Test Panasonic Lumix S5 II : l’équilibre parfait entre performance, prix et fonctionnalités

L'hybride plein format qui gagne à être connu

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En janvier 2023, Panasonic a dévoilé le Lumix S5 II, nouvelle génération de son hybride plein format. Surfant sur le succès du Lumix S5, cet appareil photo intègre plusieurs nouveautés très attendues, avec notamment un capteur plein format 24,2 Mpx doté d’un AF à détection de phase, une première chez Panasonic. Une rafale à 30 i/s en RAW, un mode haute définition 96 Mpx ainsi qu’un nouveau processeur issu d’un partenariat avec Leica complètent ce boîtier. Il s’avère également taillé pour la vidéo avec l’enregistrement 6K en interne et de la 4K illimité, épaulé par une stabilisation numérique Active IS. Le tout pour un tarif de 2199 € nu au lancement.

Autant dire que la proposition de Panasonic est très alléchante sur le papier. Mais qu’en est-il sur le terrain ? Cet appareil photo vient-il révolutionner la série d’hybrides plein format Lumix avec son nouvel AF ? Pour le savoir, nous avons testé le boîtier pendant deux mois, équipé de plusieurs objectifs Panasonic et Sigma. Voici notre test complet du Lumix S5 II.

Lumix S5 II : le pari de Panasonic

Moins de 2 ans après le Lumix S5, Panasonic dévoile donc son successeur, le Lumix S5 II. Cette seconde version n’était pas forcément attendue aussi tôt, alors que les S1 et S1R de Lumix ont été annoncés il y a 4 ans. Pourtant, ce nouveau boîtier hybride plein format en monture L signe une avancée majeure pour Lumix, avec l’arrivée de l’autofocus à détection de phase qui vient compléter la technologie DFD chère à la firme d’Osaka.

Pour faire simple, le Lumix S5 II est ainsi doté d’un AF hybride à 779 points à détection de phase qui doit venir rivaliser avec ses concurrents, à la fois en photo, mais aussi et surtout en vidéo. Panasonic était d’ailleurs le seul constructeur d’appareils photo sans miroir à ne pas utiliser la détection de phase pour son AF. Peut-être était-ce là un vestige de son histoire hybride qui remonte au G1 – qui fête d’ailleurs ses 15 ans cette année.

Véritable serpent de mer chez Lumix, l’AF hybride arrive enfin, permettant, sur le papier, une meilleure détection, un meilleur suivi et surtout la suppression de l’effet de pompage en vidéo.

Ce nouveau boîtier embarque aussi bien d’autres technologies, toujours dans un format bien plus compact que les premiers hybrides full frame signés Lumix. Son le positionnement tarifaire très bien pensé – 2199 € nu – a de quoi faire peur à Canon, Nikon et Sony.

On retrouve un capteur 24,2 Mpx, à la définition identique au S5 – et toujours doté d’un mécanisme IBIS. Toutefois, ce dernier est couplé à un tout nouveau processeur, né de la L² Technology, une collaboration stratégique entre Lumix et Leica. On retrouve également une rafale de 30 i/s très rapide, une stabilisation d’image améliorée, notamment en vidéo, un mode haute définition 96 Mpx ainsi que de nombreux formats vidéos, dont la 6K 30p Open Gate (3:2) en 4:2:0 10 bits interne pendant 30 minutes. Nous reviendrons sur ces différents points dans ce test.

En parallèle du Lumix S5 II, Panasonic a également dévoilé le Lumix S5 IIX, une déclinaison all black du S5 II capable de fonctions vidéo intéressantes, comme la vidéo RAW en HDMI, l’enregistrement vidéo All-Intra 800Mbps, le support USB-SSD ou encore le ProRes 422 HQ jusqu’en 5,8K. Il dispose également de capacités de streaming filaire et sans-fil.

 Lumix S5 IILumix S5
CapteurCMOS 24,2 MpxCMOS 24,2 Mpx
Filtre passe-basNonNon
ProcesseurL2 Technology
Viseur électroniqueOLED de 3,68 Mpts, 0,78xOLED de 2,36 Mpts
Ecran LCD1,84 Mpts, sur rotule1,84 Mpts, sur rotule
AutofocusAF Hybride à détection de phaseDétection de contraste avec technologie DFD
Nombre de points AF779 points AF225 points AF
Couverture AF100%100%
Plage AF-6 à 18 EV-6 à 20 EV
Sensibilité100 à 51200 ISO (extensible de 50 à 204800 ISO en photo), Double ISO natif manuel100 à 51200 ISO (extensible de 50 à 204800 ISO en photo)
Rafale (obturateur mécanique)9 i/s7 i/s
Rafale (obturateur électronique)30 i/s30 i/s (photo 6K seulement)
Mode haute résolutionMulti-Shot 48 et 96 MpxMulti-Shot 48 et 96 Mpx
ObturationDe 30s à 1/8000 s (jusqu'à 60s en obturateur électronique)De 30s à 1/8000 s (jusqu'à 60s en obturateur électronique)
Stabilisation, gainDouble stabilisation (Dual I.S. 2) jusqu'à 6,5 stops + Active ISDouble stabilisation (Dual I.S. 2) jusqu'à 6,5 stops
Vidéo6K 3:2 et 17:9 30/24p, 5,9K 16:9 30/24p 4:2:0 10 bit, C4K et 4K 60/50p 4:2:2 10 bit
FHD 120p 4:2:0 10 bit
4K 60p 4:2:0 10 bit, 4K 30p 4:2:2 10 bit
FHD 120p 4:2:0 10 bit
Vidéo HDMI5,9K, 4K et anamorphique 3,5K 30p en Apple ProRes RAW 12 bit5,9K, 4K et anamorphique 3,5K en Apple ProRes RAW 12 bit (mise à jour novembre 2020)
StockageSlot SD UHS-II x2Double slot SD, 1 slot compatible UHS-II
Connectivité sans-filWi-Fi 5 Ghz, Bluetooth 5.0Wi-Fi 5 Ghz, Bluetooth 4.2
Connectivité filaireUSB-C (3.2 Gen 2), HDMI A, prises micro et casque 3,5 mm, prise télécommande 2,5 mmUSB-C (3.1), HDMI D, prises micro et casque 3,5 mm, prise télécommande 2,5 mm
BatterieDMW-BLK22EDMW-BLK22E
Rechargement par port USBRecharge et alimentation directe USB-CRecharge et alimentation directe USB-C
TropicalisationRésistant à l’eau et à la poussièreRésistant à l’eau et à la poussière
Dimensions (L x H x P)134,3 x 102,3 x 90,1 mm132,6 x 97,1 x 81,9 mm
Poids (batterie + SD inclus)740 g714 g
Monturemonture Lmonture L
Prix au lancement2 199 €1 999 €

