Sept ans après le Lumix LX100 II, Panasonic a relancé son compact expert Micro 4/3 à viseur intégré avec le Lumix L10. Sur le papier, il reprend l’ADN de la lignée LX100 (zoom Leica équivalent 24-75 mm f/1,7-2,8, capteur multi-aspect, format de poche) mais en modernise enfin les fondations : capteur BSI de 20,4 Mpx, autofocus hybride, rafale 30 i/s, vidéo 5,6K, Real Time LUT et Lumix Lab. Annoncé à 1499 €, ce compact haut de gamme vise les instants spontanés du quotidien, mais aussi au-delà.
Nous avons pu utiliser le Lumix L10 pendant plusieurs semaines, et notamment au Japon lors de l’annonce officielle. Son zoom polyvalent et ses fondations modernisées suffisent-ils à en faire le couteau suisse des compacts experts, face aux focales fixes du Fujifilm X100VI et du Ricoh GR IV ? La réponse dans notre test complet du Panasonic Lumix L10.

Sommaire
- Lumix L10 : le retour attendu du compact expert Micro 4/3
- Lumix L10 : Un compact expert soigné et agréable, mais pas tropicalisé
- Performances et qualité d’image du Panasonic Lumix L10
- Capteur BSI 20,4 Mpx : enfin une vraie évolution
- Un autofocus hybride enfin au niveau
- Stabilisation
- Rafale et buffer
- Vidéo : 5,6K 60p, V-Log et MP4 Lite
- Connectivité et autonomie du Lumix L10
- Panasonic Lumix L10 : une réussite
Lumix L10 : le retour attendu du compact expert Micro 4/3
Le Lumix L10 ne sort pas de nulle part. Dès le CP+ 2026, Panasonic nous avait laissé entendre qu’un retour sur le segment des compacts premium était à l’étude. Quelques mois plus tard, la marque a concrétisé cette promesse à l’occasion d’un événement à Osaka (Japon), ville d’origine de Panasonic, pour célébrer les 25 ans de Lumix.


Le boîtier s’inscrit dans la continuité directe du LX100 II de 2018, dont il reprend la silhouette à molettes et le bloc optique. Mais là où le LX100 II et, plus récemment, le Leica D-Lux 8, reposaient sur une base technique vieillissante (capteur 17 Mpx, autofocus à détection de contraste), ce Lumix L10 rebat les cartes avec des composants bien plus à l’heure du jour en 2026. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de ce test : vérifier si la modernisation tient ses promesses sur le terrain.
Avant d’entrer dans le détail, retenons l’essentiel : capteur Micro 4/3 BSI de 20,4 Mpx, zoom Leica équivalent 24-75 mm f/1,7-2,8, autofocus hybride 779 points, rafale 30 i/s, viseur OLED et écran orientable, vidéo 5,6K avec V-Log et Real Time LUT, le tout à partir de 1499 € (1599 € en finition Titanium Gold).

