Lancé en grande pompe lors de la conférence CP+ 2019 à Yokohama, le Canon EOS RP est le deuxième boîtier hybride plein format de la marque japonaise. Il vient se ranger aux côtés de l’EOS R, qui avait fait grand bruit lors de sa sortie. Son positionnement est toutefois fort différent : l’EOS R visait à proposer une alternative hybride au 5D Mark IV. A l’inverse, l’EOS RP n’est pas sans analogie avec le 6D (et son successeur le 6D Mark II) : tous deux visent à amener les photographes chevronnés à passer de l’APS-C au plein format (24 x 36).

Disponible à partir de 1500€, l’EOS RP propose également un rapport qualité-prix très attractif, et met en avant de sérieux arguments : un capteur CMOS de 26,2 millions de pixels, un autofocus Dual Pixel, un grand écran tactile monté sur rotule… le tout dans un écrin pesant moins de 500 grammes. Au cours de notre test, nous l’avons principalement utilisé avec des objectifs, tous deux dotés de la nouvelle monture EOS R : le Canon RF 35 mm f/1,8 macro IS STM et le Canon RF 24-105 mm f/4 L IS USM.

Quelles sont les performances de ce nouveau boîtier hybride ? Saura-t-il faire au moins aussi bien que son aîné l’EOS R en termes de qualité d’image ? Réponses dans ce test du plus abordable des appareils plein format de Canon.

Canon EOS RP

Le Canon EOS RP aux côtés de l’objectif RF 35 mm f/1,8 IS STM

Un appareil particulièrement compact et léger

Dès la première prise en main, le Canon EOS RP impressionne par sa compacité, mais aussi par la qualité de ses finitions. Très léger, le boîtier tient parfaitement dans la main et inspire confiance. Comparé à un reflex « classique », la légèreté de l’EOS RP est bluffante : il ne pèse que 485 grammes avec batterie et carte mémoire.

À titre de comparaison, son aîné l’EOS R pèse environ 200 grammes de plus (660g avec batterie et carte mémoire), tandis que son cousin le 6D Mark II pèse quasiment 300 grammes de plus (765 grammes avec batterie et carte mémoire). Tous les photographes ayant déjà transporté leur matériel sur leur dos toute une journée peuvent mesurer à quel point la différence est importante… un point qui est sans nul doute à l’origine du succès des hybrides, davantage que leur compacité relative une fois l’optique montée.

Canon EOS RP vs Canon EOS 6D

À gauche, l’EOS RP, à droite, l’EOS 6D : la différence est de taille…

Il s’avère toutefois un peu plus lourd que l’EOS M50, qui pèse 387 grammes avec batterie et carte mémoire ou que le compact expert G1 X Mark III (399 grammes sur la balance, batterie et carte mémoire incluses) … mais tous deux sont équipés d’un capteur APS-C.

Cette performance est le fruit d’un alliage de magnésium pour le châssis du boîtier. En outre, certains éléments sont faits d’aluminium, de fibre de verre et de polycarbonate afin de conférer une certaine rigidité à l’ensemble.

Les dimensions très réduites (132,5 x 85 x 70 mm) placent également l’EOS RP parmi les hybrides plein format les plus compacts du marché. Même le Sony A7 III s’avère légèrement plus haut et plus épais (126,9 x 95,6 x 73,7 mm).

Dans la pratique, ce boîtier est particulièrement plaisant à utiliser et à emporter avec soi : couplé à une optique telle le Canon RF 35mm F1.8 Macro IS STM, l’ensemble ne dépasse pas les 800 grammes et s’avère très compact.

Le grip EG-E1 pour améliorer la prise en main de l’appareil

Du fait de ses mensurations très réduites (notamment en hauteur), le format de l’EOS RP pourrait dérouter certains utilisateurs. Aussi, Canon a développé un grip spécial, nommé EG-E1, destiné à améliorer la prise en main de l’appareil. Mais contrairement aux grips « classiques » que l’on retrouve habituellement sur les appareils reflex, ce grip ne dispose pas d’un emplacement pour une ou deux batteries. En revanche, sa conception permet de ne pas obstruer le logement réservé à la carte SD et à la batterie : on peut ainsi les changer aisément même lorsque l’appareil est monté sur un trépied.

Nous avons laissé le grip monté sur l’appareil pendant presque toute la durée de notre test de l’appareil, car il procure un vrai confort d’utilisation. Cependant, son prix nous paraît clairement excessif puisqu’il est vendu aux alentours de 80€.

EOS R versus EOS RP : le jeu des sept différences ergonomiques

Du point de vue de l’ergonomie, l’analogie avec son aîné l’EOS R est inévitable et les deux boîtiers se ressemblent beaucoup. Toutefois, l’EOS RP se montre moins haut et la protubérance réservée au viseur électronique est également plus réduite.

Le viseur électronique est basé sur une dalle OLED de 2,36 Mpx, disposant d’un bloc optique offrant un coefficient de grossissement de 0,70x. Ce viseur s’avère très confortable à l’usage, et se montre suffisamment large et précis. Il permet également de disposer d’un certain nombre d’informations lors de la prise de vue, au-delà des habituels réglages d’ouverture, de vitesse et d’ISO : on peut ainsi afficher un niveau ou un histogramme. Un bon point pour cet EOS RP.

On regrettera cependant la trop grande sensibilité du capteur qui vise à désactiver l’écran lorsque l’on approche l’appareil de son visage : même en passant sa main à bonne distance dudit capteur, l’appareil éteint son écran. Un détail qui peut rapidement devenir agaçant.

La poignée permet une préhension agréable et intuitive. Le revêtement antidérapant assure une très bonne prise en main de l’appareil en toute circonstance.

À gauche du viseur, on retrouve une roue crantée pour la mise sous tension de l’appareil (nous aurions peut-être préféré un poussoir classique). À droite se trouve la traditionnelle molette PASM, accompagnée d’une seconde molette permettant, le cas échéant, de régler les paramètres de prise de vue. Une fonction LOCK permet d’activer un verrouillage de certaines fonctions comme les molettes, utile si vous ne voulez pas dérégler votre appareil. Cette fonction est personnalisables dans le menu.

Un bouton dédié à l’enregistrement vidéo est également disponible. Sur la poignée, le déclencheur est accompagné d’une seconde roue crantée verticale visant à définir l’ouverture ou la vitesse d’obturation. On notera également la présence d’un bouton M-Fn, que l’on peut paramétrer depuis les menus de l’appareil. Sur ce modèle plus compact, Canon fait l’impasse sur l’écran de contrôle présent sur le dessus de l’appareil.

À l’arrière, la ressemblance avec l’EOS R est frappante : mêmes boutons, même disposition… à une différence près : la zone tactile m-Fn (à laquelle peuvent être assignés différents réglages) est portée disparue. Tant mieux, elle ne nous avait pas vraiment séduit sur l’EOS R. On notera également l’absence de joystick permettant de déplacer facilement la zone de mise au point. Pour ce faire, il faudra passer par le bouton idoine ou par le grand écran tactile.

