zeiss Vario-Sonnar 24-600 mm f/2,4-4 (18 éléments dans 13 groupes dont 6 verres asphériques), il profite du savoir-faire accumulé par Sony sur ses hybrides les plus récents.

À l’usage, la plage focale 24-600 mm, redoutable de polyvalence, permet d’atteindre des sujets très lointains, se prêtant aussi bien au paysage qu’à la photo d’animaux ou de véhicules, voire à l’astrophoto.

Côté autofocus, le boîtier se mue en une sorte de « cousin tout-en-un » de l’A7C II, dont il reprend le processeur (Bionz XR) et l’unité de traitement IA. Il gagne au passage une rafale à 30 i/s, un mode vidéo 4K 120 fps, un viseur plus défini et une autonomie nettement revue à la hausse.

Voici un tableau comparatif des caractéristiques du Sony RX10 V et du Sony RX10 IV :

CaractéristiquesSony RX10 VSony RX10 IV
Capteur1 pouce empilé Exmor RS BSI, 20,1 Mpx1 pouce empilé Exmor RS BSI, 20,1 Mpx, DRAM
SensibilitéISO 100-12800 (extensible 64 ISO)ISO 100-12800 (extensible 64 ISO)
ObjectifZeiss Vario-Sonnar T* 24-600 mm f/2,4-4Zeiss Vario-Sonnar T* 24-600 mm f/2,4-4
Zoom Clear Image / numériquejusqu'à  1 200 mm (2x) / 2 400 mm (4x)jusqu'à 1 200 mm (2x) / 2 400 mm (4x)
ProcesseurBionz XR + unité de traitement IA dédiéeBionz X
AutofocusHybride phase + contraste, 575 points à phase (70,6 % de couverture), reconnaissance IAHybride, 315 collimateurs (env. 65 %)
Reconnaissance de sujetsHumain (œil/visage/corps + posture), animal, oiseau, insecte, voiture/train, avion, AutoVisages et yeux (humains, animaux)
Rafale (obturateur électronique, sans blackout)30 i/s (boost de cadence 30/15/10/5)24 i/s
Rafale (obturateur mécanique)10 i/s10 i/s
Obturation électronique (max.)1/16 000 s1/32 000 s
StabilisationOptique SteadyShot 4,5 stopsOptique SteadyShot 4,5 stops
ViseurOLED 0,5 pouce, 3,69 Mpts, 60/120 i/sOLED 0,39 pouce, 2,36 Mpts
Écran3 pouces, format 3:2, inclinable tactile, 1,62 Mpts3 pouces 4:3 inclinable, 1,44 Mpts, tactile
Vidéo4K 120 fps (crop), 4K 60 fps (sans crop, FHD 240p, S&Q4K 30 fps, HFR jusqu'à 960 fps (HD)
Profils colorimétriques12 Creative Looks, S-Cinetone, S-Log3, LUT utilisateurPicture Profile, S-Log3
Flash intégréNonOui
StockageSD UHS-II,SD/Memory Stick UHS-I, sur le flanc
Connectique filaireUSB-C (USB 3.2 Gen2, 10 Gbps, PD), micro-HDMI type D, micro + casque 3,5 mmMicro-USB Multi, micro-HDMI, micro + casque 3,5 mm
Wi-Fi2,4 et 5 GHz (802.11a/b/g/n/ac)2,4 GHz (802.11b/g/n)
Batterie / autonomie CIPANP-FZ100 (7,2 V, 2 280 mAh, 16,4 Wh) ; 630 vues (écran) / 570 vues (viseur)NP-FW50 (7,2 V, 1 020 mAh) ; env. 400 vues
TropicalisationOuiOui
Dimensions et poids136,4 x 94,5 x 132 mm, env. 1 111 g132,5 x 94 x 127 mm, env. 1 095 g
Prix au lancement2500 € (juillet 2026)2000 € (octobre 2017)

Ergonomie et prise en main

C’est dans l’ergonomie que le RX10 V se démarque le plus nettement de son aîné. Exit la silhouette de reflex héritée de la gamme A : le bridge adopte les codes des derniers hybrides.

On retrouve le grip des A1 II et A9 III, deux boîtiers sur lesquels Sony a creusé la poignée et avancé le déclencheur en l’inclinant vers l’avant. Sur le terrain, le bénéfice est bien réel : on peut tenir l’appareil à une main à fond de zoom sans grande difficulté.