Ergonomie et prise en main

Nous avons eu l’occasion de tester ce boîtier à deux occasions : lors d’une conférence de presse européenne à Valence, puis au quotidien pendant plus d’un mois et demi. Nous avons ainsi eu en main un exemplaire de présérie ainsi qu’un exemplaire finalisé, afin de juger au mieux des performances du boîtier.

Une fois en main, qu’est-ce qui change entre le Lumix S5 et le Lumix S5 II ? Au premier coup d’œil, pas grand-chose. Panasonic réussit à reprendre peu ou prou la même ergonomie qui, disons-le, est fort agréable. On est en présence d’un boîtier qui convient à la fois aux petites et aux grandes mains.

Le boîtier est toujours aussi robuste, avec une construction en alliage de magnésium et de nombreux joints d’étanchéité, pour une tropicalisation et une résistance au gel jusqu’à -10°C.

Nous avons aussi apprécié le grip un peu plus épais pour une meilleure préhension.

Compact, mais plus autant

Côté dimensions, le S5 II prend quelques millimètres ici et là, avec 134,3 x 102,3 x 90,1 mm (L x H x P). Il est ainsi 5 mm plus haut et environ 8 mm plus profond. En omettant la poignée, le corps de l’appareil mesure tout de même 4,3 mm d’épaisseur, ce qui le place au même niveau que l’A7R V sur ce point.

Lumix S5 II

Comme on peut le voir, le boîtier est un peu plus trapu, en raison d’un viseur plus dégagé à l’arrière – le nez vient ainsi moins coller l’écran. En parlant du viseur, indiquons que le capteur oculaire se place en haut de l’œilleton, pour éviter d’activer le viseur lorsque vous utilise l’écran. Ce léger embonpoint est cependant justifié par le système de dissipation thermique placé sous le faux prisme avec une prise d’air à l’avant du boîtier et deux sorties d’air sur les côtés.

Lumix S5 II

Pour autant, si le Lumix S5 II est un peu plus grand que le Sony A7 IV ou le Z 6II, il reste relativement compact, avec un gabarit très proche du Canon EOS R6 Mark II. On retrouve également une certaine filiation avec le GH6, le dernier modèle micro 4/3 lancé en 2022 par Panasonic.

Nikon Z 6II, Lumix S5 II et Sony A7 IV

Sur la balance, le poids du Lumix S5 II atteint 740 g, soit 26 g de plus que le S5. Couplé avec l’objectif de kit compact Lumix S 20-60 mm f/3,5-5,6 on atteint 1,09 kg.

Viseur OLED plus défini

On retrouve l’écran 3 pouces tactile du Lumix S5, toujours monté sur rotule pour un usage déporté en vidéo et dans différentes orientations en photo. Cet écran reprend la définition de 1,84 million de points, ce qui est mieux que l’A7 IV… mais moins bien que le Nikon Z 6II.

Si l’écran tactile fonctionne pour faire la mise au point et déclencher, il est aussi actif dans les menus. On notera également la possibilité de contrôler les collimateurs AF sur une zone de l’écran même avec l’œil dans le viseur

Lumix S5 II

Le viseur électronique dispose lui d’une dalle OLED 120/60fps qui passe de 2,36 Mpts à 3,68 Mpts, pour un grossissement d’environ 0,78x (contre 0,74x) et un dégagement oculaire de 21 mm (contre 20 mm).

Durant notre test, nous avons apprécié le confort et les performances du viseur sans blackout, y compris en rafale mécanique. S’il est plus défini et confortable, il reste toujours en deçà du viseur du S1 qui culmine à 5,76 Mpts. Pour améliorer l’autonomie, il est possible de passer de la fréquence 120 fps à 60 fps pour le viseur, et jusqu’à 30 fps pour l’écran arrière.

Quelques petites différences

Pour trouver les différences avec le Lumix S5, vous pouvez déjà noter le chiffre romain II en rouge au niveau du nom de l’appareil en façade. On remarque aussi que les fixations pour sangle du boîtier sont plus grandes, ce qui permet de faire passer la sangle sans devoir ajouter de petits œillets bruyants. C’est également plus simple d’y faire passer des fixations tierces comme le système Anchor Links de Peak Design.