Voici un tableau comparatif du Lumix L10, Lumix LX100 II et Leica D-Lux 8 :
| Caractéristiques | Lumix L10 (2026) | Lumix LX100 II (2018) | Leica D-Lux 8 (2024) |
|---|---|---|---|
| Capteur CMOS | Micro 4/3 BSI 20.4 Mpx | Micro 4/3 17 Mpx | Micro 4/3 17 Mpx |
| Filtre passe-bas | N.C. | Non | Non |
| Processeur | Dernière génération (série S1 II) | Venus Engine | N.C. |
| Stabilisation | POWER O.I.S+ (objectif) | POWER O.I.S. (objectif) | OIS (objectif) |
| Objectif | Leica DC Vario-Summilux 24-75 mm f/1.7-2.8 | Leica DC Vario-Summilux 24-75 mm f/1.7-2.8 | Leica DC Vario-Summilux 24-75 mm f/1.7-2.8 |
| Formule optique | 11 lentilles en 8 groupes (5 asphériques) | 11 lentilles en 8 groupes (5 asphériques. 2 ED) | 11 lentilles en 8 groupes (5 aspheriques. 2 ED) |
| Viseur électronique | OLED 2.36 Mpts. 0.74x | 2.76 Mpts. 0.7x | OLED 2.36 Mpts |
| Ecran LCD | 3" orientable. 1.84 Mpts tactile | 3" fixe. 1.24 Mpts tactile | 3" fixe. 1.84 Mpts tactile |
| Autofocus | Hybride détection de phase + contraste | Contraste DFD | Contraste DFD |
| Nombre de points AF | 779 (phase) + 315 zones (contraste) | 49 zones | 49 zones |
| Couverture AF | Quasi totale | Quasi totale | Quasi totale |
| Détection et suivi automatique | Yeux. visage. animaux. vehicules. sports urbains | Visages | Visages |
| Plage AF | -5 à 18 EV | -4 à 18 EV | -4 à 18 EV |
| Sensibilité | 100 à 25 600 ISO (étendu 50) | 100 à 25 600 ISO (étendu 200) | 100 à 25 600 ISO |
| Rafale | 30 i/s (électronique). 11 i/s (mécanique) | 11 i/s | 11 i/s |
| Obturation | 60 s à 1/32 000 s | 60 s à 1/16 000 s | 60 s à 1/16 000 s |
| Vidéo | 5.6K 60p. C4K 120p. 4K 120p. V-Log | 4K 30p 100 Mbps | 4K 30p |
| Profils colorimétriques video | V-Log. HLG. Cinelike. Real Time LUT | Cinelike | Leica Looks |
| Stockage | SD/SDHC/SDXC (UHS-II) | SD/SDHC/SDXC (UHS-I) | SD/SDHC/SDXC (UHS-II) |
| Connectivite sans fil | Wi-Fi 2.4/5 GHz. Bluetooth 5.0 | Wi-Fi 2.4 GHz. Bluetooth 4.2 | Wi-Fi. Bluetooth |
| Batterie / autonomie CIPA | DMW-BLK22. 410 photos | DMW-BLG10. 340 photos | BP-DC15. 340 photos |
| Rechargement par port USB | Oui (USB-C 10 Gbps) | Oui (micro-USB) | Oui (USB-C) |
| Tropicalisation | Non | Non | Non |
| Dimensions | 127 x 74 x 67 mm | 115 x 66 x 64 mm | 130 x 69 x 62 mm |
| Poids | 508 g (avec batterie et carte) | 392 g (avec batterie et carte) | 397 g (avec batterie) |
| Prix au lancement (nu) | 1499 € (mai 2026) | 999 € (septembre 2018) | 1690 € (juillet 2024) |
Lumix L10 : Un compact expert soigné et agréable, mais pas tropicalisé
Premier constat en sortant le Lumix L10 de sa boîte : ce n’est pas vraiment l’héritier du LX100 que l’on imaginait. Avec ses 127 x 74 x 67 mm pour 508 g (avec batterie et carte), le boîtier a pris de l’embonpoint par rapport au plus compact LX100 II (115 x 66 x 64 mm, 392 g). En réalité, il ressemble davantage à un Lumix S9 en version Micro 4/3, auquel on aurait ajouté un viseur.

Il est d’ailleurs plus large que le S9 et en reprend plusieurs éléments, à commencer par l’écran et la batterie (ce qui explique d’ailleurs la prise de masse). En guise de comparaison, il également très proche de l’encombrement du Fujifilm X100 VI, l’objectif étant plus long.

Cette corpulence est étonnante pour un appareil de cette catégorie, mais elle a une contrepartie bienvenue : la prise en main est excellente. Le Lumix L10 retrouve un petit grip en façade et un repose-pouce au dos qui permettent de bien tenir l’appareil à une main.

Le L10 se distingue aussi du S9 par un revêtement plastique au dos, imitant le simili cuir, qui accroche bien mieux la main et le pouce que la surface lisse du S9. Et malgré ce gain de gabarit, le boîtier reste vraiment léger et facile à emporter au quotidien. Le Lumix L10 est un appareil agréable à utiliser, à la construction soignée et aux finitions de qualité.
Un premier bémol toutefois : comme ses prédécesseurs, le Lumix L10 n’est pas tropicalisé, notamment en raison de son zoom externe. À ce niveau de tarif et pour un appareil pensé pour accompagner le quotidien, c’est dommage. On notera aussi une mise en service un peu lente d’environ 2 secondes avant la première seconde, le temps que le zoom se déploie après l’allumage.