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Côté gabarit, Sony annonce un appareil de 13,6 x 9,5 x 13,2 cm pour un poids d’environ 1,11 kg, contre 13,2 x 9,4 x 12,7 cm et environ 1 kg pour le RX10 IV. Une différence qui s’explique sans doute par l’arrivée de la batterie NP-FZ100. L’écart de taille et de poids entre les RX10 IV et RX10 V reste très marginale.

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À l’allumage, le zoom se déploie de 3 à 4 cm pour atteindre 24 mm. À 600 mm, le bloc optique atteint environ 20 cm de long, sans que l’équilibre ne soit vraiment perturbé. Le petit pare-soleil ajoute 2 à 3 cm à l’ensemble. Le zoom motorisé se contrôle grâce au petit levier situé autour du déclencheur, ou avec la bague dédiée. Notez qu’il n’est pas possible de désactiver la motorisation du zoom.

Le dessus du boîtier est également repensé. Les commandes sont toutes placées à droite du viseur, comme sur les hybrides de Sony. On retrouve une roue de sélection des modes, avec une molette dédiée Photo / Vidéo / S&Q en dessous, ainsi que deux roues crantées « banalisées », attribuées par défaut à l’ouverture et à la compensation d’exposition.

En contrepartie, deux éléments du RX10 IV disparaissent : le flash intégré et l’écran de contrôle supérieur. Le premier ne manquera guère sur un boîtier de ce calibre, mais le second pourra frustrer ceux qui aimaient consulter leurs réglages d’un coup d’œil. Petit regret, on perd aussi le sélecteur des modes de mise au point (sur la face avant).

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Au dos, la disposition des commandes est quasiment identique à celle des hybrides. Surtout, le RX10 V gagne (enfin) un joystick, absent du RX10 IV. Son arrivée se révèle précieuse pour déplacer les collimateurs AF. On trouve par ailleurs un bouton Fn, une molette de commande et une touche personnalisable C3. Bien entendu, tous les boutons (ou presque) sont paramétrables depuis les menus.

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Le viseur OLED fait désormais 0,5 pouce et 3,69 Mpts (contre 0,39 pouce et 2,36 Mpts sur le RX10 IV), avec un taux de rafraîchissement à 60 ou 120 i/s, très pratique pour suivre l’action. Par rapport à l’ancien modèle, le saut qualitatif est marquant.

L’écran tactile de 3 pouces est inclinable mais fait l’impasse sur le système rotule + charnière inauguré par l’A7R V. Il adopte un ratio 3:2 et 1,62 Mpts (au lieu du 4:3 1,44 Mpts auparavant). Comme sur l’A7 V, les informations peuvent s’afficher à la verticale.

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Un changement mérite l’attention. Le slot SD est positionné au niveau de la trappe de la batterie, là où le RX10 IV logeait sa carte sur le flanc. Dès que l’on monte l’appareil sur un trépied, l’accès à la carte peut se retrouver bloqué.

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Sur le flanc de l’optique, on dispose de deux commutateurs (AF/MF et limiteur de mise au point), et d’un bouton personnalisable. La bague de contrôle du diaphragme est décrantable. Enfin, l’appareil est totalement protégé des intempéries. Nous avons pu l’utiliser sous une pluie battante sans aucun souci.

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Performances et qualité d’image du Sony RX10 V

Soyons clairs : en termes de qualité d’image brute, le RX10 V ne réécrit pas l’histoire. Le capteur 1 pouce empilé Exmor RS BSI de 20,1 Mpx et l’optique Zeiss 24-600 mm f/2,4-4 sont repris à l’identique, tout comme la sensibilité ISO de 100 à 12 800 ISO (extensible à 64 ISO).

Pour les RAW, le RX10 V adopte la compression sans perte – en plus du RAW compressé classique. Les RAW compressés sans perte pèsent environ 35 Mo, quand les RAW compressés font 25 Mo et les JPEG entre 15 et 20 Mo.

N’hésitez pas à cliquer sur les photos présentes dans ce test pour les afficher en qualité supérieure.

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Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 210 mm | ƒ / 4,0 | 1/60 s | ISO 160
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Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 210 mm | ƒ / 4,0 | 1/640 s | ISO 100
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Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 210 mm | ƒ / 4,0 | 1/500 s | ISO 200

Montée en ISO

Le couple capteur + optique étant inchangé, les performances à haut ISO du RX10 V étaient prévisibles, malgré un nouveau processeur. Ainsi, les fichiers sont très propres à basse sensibilité (100 à 800 ISO), sans trace de bruit ou de dégradation.