Lumix S5 II

L’autre nouveauté en termes d’ergonomie, c’est l’arrivée d’un joystick à 8 directions (contre 4 auparavant) ce qui permet des déplacements plus rapides dans les collimateurs AF.

Pour le reste, le S5 II reprend la même disposition des commandes qu’un Lumix S5.

Commandes et connectiques

Sur le dessus, on retrouve la roue PASM, qui intègre une commande ON/OFF. Cette roue dispose des modes PASM, d’un mode iA capable de détecter la scène, d’un mode Films créatifs et d’un mode S&Q (Slow & Quick) pour les vidéos en ralenti et accéléré. On note aussi toujours 3 positions C1, C2, C3 auxquelles il est possible d’attribuer des réglages personnalisés.

Près du déclencheur, qui a été légèrement revu, on retrouve les boutons de réglage de la balance des blancs, des ISO et de la correction d’exposition. Le bouton ISO est en relief pour le retrouver même l’oeil dans le viseur. Le bouton d’enregistrement vidéo, d’un rouge caractéristique, se trouve à peu près au même endroit.

Sur l’épaule gauche du boîtier, on retrouve une seconde roue qui permet de régler l’entraînement (image unique, rafale I, rapide II, intervallomètre / animation image par image, retardateur et un nouveau raccourci pour le mode haute définition 96 Mpx). Un liseré rouge caractéristique des boîtiers Lumix est également présent sous cette roue.

Les roues ne sont pas verrouillables, mais la résistance entre chaque mode permet d’éviter les changements lors de manipulations du boîtier.

À l’arrière du boîtier, on retrouve exactement les mêmes commandes, avec les boutons lecture, choix viseur/écran, AF-ON, joystick, bouton Q pour accéder aux réglages, roue codeuse multidirectionnelle, retour et bouton Disp. On notera également un sélecteur de mode de mise au point, qui permet de choisir entre AF-S, AF-C ou MF surmonté d’un bouton pour choisir le mode AF.

Sur la tranche gauche, on note la présence d’un « vrai » port HDMI Type A pour le branchement d’un moniteur-enregistreur externe. Le Lumix S5 II dispose aussi d’une prise micro et d’une prise casque (jack 3,5 mm) et d’un port USB 3.2 Gen 2 Type C, pour une connexion encore plus rapide à un ordinateur. Sur la tranche droite, on retrouve la trappe avec un double slot pour cartes mémoires SDXC/SDHC UHS-I ou UHS-II ainsi qu’une prise télécommande 2,5 mm.

Bonne nouvelle, le Lumix S5 II est compatible avec l’ensemble des accessoires de la première version. On retrouve ainsi la poignée additionnelle DMW-BGS5 qui permet de doubler l’autonomie, le trépied DMW-SHGR1 pour du vlog ou un usage trépied, ainsi que les batteries DMW-BLK22.

Des menus complets, à appréhender (et parfois déchiffrer)

Les menus du Lumix S5 II sont très complets, voire parfois trop complets. On retrouve de nombreuses fonctions, donc certaines non-activées par défaut – alors qu’on aurait bien voulu qu’elles le soit. C’est par exemple le cas pour le mode qui permet d’être moins sensible au flou de mouvement avec le mode Haute Définition 96 Mpx et qui nous a fait rater quelques clichés.

Lumix S5 II

On apprécie cependant la possibilité de personnaliser toutes les commandes du boîtier, et les nombreux réglages, tant en photo qu’en vidéo. En bref, si vous optez pour ce boîtier, nous ne pouvons que vous conseiller de vous plonger dans les menus à tête reposée, afin d’appréhender toutes les subtilités du boîtier.

Par contre, la traduction française n’est parfois pas des plus évidentes. Un exemple : “Touch Settings” pour régler les fonctions tactiles de l’écran, est traduit par “Régl. touche”. On espère que ces petites entorses à la langue de Molière seront corrigées par la suite, même si on a (malheureusement) déjà vu pire.

Petit détail : l’appareil propose de regrouper les rafales et bracketing sous forme de “piles” lors de la visualisation des photos, facilitant grandement la navigation.

Au final, Panasonic livre ici un boîtier réussi, à la fois très bien construit et offrant une très bonne prise en main. L’appareil n’est plus aussi compact que le S5, mais l’encombrement reste contrôlé. On est ici assez proche d’un Nikon Z 6II (l’écran de contrôle supérieur en moins) – et assez loin d’un A7 IV – ce qui permet d’être à l’aise même avec de grandes mains.

Performances et qualité d’image du Lumix S5 II

Passons maintenant à la qualité d’image du Lumix S5 II. Au cours de notre test, nous avons pu tester le boîtier avec plusieurs objectifs en monture L. Ainsi, en plus de l’objectif de kit Lumix S 20-60 mm f/3,5-5,6, nous avons utilisé les objectifs Lumix S 24 mm f/1,8, Lumix S 50 mm f/1,8, Lumix S 70-200 mm f/4 ainsi que les optiques Sigma 24-70 mm f/2,8 DG DN Art, 35 mm f/2 DG DN Contemporary et 85 mm f/1,4 DG DN Art.

Un mot d’ailleurs sur la monture utilisée par ce boîtier, la monture LDévoilée en septembre 2018, celle-ci rassemble aujourd’hui 14 optiques Panasonic, des optiques Leica et de nombreux objectifs Sigma. Durant ce test, nous avons ainsi pu constater que la monture L constitue aujourd’hui une véritable alternative à celle des autres constructeurs. On aimerait cependant que celle-ci soit ouverte à des acteurs comme Tamron, Samyang, etc.