Ce dernier occupe environ les ¾ de la face arrière, et est très agréable à utiliser malgré sa définition de seulement 1,04 million de points. D’une diagonale de 3 pouces, cet écran s’avère très réactif. Il affiche des couleurs fidèles et vibrantes. Il est également monté sur une rotule, ce qui offre un plus grand confort d’utilisation. Il permet également de naviguer facilement dans les menus de l’appareil, lesquels se montrent relativement simples et clairs tout en offrant un grand nombre d’options.

Lors de la prise de vue en mode PASM, la visée par l’écran est activée par défaut (sauf en cas d’utilisation du viseur électronique). En appuyant à plusieurs reprises sur la touche « Info », l’appareil offre une certaine granularité dans l’affichage des informations de prise de vue. Pour désactiver totalement le LiveView, il faut donc appuyer à plusieurs reprises sur la touche « Info », ce qui permet d’accéder au traditionnel mode de prise de vue affichant les différents réglages (comme sur les reflex classiques de Canon).  A ce titre, nous aurions donc préféré la présence d’une « vraie » touche destinée à l’activation et à la désactivation du Live View.

À l’avant, l’appareil est marqué par la présence de la nouvelle monture RF. Son diamètre s’avère plus large que celui de la monture « classique » EF, permettant à la lentille arrière d’être placée plus près du capteur ; en outre, la monture RF compte 12 contacteurs au lieu de 9. Le but, selon Canon, étant d’offrir de meilleures performances au niveau de la communication entre le boîtier et les objectifs.

Enfin, mentionnons la présence de joints d’étanchéité sur le boîtier : l’EOS RP est ainsi résistant à l’humidité et à la poussière. Ceci s’avère très appréciable, notamment pour les photographes prévoyant d’utiliser leur appareil sous la pluie.

Notons que tout comme l’EOS R, l’EOS RP ne dispose pas de flash intégré, ce qui contribue davantage à sa compacité mais aurait été une fonction intéressante pour déboucher les ombres.

Les fonctionnalités du Canon EOS RP

Deuxième boîtier de la nouvelle gamme d’hybrides plein format EOS R, le « petit » EOS RP vise avant tout une cible d’amateurs éclairés désirant goûter aux joies du plein format. Pour s’imposer dans l’écosystème des appareils hybrides, il mise sur sa qualité d’image et sa réactivité grâce à son capteur plein format de 26,2 Mpx et à son autofocus Dual Pixel.

Caractéristiques techniques du Canon EOS RP :

  • Capteur CMOS Full Frame de 26,2 Mpx
  • Processeur Digic 8
  • Filtre passe-bas intégré
  • Monture RF (avec rétro-compatibilité avec les objectifs EF et EF-S grâce à la bague d’adaptation monture EF-ES R)
  • Autofocus CMOS Dual Pixel avec détection de phase
  • Couverture AF horizontale à 88% et verticale à 100%
  • Plage de fonctionnement AF : de -5 à 18 IL
  • 4779 points AF
  • Sensibilité ISO :
    • en photo : de 100 à 40 000 ISO (extensible de 50 à 102 400 ISO)
    • en vidéo : de 100 à 12 800 ISO (en 4K), de 100 à 25600 ISO (en Full HD, extensible jusqu’à 102 400 ISO)
  • Rafale jusqu’à 5 i/s (AF simple) ou jusqu’à 4 i/s (AF Servo)
  • Obturation de 30 s à 1/4000 s
  • Viseur électronique avec écran OLED
  • Écran LCD de 3 pouces
  • Dimensions : 132,5 x 85 x 70 mm
  • Poids : 485 grammes (avec batterie et carte mémoire)

Mise au point Dual Pixel AF

Point particulièrement appréciable, Canon intègre à ce boîtier la technologie Dual Pixel AF. Le mécanisme d’autofocus est le même que celui que nous avions rencontré sur l’EOS R. Ses performances amènent le constructeur japonais à le présenter comme « l’autofocus le plus rapide du monde ».

Capteur Dual Pixel AF de Canon

Pour mémoire, son procédé repose sur l’utilisation conjointe de chaque pixel du capteur pour la mise au point et la capture de la photo. Deux photodiodes, présentes à l’intérieur de chaque pixel, permettent d’utiliser l’autofocus à corrélation de phase, chacune recevant le même signal (avec une légère différence, liée au décalage physique).

S’appuyant sur 4779 points d’AF, l’autofocus de l’EOS RP se montre ainsi très précis et très rapide. Il s’avère également très large : 90% de la surface du capteur peut ainsi être utilisée pour faire la mise au point. La couverture AF est aussi très étendue : 100% à la verticale et 88% à l’horizontale.

Dans la pratique, cet autofocus est d’une efficacité redoutable (en photo…). Il détecte très rapidement les sujets et effectue une mise au point sans faille. Le suivi des objets en mouvement est lui aussi très performant. En comparaison, l’autofocus de notre Canon 6D (composé de « seulement » 11 collimateurs) nous a paru particulièrement limité. En utilisant le collimateur central, l’appareil peut effectuer la mise au point dans des conditions de très faible luminosité (jusqu’à -5EV) … mais au prix d’une légère latence.

Canon EOS RP Portrait (2)

Canon EOS RP – Canon EF 70-200 mm f/4 L USM, 78 mm, f/7,1, 1/80s, 1250 ISO

L’EOS RP est en outre capable de détecter l’œil du sujet et d’effectuer un suivi de ce dernier. Un point qui fera le bonheur des portraitistes. Cette fonctionnalité est disponible aussi bien en mode Single Shot qu’AF Servo (contrairement à l’EOS R, même si ce point devrait bientôt être réglé par une prochaine mise à jour). En cela, Canon se place dans la lignée de la gamme hybride de Sony (y compris pour les appareils APS-C).

Sur le terrain, la détection de l’œil fonctionne correctement sur des sujets relativement proches. En revanche, il commence à peiner dès que le sujet s’éloigne d’environ 1,5 à 2 mètres. De même, cette fonctionnalité montre ses limites sur des sujets porteurs de lunettes et lorsque la lumière commence à décliner. Espérons qu’une mise à jour du micrologiciel interne pourra accroître les performances de l’appareil dans ce mode… et lui permettre d’atteindre le niveau de l’A7 III de Sony.

Enfin, notons la présence d’un intervallomètre, ainsi que d’une nouvelle fonction de bracketing de la mise au point, offrant la possibilité d’effectuer du « focus stacking » grâce à Photoshop ou au logiciel maison Canon DPP. Une fonction dont son aîné l’EOS R est pourtant dépourvu. Le principe est simple et très bien implémenté sur l’EOS R : l’utilisateur définit une plage de mise au point ainsi que le nombre d’images souhaité (entre 2 et 999), et l’appareil déclenche en rafale en décalant automatiquement la mise au point. Vous pourrez ainsi obtenir une image présentant une netteté sur tous les plans du sujet photographié. Si cette fonction n’est pas vraiment indispensable, son implémentation au sein de l’EOS RP est toujours appréciable.

EOS RP Focus Stacking.