Les clichés sont encore exploitables sans réserve jusqu’à 1600 ISO, puis on observe une dégradation progressive qui se manifeste par un bruit bien présent autour de 3200 ISO. Un bruit de luminance est assez visible, et il dérive rapidement vers un bruit de chrominance.

Le phénomène s’intensifie à 6400 ISO et pour ceux qui exploiteraient directement les JPEG, on observera que le boîtier a la main lourde sur le lissage.

Au-delà, les limites du format 1 pouce reprennent leurs droits, et l’on perd nettement en détail. Et ceci est logique puisqu’une sensibilité de 12 800 ISO sur un capteur 1 pouce produit un niveau de bruit comparable à environ… 93 000 ISO sur plein format (!), une valeur où les appareils sont rarement très à l’aise.

Dynamique

La gestion de la dynamique accuse elle aussi un petit « coup de vieux ». Dans les ombres, elle montre vite ses limites : on peut déboucher légèrement les basses lumières, mais le bruit chromatique surgit rapidement, surtout dès que l’on s’écarte de la sensibilité de base.

Les hautes lumières ne sont pas mieux loties : elles s’écrêtent assez tôt et se récupèrent difficilement une fois brûlées. Mieux vaut donc les préserver dès la prise de vue, quitte à déboucher les ombres ensuite.

Capacité de recadrage et traitement de l’image

En raison du capteur de 20 Mpx, le potentiel de recadrage est limité. On pourra envisager un recadrage à 200 %, au prix d’une perte de qualité inévitable.

Les vraies nuances par rapport au Mark IV viennent du traitement de l’image. Le Bionz XR et son unité de traitement IA dédiée sont bien plus récents que le Bionz X du RX10 IV, et ils apportent avec eux la nouvelle balance des blancs automatique assistée par IA vue sur les A7 V et A7R VI. En pratique, les JPEG sortent plus justes du boîtier. Et cela tombe bien car ce sera sans doute l’usage premier de cet appareil.

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Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 55.11 mm | ƒ / 4,0 | 1/320 s | ISO 640

Le Sony RX10 V intègre les profils FL2 et FL3 (Film Look). On dispose ainsi de 12 « Creative Looks ». Ils permettent de donner facilement plus de caractère aux images.

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Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 9.1 mm | ƒ / 2,4 | 1/800 s | ISO 100 – Profil FL

Qualité de l’objectif du Sony RX10 V

Le Sony RX10 V dispose d’un zoom d’une très grande amplitude. À l’écran, le boîtier indique bien une plage focale allant de 24 à 600 mm ; pourtant, les inscriptions sur le fût sont différentes de celles du modèle précédent. Auparavant, il était indiqué « 8,8-220 mm » (soit bien 24-600 mm en eq. 24×36). À présent, l’objectif porte la mention « 9,1-210 mm« , soit… 25-575 mm avec un capteur de ce type. Une différence qui ne semble pas avoir d’incidence dans le boîtier ni dans la capture des images. Et à laquelle personne chez Sony n’a d’explication pour le moment.

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Netteté

En termes de qualité optique, le zoom offre une bonne sensation de piqué au centre dès 24 mm et à la pleine ouverture f/2,4, mais les bords sont plus en retrait.

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Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 9.1 mm | ƒ / 2,4 | 1/200 s | ISO 100

La qualité se maintient sur une large portion de la plage focale, l’homogénéité s’accroissant d’autant. Puis on note une légère baisse de piqué à 600 mm.

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Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 190.81 mm | ƒ / 4,0 | 1/500 s | ISO 250

Toutefois, une plage focale aussi étendue constitue déjà un exploit en soi, malgré une baisse de piqué, et en dépit du bruit numérique qui apparaît bien vite. Par ailleurs, la compression des perspectives et l’effacement de l’arrière-plan permettent aisément de mettre son sujet en valeur. De ce point de vue, on oublierait (presque) la petite taille du capteur et ses limites intrinsèques.