Lumix S5 II

A noter également qu’Adobe vient d’apporter une mise à jour à Camera RAW offrant le support des RAW du Lumix S5 II dans Lightroom, Lightroom Classic et ACR. Nous avons ainsi pu analyser la qualité d’image réelle fournie par ce boîtier – et non en nous basant exclusivement sur les JPEG…

N’hésitez pas à cliquer sur les photos présentes dans ce test pour les afficher en qualité supérieure.

Côté capteur : toujours 24,2 Mpx, mais une nouvelle conception

Tout comme le Lumix S5, cette version Mark II dispose d’un capteur BSI CMOS plein format de 24,2 Mpx. Ce capteur rétroéclairé est cependant différent, puisqu’il intègre des pixels dédiés à l’autofocus à détection de phase. Le S5 II intègre également un tout nouveau processeur, conçu avec Leica dans le cadre de la L² Technology. Si les détails sont limités, on sait que celui-ci pourrait offrir une meilleure qualité d’image grâce aux technologies de traitement d’image chères à Leica.

Côté définition, le capteur délivre des clichés de 6000 x 4000 pixels, au format 3:2 – oui, les boîtiers plein format de Panasonic ne shootent pas en 4/3, car il n’existe pas de capteur 4/3 en plein format, même si l’option de recadrage existe dans le boîtier. On notera également la présence d’un format au ratio panoramique 65:24 (clichés de 13 Mpx, 6000 x 2208 pixels) qui rappelle le Hasselblad XPan original.

On notera que le format RAW proposé par le Lumix S5 II enregistre les clichés de manière non compressée en 14 bits par défaut. Il n’est pas possible de choisir de format de compression dans le boîtier. Par contre, en shootant en rafale, le S5 II enregistre les RAW en 12 bits. La différence de poids est assez limitée, environ 32 Mo pour le RAW 14 bits et 28 Mo pour le RAW 12 bits. Il n’y a également pas d’option pour enregistrer des clichés en HEIF. Il est possible d’enregistrer des images en 12 Mpx (M) et 6 Mpx (S) en plus du format 24 Mpx (L) mais uniquement en JPEG.

Côté technique, on notera donc que ce capteur est rétroéclairé (BSI) mais pas empilé. Ne vous attendez donc pas à des miracles avec l’obturateur électronique : le phénomène de rolling shutter est bien présent, notamment si vous photographiez en plein format des sujets aux mouvements rapides ou si vous réalisez un panning rapide en rafale 30 i/s. En vidéo également, le rolling shutter est présent (les mesures donnent 21 ms). Comme toujours, nous vous conseillons de privilégier l’obturateur mécanique pour les sujets aux mouvements latéraux très rapides.

Subtil, mais le rolling shutter est bien présent, allongeant la tête de cette skieuse – Lumix S 5 II – Lumix S 70-200 mm f/4 – 199 mm – ƒ / 4,0 – ¹⁄₂₅₀₀ s – ISO 100

L’obturateur électronique est également sensible aux effets de banding, avec un mode de réduction de scintillement efficace en vidéo mais absent en photo. Sous un éclairage au néon, des bandes noires peuvent ainsi être présentes dans certaines situations, comme c’est le cas également sur des boîtiers concurrents.

Effet de banding – Lumix S 5 II – Lumix S 50 mm f/1,8 – 50 mm – ƒ / 1,8 – ¹⁄₄₀₀ s – ISO 100

Qualité d’image : c’est du solide !

Ici, pas de grand mystère : la qualité d’image est peu ou prou au même niveau que le Lumix S5. Ainsi, le Lumix S5 II est capable de restituer les scènes photographiées de manière très plaisante, avec une gestion des couleurs exemplaire (la fameuse Color Science notamment appréciée des vidéastes et photographes utilisant Panasonic). Ainsi, aucun ton ou couleur ne prend le pas sur une autre, et le boîtier délivre des fichiers RAW et JPEG relativement neutres, malgré une balance des blancs automatique relativement froide. Il est cependant possible de choisir une balance des blancs automatique plus chaude (ou plus froide). On retrouve également beaucoup de détails dans l’image.

Lumix S 5 II – Sigma 24-70 mm f/2,8 DG DN Art – 24 mm – ƒ / 2,8 – 0,4 s – ISO 100
Lumix S 5 II – Sigma 24-70 mm f/2,8 DG DN Art – 24 mm – ƒ / 13 – ¹⁄₁₂₅ s – ISO 100

En mode de mesure multizone, on notera toutefois une légère tendance à sous-exposer la scène. Heureusement, les fichiers RAW proposés par Panasonic (au format RW2) propose une très grande latitude de retouche.

Au final, les images livrées par le Lumix S5 II sont très propres et offrent une base de travail très agréable pour la retouche.

La plage de sensibilité ISO s’étend de 100 à 51200 ISO par défaut, extensible de 50 à 204800 ISO en photo. On notera ici que le Lumix S5 II dispose d’un réglage de double ISO natif à 100 et 640 ISO, qui permettent d’abaisser le bruit numérique à partir de 640 ISO. Le boîtier permet d’ailleurs d’opter pour un réglage automatique ou manuel du double ISO natif.

Sur le terrain, le Lumix S5 II offre une montée ISO très maitrisée. Un petit moutonnement apparaît à partir de 3200 ISO. À 6400 ISO, ce dernier est plus présent et commence à brouiller les détails.