Focus stacking, Minolta SRT 101 et Canon EOS RP

Mécanisme de stabilisation à double détection

Contrairement à de nombreux appareils de la concurrence, l’EOS RP n’est malheureusement pas équipé de la stabilisation mécanisme du capteur. Toutefois, Canon mise sur un mécanisme de stabilisation à double détection. L’appareil exploite les données issues du capteur gyroscopique inclus dans les objectifs stabilisés, et les combine avec celles du capteur CMOS. D’après le constructeur japonais, ce système détecte les mouvements de l’appareil et serait capable de gagner jusqu’à 5 stops (y compris avec les optiques stabilisées EF et EF-S). Nous aurions évidemment préféré la présence d’une véritable stabilisation boîtier : à titre de comparaison, son principal concurrent, le Sony A7 III est muni d’un capteur stabilisé sur 5 axes.

Toutefois, ce nouveau système s’est montré efficace avec les objectifs RF 24-105 mm f/4 L IS USM et RF 35 mm f/1,8 macro IS STM que nous avons pu tester avec l’EOS R. Il montre néanmoins ses limites lorsque la luminosité vient à baisser et que la distance focale approche les 100 mm. Dans la pratique, le gain apporté par cette stabilisation est plus proches d’un ou deux stops.

Si ce système s’avère assez intéressant pour les optiques stabilisées (EF et RF), il ne pourra fonctionner avec les anciennes optiques non stabilisées. De fait, la stabilisation du capteur aurait été beaucoup plus judicieuse, puisqu’elle aurait permis de ‘gagner’ la stabilisation sur un objectif qui en est dépourvu…

Canon EOS RP et EF 16-35 mm f/4 L IS USM

Canon EOS RP et EF 16-35 mm f/4 L IS USM avec l’adaptateur EF-RF

Modes de prise de vue

Le Canon EOS RP embarque un grand nombre de modes prédéfinis. Si ceux-ci sont avant tout orientés grand public, certains d’entre eux s’avèrent intéressants. Le mode Auto (baptisé ici Smart Auto), se montre efficace, et délivre des clichés de bonne facture.

Outre les traditionnels modes PASM, on trouve également un nouveau mode Fv, que l’on pourrait qualifier de « semi-automatique ». Dans la pratique, il ressemble beaucoup au mode Programme, mais offre la possibilité de régler facilement l’ouverture, la vitesse d’obturation ou la sensibilité ISO en utilisant la molette crantée (présente sur la poignée à côté du déclencheur). Pour passer de l’un à l’autre, il suffit d’utiliser la roue crantée horizontale, qui vient remplacer la zone tactile M-Fm dont est doté l’EOS R.

A l’origine, nous étions dubitatifs quant à l’utilité de ce mode. Sur le terrain, toutefois, il peut s’avérer intéressant pour les utilisateurs hésitant à passer aux modes A, S ou M, car il permet de désactiver progressivement le réglage automatique de l’ouverture ou de la vitesse. Ceci étant, le fait que l’EOS R soit doté d’un tel mode nous paraît quelque peu surprenant : l’appareil vise avant tout des utilisateurs ayant – a priori – déjà fait leurs armes sur un appareil APS-C… et qui seront donc plus enclins à utiliser directement les « vrais » modes PASM.

On retrouve également plusieurs modes créatifs. Les modes portrait et autoportrait vont essentiellement jouer sur la profondeur de champ, mais d’autres sont assez avancés. Les modes destinés à la prise de vue nocturne sont très efficaces : comme sur le G1 X Mark III, faisons mention du mode « scène de nuit main levée », qui permet de réaliser des images nocturnes sans trépied. L’appareil prend 4 images et les fusionne en une seule photo, (en éliminant le flou de bougé et le bruit numérique, à condition de rester stable pendant la prise de vue). Si les modes « appareil photo jouet », « peinture à l’huile » ou « effet très grand angle » ne nous ont pas forcément manqué, la disparition du mode panorama nous a déçus, car il s’était montré très efficace sur les autres appareils où il était présent.

Canon EOS RP, RF 24-105 mm f/4 L IS USM

Le mode « clichés nocturnes à main levée » s’avère particulièrement efficace. Canon EOS RP, RF 24-105 mm f/4 L IS USM – 21 mm – 1/20s – f5,6 – 6400 ISO

Connectivité du Canon EOS RP

La connectivité offerte par l’EOS RP se montre particulièrement complète : deux prises jack 3,5 mm (une pour un micro externe, l’autre pour un casque), une prise mini-HDMI et un port USB type C. Ce dernier point est intéressant tant cette norme tend à se démocratiser. Il permet de connecter l’appareil à un ordinateur pour transférer des fichiers et mettre à jour le boîtier. Malheureusement, si celui-ci permet la recharge de l’appareil en USB-C, il faudra s’équiper d’une batterie externe récente ou d’un chargeur compatible avec la norme PD (Power Delivery). La recharge se fait uniquement lorsque l’appareil est éteint.

L’appareil dispose d’un seul slot pour carte mémoire au format SDXC et compatible UHS-II. Il se trouve sous l’appareil dans le même compartiment que la batterie.

Canon EOS RP connectique

L’ensemble des ports de l’EOS RP sont regroupés du côté gauche de l’appareil.

À l’image des boîtiers récents de Canon, l’EOS RP embarque le WiFi, Bluetooth basse consommation… mais pas de NFC. Grâce à l’application Canon Camera Connect, l’utilisateur peut ainsi visualiser ses photos depuis son smartphone ou sa tablette, les télécharger en local pour les retoucher et les partager en ligne. L’application offre aussi la possibilité de réaliser des prise de vue à distance, ainsi que de géotagger les photos capturées avec l’appareil.

L’utilisation du WiFi s’est avérée fiable et efficace… mais très énergivore pour l’appareil. En revanche, saluons la rapidité de transfert des photos vers notre smartphone. La procédure d’appairage est peut-être un tantinet fastidieuse ; heureusement, les indications de l’application permettent de s’y retrouver facilement. En revanche, le téléphone et l’appareil photo ont rencontré quelques petites difficultés à rester connectés en permanence en Bluetooth.

Performances et qualité d’image du Canon EOS RP

Afin de mesurer les performances du plus abordable des appareils Canon plein format, nous l’avons utilisé en conditions réelles avec plusieurs optiques : l’objectif ultra-polyvalent RF 24-105 mm f/4 L IS USM et le « petit » RF 35 mm f/1,8 L IS STM, mais aussi les optiques reflex EF 16-35 mm f/4 L IS USM et EF 70-200 mm f/4 L USM via la bague d’adaptation.

Nous avons ainsi pu vérifier la qualité des images produites par l’EOS RP, et avons tenté de prendre Canon au jeu : considérer cet appareil comme l’équivalent d’un reflex à part entière, à l’image du 6D Mark II avec lequel la parenté (notamment en termes de positionnement stratégique) est assez évidente.

