Sony Lytia L910 : dynamique étendue, moins de bruit et 4K 60p économe grâce au LOFIC

Sony a récemment dévoilé un nouveau capteur dédié aux smartphones, le Lytia L910. Il devient le premier capteur « grand public » de la marque à exploiter la technologie LOFIC, qui promet une bien meilleure gestion des forts écarts de luminosité grâce à une architecture novatrice.

Sony Lytia L910 : type 1/1,28 pouce et 50 Mpx

Sony, via sa filiale Sony Semiconductor Solutions, détient la première place du classement des fournisseurs de capteurs, s’arrogeant près de 50 % de parts de marché. Pour résister à la concurrence de plus en plus pressante d’acteurs comme Samsung ou OmniVision, la marque a récemment dévoilé un capteur particulièrement ambitieux : le Lytia L910 (ou LYT-L910).

De prime abord, sa définition (50 Mpx) et ses dimensions (type 1/1,28 pouce, soit 10 x 7,5 mm) ne sont pas aussi impressionnantes que celles du récent Sony LYT-901 (200 Mpx, type 1/1,12 pouce très proche du type 1 pouce, véritable « graal » des appareils mobiles) dont le nom est très proche. Mais il se distingue en intégrant la technologie LOFIC, jusqu’ici réservée chez Sony aux applications professionnelles comme les caméras de surveillance (comme l’IMX 908, dévoilé en mars dernier). À la clé : une plage dynamique très étendue, et une consommation d’énergie réduite, notamment en vidéo en 4K 60 p.

LOFIC : finies les zones surexposées

Sur un capteur « classique », chaque photosite fonctionne comme un petit réservoir qui se remplit de photons. Face à une scène très lumineuse, ce réservoir sature et déborde, et tout surplus est perdu. Il en résulte une zone « cramée », avec un aplat blanc sans détail.

C’est ce problème que la technologie LOFIC (pour Lateral Overflow Integration Capacitor) veut résoudre. Le principe : doter chaque photosite d’un réservoir latéral. Quand le premier arrive à saturation, le trop-plein de photons est stocké dans le condensateur « annexe », puis récupéré au moment du traitement.

On conserve ainsi les détails dans les hautes lumières (ciel, néons, surfaces réfléchissantes) tout en préservant les éléments en basse lumière. Sony annonce ainsi une plage dynamique maximale de 100 dB, soit environ 16,6 stops. Une valeur que l’on associe davantage aux meilleurs boîtiers photo (Sony A7 V et A7R VIHasselblad X2D II 100C). 

Cette technologie avait déjà été aperçue chez OmniVision, qui fournit le capteur principal (Light Fusion 1050L) du duo Leitzphone / Xiaomi 17 Ultra.

Le HDR au niveau matériel ?

Sur nos smartphones, le HDR a fait son apparition au tournant des années 2010 – notamment sur l’iPhone 4 avec iOS 4.1. L’appareil capture plusieurs images à des valeurs d’exposition différentes ; la photo « finale » est générée en fusionnant ces images. Problème : si le sujet est en mouvement, des erreurs peuvent se produire au moment de l’assemblage.

Le principe de fonctionnement des capteurs LOFIC, vu ici sur le Sony IMX 908

Aussi, le but des différents constructeurs est de parvenir à une plage dynamique très étendue au niveau matériel, dès la capture de l’image, sans avoir besoin de recourir au HDR.

Le capteur LOFIC utilise la technologie TCG-HDR (Triple Conversion Gain), qui lit la charge issue d’une seule exposition à trois gains de conversion différents (hautes lumières, tons moyens, ombres), avant de fusionner ces trois lectures en une seule image.

Les avantages sont multiples : moins d’images à capturer lors de l’appui sur le déclencheur, et moins de puissance de calcul nécessaire lors du traitement de l’image. Un aspect crucial notamment en vidéo. Sony promet ainsi de réduire drastiquement la consommation en énergie lors de la capture de vidéos en 4K 60p.

UHCG : moins de bruit en basse lumière

La plage dynamique n’est pas le seul terrain de jeu de ce capteur. Le Lytia L910 inaugure également des circuits UHCG (pour Ultra High Conversion Gain), qui améliorent l’efficacité de la conversion de la charge électrique en tension. En clair : le capteur a besoin de moins de lumière pour produire un signal exploitable.

Sony annonce ainsi une réduction du bruit aléatoire d’environ 30 % par rapport au LYT-828, son prédécesseur au même format 1/1,28 pouce, que l’on retrouve notamment sur le Vivo X200 Ultra. De quoi promettre des scènes nocturnes plus propres, en particulier dans les environnements urbains truffés de sources lumineuses complexes (éclairages LED, enseignes, reflets), là où le lissage logiciel a tendance à gommer les détails.

Sony Lytia L910 : pour quels smartphones ?

D’après les informations livrées par Sony, le Lytia L910 sera proposé aux différents constructeurs à partir de l’été 2026. Dans tous les cas, le capteur devrait être réservé à des smartphones très premium… et vraisemblablement chinois. Car ces derniers, à l’inverse d’acteurs comme Samsung, Apple ou Google, ont plus souvent recours aux capteurs les plus innovants pour offrir une meilleure expérience en photo et en vidéo. À titre d’exemple, le Sony LYT-901 évoqué ci-dessus est présent sur les Vivo X300 Ultra et Oppo Find X9 Ultra.

Il ne nous reste donc plus qu’à attendre quelques mois avant de pouvoir découvrir les prouesses de ce capteur novateur et prometteur.