Bokeh – Lumix S 5 II – Lumix S 70-200 mm f/4 – 200 mm – ƒ / 4,0 – ¹⁄₂₅₀ s – ISO 6400

À partir de 8000 ISO, le bruit de luminance se fait très présent à l’image. Pour autant, la montée ISO est très honnête, voire exemplaire avec ce boîtier. Même à 25600 ISO, la gestion est admirable (pour 25600 ISO).

Lumix S 5 II – Lumix S 70-200 mm f/4 – 200 mm – ƒ / 4,0 – ¹⁄₂₅₀ s – ISO 32000

À 51200 ISO, le niveau de détails reste encore très bon, à notre grande surprise. C’est à partir du mode étendu (de 64 000 à 204 800 ISO) que le bruit devient plus indigeste. Pour autant, l’absence de bruit de chrominance nous fait penser à un bruit proche du “grain” argentique, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

ISO 204800

Nous n’attendions clairement pas le Lumix S5 II sur ce point, et nous ignorons si cela a à avoir avec la collaboration avec Leica autour de la L2 Technology. Dans tous les cas, le boîtier séduira les oiseaux de nuit à la recherche d’une solution pour capturer des images à main levée.

Mode Haute Résolution : des clichés offrant une définition jusqu’à 96 Mpx

Comme ses prédécesseurs, ce boîtier plein format Lumix dispose d’un mode “High Resolution” qui permet de capturer une série de photos afin d’obtenir des clichés de 96 Mpx (12000 x 8000 pixels) à l’aide du déplacement du capteur entre chaque prise de vue. Ensuite, les images sont combinées au sein du boîtier pour fournir un cliché (JPEG, RAW ou RAW+JPEG), retravaillé afin de réduire les artefacts. Il est possible de choisir d’enregistrer également les clichés intermédiaires. Le traitement dure environ 10 secondes.

Cette fonction, bien appréciable pour un boîtier à la définition de 24 Mpx, offre une grande latitude aux créateurs, à condition de disposer d’un trépied stable. En effet, durant notre test avec les réglages par défaut, impossible d’obtenir un cliché réussi à main levée, même en restant très stable. Heureusement, un second mode (non activé par défaut) permet de réduire les flous de mouvement dans l’image finale. Avec ce mode activé, le résultat à main levée n’est pas aussi net et précis que sur trépied, avec parfois quelques “bavures”, mais sans regarder de près l’image est nette.

On apprécie la facilité d’usage et surtout le traitement directement intégré au boîtier, permettant de se passer d’un outil tiers supplémentaire. Face à Sony ou encore Fujifilm, Panasonic offre ici un véritable plus qui permet de réaliser et vérifier le résultat sans utiliser d’ordinateur.

Par contre, cette fonction est à privilégier avec des sujets immobiles, pour éviter d’obtenir des images fantômes. Un mode intermédiaire de 48 Mpx est également disponible.

Le Lumix S5 II dispose également de plusieurs modes de bracketing, permettant par exemple de réaliser une rafale à différentes ouvertures ou de faire du focus stacking, toujours bien pratique. On apprécie également la fonction timelapse qui s’adapte à l’animation image par image en proposant d’afficher une image “modèle” dans le cadre afin de voir les déplacements d’une image à l’autre.

Lumix S5 II – Lumix S 70-200 mm f/4 – 189 mm – ƒ / 4,0 – ¹⁄₃₂₀ s – ISO 100

Autofocus du Lumix S5 II : la véritable révolution ?

Depuis son annonce, le Lumix S5 II a fait couler beaucoup d’encre (numérique) suite à l’adoption d’un système autofocus à détection de phase. Ici, Panasonic ne révolutionne en rien le domaine, mais ne fait que s’aligner aux côtés des autres constructeurs. Dans les faits, l’autofocus hybride, mêlant détection de phase et DFD (détection de contraste made in Panasonic) doit être bien plus réactif et mieux adapté aux sujets en mouvements.

Lumix S5 II – Lumix S 50 mm f/1,8 – 50 mm – ƒ / 1,8 – ¹⁄₁₂₅ s – ISO 4000

L’appareil dispose de 779 points AF contre “seulement” 225 points sur son prédécesseur.

Fait intéressant, et mentionné nulle part, les points AF couvrent 100% de l’image (en hauteur et en largeur), faisant mieux que Sony, Nikon ou Canon sur des modèles équivalents.

Le Lumix S5 II est également doté d’algorithmes de suivi des sujets, qu’ils soient humains ou animaux ; avec également une détection et un suivi des yeux. Amélioration par rapport au Lumix S5, tous les paramètres et réglages AF sont accessibles à partir du bouton présent à l’arrière du boîtier, sans devoir aller dans les menus. Il est ainsi possible d’activer ou non la détection de sujet, de choisir si la détection se fait sur les humains, sur le visage et les yeux, les animaux, ou les animaux et les humains, de choisir les zones de détection, ainsi que le mode suivi.

Lumix S5 II – Sigma 85 mm f/1,4 DG DN Art – 85 mm – ƒ / 1,4 – ¹⁄₃₂₀ s – ISO 6400

Vous l’aurez noté, le S5 II ne dispose pas de mode de suivi avancé des véhicules ou des oiseaux, mais dans les faits, le mode de détection est capable de détecter des objets dans une scène, si celle-ci n’est pas trop chargée de différents éléments.

Il est également possible d’utiliser l’AF continu durant le zoom en photo et en vidéo, moyennant une mise à jour firmware des optiques comme le 20-60 mm ou le 70-300 mm.