Canon EOS RP et Canon 70-200 mm f/4 L USM

Canon EOS RP et Canon 70-200 mm f/4 L USM

Si l’EOS R était équipé d’un capteur CMOS de 30,3 Mpx, l’EOS RP est doté de « seulement » 26,2 Mpx… soit la même résolution que le 6D Mark II. Mais contrairement à ce dernier, l’EOS RP est muni d’un processeur Digic 8. Selon son constructeur, ce processeur offre 40 fois plus de puissance de calcul que le Digic 7. En outre, cette nouvelle puce permet à l’EOS RP d’offrir une plage ISO de 100 à 40 000 ISO, extensible de 50 à 102 400 ISO en photo. En vidéo, les choses sont légèrement différentes : en 4K, la sensibilité du capteur s’étend de 100 à 12 800 ; elle peut toutefois aller jusqu’à 25 600 ISO en Full HD, avec une possibilité de l’étendre jusqu’à 102 400 ISO.

L’EOS RP est également capable d’enregistrer les photos au format RAW 14 bits. Notons également la possibilité d’utiliser le format Compact RAW, qui réduit d’environ 30% la taille des fichiers bruts sur la carte mémoire. L’EOS RP utilise donc une nouvelle extension de fichier, nommée CR3. Dans la pratique, les fichiers “Compact RAW” pèsent seulement une dizaine de Mo, tandis que les images RAW “classiques” tournent autour de 30 Mo.

Dans le cadre de nos tests, nous nous sommes basés sur le rendu obtenu en exportant les fichiers RAW du Canon EOS RP via le logiciel Digital Photo Professional. Par ailleurs, nous avons utilisé le rendu délivré par le boîtier (analogue à celui appliqué, le cas échéant, sur les fichiers JPEG). Désormais, les fichiers CR3 du boîtier sont compatibles avec Lightroom depuis la mise à jour de mai 2019.

Canon Digital Photo Professional EOS RP.

Logiciel DPP de Canon, qui jusqu’à peu était le seul capable d’ouvrir les CR3 du Canon EOS RP

Ouvrons maintenant le chapitre consacré à la qualité des images générées par le Canon EOS RP. Comme nous l’indiquions précédemment, l’appareil n’est pas équipé d’un filtre passe-bas : les images sont ainsi plus nettes.

Les clichés sont de très bonne facture, présentant d’emblée une assez grande dynamique. De ce point de vue, l’appareil se comporte de manière assez similaire au 6D Mark II… mais le processeur Digic 8 de l’EOS RP permet d’obtenir davantage de détails au niveau des ombres.

À l’épreuve du terrain, l’EOS RP produit des images d’excellente qualité. Les photos sont riches, détaillées et leurs couleurs vibrantes. Nous avons été très agréablement surpris par le rendu des photos prises avec le « petit » hybride Canon. En RAW, on peut observer un léger manque de peps au niveau des couleurs, facilement corrigeable au post-traitement. En revanche, la colorimétrie des JPEG est tout à fait correcte.

La montée en ISO du boîtier et sa gestion du bruit numérique est également une très bonne surprise. En RAW, le bruit ne commence à apparaître qu’à partir de 6400 ISO, même si celui-ci demeure discret. Il n’est présent qu’à partir de 12 800 ISO et devient gênant à partir de 25 600 ISO. Au-delà, les images deviennent difficilement exploitables.

EOS RP 51200 ISO

À 51 200 ISO, le résultat devient franchement indigeste

Le mode de prise de vue nocturne sans trépied est un véritable atout : en combinant plusieurs images, on évite de devoir trop augmenter la sensibilité du capteur et l’apparition de bruit numérique. Il convient seulement de rester assez stable pendant la capture afin d’éviter tout flou de bougé. Ce mode montre toutefois ses limites quand l’appareil est confronté à une source de lumière directe (des réverbères par exemple). De même, il a généré quelques images floues lorsque nous avons approché une longueur focale de 100 mm, et ce malgré la stabilisation de l’optique utilisée. Enfin, notons l’impossibilité de shooter en RAW dans ce mode.

Canon EOS RP

Mode portrait nocturne à main levée – Canon EOS RP, Canon RF 24-105 mm f/4 L IS USM, 87 mm, 1/12s, f/4, 800 ISO

Réactivité et autofocus du Canon EOS RP

D’une manière générale, l’EOS RP se montre suffisamment réactif en toute circonstance. Pour accélérer l’allumage, Canon a retiré le rideau de protection du capteur, ce qui permet à l’appareil d’être opérationnel en deux secondes environ… mais ceci accroît sensiblement le risque de loger une poussière sur le capteur en changeant d’objectif.

Comme nous l’indiquions précédemment, le capteur du viseur électronique est très, voire trop réactif : l’appareil désactive son écran même lorsque l’utilisateur ne fait que passer la main brièvement devant le capteur infrarouge.

Grâce à l’AF Dual Pixel, la mise au point s’avère particulière rapide et efficace, même avec les « anciennes » optiques EF tel le 70-200 mm f/4 L USM. Le Canon EOS RP offre donc un déclenchement très rapide : un très bon point pour cet appareil. Canon a également mis l’accent sur les différents modes de détection et de suivi du sujet. A l’image de nombreux autres appareils Canon, l’autofocus dispose de trois modes :

  • priorité visage + suivi : l’appareil fait la mise au point sur le visage puis le suit. Très utile pour photographier une personne.
  • mise au point par zone : l’appareil fait la mise au point sur une zone composée de 9 points d’autofocus (équivalent des collimateurs sur un reflex). Ce mode s’avère intéressant pour photographier un sujet dont les mouvements sont difficiles à prédire, comme un animal. C’est également le mode que nous avons utilisé le plus souvent avec ce boîtier
  • mise au point sur un seul collimateur : l’utilisateur choisit un collimateur et la mise au point se fait uniquement sur celui-ci. C’est le mode le moins intelligent, mais souvent le plus efficace et précis pour faire la mise au point sur un petit sujet.

L’EOS RP est doté de différents modes de déclenchement : un mode cliché unique, un mode « rafale basse » (où le déclenchement est espacé d’environ ½ seconde, et dont nous n’avons pas forcément perçu la véritable valeur ajoutée), ainsi qu’un mode « rafale haute ». Ce dernier est plus intéressant, car il permet une rafale illimitée en JPEG et une cinquantaine de fichiers en RAW.

L’appareil est capable de capturer jusqu’à 5 images par secondes en mode AF simple, et seulement 4 images par secondes en AF Servo. On est donc particulièrement loin de la rafale à 10 images par seconde obtenues avec l’obturateur mécanique sur l’A7 III. Toutefois, les performances de l’EOS R en la matière sont elles aussi assez limitées (8 i/s sans suivi AF et seulement 5 i/s avec AF Servo). À l’heure actuelle, aucun des deux hybrides de Canon n’est donc adapté à des usages nécessitant une rafale très élevée (photographie sportive notamment).

Contrairement à certains appareils (comme le Sony A7 III), l’appareil a besoin d’un petit temps de récupération après avoir capturé des images en rafale. Il est donc nécessaire de patienter quelques secondes, le temps que l’appareil puisse décharger le tampon sur la carte mémoire. Pendant ce laps de temps, il n’est donc pas (encore) possible de visualiser, de noter ou de supprimer les images.

