Après l’appel à candidatures ouvert en février, The Eyes vient de désigner les trois lauréates de l’édition 2026 de ses Bourses du 1er livre photo. Le dispositif, soutenu par le ministère de la Culture et la SAIF, accompagne des photographes vers la publication de leur tout premier ouvrage. Cette fois, les trois projets retenus partagent une orientation documentaire marquée.
Sommaire
Trois bourses pour faire naître un premier livre
Organisées depuis 2023 par The Eyes, maison d’édition dédiée à la photographie contemporaine, ces bourses se déclinent en trois catégories, dotées chacune de 5 000 €. La première, financée par la SAIF, vise les photographes français ou établis en France. La deuxième est réservée aux femmes photographes. La troisième s’adresse aux photographes issus de territoires souvent sous-représentés dans l’édition occidentale. L’ensemble bénéficie du soutien du ministère de la Culture.
Ce qui fait la particularité du programme c’est que chaque candidate devait se présenter avec un éditeur indépendant déjà engagé à porter le projet. Une manière de sécuriser des premiers livres dont le financement reste souvent incertain.
Juliette Dupuis Carle, l’emprise rendue visible
Juliette Dupuis Carle remporte la Bourse SAIF avec son livre What does it mean to be free ? chez CÉ éditions. Pendant trois ans, la photographe a suivi quinze femmes de 19 à 80 ans pour documenter l’emprise psychologique dans les violences conjugales. Le livre est conçu comme une safe place, avec une dimension de médiation et une volonté de toucher un large public.


Cloé Harent, le retour à la terre
Récompensée par la bourse dédiée à une femme photographe, la photographe Cloé Harent sortira Le lien de la terre aux éditions Sur la crête. Fruit de quatre années passées dans des fermes en France, le projet suit une jeune génération paysanne en quête d’autonomie alimentaire et attachée à transmettre des savoir-faire agricoles. Un travail qui regarde la ruralité non comme un déclin, mais comme un laboratoire d’alternatives.


Cléa Rekhou, la steppe qui recule
La photographe algérienne Cléa Rekhou, née en 1988, est lauréate de la bourse dédiée à une photographe d’un territoire du sud. Elle a présenté son livre Beyond the Steppe qui sera édité chez Bao Books Publishing. Le projet documente la désertification des steppes algériennes, autour de Laghouat et Djelfa, et ses effets sur les communautés d’éleveurs. Il se prolongera en site bilingue et en zine, au-delà du livre.


Reste désormais à attendre la sortie de ces trois ouvrages, que l’on suivra avec intérêt.