Passons maintenant aux performances sur le terrain. Le Lumix S5 II offre-t-il un gain réel par rapport à son prédécesseur ? La réponse est un grand oui. En mode AF-S, la détection et l’autofocus est rapide… mais pour autant, le boîtier utilise toujours la technologie DFD, avec un très léger pompage perceptible en arrière-plan. Ainsi, c’est en mode AF-C que la différence est la plus perceptible, notamment en faisant le point sur des zones sombres ou à faible contraste. Là où le Lumix S5 pouvait patiner, le Lumix S5 II accroche plus efficacement son sujet, y compris de nuit. A noter qu’en mode AF-C (et en vidéo), l’effet de pompage a disparu.

M le Maudit – Lumix S5 II – Lumix S 70-200 mm f/4 – 143 mm – ƒ / 4,0 – ¹⁄₁₆₀ s – ISO 500

La détection des sujets (AF-S et AF-C) et le suivi (AF-C uniquement) est également rapide et précis. Lorsque l’appareil détecte un visage, un collimateur vient verrouiller l’oeil. Pour autant, on est encore loin des performances de Sony en termes de suivi de l’œil : si le sujet ne vous regarde pas directement, le visage n’est pas détecté.

Lumix S5 II – Sigma 24-70 mm f/2,8 DG DN Art – 70 mm – ƒ / 2,8 – ¹⁄₈₀ s – ISO 320

En conclusion, le Lumix S5 II offre des performances autofocus en nette hausse et rattrape la concurrence, Nikon en premier. Les performances de détection et suivi restent en retrait par rapport à Sony, Canon et Fuji.

Performances en rafale du Lumix S5 II

Le Lumix S5 II dispose d’une rafale mécanique à 9 i/s. C’est 2 i/s de plus que son ainé, qui plafonnait à 7 i/s. Ici, le boîtier est relativement conservateur, puisque la majorité des hybrides plein format récents dépassent cette valeur (10 i/s pour l’A7 IV, 12 i/s pour le R6 Mark II, 14 i/s pour le Nikon Z 6II). Au déclenchement, le son est relativement doux, avec un bruit légèrement tamisé. Il n’est pas le plus discret, mais pour cela, l’obturateur électronique est là – à condition de désactiver le son de déclencheur généré par le haut-parleur du boîtier, avec plusieurs tonalités et niveaux disponibles.

La véritable performance est à chercher du côté de l’obturateur électronique : il permet au Lumix S5 II d’obtenir des rafales ultrarapides en JPEG, RAW ou RAW + JPEG de 30 i/s, une performance de haut vol pour un boîtier de cette gamme. La mémoire tampon (en utilisant une carte UHS-II U3) permet ainsi d’enregistrer des rafales de plus de 200 images.

Lumix S5 II – Lumix S 70-200 mm f/4 – 114 mm – ƒ / 4,0 – ¹⁄₃₂₀₀ s – ISO 100

Nous avons pu ainsi réaliser des rafales de 6,6 secondes avec suivi AF/AE (la durée est la même en AF-S ou MF). On aimerait pouvoir en dire autant avec tous les boîtiers récents ! La rafale peut même dépasser les 300 images en JPEG seul. A noter que les RAW capturés en rafale, comme expliqué plus haut, sont enregistrés en 12 bits et non 14 bits. Des cadences intermédiaires de 9, 5 ou 2 i/s sont également disponibles.

Durant la rafale, l’autofocus (avec les optiques Panasonic comme Sigma que nous avons pu tester) accroche très bien le sujet. Nous n’avons obtenu presque aucune photo ratée (à cause de l’AF), même de nuit. On notera toutefois la présence de rolling shutter à 30 i/s lors de mouvements rapides.

Nous avons cependant remarqué un petit lag d’environ 0,3 sec en mode AF-C avant que la rafale 30 i/s en obturateur électronique ne débute. Cela peut sembler faible, mais c’est pourtant suffisant pour rater le début d’une action, et le boîtier ne dispose pas de fonctionnalité “Pre-shot”. Nous avons contacté les équipes Panasonic et une mise à jour très prochaine du boîtier devrait venir corriger ce bug de jeunesse.

Une fois la rafale terminée, il faudra attendre de longues secondes avant que toutes les photos ne soient enregistrées sur la carte, signalé par un voyant orange à l’écran. Heureusement, le boîtier reste pleinement fonctionnel, avec la possibilité de continuer à prendre des photos.

Quoi qu’il en soit, saluons ici les très bonnes performances en rafale du Lumix S5 II.

Stabilisation 5 axes efficace

La réputation de Panasonic n’est plus à faire sur la stabilisation, et le Lumix S5 II dispose d’une stabilisation capteur sur 5 axes (IBIS) compatible Dual IS avec les objectifs stabilisés Lumix S. À la clé, une stabilisation jusqu’à 5 stops capteur seul, et un gain jusqu’à 6,5 stops selon le constructeur.

Re(pose) longue – Lumix S5 II – Sigma 24-70 mm f/2,8 DG DN Art – 49 mm – ƒ / 4,0 – 1,3 s – ISO 100

Nous avons pu réaliser des plans stables à 70 mm avec le 70-200 mm f/4 stabilisé à 1/3 s, soit un gain d’environ 4,5 stops. Bizarrement, nous avons été capable de descendre à 1,3 s (à 49 mm) avec le Sigma 24-70 mm f/2,8 DG DN Art non stabilisé, soit un gain d’environ 5,5 stops, ce qui est plus que la valeur donnée par Panasonic

En clair, la stabilisation permise par le Lumix S5 II est efficace en photo et permettra de capturer des clichés nets sans forcément augmenter la sensibilité ISO.