Nous avons été très surpris de ne pas trouver un « vrai » mode de déclenchement silencieux sur l’EOS RP, s’appuyant sur l’obturateur électronique. Après avoir longuement cherché dans les menus de l’appareil, nous avons dû nous rendre à l’évidence : le mode de déclenchement silencieux est uniquement disponible dans le menu « scènes », où le contrôle de la vitesse, de l’ouverture et de la sensibilité ISO n’est pas possible. Ce choix technique nous a paru tout simplement incompréhensible : pourquoi Canon n’a-t-il pas rendu possible le déclenchement silencieux en mode PASM ? Pourquoi le cantonner au mode « scènes », qui s’adresse avant tout aux débutants ? Là aussi, nous espérons qu’une prochaine mise à jour du boîtier viendra pallier ce manque.

Canon EOS RP déclenchement silencieux

Le déclenchement silencieux n’est, hélas, disponible que via les modes créatifs et non via les modes PASM.

Malgré cette déception, nous avons été particulièrement séduits par la réactivité de l’EOS RP, tant pour la mise en tension, la mise au point que pour le déclenchement. Seule sa cadence en rafale un peu basse l’empêche de se hisser au niveau des meilleurs hybrides plein format… mais qui sont également vendus (beaucoup) plus cher.

Une autonomie… relativement décevante

Le Canon EOS RP utilise une batterie LP-E17, que l’on retrouve également sur les EOS 77D et 800D. Pourquoi le constructeur n’a-t-il pas reconduit la batterie LP-E6N, comme sur l’EOS R ? Peut-être par manque de place, pourtant cette dernière est plus endurante.

Sur le papier l’EOS RP est censé pouvoir capturer jusqu’à 270 clichés (norme CIPA) avant de rendre les armes. Sur le terrain, nous avons fait une utilisation mixte entre l’écran et le viseur… et les résultats sont quelque peu décevants. L’autonomie tourne généralement entre 230 et 250 photos. Elle descend aux alentours de 200 clichés en cas d’utilisation intensive du mode rafale, de la pose longue ou lorsque le viseur est utilisé avec le mode de rafraîchissement à 60 fps (30 en mode éco).

Lors de nos tests, nous avons dû recharger l’appareil presque tous les soirs, sous peine de ne plus pouvoir allumer l’appareil le lendemain. Ceci est particulièrement regrettable pour un appareil conçu notamment pour accompagner les photographes en voyage, où il est aisé de dépasser (largement) les 200 photos par jour. Nous aurions amplement préféré que la capacité de la batterie soit au moins doublée.

Notons également que le chargeur fourni est loin d’être explicite, car il n’indique pas le niveau de charge de la batterie…

Vidéo : un mode Full HD satisfaisant et un mode 4K dans les choux

Lors de sa sortie, le Canon EOS 6D Mark II avait été critiqué pour l’absence de possibilité de filmer en 4K. Avec l’EOS RP, le constructeur japonais corrige cet impair et offre la possibilité de filmer en Full HD jusqu’à « seulement » 50 fps (voir ci-dessous) et en 4K jusqu’à 25 fps (3840 x 2160 pixels). L’appareil est doté du focus peaking et d’une fonction zebra, qui faciliteront la mise au point sur le sujet. Malheureusement, il n’est pas possible de capturer une photo en filmant.

Sur le terrain, la capture en Full HD est de bonne facture : à l’instar des images fixes, les vidéos sont correctement exposées et les détails très bien restitués. De même, l’enregistrement du son est relativement correct, l’appareil offrant un mécanisme d’atténuation des bruits parasites. On notera également la présence d’un prise casque sur la tranche gauche de l’appareil. Contrairement à son petit frère, l’hybride EOS M5, l’écran de l’EOS RP est monté sur une rotule, ce qui le rend facilement utilisable pour du vlogging.

Capture vidéo en Full HD à 25 fps :

Capture vidéo en Full HD à 50 fps ;

Pour pallier l’absence de stabilisation du capteur, l’EOS RP intègre deux modes de stabilisation numérique (l’un étant plus prononcé que l’autre). Un aspect qui aurait pu se montrer très séduisant s’il n’avait pas entraîné un fort recadrage de la vidéo.

En vidéo 4K, en revanche, les choses deviennent plus compliquées. Les images fournies sont de bonne qualité et satisferont sans doute les utilisateurs occasionnels, surtout s’ils ont tendance à filmer des sujets fixes. Toutefois, la capture en 4K entraîne un fort recadrage de l’image (avec un facteur de recadrage d’environ 1,5x). Si la stabilisation numérique est activée, ce cropping devient très prononcé, et empêche toute capture en grand-angle.

Mais le véritable point faible de la capture vidéo vient du suivi du sujet en autofocus. En Full HD, l’AF Servo peut se montrer relativement efficace… à condition de ne pas changer trop rapidement la distance vis-à-vis du sujet. En revanche, le suivi AF en capture 4K devient catastrophique. En effet, l’appareil n’utilise plus l’AF Dual Pixel à détection de phase, mais se base seulement sur l’autofocus à détection de contraste.

Concrètement, le suivi du sujet devient très lent et l’appareil met un certain temps à recalculer la mise au point (comme constaté dans la vidéo ci-dessous, où le suivi du sujet était positionné sur l’adulte en bleu). Par conséquent, nous ne pouvons en aucun cas recommander le suivi AF en 4K : les vidéastes auront tôt fait de passer en mise au point manuelle… ou de filmer en Full HD. On est donc particulièrement loin de la performance offerte par le Sony A7 III… ou par le Fujifilm XT-3 (doté, il est vrai, d’un capteur APS-C).

Objectif RF 35 mm f/1,8 Macro IS STM : une optique légère, polyvalente et performante

Nous avions déjà côtoyé la plus petite optique Canon à monture RF lors de notre prise en main de l’EOS R. La bonne impression laissée par ce RF 35 mm f/1,8 Macro IS STM lors d’une précédente prise en main s’est trouvée confirmée lors de notre test de l’EOS RP. Pour mémoire, il s’agit d’une optique à focale fixe 35mm munie d’un mécanisme de stabilisation (qui offre un gain de 5 stops, selon Canon). En outre, elle permet de pratiquer la macrophotographie et dispose d’une ouverture constante à f/1,8. Contrairement aux autres optiques annoncées par Canon pour la monture RF, cet objectif est le seul à être équipé d’une motorisation STM (mécanique).

D’emblée, nous ne pouvons qu’apprécier la légèreté de cette optique : elle ne pèse en effet que 305 grammes sur la balance, et forme un couple très bien assorti avec l’EOS RP. Grâce à sa distance focale de 35 mm, elle est idéale pour la photo de rue, de voyage, voire même de portrait (en s’approchant très près du sujet).  En macro, elle bénéficie d’un grossissement maximal de 0,5x (contrairement à l’excellent EF 100 mm macro f/2,8 L IS USM, sans commune mesure). La distance minimale de mise au point, quant à elle, n’est que 17 cm.