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Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 129.73 mm | ƒ / 4,0 | 1/500 s | ISO 640

Avec un tel zoom à ouverture glissante associé à un petit capteur, on évitera de fermer le diaphragme, sous peine de voir le bruit numérique et la diffraction polluer rapidement l’image.
À noter que la fonction Clear Image Zoom prolonge la portée jusqu’à 1 200 mm, et le zoom numérique jusqu’à 2 400 mm, mais uniquement en JPEG dans les deux cas.

Petite friction, il faut forcément désactiver l’enregistrement en RAW pour utiliser la fonction de zoom étendu. C’est bien pratique pour accrocher des sujets très (très) lointains, comme la lune, et cela peut être vraiment bluffant.

On utilisera cependant ce mode avec parcimonie, notamment à 2400 mm, car la baisse de qualité est sensible. Sur ce point, les outils d’upscale de nos logiciels récents offrent des performances similaires voire supérieures.

Distorsions, aberrations chromatiques et vignettage

Obtenir une plage focale aussi étendue ne se fait pas sans concession. Sur le terrain des distorsions, l’appareil s’en sort très bien grâce aux corrections internes.

Par contre, si l’on désactive les profils de correction du boîtier (depuis le logiciel Imaging Edge de Sony par exemple), la distorsion en barillet à 24 mm rend les bords de l’optique visible à l’image. Et ce vignetage mécanique est difficile à corriger. En revanche, les déformations disparaissent en zoomant (avec les corrections auto).

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Observez les bords du fût sur les fichiers non-corrigés à 24 mm.

Au-delà, ce zoom Sony est globalement dénué de vrais défauts optiques. Même en périphérie des zones les plus surexposées, on ne trouve nulle trace d’aberrations chromatiques. Le vignetage est virtuellement absent (exception faite du vignetage mécanique à 24 mm).

Une ouverture glissante et peu lumineuse

Le zoom du RX10 V est doté d’une ouverture glissante f/2,4-4. Dans le détail, les plages d’ouverture s’échelonnent de la manière suivante :

  • De 24 à 26 mm : f/2,4
  • De 27 à 34 mm : f/2,8
  • De 35 à 55 mm : f/3,2
  • De 56 à 99 mm : f/3,5
  • De 100 à 600 mm : f/4

L’objectif ferme donc très rapidement. À tel point que l’on atteint f/4 dès 100 mm, soit un équivalent f/11 en plein format (en termes de profondeur de champ). En cela, rien de surprenant, puisque le RX10 V reprend la même optique que ses prédécesseurs. Sur le terrain, cependant, cette ouverture glissante et peu lumineuse n’est pas sans impact sur la qualité d’image, puisque l’on monte très vite dans les ISO pour éviter les images floues.

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Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 210 mm | ƒ / 4,0 | 1/800 s | ISO 100

Distance minimale de mise au point et Bokeh

Le zoom 24-600 mm f/2,4-4 du Sony RX10 V cache aussi une fonction macro 1:2 (ou proxyphoto). En effet, à 600 mm, la distance minimale de MAP est de 72 cm, permettant d’obtenir un rapport de reproduction de 0,49x. De quoi valoriser efficacement les sujets de petite taille.

Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 210 mm | ƒ / 4,0 | 1/500 s | ISO 800

À la position grand-angle (24 mm), il est possible de descendre à seulement 3 cm, pour un rapport de reproduction toujours honorable de 0,42x. Notez que ces valeurs de MAP sont mesurées depuis la lentille frontale. En comptant à partir du plan focal, on obtient une distance minimale de MAP d’environ 18 cm (à 24 mm) et presque 92 cm (à 600 mm). À comparer avec les 4,5 m d’une optique plein format comme le Sony FE 600 mm f/4 GM OSS.

Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 210 mm | ƒ / 4,0 | 1/500 s | ISO 1600

Petite incongruité, aux focales médianes (250 mm), la distance minimale de mise au point passe à 140 cm ! On privilégiera donc la focale maximale (600 mm) pour les plans rapprochés, d’autant que l’ouverture maximale est de f/4 dans les deux cas de figure.

Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 210 mm | ƒ / 4,0 | 1/500 s | ISO 2500

Logiquement, la gestion du flou d’arrière-plan fluctue assez nettement en fonction de la focale. À 24 mm et f/2,4, il n’est pas très marqué et offre des zones de demi-flou pas forcément très élégantes. Avec la bonne lumière, on peut obtenir de jolies bulles de bokeh.