Voici une sélection de photos réalisées avec le Lumix S5 II :

Lumix S5 II : un ADN vidéo pleinement exploité

La gamme S5 de Lumix possède un ADN hybride photo / vidéo indéniable. Si elle est performante en photo, elle offre également de nombreuses possibilités pour les vidéastes, toujours dans un budget très serré. En effet, le Lumix S5 était le premier boîtier à moins de 2000 € à proposer l’enregistrement 4K60p 4:2:0 10 bits en interne ainsi qu’un mode anamorphique.

Désormais, le Lumix S5 II est capable de filmer jusqu’en 6K (open gate en 3:2) en 4:2:0 10 bit interne et 5,9K (16:9) à 30fps pendant 30 minutes, ainsi que de la 4K et C4K jusqu’à 60p en 4:2:2 10 bits (recadrage APS-C pour 50/60p) sans oublier la Full HD jusqu’en 120p (et 180P sans autofocus), le tout de manière illimitée grâce à un système de refroidissement très étudié. Un ventilateur, situé sous le faux prisme du boîtier, peut ainsi s’activer si besoin, à la manière du Lumix S1H. Cela se fait au prix d’un léger embonpoint, mais reste tout à fait acceptable sur ce boîtier.

Test Lumix S5 II vidéo 6K 25p 3:2 Open gate

Tout comme le GH6, le Lumix S5 II est également capable de capturer des vidéos stabilisées au format anamorphique 3,3K (à 25 ou 50p).

À noter que le S5 II est capable d’enregistrer de la vidéo RAW en 12 bit jusqu’en 5,9K 16:9 à 30p via HDMI sur un enregistreur Atomos Ninja V+, moyennant une mise à jour payante (199 €), sûrement pour le distinguer du Lumix S5 IIX qui sortira en juin 2023.

Ce boîtier Lumix intègre également une nouvelle fonction Real Time LUT qui permet d’effectuer un étalonnage directement au cœur du boîtier à partir d’une LUT (.VLT ou .cube), réduisant le travail en postproduction pour certains créateurs. Plusieurs profils d’image, comme les V-Log/V-Gamut sont également installés par défaut (là où avant ils étaient payants), pour une plage dynamique jusqu’à 14+ stops. On retrouve bien entendu toutes les fonctions d’assistance vidéo (zebra, waveform, vectorscope, spotmètre de luminance, marqueur de cadre, desqueeze anamorphique, etc.). On apprécie également certaines fonctions comme la transition de mise au point ou le recadrage live.

Une fonction Recadrage Live permet même d’enregistrer une vidéo en utilisant toute la surface du capteur (en 5,9K) puis de recadrer a posteriori en 4K ou Full HD dans cette image.

Sur le terrain, la qualité vidéo du Lumix S5 II est particulièrement plaisante, et on apprécie le nouveau mode de stabilisation Active IS qui vient se combiner à la double stabilisation boîtier + objectif pour obtenir des plans ultra stables, même en marchant. Cette stabilisation électronique, très efficace, se fait au prix d’un léger crop de l’image (environ 1,1x), tout comme le mode Boost IS qui permet d’obtenir une stabilisation digne d’un trépied dans les plans fixes. En bref, le Lumix S5 II offre tout ce qu’il faut – et bien plus – aux créateurs souhaitant disposer d’un appareil photo/vidéo polyvalent.

Autonomie du Lumix S5 II

Bonne nouvelle si vous disposez déjà d’un Lumix S5 : ce nouveau boîtier reprend la batterie DMW-BLK22 d’une capacité de 2200 mAh. Lors de l’annonce, Panasonic dévoilait cependant des chiffres en baisse pour l’autonomie, avec 370 images via LCD ou EVF (norme CIPA) au lieu de 470 images sur le S5. La faute à la nouvelle technologie AF hybride ?

Dans les faits, nous avons noté une fois encore que le boîtier se montrait plus endurant que les chiffres officiels, avec ainsi une autonomie pouvant aller jusqu’à 750 clichés minimum, notamment en utilisant la rafale. De quoi tenir facilement une journée.

A noter qu’en activant toutes les options d’économie d’énergie (mise en veille rapide, fréquence réduite pour l’écran et le viseur, etc), il est possible de monter à plus de 1000 clichés.

Dans tous les cas, et surtout si vous comptez partir des journées entières ou filmer, une seconde batterie sera bien nécessaire.

On notera également que la batterie peut être rechargée via USB-C (appareil éteint) ou être alimenté en continu via USB-C lorsque l’appareil est allumé.

Fin de journée – Lumix S5 II – Sigma 24-70 mm f/2,8 DG DN Art – 52 mm – ƒ / 7,1 – ¹⁄₆₀ s – ISO 800

Connectivité sans-fil du Lumix S5 II

Fidèle à son ADN techno, ce boîtier signé Panasonic dispose de tout le nécessaire en termes de connectivité sans fil. Il dispose ainsi du Wi-Fi compatible 2,4 et 5 Ghz ainsi que du Bluetooth 5.0. À la clé, des transferts sans fil rapides et un appairage facilité avec un smartphone.