Côté style, notre test a été mené sur la version Titanium Gold, ce qui rend le jugement sur les coloris standards (noir et argent) difficile.

La finition Titanium Gold est en tout cas assez réussie, avec un beau rendu métallique. On remarque cependant une légère différence de teinte entre les plaques supérieure et inférieure et certains éléments comme le switch FN sur l’objectif, le cache de la griffe porte-accessoires ou encore le déclencheur vidéo.

Cette version Titanium Gold se distingue aussi par quelques choix esthétiques propres. L’inscription Lumix disparaît de la façade pour un rendu plus minimaliste, et se retrouve reléguée tout en bas de la partie arrière droite.

Surtout, le boîtier est livré par défaut avec un pare-soleil rétractable automatiquement, en plus du cache d’objectif noir standard. C’est très pratique au quotidien, puisqu’on n’a plus à se soucier de ranger le cache avant de déclencher.


Reste que son look ne fera pas l’unanimité : on aime ou on n’aime pas. Cette finition ajoute aussi deux raffinements : un filetage sur le déclencheur pour y visser un déclencheur souple, et la possibilité d’afficher les menus de l’appareil dans une teinte dorée assortie.

L’ergonomie a été repensée par rapport au LX100 II et on retrouve de nombreuses commandes pour pouvoir contrôler l’appareil.

Le Lumix L10 ajoute un commutateur photo / vidéo / S&Q, apparu avec la série Lumix S1 II, qui affiche clairement son ambition hybride. De nombreuses touches sont personnalisables, avec la possibilité de leur attribuer des comportements différents selon le mode photo, vidéo ou S&Q.

On apprécie toujours la bague Fn placée au niveau de l’objectif, qui propose 4 positions (point, 1, 2 et 3). Par défaut, elle pilote le format d’image, avec successivement les ratios 4:3, 1:1, 16:9 et 3:2. Mais elle est entièrement personnalisable et offre de nombreuses possibilités, comme appliquer des LUT ou rappeler des focales fixes prédéfinies, par exemple 24, 35, 50 et 75 mm. Une commande qui colle parfaitement à l’esprit du boîtier.

Sur l’objectif, on retrouve le sélecteur permettant de basculer entre les modes MF, AF et AF Macro. Pour le reste, l’agencement des commandes reprend là encore largement celui du Lumix S9 plutôt que celui des LX100. On retrouve ainsi le déclencheur vidéo positionné sur l’épaule du boîtier, une molette de réglage autour d’un bouton d’accès rapide qui permet, par défaut, de choisir le filtre photo, ainsi qu’une seconde molette intégrée au sélecteur multidirectionnel à l’arrière.

Toutes les évolutions ne sont cependant pas au rendez-vous. L’absence de joystick est une vraie occasion manquée. Panasonic aurait pu en tirer parti, d’autant que c’était déjà le reproche fait au S9.

Le Lumix L10 abandonne l’écran fixe de la précédente génération pour un écran LCD orientable sur rotule de 3 pouces et 1,84 Mpts. C’est d’ailleurs le même que le Lumix S9, une nouvelle illustration de la parenté entre les deux boîtiers.

Le viseur passe en technologie OLED (2,36 Mpts, grossissement 0,74x). Il est légèrement moins défini que celui du LX100 II (2,76 Mpts), mais gagne en grossissement et surtout en rendu : les contrastes sont mieux restitués, un point qui compte particulièrement quand on shoote avec des LUT.

Pour éviter un boîtier trop épais, Panasonic a décalé le slot mémoire. La contrepartie, c’est qu’il devient difficilement accessible une fois l’appareil monté sur trépied. Bonne nouvelle toutefois, les grips additionnels de type SmallRig ont été pensés en conséquence et ne viennent pas gêner l’accès au slot.

Performances et qualité d’image du Panasonic Lumix L10
Le Lumix L10 est un appareil compact pensé pour la photo du quotidien, la photo de rue ou le voyage. Est-ce qu’il permet de réaliser de belles images ? C’est ce que nous allons voir dans cette partie.
N’hésitez pas à cliquer sur chaque photo présente dans ce test pour les voir en qualité optimale.