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Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 9.1 mm | ƒ / 2,5 | 1/60 s | ISO 800

Une fois que l’on pousse la focale, le résultat est tout de suite plus impressionnant. Au-delà des 200 mm (et dans les bonnes compositions), le sujet est immédiatement isolé, et l’arrière-plan disparaît dans un flou très intense… à condition que l’arrière-plan soit suffisamment lointain !

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Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 85.72 mm | ƒ / 4,0 | 1/1000 s | ISO 4000

Avec un fond plus chargé, l’ouverture f/4 ne peut pas non plus faire de miracle et les éléments à l’arrière-plan restent assez visibles. Pour obtenir un bel effet bokeh, on s’efforcera de capturer son sujet dans un environnement aussi épuré que possible.

Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 210 mm | ƒ / 4,0 | 1/500 s | ISO 640

Autofocus et suivi

L’autofocus nouvelle génération est l’un des arguments phares du Sony RX10 V. Le boîtier hérite de l’architecture AF de l’A7R V et de l’A1 II, autour de la puce Bionz XR et de son unité de traitement IA intégrée. On retrouve donc la reconnaissance de sujets en temps réel de la dernière génération Sony :

  • Humains, avec estimation de posture (œil, visage, tête, corps),
  • Animaux (félins et canidés, oiseaux, insectes)
  • Véhicules (voitures, trains, avions)

Sans oublier un mode Auto, qui détecte automatiquement le type de sujet.

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La détection des insectes fonctionne bien.

La couverture autofocus fait également un bond en avant : on passe de 315 collimateurs et une couverture de 65 % à un total de 575 points couvrant 70,6 % de la surface du capteur. À noter que le mode AF automatique (AF-A) n’est pas reconduit, le mode par défaut étant l’AF ponctuel (AF-S) en photo.

Pour un appareil dont la vocation première est la photo animalière et la photo d »action aux longues focales, le changement est considérable face au RX10 IV, dont la reconnaissance se limitait pour l’essentiel aux visages et aux yeux. L’accroche du regard, ainsi que le suivi d’un sujet qui se déplace dans le cadre ou se présente de profil ne sont globalement pas un problème pour le RX10 V.

Test Sony RX10 V Phototrend
Le boîtier a bien accroché le sujet.

Les moteurs autofocus de l’optique, qui déplacent physiquement les groupes sur ce zoom 24-600 mm, ne semblent pas avoir évolué. Le « cerveau » plus intelligent décide plus vite et plus juste de l’endroit où faire le point, mais il reste tributaire de la mécanique en place. Autrement dit, le gain le plus spectaculaire se situe sur la reconnaissance du sujet, et (nettement) moins sur la vélocité de mise au point en bout de zoom. Une nuance qui a son importance sur le terrain.

Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 197.86 mm | ƒ / 4,0 | 1/1000 s | ISO 1600

De fait, le RX10 V est loin d’être aussi précis qu’un hybride Sony moderne accompagné d’une longue focale. Parfois, le boîtier indique que le point est acquis, carré vert sur le visage ou l’œil du sujet à l’appui. Mais en regardant la photo, on se rend compte que la MAP a été effectuée sur l’avant ou l’arrière-plan. Ce cas de figure n’est pas très fréquent, mais il est bien plus courant qu’avec les autres boîtiers du constructeur.

Ici, le boîtier indique avoir fait le point sur le joueur durant toute une rafale. En réalité, la mise au point s’est faite sur le public en arrière-plan.

Un zoom motorisé plus rapide… ou moins lent ?

Comme ses prédécesseurs, le Sony RX10 V se dote d’un zoom motorisé. Au-delà du mode « normal » (particulièrement lent), la marque a ajouté un mode « rapide » : activé par défaut, il accélère le déploiement de l’objectif. Néanmoins, il faut relativiser la rapidité de ce zoom pour les scènes d’action. En effet, au bord de la pelouse lors d’un match de rugby, passer d’une focale à l’autre sans ralentissement a été laborieux.

Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 210 mm | ƒ / 4,0 | 1/1000 s | ISO 160

Par définition, un zoom motorisé n’est pas à l’aise pour passer rapidement d’une focale extrême à une autre et ce point se vérifie bien ici. Suivre une action très vive devient difficile et il est courant de rater un moment clef. C’est d’autant plus vrai lorsque l’action se déroule près de nous. Ce constat est aussi valable en photo animalière lorsqu’un félin ou un oiseau évolue à pleine vitesse et avec des mouvements aléatoires.