Sur le côté de l’objectif, on retrouve deux interrupteurs pour activer/désactiver l’AF et la stabilisation. On notera l’absence d’indicateur de distance, sans doute pour gagner en légèreté. La bague de mise au point est relativement souple, et sa course n’est ni trop longue, ni trop courte. Enfin, mentionnons la présence d’une bague supplémentaire, dont le fonctionnement est entièrement paramétrable depuis les menus de l’appareil. Extrêmement intuitive, permet d’ajuster à la volée la sensibilité ISO, la vitesse d’obturation, l’ouverture… et devient rapidement incontournable.

Lors de notre test de l’EOS RP, nous avons été séduits par la qualité des images produites par le RF 35 mm f/1,8 Macro STM. Nous sommes en présence d’une optique très qualitative, aux performances très homogènes. L’ouverture maximale à f/1,8 permet d’obtenir un bokeh très doux avec une transition harmonieuse entre le sujet et l’arrière-plan. Cet objectif livre des images présentant un excellent niveau de piqué, digne des meilleures optiques à focale fixe (et vendues bien plus cher). Et ce, dès l’ouverture maximale. Les angles des photos conservent un très bon niveau de netteté, même si le niveau optimal n’est atteint qu’à partir de f/3,5.

Sauce pimentée mexicaine – Canon EOS RP, RF 35 mm Macro IS STM, 35 mm – 1/60s – f/18 – 5000 ISO

Le vignettage peut parfois se montrer légèrement présent ; toutefois, ceci ne nous a pas paru gênant pour deux raisons. Premièrement, l’EOS RP dispose (comme l’EOS R) d’un très bon mécanisme logiciel de suppression des aberrations optiques et chromatiques (dont le vignettage). Deuxièmement, le vignettage généré par cette optique s’avère très doux et très progressi. Il ne gêne donc pas vraiment le photographe et vient même l’aider à valoriser son sujet.

Canon EOS RP, RF 35 mm macro IS STM – 35 mm – 1/2500s – f/2,8 – 100 ISO

En macro, son rapport de grossissement de « seulement » 0,5x ne lui permet pas de plonger aussi près du sujet qu’un objectif 100 mm. Toutefois, sa focale de 35 mm amène le photographe à s’approcher du sujet pour en saisir tous les détails. Il sera également aidé par l’ouverture à f/1,8. Au final, cet objectif s’avèrera très efficace pour immortaliser feuilles et fleurs (mais plus difficilement les insectes)… tout en étant considérablement plus compact et plus polyvalent qu’une optique 100 mm.

Canon EOS RP, RF 35 mm f/1,8 macro IS STM – 35 mm – 1/125s – f/3,5 – 100 ISO

Du côté de la stabilisation optique, le résultat est aussi très satisfaisant. Lors de notre test terrain de l’EOS RP avec cette optique stabilisée, nous avons réussi à produire des clichés nets à main levée avec un temps de pose de… 2 secondes. En effet, l’optique et le boîtier tirent mutuellement parti du mécanisme de stabilisation à double détection, que nous évoquions précédemment. Même si le chiffre de 5 stops avancés par Canon semble légèrement ambitieux, la stabilisation optique de cet objectif en fait un atout non négligeable.

Canon EOS RP, RF 35 mm macro IS STM – 35 mm – 2s – f/16 – 100 ISO

Enfin, faisons mention de l’autofocus équipant cet RF 35 mm f/1,8 IS STM. Celui-ci se montre particulièrement réactif et ne déshonore en rien l’AF de l’EOS RP. Bien au contraire, celui-ci est très véloce, même lorsque la lumière tend à diminuer. En revanche, elle commencera à peiner en conditions de très faible luminosité.

Canon EOS RP, RF 35 mm macro IS STM – 35 mm – 1/25s – f/5,6 – 6400 ISO

Avec ce moteur STM se posent également les questions du bruit de fonctionnement et de la retouche du point manuelle. Heureusement, cette optique s’avère relativement peu bruyante… tout en se montrant évidemment plus « sonore » qu’un objectif USM. En mode vidéo, toutefois, le RF 35 mm est très silencieux. En revanche, la retouche du point n’est pas possible avec cette optique, la bague de mise au point étant directement reliée au mécanisme.

Au final, nous avons été particulièrement séduits par le potentiel du Canon RF 35 mm f/1,8 IS STM. Celui-ci délivre des images d’une très bonne qualité, au rendu très agréable et d’une remarquable homogénéité. Nous avons également beaucoup apprécié sa polyvalence, qui la rend utilisable dans de nombreux scénarios. Tout juste regretterons-nous un tarif un tantinet élevé : vendue aux alentours de 535 €, elle ne dispose toutefois d’aucun équivalent sur le marché et s’avère d’une redoutable efficacité.

Objectif RF 24-105 mm f/4 L IS USM

Pris côte à côte, le RF 35 mm et ce RF 24-105 mm sont deux véritables opposés. Le premier est une focale fixe, le second un zoom transtandard. L’un est d’une remarquable légèreté, l’autre… un peu moins. Le RF 35 mm est équipé d’une motorisation STM tandis que le 24-105 mm est doté d’un moteur Nano-USM de dernière génération, permettant une mise au point très précise et rapide dans un silence complet. À la différence de son compagnon, le RF 24-105 mm appartient à la prestigieuse série L, signe d’un fort investissement de la marque japonaise.

Canon EOS RP et RF 24-105 mm f/4 L IS USM

Le Canon EOS RP et le RF 24-105 mm f/4 L IS USM

Mais au-delà de ces quelques comparaisons, le 24-105 mm f/4 L IS USM est l’optique la plus polyvalente disponible pour la monture RF. (Ceci devrait toutefois changer avec l’arrivée prochaine du RF 24-240 mm, annoncé récemment par Canon). Elle répond à un très grand nombre de situations, et fera notamment le bonheur des photographes en voyage.

Elle est également dotée d’une ouverture constante à f/4, ce qui lui permet de jouer facilement avec la profondeur de champ sur les plus grandes focales. Du côté de la stabilisation, Canon promet un gain de 5 stops.

Le RF 24-105 mm est constitué de 18 éléments répartis en 12 groupes, et son diaphragme est composé de 9 lamelles. La distance minimale de mise au point est de 45 cm, et l’objectif offre un rapport de grossissement maximal de 0,24x.

Monté sur notre Canon EOS RP, cet objectif fait immédiatement ressortir les dimensions très réduites du boîtier. Le résultat pourrait presque paraître déséquilibré, l’objectif risquant de paraître lourd et massif en comparaison. Heureusement, la prise en main est excellente, et l’ensemble forme un couple très efficace. Du côté de la balance, l’optique pèse 700 grammes : monté sur l’EOS RP, notre tandem affiche un poids d’environ 1,2 kilos. Mentionnons également la présence de joints d’étanchéité, qui protègeront l’optique de l’eau et de la poussière.