Objectif Vario-Summilux 1:1.7-2.8/10,9-34 ASPH : comme un air de déjà-vu
Le Lumix L10 reprend le zoom motorisé 10,9-34 mm (équivalent 24-75 mm) déjà présent sur les LX100, LX100 II, Leica D-Lux 7 et D-Lux 8.

L’ouverture est variable, de f/1,7 à f/2,8, et se ferme de façon assez progressive. On atteint toutefois l’ouverture f/2,8 dès 51 mm, avec l’évolution suivante de l’ouverture maximale par rapport à la focale (équivalent plein format) :
- 24 mm : f/1,7
- 28 mm : f/2
- 40 mm : f/2,5
- 51-75 mm : f/2,8
Concrètement, l’ouverture f/1,7 n’est disponible qu’à 24 mm. Le bokeh n’est pas très prononcé, sauf en conditions optimales, avec un sujet placé loin de son arrière-plan. En contrepartie, l’appareil privilégie les images avec une forte profondeur de champ, ce qui en fait un compagnon idéal pour la photo de rue et de voyage.


Sur le papier, ce zoom équivalent 24-75 mm est bien plus polyvalent que les focales fixes des compacts experts les plus prisés du moment, à l’image du Fujifilm X100VI ou du Ricoh GR IV. Il est possible de choisir deux comportements : un zoom linéaire, ou un zoom par palier pour ne sélectionner que les focales “classiques” : 24, 28, 35, 50, 70 et 75 mm. Sur cette deuxième configuration, il faudra attendre que le zooming soit fait pour pouvoir déclencher.






Les esprits chagrins pourront dire que la plage focale reste un peu courte, et les longues focales peuvent parfois faire défaut en voyage, du moins à la pleine définition. Pour qui veut aller plus loin, le boîtier reprend la fonction Crop Zoom inaugurée avec le S9, une sorte de zoom numérique, qui permet de zoomer davantage, mais au prix d’une perte de définition selon le zoom choisi. Ainsi, il est possible de choisir 3 niveaux de recadrage :
- M : jusqu’à 104 mm, avec un crop 1,4x et une image finale de 10,5 Mpx (3744 x 2808 px)
- S : jusqu’à 148 mm (crop 2x avec une image finale de 5 Mpx (2624 x 1969 px)
- XS : jusqu’à 203 mm (crop 2,7x avec une image finale de 3 Mpx (1920 x 1440 px)
Selon notre expérience, à moins d’utiliser l’appareil photo comme bloc-notes, mieux vaut rester en crop M pour ne pas dégrader l’image et se retrouver avec un fichier minuscule. Par contre, bon point : en RAW, l’ensemble de l’image est enregistrée, ce qui permet de récupérer un cadrage plus large en post-production (dans Lightroom, le crop par défaut est appliqué, mais on peut “décropper”).


Enfin, la motorisation du zoom nous a semblé un peu plus rapide que sur les précédents appareils, même si elle reste plus lente qu’une bague de zoom mécanique, même en vitesse de zoom élevée (H). Ainsi, pour passer du grand-angle au téléobjectif, il faut environ 2,5 sec.

Qualité d’image
Passons maintenant à la qualité d’image permise par cette optique, dont la construction reste inchangée depuis la dernière génération. C’est un point assez dommageable, même si finalement la hausse de définition du capteur reste limitée (de 17 à 20 Mpx effectifs), ne rendant pas un changement indispensable pour satisfaire un capteur plus gourmand, ce qui est souvent l’une des raisons principales pour une nouvelle optique. Panasonic nous a d’ailleurs indiqué que cette formule, conçue avec Leica, était parfaitement optimisée pour ce capteur.
Dans le détail, au grand-angle (eq. 24 mm), le centre est un peu mou à pleine ouverture (f/1,7) et les bords sont assez décevants. Le centre progresse dès f/2, mais atteint son meilleur niveau à partir de f/4. La diffraction dégrade le rendu à partir de f/11.

Les bords, eux, restent constamment en retrait : même en fermant le diaphragme, ils ne rejoignent pas le centre.