Au final, ce zoom motorisé s’avère contraignant. On est ici à des années-lumière du fonctionnement d’un zoom à bague mécanique, comme le Sigma 60-600 mm f/4,5-6,3 DG DN OS Sports, où l’on peut passer en un clin d’œil de la focale minimale à la focale maximale. Pour du plane spotting, par exemple, le zoom motorisé du RX10 V sera à l’aise sur des mouvements panoramiques, et nettement moins si l’aéronef vole vers vous.

Rolling-shutter

Le Sony RX10 V reprend le capteur empilé de 20,1 Mpx des précédentes générations. Ce type de cellule est habituellement plutôt efficace pour limiter les déformations en obturation électronique. Dans les faits, il s’avère un peu moins rapide que les capteurs modernes, et ses résultats sont comparables à ceux d’un capteur « semi-empilé » (Nikon Z6 III, Lumix S1 II ou encore Sony A7 V).

Sur le terrain, le RX10 V s’en sort plutôt bien pour limiter les déformations en usage quotidien, voire sportif. Il faudra par contre éviter les trop grands mouvements de panning – notamment en vidéo – sous peine de voir ses images irrémédiablement distordues.

Notez aussi que le RX10 V propose une gestion « spéciale » des vitesses d’obturation. En théorie, l’obturateur mécanique monte jusqu’à 1/2000 s ; mais au-delà de 1/1000 s, l’ouverture maximale est limitée à f/8, ce qui fait perdre énormément en luminosité. Il s’agit sans doute d’un moyen de compenser l’absence de filtre ND en interne, afin d’éviter les scènes surexposées en plein soleil.

Pour conserver une « grande » ouverture à toutes les vitesses, il faut opter pour l’obturation électronique qui grimpe jusqu’à 1/16 000 s. Et, comme sur les autres boîtiers Sony, il n’est pas possible de basculer automatiquement d’un type d’obturateur à un autre à partir d’une vitesse d’obturation définie en amont, ou en changeant de mode de rafale. Il faut donc alterner manuellement.

Rafale et buffer

Malgré un capteur identique à celui du RX10 IV, le RX10 V grimpe à 30 i/s en obturation électronique avec suivi AE/AF sans blackout, contre 24 i/s auparavant. La rafale descend ensuite par paliers (15, 10 puis 5 i/s), tandis que l’obturateur mécanique plafonne à 10 i/s.

Test Sony RX10 V Phototrend

Notez également que les 30 i/s ne sont accessibles qu’en RAW compressé ou en JPEG. Avec le RAW compressé sans perte, la cadence chute à « seulement » 10 i/s.

Par ailleurs, la mémoire tampon est correcte, mais elle aurait pu être plus confortable vu l’usage visé. Voici les valeurs que nous avons pu mesurer :

  • RAW compressés + JPEG à 30 i/s : 130 images
  • JPEG à 30 i/s : 200 images
  • RAW compressés + JPEG à 15 i/s : 150 images
  • JPEG à 15 i/s : 430 images
  • RAW compressé sans perte + JPEG à 10 i/s : 90 images
  • JPEG à 10 i/s : 999 images

À pleine vitesse, on obtient donc un peu plus de 4 secondes consécutives de rafale, ce qui est plus que décent. Cependant, contrairement aux boîtiers Sony les plus récents, qui baissent la cadence pour tenir vraiment longtemps une fois leur buffer rempli, le RX10 V cesse tout simplement la capture.

Le boîtier intègre aussi la fonction Boost de cadence, comme sur les derniers hybrides de la marque : elle permet d’accroître temporairement la cadence en rafale, la vitesse étant réglable sur 30/15/10/5 i/s. Le suivi en rafale n’est pas toujours parfait (comme mentionné plus haut), mais le boîtier fait tout de même un très bon travail.

Notez le logo à gauche symbolisant le boost en rafale.

Stabilisation

La stabilisation optique est reconduite telle quelle, puisqu’elle est intégrée à l’objectif, lui-même inchangé. Son efficacité reste donc identique à celle du RX10 IV, soit 4,5 stops (norme CIPA). Un gain précieux pour shooter à main levée aux longues focales (dans les limites du raisonnable).

Sur le terrain, au grand-angle 24 mm, elle permet de rattraper 4 à 5 stops à main levée (environ 0,5 s), ce qui est correct. Cette valeur reste identique en zoomant.

