Test Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8 : un premier zoom autofocus très convaincant

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Annoncé en mai 2026, le Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8 est le premier objectif autofocus de l’opticien chinois. Il s’agit même du premier zoom à mise au point automatique conçu par un constructeur de l’empire du Milieu !

Destiné aux appareils photo Sony plein format en monture E, cet objectif entend se démarquer par un zoom interne, qui lui assure un gabarit maîtrisé malgré une ouverture f/2,8, et surtout par un prix bien plus contenu que chez la concurrence. Thypoch entend accomplir tout cela sans sacrifier la qualité d’image ni les performances autofocus.

Pari réussi ? La réponse dans notre test complet du Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8.

Test Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8

Présentation du Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8

L’arrivée d’un tel objectif au catalogue de Thypoch a de quoi surprendre. Jusqu’ici, la marque s’était fait un nom avec des optiques manuelles au look vintage, à l’image de la série Simera, et n’avait jamais touché à l’autofocus. Le Voyager 24-50 mm f/2,8 marque donc un double tournant : c’est à la fois son premier objectif AF et son premier zoom. Surtout, il devance ses compatriotes (7Artisans, TTArtisan, Viltrox, Meike, etc.), qui avaient jusqu’à présent réservé l’AF à des focales fixes.

Pour ce premier zoom AF, Thypoch a retenu une plage focale 24-50 mm associée à une ouverture constante de f/2,8. Elle s’avère plus courte à fond de zoom qu’un transstandard 24-70 mm classique (d’où son appellation de substandard, soit en dessous de la « focale de référence » de 50 mm). Cette amplitude resserrée vise sans doute à réduire la complexité de la formule optique et l’encombrement.

La focale n’a rien d’inédit pour autant : Canon et Nikon en proposent leur propre déclinaison à ouverture glissante, tandis que Sony commercialise depuis 2024 un FE 24-50 mm f/2,8 G aux caractéristiques très similaires.

Ce Voyager affiche une formule optique plutôt ambitieuse pour un premier zoom, avec 16 lentilles réparties en 13 groupes, dont 2 lentilles asphériques, 3 lentilles ED et 3 verres HRI (à haut indice de réfraction). L’ouverture constante à f/2,8 repose sur un diaphragme circulaire à 10 lamelles. Sur ce terrain, Thypoch promet un bokeh « hérité des optiques cinéma », qui se veut chaleureux et très prononcé. La promesse est audacieuse pour un débutant, et c’est précisément ce que notre test cherchera à vérifier.

La distance minimale de mise au point s’établit à 30 cm sur toute la plage focale, pour un rapport de grossissement maximal d’environ 0,22x. Peu spectaculaire au grand-angle, cette valeur devient plus intéressante à 50 mm, où elle autorisera des plans rapprochés avec une jolie gestion de la profondeur de champ. L’autofocus est confié à une motorisation STM classique. Sans surprise, l’objectif n’embarque aucune stabilisation : il s’appuiera donc entièrement sur l’IBIS des boîtiers Sony.

Test Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8

Voici la liste des caractéristiques du Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8 :

  • plage focale : 24-50 mm (soit 36-75 mm en recadrage APS-C)
  • objectif pour capteur : plein format
  • ouverture max : f/2,8
  • ouverture min : f/22
  • angle de champ : 84 – 47°
  • construction optique : 16 lentilles réparties en 13 groupes (dont 2 lentilles asphériques, 3 lentilles ED et 3 verres HRI)
  • diaphragme : 10 lamelles
  • distance minimale de mise au point : 30 cm
  • stabilisation d’image : non
  • tropicalisation : résistance à la poussière et à l’humidité
  • grossissement max : 0,22x
  • mise au point : autofocus, motorisation STM
  • diamètre du filtre : 67 mm
  • dimensions : ø 70 x 92,8 mm
  • poids : 432 g
  • accessoires fournis : bouchons avant et arrière, pare-soleil
  • monture compatible : Sony E
  • prix au lancement : 679 € (mai 2026)

Ergonomie et prise en main

Compact et bien équilibré. Voilà comment peut être résumé le Voyager 24-50 mm f/2,8. Avec ses 432 g sur la balance, 9,3 cm de long et un diamètre maximal de 7 cm, il s’accorde naturellement avec un boîtier plein format compact comme un Sony A7C II ou un A7 V (ou équivalent), sans déséquilibrer la prise en main.