À 35 mm, les performances sont assez similaires à celles du grand-angle. La pleine ouverture (f/2,3) reste assez molle, mais la situation s’améliore à f/2,8 et le sweet spot est atteint entre f/4 et f/5,6. Entre f/2,8 et f/5,6, la restitution des bords est moins en retrait qu’au grand-angle. Attention cependant à la diffraction, qui frappe dès f/11 au centre et dès f/8 sur les bords.
À 50 mm, la pleine ouverture (f/2,8) est encore assez décevante, au centre comme sur les bords. Mais à f/4, le centre devient très bon et l’homogénéité est enfin convaincante. Le piqué maximal est atteint à f/5,6, avec une belle restitution sur l’ensemble de l’image. La diffraction reste présente aux ouvertures les plus fermées.

À fond de zoom (eq. 75 mm), les résultats sont corrects au centre à pleine ouverture (f/2,8), malgré un léger manque de piqué. La sensation de netteté est bien plus présente entre f/4 et f/8, même si les bords accusent une légère baisse à f/8. Au-delà, les bords deviennent franchement mous, et l’ensemble se dégrade nettement à f/11 et f/16.

Un point au sujet des aberrations optiques. En désactivant le profil de correction sur les RAWs, on observe de fortes distorsions en barillet au grand-angle. Heureusement, le boîtier corrige automatiquement les JPEG et un logiciel comme Lightroom applique un profil de corrections par défaut.


Côté distances de mise au point, le Lumix L10 propose un mode Normal de 50 cm à l’infini et un mode AF Macro qui descend à 3 cm en grand-angle, contre 30 cm au télé. Le mode macro se montre efficace à 24 mm, et logiquement moins utile à 70 mm.




Combinés à l’ouverture f/1,7 disponible au grand-angle, ces 3 cm ouvrent un vrai terrain de jeu pour la photo rapprochée, avec une jolie séparation entre le sujet et l’arrière-plan. Les images sont intéressantes, même si l’on reste loin d’un véritable objectif macro.


Capteur BSI 20,4 Mpx : enfin une vraie évolution
C’est ici que se concentre l’essentiel des progrès. Le Lumix L10 abandonne le capteur 17 Mpx du LX100 II au profit d’un capteur Live MOS BSI Micro 4/3 de 26,5 Mpx, mais seulement 20,4 Mpx effectifs.

Comme sur les précédents boîtiers de la lignée, le capteur est volontairement plus large que le cercle d’image de l’objectif : l’angle de champ diagonal reste donc identique quel que soit le ratio choisi (4:3, 3:2, 16:9), seul le 1:1 imposant un crop. Ceci explique aussi la perte de définition par rapport à la surface totale du capteur. Ce concept de capteur multi-aspect avait été introduit par la marque dès le Lumix DMC-LX3, sorti en 2008.

Voici les fichiers que l’on peut obtenir selon le ratio d’image choisi :
- 4:3 : 5200×3904 px, 20,3 Mpx
- 3:2 : 5408×3608 px, 19,5 Mpx
- 16:9 : 5664×3192 px, 18 Mpx
- 1:1 : 3904×3904 px, 15 Mpx, le seul format à être recadré dans le 4:3
Ce capteur est associé à un processeur de dernière génération – partagé avec la série Lumix S1 II. Panasonic annonce une plage dynamique de 13+ stops (12+ en V-Log). Les images peuvent être enregistrées en JPEG, RAW ou HEIF. À titre indicatif, un JPEG pèse environ 8 Mo et un RAW environ 30 Mo.

Montée en ISO
La plage ISO native du Lumix L10 s’étend de 100 à 25 600 ISO, extensible à 50 ISO, soit les mêmes valeurs que les LX100, LX100 II et D-Lux 8. Mais les résultats sont nettement plus honorables, et heureusement.
Le bruit numérique fait une première apparition discrète à 3200 ISO, et devient plus visible à 6400 ISO.



À 12 800 ISO, le bruit est présent, mais les détails restent bien lisibles. À 25 600 ISO en revanche, le bruit numérique est très présent et les images deviennent difficilement exploitables.