Test Sony RX10 V Phototrend
Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 9.1 mm | ƒ / 2,8 | 0.8 s | ISO 100

Toutefois, à 600 mm, on évitera de descendre sous les 1/60 s, dernier palier où le nombre de photos nettes dépasse encore celui des photos floues. En se gainant bien, on arrivera à obtenir des images nettes aux alentours de 1/25 s, ce qui correspond bien aux 4,5 stops annoncés. Au-delà, le taux de réussite devient marginal et l’usage d’un trépied sera plus que recommandé.

Test Sony RX10 V Phototrend
Sony RX10 V | Zeiss Vario-Sonnar 9,1-210 mm f/2,4-4 | 17.6 mm | ƒ / 3,2 | 1/13 s | ISO 800

En vidéo, la stabilisation optique est complétée par une stabilisation électronique Active et une fonction Auto Framing qui recadre automatiquement le sujet reconnu, comme sur les hybrides modernes.

Retrouvez ci-dessous une sélection de photos réalisées avec le Sony RX10 V : 

Vidéo

La partie vidéo fait un grand saut sur la 5e génération du bridge Sony. Là où le RX10 IV plafonnait à de la 4K 30 fps, le RX10 V filme en 4K 120 fps (avec recadrage et sans captation sonore), en 4K 60 fps sans recadrage, et atteint les 240 fps en Full HD pour des ralentis jusqu’à 10x.

Montage test Phototrend Sony RX10 V 4K 60 fps

L’ancien mode HFR (super-ralenti jusqu’à 960 fps en HD) disparaît au profit de ces formats plus modernes et mieux définis. Le RX10 V s’ouvre surtout à un vrai flux de travail vidéo. On retrouve le S-Log3 et les espaces S-Gamut3 / S-Gamut3.Cine pour étalonner et l’on note l’arrivée du S-Cinetone.

Les images sont de bonne facture et le suivi AF est réactif. Il ne faut pas oublier d’activer la stabilisation numérique en plus de la stabilisation optique. Cela étant, l‘usage d’un trépied est fortement recommandé, surtout pour filmer avec les longues focales où le moindre mouvement entraîne une variation conséquente du cadrage.

Sony RX10 V montage 4K 120 fps

Le boîtier permet d’importer jusqu’à 16 LUT et de les prévisualiser en direct. Il gère aussi les time-lapse en interne et intègre un témoin d’enregistrement (tally lamp).

Test Sony RX10 V Phototrend

Par ailleurs, l’interface audio numérique via la griffe multi-interface autorise une captation propre (jusqu’à 48 kHz / 24 bits sur 4 canaux). L’autonomie améliorée et l’alimentation continue en USB complètent un tableau bien plus crédible pour la captation vidéo.

Enfin, le zoom a un comportement un peu différent en vidéo. Avant d’enregistrer, on peut compter sur le changement « rapide » de focale ; néanmoins, une fois la touche REC pressée, le zoom se fait de façon bien plus lente et progressive, sans possibilité de l’accélérer. Le but : laisser le temps aux moteurs AF de faire la mise au point en continu durant le zoom, donnant l’illusion d’une optique parafocale. Pratique, mais un peu déroutant au premier abord.

Zoom vidéo Sony RX10 V

Connectique, stockage et autonomie

La connectique se modernise. On trouve :

  • un port USB-C 10 Gbit/s (USB 3.2 Gen2) pour la recharge, l’alimentation en continu et le transfert des données ;
  • un port micro-HDMI type D ;
  • deux jacks 3,5 mm micro et casque ;
  • le Wi-Fi 2,4 et 5 GHz, contre 2,4 GHz seulement auparavant.

Le boîtier prend aussi en charge le live streaming jusqu’en 4K 30p et est compatible avec l’application Creators’ App.

Au niveau du stockage, le passage à la norme UHS-II explique logiquement la rafale améliorée. Compte tenu du gabarit de la bête, on regrette cependant l’absence d’un double slot. On devra se contenter de l’unique emplacement situé au niveau de la batterie.

C’est sur l’autonomie que le progrès est le plus tangible. La batterie NP-FZ100 (2 280 mAh) fait plus que doubler la capacité de la NP-FW50 du RX10 IV. Sony annonce 630 vues CIPA à l’écran et 570 au viseur, contre environ 400 pour le RX10 IV. Le gain est net, et c’est un vrai confort pour le voyage, le sport et l’animalier.