Ainsi, en utilisant l’application mobile Lumix Sync vous pouvez contrôler la prise de vue à distance avec affichage Live View et contrôle des réglages, mais aussi de déclencher à distance ou d’importer ses images. L’application permet également de copier les paramètres d’un boîtier, pratique pour répliquer les réglages sur plusieurs modèles. Il est aussi possible d’effectuer la mise à jour firmware du boîtier depuis son smartphone.

Simple et efficace, l’application mobile est un véritable couteau suisse. Par contre, le Lumix S5 II fait l’impasse sur les fonctions de streaming, réservées au Lumix S5 IIX.

À qui se destine le Lumix S5 II ?

Le Lumix S5 II est un boîtier hybride plein format qui offre une rare polyvalence. Ainsi, il pourra répondre aux photographes à la recherche d’une très bonne qualité d’image tout comme aux vidéastes cherchant à s’équiper d’un boîtier capable de réaliser des vidéos haute définition au rendu professionnel, sans se soucier de la surchauffe.

Nuit à Paris – Lumix S5 II – Lumix S 70-200 mm f/4 – 111 mm – ƒ / 4,0 – ¹⁄₁₂₅ s – ISO 6400

Sa rafale à 30 i/s, même si elle souffre d’un certain rolling shutter, pourra lui permettre des usages sportifs insoupçonnés dans cette gamme de prix. Même les photographes de packshot ou de macro pourront bénéficier de son mode Haute Définition 96 Mpx ou du focus stacking intégré.

En somme, ce Lumix S5 II coche toutes les cases pour les photographes et vidéastes passionnés qui cherchent à s’équiper d’un boîtier offrant un rapport qualité/prix/fonctionnalités inédit. Et finalement, il ne reste plus grand-chose selon nous aux boîtiers plus haut de gamme comme le Lumix S1, si ce n’est la haute définition du S1R.

Lumix S5 II – Sigma 24-70 mm f/2,8 DG DN Art – 24 mm – ƒ / 2,8 – 8,0 s – ISO 400

Reste le choix de la monture L. Cette dernière, désormais bien dotée avec les objectifs Panasonic mais aussi l’offre Sigma, offre une réelle alternative à Canon, Nikon ou Sony. Par ailleurs, la bague d’adaptation Sigma MC-21 vous permettra de réutiliser sans souci vos objectifs reflex Canon en monture EF, mais uniquement en AF-S. Avec Nikon, en revanche, ce sera plus complexe.

Conclusion

Panasonic a frappé très fort avec son Lumix S5 II. Ce boîtier hybride plein format est une petite révolution dans l’univers Lumix.

L’intégration de l’autofocus à détection de phase, une première chez Lumix, est une belle réussite, et augure de prochains boîtiers réactifs. Sur ce point, Lumix se devait de répondre à Sony et Canon, et le Lumix S5 II remplit parfaitement sa mission avec une accroche AF et un suivi de sujet efficace.

Sa rafale à 30 i/s, couplée à un buffer très capacitaire, lui permet de capturer l’action dans tous ses détails. La qualité d’image, même à haut ISO, est également très appréciable, avec des images neutres et détaillées.

Proposé nu à un prix de lancement de 2199 €, le Lumix S5 II dispose d’un positionnement tarifaire très intéressant, entre 200 et 500 € moins cher que la concurrence, tout en offrant une fiche technique ultra complète, en photo ET en vidéo, avec de la 6K Open Gate et de la 4K 60p 4:2:2 10 bits en interne (certes avec un crop APS-C).

Certes, le S5 II dispose encore d’une marge de progression, notamment dans la finesse de détection et suivi AF des sujets, ou l’ajout de sujets plus “exotiques” comme les avions ou les motos. À la marge, le rolling shutter est également présent, et on pourrait lui reprocher son encombrement un tantinet supérieur par rapport au S5. Pour autant, le Lumix S5 Mark II est un boîtier particulièrement réussi que nous recommandons sans hésitation.

Note : Il faudra toutefois vérifier si la mise à jour prochaine vient corriger le léger lag en rafale 30 i/s AF-C.

Le Lumix S5 II est disponible au tarif de 2199 € nu. Un kit comprenant le Lumix S5 II + S 20-60 mm f/3,5-5,6 est proposé au tarif de 2499 €.

Le Lumix S5 II est disponible chez Digit-PhotoIPLNFnacMiss NumériquePhoto-UniversDigixoCamara ainsi que dans les magasins photo spécialisés.

Jusqu’au 31 mars 2023, Panasonic propose une offre de lancement avec un bonus de reprise de 300 € pour l’achat d’un Lumix S5 II. Les informations complètes sont à retrouver auprès des revendeurs.

A noter que le Lumix S5 reste pour le moment au catalogue, avec un tarif de 1999 € hors promotion (1500 € actuellement).

Test Panasonic Lumix S5 II : l’équilibre parfait entre performance, prix et fonctionnalités
Fabrications / finitions
9
Qualité d’image
9.5
Ergonomie
9
Réactivité
8.5
Points forts
Ergonomie et viseur confortable
Boîtier résistant et tropicalisé
Qualité d’image et montée en ISO
Rafale 30 i/s et buffer capacitaire
Stabilisation 5 axes efficace
Double slot SD UHS-II
Rapport qualité/prix imbattable
Points faibles
Rolling shutter et banding avec obturateur électronique
Autonomie en légère baisse par rapport au S5
Détection et suivi AF parfois limités
Pas d’écran de contrôle
Mise à jour vidéo RAW payante
Lag avant le début d'une rafale à 30 i/s (en attendant une MAJ de Panasonic)
9
sur 10