En clair, le nouveau capteur permet au Lumix L10 d’offrir une bien meilleure montée en ISO que ses prédécesseurs, ce qui élargit sensiblement son champ d’usage en basse lumière.



Dynamique
La dynamique du capteur est très satisfaisante, et rivaliserait presque avec certains appareils dotés d’un capteur plus grand. Sur les images sous-exposées, le bruit apparaît à partir de -2 IL, mais les fichiers restent exploitables jusqu’à -4 IL. On n’observe par ailleurs aucune dérive colorimétrique, même à -5 IL.


Sans surprise, l’exercice est plus délicat sur les images surexposées : il est possible de rattraper jusqu’à 3 IL, mais une légère dérive colorimétrique apparaît dès 1,66 IL de récupération.


Au global, le capteur du L10 offre une latitude de récupération largement suffisante pour un compact expert, et conforte l’intérêt du RAW comme sécurité, même si le boîtier est plus pensé pour le JPEG.

Ce nouveau capteur étant rétroéclairé, le rolling shutter est moins présent que sur la précédente version, mais reste très visible. On notera aussi du banding sous certains éclairages avec l’obturateur électronique. Pour la plupart des situations, l’obturateur mécanique sera donc à privilégier, même si en extérieur l’obturation électronique jusqu’à 1/32 000 s pourra être utile.


Real Time LUT et Magic LUT : l’argument créatif (et de simplicité)
Au-delà des chiffres, c’est sans doute ici que le L10 prend tout son sens. Le boîtier inaugure deux nouveaux rendus inspirés de la pellicule : L. Classic, aux tonalités douces et aux couleurs atténuées, et L. Classic Gold, plus chaud et nostalgique avec des hautes lumières ambrées. On retrouve aussi le Leica Monochrome et l’ensemble de la gamme de Photo Styles Lumix.

Surtout, le L10 intègre la fonction Real Time LUT déjà vue sur le Lumix S9. Pour rappel, une LUT est une sorte de super filtre (applicable en temps réel en photo comme en vidéo), qui transforme le rendu colorimétrique d’une image bien au-delà d’un simple réglage de teinte. Le principe sur le L10 : charger jusqu’à 39 LUT personnalisées dans le boîtier et les appliquer en temps réel pendant la prise de vue, en photo comme en vidéo, avec aperçu instantané dans le viseur ou sur l’écran. Un bouton LUT dédié facilite l’accès aux réglages.
L’idée est de pouvoir shooter en JPEG avec un rendu déjà abouti, sans se soucier de la retouche, le RAW restant disponible en filet de sécurité. C’est une approche JPEG first assumée qui colle parfaitement à l’esprit du boîtier.


On peut créer ses propres LUT, ou reprendre celles de nombreux créateurs depuis l’application Lumix Lab, puis les paramétrer et les personnaliser à sa convenance. Et pour ceux qui ne savent pas comment s’y prendre, la fonction Magic LUT en génère automatiquement une par analyse colorimétrique d’une photo ou d’une vidéo dont on apprécie le rendu.
Un point important à connaître : ces LUT ne s’appliquent que sur le JPEG. Le RAW, lui, reste neutre. Il est toutefois possible d’appliquer la LUT a posteriori sur le fichier RAW depuis Lumix Lab.

On conserve ainsi le meilleur des deux mondes : un JPEG prêt à partager, et un RAW intact en sécurité, sur lequel on pourra revenir plus tard. Associé au bon comportement du capteur, ce workflow trouve sur le L10 un terrain particulièrement adapté.

Un autofocus hybride enfin au niveau
C’est sans doute le progrès le plus spectaculaire face au LX100 II et au D-Lux 8. Là où ces derniers se contentaient d’une détection de contraste vieillissante, le L10 adopte le système hybride à détection de phase et de contraste de Panasonic, le même que celui des Lumix S5 II, S9 et G9 II. On retrouve 779 points couvrant environ 100 % de l’image, complétés par la détection de contraste et la technologie DFD, avec une plage de fonctionnement jusqu’à -5 EV.

La détection de sujets par IA couvre un large éventail : humains (corps, tête, œil), animaux, voitures, motos et vélos, trains et avions, ainsi qu’un mode sports urbains. C’est le même répertoire que sur les boîtiers de la série S, et il fonctionne de la même manière.