Au vu de la plage focale couverte par cet objectif, il est donc raisonnable que celui-ci présente un encombrement variable. Il s’avère cependant assez compact à 24 mm (10,7 cm de long), et passe à environ 17 cm à 105 mm. Au-delà de la présence des interrupteurs qui contrôlent l’AF et la stabilisation, mentionnons également la présence d’une glissière pouvant bloquer le zoom lors du transport. En revanche, nous avons été un peu déçus de l’absence d’indicateur de distance, pourtant fort pratique. Ces informations sont toutefois affichées sur l’écran et sur le viseur électronique dès que l’on fait bouger la bague de mise au point (dont la course, indépendante du mécanisme, s’avère d’ailleurs un peu trop longue).

Canon EOS RP, Canon RF 24-105 mm f/4 L IS USM, 40 mm, 1/1600, f/13, 2500 ISO

À l’image du RF 35 mm f/1,8 IS STM, notre 24-105 mm est lui aussi équipé d’une troisième bague, placée tout à l’avant de l’objectif. Elle permet de contrôler facilement les réglages de l’appareil ; son fonctionnement est entièrement paramétrable depuis les menus de l’appareil. Il est ainsi possible de régler rapidement la sensibilité ISO, l’ouverture, la vitesse d’obturation… Cette bague de commande très intuitive nous est vite devenue indispensable.

Sur le terrain, nous avons beaucoup apprécié la polyvalence de cet objectif. Paysage, portraits, photo de rue, et même architecture ou proxi photographie, elle permet d’immortaliser une grande variété de sujets. Les images produites avec cet objectif sont de très bonne facture et présentent un niveau de piqué et de détails particulièrement élevés, et ce dès l’ouverture maximale. Le vignettage est également fort discret (d’autant qu’il peut être corrigé à la volée par le logiciel interne des EOS R et RP).

Canon EOS RP, Canon RF 24-105 mm, 67 mm, F/4, 1/80e, 100 ISO

Certains photographes regretteront de ne pas disposer d’une ouverture constante à f/2,8… mais l’objectif aurait sans doute été à la fois plus grand, plus lourd et plus cher ! L’ouverture maximale à f/4 permet toutefois d’obtenir un flou d’arrière-plan doux et harmonieux, offrant une différence entre les plans très appréciable.

Canon RF 24-105, 91 mm, f/4,5, 1/100s, 100 ISO

Fort heureusement, cette optique est munie d’un mécanisme de stabilisation, qui tire pleinement parti du mécanisme à double-détection des nouveaux hybrides Canon. Ce système s’avère efficace et performant, offrant ainsi des photos nettes à main levée à ¼ s jusqu’à… 80 mm environ . On est donc assez loin des 5 stops annoncés par le constructeur japonais.

Si elle sait se montrer efficace, le mécanisme de double-stabilisation ne peut faire des miracles. Avec le RF 24-105 mm f/4 L IS USM, les images deviennent flou à main levée dès 70 mm à 1/4s.

Côté autofocus, le RF 24-105 mm f/4 L IS USM est équipé d’une motorisation nano-USM (aperçu pour la première fois sur le Canon EF-S 18-135 f/3,5-5,6 IS USM). Dans la pratique, la mise au point de cet objectif est extrêmement rapide, et ce dans toutes les circonstances. Elle s’avère également totalement silencieuse : un atout lors de la réalisation de séquences vidéo. Sur ce point, les vidéastes seront également séduits par l’AF très fluide offert par cette optique. Indéniablement, cette motorisation fait de l’autofocus l’un des véritables points forts de cet objectif.

Canon EOS RP, Canon RF 24-105 mm f/4 L IS USM, 65 mm f/4,5, 1/30s, 4000 ISO

Au final, nous avons particulièrement apprécié les performances de cet objectif transtandard, qui ne souffre d’aucun réel défaut. Il s’agit là d’une optique qui s’adresse aussi bien aux amateurs éclairés qu’aux professionnels : de par la qualité de sa construction, ses excellentes performances et la qualité qu’elle permet d’obtenir, le RF 24-105 est sans doute l’un des principaux atouts de la nouvelle gamme EOS R. L’objectif est disponible seul au tarif de 1 129€.

À qui se destine le Canon EOS RP ?

Le positionnement marketing du « petit » hybride de Canon s’avère particulièrement intéressant à étudier. Vendu à partir de 1500 € nu, il est en effet le moins onéreux de tous les appareils plein format sortis récemment. Il cible donc particulièrement les photographes ayant déjà utilisé un compact expert, un hybride ou un reflex, mais désireux de passer au plein format sans se ruiner. Si vous êtes déjà familier d’un Canon EOS 800D ou d’un EOS M5, cet appareil ne vous déroutera en rien mais vous permettra de bénéficier d’une plus grande qualité d’image grâce à son capteur full frame et aux optiques EF et RF.

Toutefois, il pourra aussi faire la joie des utilisateurs moins expérimentés, grâce à la présence de modes automatiques. Certains plairont aussi aux photographes expérimentés, comme le mode silencieux ou le mode cliché nocturne à main levée.

Test de l’EOS M5, le meilleur hybride de Canon

Comment l’EOS RP se place-t-il face à la concurrence ? Avec Nikon, Canon fait partie des derniers arrivants sur le marché des hybrides plein format. À l’inverse, Sony en est déjà à la troisième itération de son hybride phare, l’A7. Son capteur dispose d’une définition similaire (24,2 Mpx), son autofocus est efficace et il est lui aussi capable de filmer en 4K (30 fps). Mais surtout, son capteur est stabilisé sur 5 axes, alors que celui de l’EOS RP ne l’est pas. Cela étant, l’écart tarifaire entre l’EOS RP et le Sony A7 III est très important, ce dernier étant vendu aux alentours de 2200 €. Il ne vise donc pas exactement le même public… D’autant que la même somme permet d’acquérir à la fois l’EOS RP et l’excellent objectif RF 24-105 mm.

Canon EOS RP Vs Sony A7 III

À gauche, le Canon EOS RP ; à droite, le Sony A7 III

Chez Nikon, les récents Z 6 et Z 7 bénéficient d’une solide fiche technique… Y compris la stabilisation de leur capteur. Mais là encore, ces deux appareils proposent un positionnement tarifaire beaucoup plus élitiste : proposés à partir de 2199 € et 3389 €, ils ne visent pas la même cible de photographes.

Faisons également mention d’un autre concurrent de l’EOS RP : le Fujifilm X-T3. Vendu à un tarif très proche (aux alentours de 1500 €), il dispose d’un capteur X-Trans de 26,1 Mpx, est capable de filmer en 4K sans rognage (à l’opposé de l’EOS RP) et peut atteindre une cadence de 30 images par secondes en rafale. Mais contrairement au dernier-né de Canon, le X-T3 n’est pas un appareil full frame… et dispose bien d’un capteur APS-C. Si la vidéo est un critère déterminant, le haut de gamme de Fujifilm est sans doute plus adapté. Néanmoins, le capteur de l’EOS RP garde sa supériorité, notamment grâce à son AF Dual Pixel, particulièrement efficace.

Canon EOS RP Vs Fujifilm X T3.