Sur le terrain, comme toujours, on peut enregistrer bien plus que les valeurs indiquées par le constructeur. Hors rafale, on peut ainsi accrocher sans peine les 700 à 750 images via le viseur. Et, avec une rafale à 30 i/s, on peut évidemment capturer plusieurs milliers d’images avant d’épuiser la batterie.

Sony RX10 V : le bridge le plus abouti, vendu à prix d’or

Avec le RX10 V, Sony ne réinvente pas son bridge expert : il corrige méthodiquement les faiblesses du précédent modèle. Tout ce qui avait (le plus) vieilli, de l’ergonomie à l’autofocus en passant par la vidéo, a enfin été porté au niveau de 2026.

Mais cette cure de jouvence bute sur une limite que Sony n’a pas cherché à dissimuler : la base n’a pas bougé depuis 2016. Le capteur 1 pouce et l’optique Zeiss 24-600 mm sont repris à l’identique, et aucun processeur, aussi brillant soit-il, ne fera oublier qu’une si petite surface sensible et une ouverture glissante limitent forcément la qualité de l’image.

L’autofocus dopé à l’IA se heurte d’ailleurs aux moteurs inchangés de l’objectif : le suivi fait un bond, mais la vélocité de la mise au point à 600 mm reste perfectible. Le passage d’une focale extrême à l’autre avec le zoom motorisé demeure plutôt lent. Le RX10 V modernise donc tout ce qui entourait son cœur, sans pouvoir changer sa vraie nature.

Reste le véritable point de crispation : le prix. Affiché à 2500 €, soit plus de 500 € que le RX10 IV à son lancement, il devient tout simplement le bridge le plus cher jamais commercialisé.

À ce niveau, le RX10 V ne se mesure plus aux autres bridges (d’autant que cette catégorie a pratiquement disparu), mais à des hybrides plein format comme les Sony A7 III ou A7 IV, associés à un zoom de voyage type Tamron 28-300 mm ou à un méga-zoom comme le Sigma 60-600 mm. Face à eux, il ne lui reste qu’un argument, et il est de taille : son zoom 25x intégré, là où la concurrence s’essouffle bien avant.

Le RX10 V incarne sans conteste le bridge le plus abouti que Sony ait jamais produit. Il est le compagnon idéal pour le voyage, l’animalier ou le reportage. Et, plus largement, il séduira qui refuse de s’encombrer de plusieurs optiques. Sa formule unique est enfin servie par une électronique et une ergonomie dignes de son époque. Mais il faut bien avoir conscience de ses limites.

Compte tenu de son tarif et de ses fondations figées depuis bientôt une décennie, il s’adresse à un public de niche, prêt à payer le prix fort pour ne jamais avoir à changer d’objectif. Un pari que le Sony RX10 V est, il est vrai, bien le seul à pouvoir tenir actuellement.

Le Sony RX10 V est disponible en précommande au tarif de 2499 €.

L’appareil est disponible chez Digit-PhotoMN Photo Vidéo, Digixo, Camara, Photo-Univers, Panajou, IPLN, Fnac et dans les boutiques spécialisées.

Test Sony RX10 V : que vaut le nouveau bridge expert à capteur 1 pouce et zoom 24-600 mm ?
Fabrication / finitions
8.7
Ergonomie
8.5
Qualité d'image
7.2
Montée en ISO
7
Efficacité de l'autofocus
8.9
Fonctionnalités
9.6
Vitesse en rafale
9.5
Stabilisation
7.6
Capacité du buffer
7.5
Autonomie
8.5
Rapport qualité-prix
7.5
Points forts
Zoom 24-600 mm très polyvalent
Capteur 1 pouce 20 Mpx empilé
Qualité d'image globale très correcte
Autofocus amélioré
Rafale 30 i/s et boost en rafale
Vidéo 4K 120 fps
Viseur et écran améliorés, ergonomie repensée et connectique modernisée
Points faibles
Capteur et optique inchangés depuis 2016
Moteurs AF lents et suivi parfois complexe à fond de zoom
Montée en ISO peu convaincante
Piqué un peu mou à fond de zoom
Dynamique du capteur limitée
Déploiement du zoom toujours un peu lent
Tarif élevé
8.1
sur 10
Où acheter