Sur le terrain, à Osaka, le constat rejoint celui que nous avions fait sur le S9. Le Lumix L10 accroche vite et bien les sujets, pour peu qu’ils soient bien visibles dans le champ et clairement différenciés. Le suivi de face est fiable, et la mise au point sur l’œil très convaincante en photo de rue ou de portrait. On reste loin des hésitations permanentes des anciens compacts experts Panasonic.

Quelques limites subsistent malgré tout, là encore héritées du système. Le boîtier peut éprouver quelques difficultés à détecter un sujet qui n’est pas complètement face à lui, et les visages de profil restent une source d’erreurs occasionnelles. Pour l’usage visé par le L10, photo de rue, de voyage et création de contenu, cet autofocus se montre toutefois largement à la hauteur et fait du L10 un “point and shoot” performant, capable de faire le point de manière efficace. Vous pouvez ainsi facilement faire de la photo de rue à main levée si vous réglez bien vos collimateurs et que vous avez une vitesse suffisamment rapide.
Stabilisation
L’objectif est par ailleurs stabilisé (POWER O.I.S+). À 70 mm, nous obtenons des images nettes de façon fiable jusqu’à 1/10 s, et il est possible de descendre à 1/5 voire 1/3 s, mais avec beaucoup de déchet.


Au mieux, dans des conditions très stables, nous sommes parvenus à figer à 0,4 s. Plus étonnant, la stabilisation nous a paru moins efficace au grand-angle (24 mm) qu’au télé, un comportement contre-intuitif que nous continuons d’observer.

Rafale et buffer
En obturation électronique, le Lumix 10 grimpe jusqu’à 30 i/s (mode SH30) avec suivi AF/AE, et des cadences intermédiaires de 20 et 10 i/s. Chacune dispose d’un mode pré-déclenchement (SH30, SH20 et SH10 PRE) qui capture les instants juste avant l’appui complet sur le déclencheur. C’est près de trois fois la cadence du LX100 II.

L’obturateur mécanique propose des cadences plus modérées : 11 i/s en H (9 i/s en AF-C), 7 i/s en M (5 i/s en AF-C) et 2 i/s en L.
Côté buffer, avec une carte SD UHS-II, il est possible d’obtenir plus de 100 images en JPEG, plus de 55 en RAW et plus de 40 en RAW+JPEG. En mode SH30, le buffer descend à 45 images en RAW, RAW+JPEG ou JPEG. On reste évidemment loin d’un boîtier sportif, mais ces valeurs n’ont plus rien à voir avec la poignée d’images des LX100 II et D-Lux 8.
Retrouvez ci-dessous une sélection d’images capturées avec le Panasonic Lumix L10 :




















Vidéo : 5,6K 60p, V-Log et MP4 Lite
Malgré sa compacité, le L10 cache un arsenal vidéo bien plus complet qu’attendu, hérité des S1 II et GH7. Le boîtier enregistre jusqu’en 5,6K 60p en H.265 10 bits 4:2:0 (300 Mbps), monte en C4K 120p et accepte du C4K 60p en All-Intra 4:2:2 10 bits à 600 Mbps. Le Full HD grimpe à 240 i/s, et le mode Slow & Quick exploite jusqu’à 300 i/s en FHD.
Le V-Log est natif et permet d’exploiter les 12+ stops de plage dynamique, le HLG est de la partie, tout comme l’enregistrement audio jusqu’à 4 canaux en 32 bits flottant via les adaptateurs DMW-XLR2 et DMW-DMS1. On notera cependant qu’il n’existe pas de Dual ISO.
Pour les créateurs de contenu, le format MP4 Lite enregistre en H.265 jusqu’en 4K 120p à 70 Mbps, soit des fichiers immédiatement exploitables sur les réseaux après transfert via Lumix Lab. Toujours dans cette logique orientée création verticale, lorsque l’on tient le boîtier à la verticale, les menus pivotent automatiquement pour rester lisibles, en photo comme en vidéo. Seule exception, le mode selfie avec l’écran retourné vers l’avant, où l’affichage conserve son orientation.