À gauche, le Canon EOS RP, à droite, le Fujifilm X-T3

Toutefois, la plus grande force de l’EOS RP (et, in extenso), de son grand frère l’EOS R, c’est aussi (et surtout !) l’écosystème Canon. Grâce à l’adaptateur EF-RF, les propriétaires d’objectifs Canon peuvent exploiter directement toutes les fonctionnalités des optiques EF (et même EF-S, moyennement un coefficient de conversion), sans aucune perte de qualité. Ceci est un facteur qui rassurera sans doute énormément les utilisateurs de Canon : ceux-ci pourront naturellement se tourner vers ce nouveau paradigme… tout en bénéficiant de l’impressionnant parc optique de Canon.

Enfin, mentionnons la stratégie de Canon à propos des nouvelles optiques de la gamme EOS R. Orientées haut de gamme (à l’exception du RF 35 mm f/1,8 IS STM, qui n’appartient pas à la série L), ces objectifs permettant aux nouveaux hybrides de la marque de bénéficier d’une excellente qualité d’image. Ces nouvelles optiques RF sont donc parmi les arguments phares de Canon pour ses appareils hybrides.

En optant pour un positionnement tarifaire très bas (au regard de la concurrence), Canon dispose pour son EOS RP d’un atout différenciateur… qui pourrait bien s’avérer très séduisant pour les consommateurs. En compressant le prix de cet hybride (sans trop rogner sur ses caractéristiques techniques), Canon espère ainsi doper le volume des ventes – ce qui n’est pas sans rappeler la stratégie adoptée avec le cousin de cet appareil, l’EOS 6D.

Conclusion

Après 3 semaines de test et plus de 3000 photos, quel bilan tirons-nous de notre expérience avec le dernier-né du constructeur japonais ? De par la qualité des images générées par son capteur full frame, sa réactivité globale et l’efficacité de son autofocus Dual Pixel AF, le Canon EOS RP est un boîtier complet et agréable à utiliser au quotidien. Sa compacité est un véritable atout : avec un objectif tel le RF 35 mm f/1,8 IS STM, l’ensemble se montre d’une remarquable légèreté. Son positionnement tarifaire crée également la différence avec la concurrence. En offrant un bon niveau de performances à un prix (relativement) abordable, Canon livre une copie cohérente et très équilibrée.

Canon EOS RP

Le Canon EOS RP (sans le grip EG-E1) muni du Canon RF 24-105 mm f/4 L IS USM

Toutefois, le « petit » hybride de Canon n’est pas exempt de défauts. Face à la concurrence, la capture en 4K est clairement en retrait : la vidéo est considérablement rognée (écartant toute possibilité de filmer en grand-angle) et le suivi du sujet en mode AF Servo est très lent. On notera également l’impossibilité de filmer en 120 fps en Full HD. De même, certains choix techniques sont discutables. L’absence de rideau de protection devant le capteur accélère le démarrage de l’appareil, mais elle expose le capteur aux poussières lors du changement d’objectifs. Son autonomie, annoncée à 250 images, est trop juste (pas plus d’une journée en cas d’utilisation intensive).

Le mode rafale est également peu rapide (pas plus de 5 images par secondes). De même, le suivi du sujet pourrait gagner en efficacité, tout comme l’AF en basse lumière. Nous regrettons également que le déclenchement silencieux ne soit disponible qu’en mode Scènes (et non en PASM). Enfin, nous déplorons l’absence de stabilisation du capteur : même si le mécanisme de double-détection s’avère séduisant, il ne peut rivaliser avec les capteurs stabilisés sur 3 ou 5 axes des hybrides récents.

Les anneaux de Buren, Nantes – Canon EOS RP, Canon RF 24-105 mm f/4 L IS USM, 37 mm, 1/30s, f/5,6, 6400 ISO

Malgré cela, l’EOS RP, de par son form factor et la qualité des clichés qu’il permet d’obtenir, est un très bon compagnon photographique du quotidien. Son ergonomie générale est très plaisante, son viseur électronique confortable. Faisons également mention de son écran tactile sur rotule, particulièrement pratique. Il se démarque également par la clarté de ses menus, les possibilités de personnalisations et ses nombreuses fonctionnalités : focus bracketing, focus peaking, capture de scènes nocturne à main levée… L’appareil se montre très intuitif et pourra également faire le bonheur des photographes débutants.

Contrairement à bon nombre d’hybrides plein format concurrent, l’EOS RP est un appareil davantage orienté grand public : comme nous l’indiquait la firme japonaise dans une récente interview, ce boîtier cherche notamment à toucher les utilisateurs venant de l’ASP-C, et désireux de passer au plein format. À ce titre, l’appareil joue parfaitement son rôle : offrir un bon niveau de performances à un tarif relativement contenu. Il plaira particulièrement aux voyageurs désirant obtenir une très belle qualité d’images sans faire souffrir leur dos.

Enfin, la compatibilité totale avec l’intégralité des optiques EF est indéniablement une force de l’écosystème EOS R. Elle rassurera les canonistes désireux de rester dans l’environnement de la marque, et leur permettra d’exploiter pleinement leurs anciennes optiques… tout en bénéficiant d’un autofocus plus efficace. Les nouvelles optiques à monture RF sont elles aussi très prometteuses :  le 24-105 mm f/4 et le 35 mm f/1,8 que nous avons pu tester, offrent également un très bon niveau de performances… et, grâce à la nouvelle bague de contrôle, se montrent très ergonomiques.

Canon EOS RP, Canon EF 70-200 mm f/4 L USM, 200 mm, 1/205, f/14, 2000 ISO

Si l’ EOS RP n’est pas l’hybride Canon très haut de gamme que certains photographes attendent avec impatience, sa force est ailleurs : il s’agit d’un savant dosage entre performance et simplicité, qualité d’image et accessibilité. Ainsi, le pari est globalement réussi pour la firme japonaise : il s’agit bien d’un boîtier agréable à emporter partout avec soi et à dégainer pour immortaliser ses voyages ou les instants du quotidien.

Le Canon EOS RP est disponible nu au tarif de 1499 € (avec la bague d’adaptation EF-RF) chez Digit Photo ou Miss Numérique. Un pack y ajoutant l’objectif RF 24-105 mm f/4 L IS USM est également proposé pour 2498 €.

Enfin, vous pouvez  bénéficier d’un remboursement de 200 € pour l’achat d’un EOS RP et d’un objectif.

Test Canon EOS RP, l'hybride plein format le plus abordable de Canon
qualité de fabrication, finitions excellentesqualité d'image et montée en ISOcompacité et légèretéqualité des optiques RFclarté des menus, nombreuses optionsviseur électronique large et confortablegrand écran tactile sur rotule très agréablerapport qualité-prix imbattable
rafale trop basseautonomie trop justeergonomie correcte mais sans plusSuivi AF en vidéo 4K trop lentStabilisation vidéo entraînant un fort rognage de l'imageCapteur non stabiliséStabilisation à double détection perfectible et limité aux optiques stabiliséesGrip EG-E1 vendu séparément
7.6Note finale
Fabrication / finitions8.5
Qualité d'image9.2
Ergonomie7
Réactivité5.5