Test Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8

Les finitions semblent soignées, et on apprécie le toucher caoutchouc des bagues de mise au point et de zoom. Un petit écusson doré vient apporter une touche « premium ».

Test Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8

Le zoom de Thypoch se distingue surtout de ses concurrents par son zoom interne. La longueur du fût reste rigoureusement identique de 24 à 50 mm, ce qui préserve l’équilibre d’un bout à l’autre de la plage et facilite l’usage, notamment en vidéo.

Un détail qui n’en est pas vraiment un face au Sony FE 24-50 mm f/2,8 G, pourtant très proche sur le papier, mais dont le fût s’allonge d’environ 3 cm au grand-angle.

Côté commandes, Thypoch se montre généreux. Outre les bagues de zoom et de mise au point, on retrouve aussi une bague d’ouverture crantée. À noter qu’elle n’est pas décrantable, contrairement à celle de l’objectif de Sony. Un point qui pourra décevoir les vidéastes.

Test Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8

Le tout est complété par un commutateur AF/MF, un bouton paramétrable et un port USB-C placé près de la monture pour de futures mises à jour.

L’objectif revendique par ailleurs une résistance à la poussière et à l’humidité, et accepte des filtres circulaires de 67 mm. Ce diamètre très répandu simplifie la mutualisation des accessoires, notamment pour qui est déjà équipé en optique Tamron.

Test Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8

Qualité d’image du Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8

Nous avons testé le Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8 avec un Sony A1 (capteur de 50 Mpx) et un Sony A7 IV (capteur de 33 Mpx). Il en ressort des images contrastées et plaisantes, sans dérive notable.

N’hésitez pas à cliquer sur chaque image pour l’afficher en qualité optimale.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 24 mm | ƒ / 4,5 | 1/2500 s | ISO 125
Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 24 mm | ƒ / 2,8 | 1/6400 s | ISO 125 | FL
Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 50 mm | ƒ / 2,8 | 1/2000 s | ISO 125 | VV

Sensation de piqué et netteté

Pour un premier zoom, le Voyager fait plutôt forte impression au centre de l’image. À 24 et 35 mm, la sensation de piqué est déjà bien présente dès la pleine ouverture (f/2,8), et l’objectif offre largement de quoi tirer parti des capteurs plein format les plus définis.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 24 mm | ƒ / 2,8 | 1/5000 s | ISO 125

Les bords accusent en revanche un retard à f/2,8, qui se résorbe bien en fermant d’un cran ou deux : comptez f/4 voire f/5,6 pour homogénéiser l’ensemble.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 24 mm | ƒ / 4,5 | 1/2500 s | ISO 125 | FL

C’est à 50 mm que le comportement se complexifie un peu. Le centre reste excellent à la pleine ouverture, mais les coins décrochent plus franchement, avec une vraie mollesse à f/2,8 et une perte de contraste plus sensible.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 50 mm | ƒ / 2,8 | 1/2500 s | ISO 125

Là encore, fermer le diaphragme fait des merveilles : à partir de f/4, les angles redeviennent propres.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 50 mm | ƒ / 4,0 | 1/2500 s | ISO 125

En clair, le Voyager est plus convaincant au grand-angle qu’à fond de zoom à la pleine ouverture. Soit un comportement cohérent pour un zoom de ce gabarit, mais qu’il faut avoir en tête pour les images où la netteté périphérique compte.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 50 mm | ƒ / 4,5 | 1/1000 s | ISO 125

Distorsions

Ici, il convient de relever une particularité notable : Thypoch revendique une correction entièrement optique, sans profil logiciel imposé.

Pourtant, la promesse ne se vérifie pas vraiment à l’usage. À 24 mm, les déformations sont très prononcées, prenant une forme de barillet bien visible et difficile à corriger au développement, surtout en l’absence de profil dédié.