La compacité impose toutefois ses compromis sur la gestion thermique. Panasonic annonce environ 5 minutes en C4K 120p en mode Standard, 10 minutes en C4K 60p et 15 à 20 minutes en C4K 30p selon le réglage thermique. Pour de la vidéo intensive, mieux vaut s’orienter vers un GH7. Le Lumix L10 se destine plutôt aux séquences courtes et au partage.
Connectivité et autonomie du Lumix L10
Le Lumix L10 dispose d’une connectivité assez minimaliste. On retrouve un unique port USB-C (USB 3.2 Gen 2, 10 Gbps), qui gère la charge, l’alimentation continue et le mode webcam UVC, ainsi qu’une prise jack 3,5 mm pour micro externe. La griffe porte-accessoires est compatible avec les flashs et les modules audio de la marque.

Le boîtier intègre le Wi-Fi double bande 2,4 et 5 GHz, ainsi que le Bluetooth 5.0 pour la liaison permanente avec l’application mobile Lumix Lab.
Le stockage repose sur un unique slot SD compatible UHS-II, nécessaire pour encaisser les débits de 600 Mbps de la vidéo. Celui-ci n’est plus placé sous le boîtier à côté de la batterie, mais dans une trappe distincte. Sans doute une question de place, mais cela oblige à retirer l’appareil du trépied pour changer de carte.

Côté autonomie, le Lumix L10 hérite de la grosse batterie DMW-BLK22 (2200 mAh) de la série S et du GH7. Selon la norme CIPA, il délivre environ 410 vues au viseur (1000 en mode économie) et tient environ 100 minutes en 4K 60p.
Lors de notre test, l’appareil a dépassé ces données, avec plus de 600 photos sur une seule batterie. Cette batterie généreuse permet de tenir la journée de manière confortable grâce à cette batterie généreuse, ce qui le place dans le haut du panier des compacts experts.
Panasonic Lumix L10 : une réussite
Le successeur du LX100 II se faisait attendre depuis des années, et Panasonic répond présent avec une proposition aboutie pour ce compact Micro 4/3 doté d’un viseur. Le Lumix L10 corrige la quasi-totalité des limites qui pesaient sur la lignée LX100 : le capteur BSI 20,4 Mpx offre une montée en ISO et une dynamique bien meilleures, l’autofocus hybride à détection de phase change radicalement l’expérience, la rafale et le buffer deviennent crédibles, et la vidéo passe dans une autre catégorie.

L’objectif Leica 24-75 mm, lui, reste fidèle à lui-même : lumineux et polyvalent, mais avec un piqué à pleine ouverture et une homogénéité qui auraient pu être améliorés avec une mise à jour des lentilles. On aurait également apprécié l’ajout d’un joystick ou bien une résistance à l’humidité et à la poussière, surtout vu ses caractéristiques bien plus poussées, qui en font un compagnon idéal pour la photo de rue et de voyage. Aussi, difficile de ne pas mentionner le prix en nette hausse (1499 € contre 949 € lors de la sortie du LX100 II en 2018).
Pour autant, nous avons pris un véritable plaisir à utiliser cet appareil photo compact au style rangefinder qui a un petit look bien a lui et que l’on peut emporter partout sans hésitation. La fonction Real Time LUT permet de pousser l’approche JPEG first, un peu comme Fujifilm avec ses simulations de film.
Reste la question que tout le monde se pose : Panasonic parviendra-t-il à transformer l’essai sur ce segment et attirer les foules, comme Fujifilm l’a fait avec le X100VI ? Le Lumix L10 en a tout cas les arguments.
Le Lumix L10 est proposé au tarif de 1499 € en coloris noir et argent, et 1599 € en finition Titanium Gold, cette dernière étant réservée à la boutique officielle Panasonic. Le boîtier est disponible avec une garantie 2 + 3 ans offerte pour tout enregistrement sur le site Panasonic.
Le Lumix L10 est disponible chez Digit-Photo, MN Photo Vidéo, Digixo, Photo-Univers, IPLN, à la Fnac et dans les boutiques spécialisées. Les premières expéditions devraient débuter à la mi-juin 2026.