En zoomant à 35 mm, les courbures s’inversent progressivement pour adopter une forme de coussinet de plus en plus présente. Cela s’intensifie davantage à 50 mm, avec une forme en coussinet encore plus prononcée.

Vignettage

Sans surprise non plus, le vignettage se montre très intense. À tel point qu’à 24 mm, entre f/2,8 et f/11, l’assombrissement des coins reste très présent.

En appliquant le profil de correction du boîtier, le vignettage optique s’estompe un peu, mais on aperçoit plus nettement les bords du fût. Un défaut qu’il faudra donc compenser manuellement a posteriori.

En zoomant à 35 mm, le phénomène est moins accentué mais demeure notable, avec un fonctionnement similaire : fermer le diaphragme n’améliore en rien la perte de luminosité dans les coins.

Enfin, à 50 mm, la situation s’améliore légèrement, mais l’assombrissement reste bien marqué ; hormis une variation marginale entre f/2,8 et f/4, diminuer l’ouverture n’aide pas davantage.

Très concrètement, il faudra toujours laisser le profil du boîtier activé et ne pas hésiter à repasser derrière au développement.

Aberrations chromatiques

Au registre des bonnes nouvelles, les aberrations chromatiques longitudinales restent contenues à f/2,8 comme à f/4, et ce à toutes les focales.

Notez néanmoins que, compte tenu de la distance minimale de mise au point rapprochée à 50 mm, on observe une dérive très légèrement plus sensible dans les zones floues en proxiphotographie à cette focale.

Bokeh, flare et distance de mise au point

En ce qui concerne le bokeh, le flou d’arrière-plan se révèle correct pour un zoom de cette ouverture, sans onion ring ni halos prononcés, mais son caractère pourra diviser : selon les scènes, les zones floues pourront paraître un peu trop dures.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 50 mm | ƒ / 2,8 | 1/100 s | ISO 125
Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 50 mm | ƒ / 2,8 | 1/2000 s | ISO 125

À noter aussi que, la plage s’arrêtant à 50 mm, la séparation des plans et la compression des perspectives restent mesurés. On se console (un peu) avec les jolis sunstars que l’on obtient en fermant le diaphragme.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 50 mm | ƒ / 22 | 1/100 s | ISO 125

Le point à surveiller de près concerne le flare. Les traitements de Thypoch sont globalement de bonne facture et le ghosting reste maîtrisé, mais dans certaines compositions, soleil juste hors champ, un voile parasite peut apparaître et faire chuter radicalement le contraste. Pour le limiter au maximum, le pare-soleil (fourni) est bien utile.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 24 mm | ƒ / 2,8 | 1/800 s | ISO 125

Côté proxiphotographie, la distance minimale de mise au point de 30 cm est constante sur toute la plage. Le rapport de grossissement plafonne à 0,22x, soit une capacité macro plutôt modeste – et moins impressionnante que celle du Sony FE 24-50 mm f/2,8 G. À 50 mm, on obtient malgré tout des plans rapprochés très esthétiques.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 50 mm | ƒ / 2,8 | 1/2000 s | ISO 125

Autofocus et absence de stabilisation

L’autofocus repose sur une motorisation STM. Sur le terrain, la mise au point se montre parfaitement silencieuse, et s’avère pleinement compatible avec les modes de détection et de suivi du sujet (visage, œil) des boîtiers Sony. La mise au point manuelle, quant à elle, est assez précise et agréable.

On devra cependant modérer ses attentes en matière de réactivité : le Voyager ne privilégie pas forcément la vitesse pure. Pour la photo de rue, de voyage, de paysage ou le portrait posé, cela ne pose aucun problème.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 50 mm | ƒ / 2,8 | 1/100 s | ISO 1000 | FL

En revanche, les amateurs de sport ou d’action rapide trouveront la réactivité un peu juste. Lors de nos essais, nous avons assisté par moments à quelques pompages et autres imprécisions. Pour un premier essai en autofocus, le résultat reste néanmoins très convaincant.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 50 mm | ƒ / 2,8 | 1/1250 s | ISO 125

Enfin, comme attendu, le Voyager fait l’impasse sur la stabilisation optique et s’en remet intégralement à l’IBIS du boîtier.

Sony A1 | Thypoch AF 24-50 mm f/2,8 FE | 50 mm | ƒ / 22 | 1/10 s | ISO 125

Retrouvez ci-dessous une sélection d’images capturées avec le Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8 :

Le Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8 face à la concurrence

En monture Sony E, ce zoom Thypoch 24-50 mm se positionne sur un créneau encore peu fréquenté. Mais il doit composer avec quelques alternatives sérieuses :

  • Sony FE 24-50 mm f/2,8 G : le rival le plus direct, avec une plage et une ouverture identiques. Il propose un piqué légèrement supérieur, et devance le Thypoch sur l’autofocus, le rapport de reproduction (0,3x), la gestion des distorsions. Il offre une bague d’ouverture décrantable, mais il s’allonge en dézoomant. Il coûte près de deux fois plus cher, à 1269 €.
  • Sigma 28-45 mm f/1,8 DG DN Art : zoom le plus lumineux du marché, il vise les amateurs de faible profondeur de champ. S’il offre d’excellentes performances optiques, il est plus lourd, propose une plage focale moins étendue et reste nettement plus cher à 1349 €.
  • Tamron 20-40 mm f/2,8 Di III VXD : compact et abordable, il séduira les photographes orientés grand-angle ou les amateurs de vlog, au prix d’une amplitude raccourcie à fond de zoom. On apprécie son tarif assez contenu de 749 €.
  • Sony FE 20-70 mm f/4 G : plus polyvalent en termes de plage, mais avec une ouverture f/4 moins lumineuse, c’est un très bon outil pour les photographes comme pour les vidéastes. Il est toutefois affiché au prix fort de 1599 €.

Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8 : une belle entrée en matière

Pour son premier objectif autofocus, Thypoch frappe fort. L’AF Voyager 24-50 mm f/2,8 coche des cases que l’on n’attendait pas forcément d’un « débutant » : ouverture constante à f/2,8, zoom interne préservant gabarit et équilibre, et un piqué au centre convaincant dès la pleine ouverture. Le tout pour 679 €, soit un tarif presque deux fois moins élevé que la référence équivalente de Sony.

Tout n’est pas parfait pour autant. Le rendu des coins à 50 mm à la pleine ouverture est en retrait, et il faut fermer le diaphragme de plusieurs crans pour obtenir une meilleure restitution de la scène. Le bokeh pourra diviser et la sensibilité au flare est à surveiller, tandis que le vignettage et les distorsions, notamment au grand-angle, se révèlent très prononcés. L’autofocus, doux et silencieux, manque par ailleurs de mordant pour l’action rapide.

Mais compte tenu de son tarif modéré, le Voyager s’impose comme une option séduisante pour qui cherche un zoom substandard lumineux et compact, taillé pour le voyage, la photo de rue ou la vidéo. Un premier zoom qui en dit long sur les ambitions de Thypoch.

Le Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8 est disponible à 679 €.

Vous pouvez le retrouver chez Digixo, MN Photo Vidéo et Digit-Photo, ainsi que sur la boutique en ligne de la marque (-5 % avec le code PHOTOTREND).

Test Thypoch AF Voyager 24-50 mm f/2,8 : un premier zoom autofocus très convaincant
Fabrication / finitions
8.4
Ergonomie
8.8
Qualité d'image
8.3
Qualité du Bokeh
8
Vitesse de l'autofocus
8.1
Fonctionnalités
8
Rapport qualité-prix
9.2
Points forts
Ouverture constante à f/2,8
Zoom interne
Bon piqué au centre dès f/2,8
Aberrations chromatiques maîtrisées
Construction soignée et nombreux contrôles manuels
Autofocus assez efficace
Très bon rapport qualité-prix pour un zoom autofocus
Points faibles
Bords en retrait à 50 mm à la pleine ouverture
Distorsions et vignettage très marqués, surtout au grand-angle
Sensibilité au flare
Manque de réactivité de l'AF pour les scènes d'action
Bague d'ouverture non décrantable
8.3
sur 10