En octobre 2020, Nikon a dévoilé les Z 6II et Z 7II, seconde itération de ses appareils photo hybrides plein format en monture Z. Sortis deux ans après les premiers hybrides Nikon Z 6 et Z 7, ces deux boîtiers apportent de nombreuses améliorations demandées et attendues par les photographes, tant d’un point de vue ergonomique que fonctionnel.

Le Nikon Z 6II marque-t-il une nouvelle étape chez Nikon ? Ou s’agit-il d’une simple remise à niveau de son boîtier hybride plein format polyvalent ? Nous avons eu l’occasion de tester le Z 6II durant cet hiver, entre deux confinements, et vous présentons un test terrain complet du Nikon Z 6II.

À relire : notre test du Nikon Z 6

Prise en main et ergonomie du Nikon Z 6II

Une fois en main, qu’est-ce qui change entre le Nikon Z 6 et le Z 6II ? Et bien absolument rien – ou presque. Nikon a en effet pris la décision de reprendre peu ou prou la même ergonomie pour ce boîtier. Pour trouver la différence – sans ouvrir la trappe – vous verrez le « II » présent au niveau du nom de l’appareil en façade. La trappe mémoire est également plus haute.

Et cette continuité dans un monde en perpétuel mouvement est une bonne chose, tant j’avais apprécié l’ergonomie du Z 6 lors de notre test – et pour mon usage au quotidien, puisque le Z 6 a depuis remplacé mon D800. Comme nous le disions, le Nikon Z 6 – et donc le Z 6II – offre un très bon rapport taille / poids pour une prise en main confortable.

À l’arrière du boîtier, la trappe pour accéder aux cartes mémoires fait également office de repose-pouce, avec un ergot de retour en caoutchouc qui complète la bonne prise en main globale du boîtier. Sous cette trappe, on retrouve désormais deux emplacements pour cartes mémoires : une XQD/CFexpress et une SD UHS-II.

Nikon répond ici à la critique récurrente, de nombreux photographes estimant qu’un unique slot mémoire n’était pas suffisamment sécurisé pour un boîtier. La marque offre également une compatibilité avec le format SD (UHS-I et UHS-II) pour un stockage plus économique que le XQD ou CFexpress assez onéreux il est vrai. On retrouve cette combinaison dans le dernier Canon EOS R5, là où l’EOS R6 et les hybrides Sony utilisent deux slots SD.

Double emplacement pour carte mémoire SD UHS-II et XQD/CFexpress

L’enregistrement des fichiers peut se faire de différentes manières : par débordement, en copie ou en choisissant d’enregistrer les RAW sur la carte principale et les JPEG sur la secondaire en RAW + JPEG. Dans le menu vidéo, il est possible de choisir la carte de destination, avec une indication en temps réel de la durée d’enregistrement maximale par carte selon le format vidéo choisi. Une bonne manière de connaître l’espace réel utilisable.

Le Nikon Z 6II dispose d’un châssis en alliage de magnésium, qui lui assure une bonne robustesse. Côté tropicalisation, il reprend la construction « tout temps » du Z 6, de même niveau que le D850 et le D5, ce qui le protège de la poussière et de l’eau. Le boîtier reste compact, mais est légèrement plus lourd que le Z 6. Comptez 705 g contre 675 g avec accumulateur et carte mémoire. Côté gabarit, il mesure 134 x 100,5 x 69,5 mm (L x H x P), soit 2 mm de plus en épaisseur – autant dire que c’est imperceptible.

Connectivité complète, prise en main confortable et enfin un vrai grip additionnel pour le Nikon Z 6II

Sur les côtés, on retrouve les mêmes prises que sur le Z 6, placées sous des trappes en caoutchouc qui peuvent être ouvertes à moitié ou pivotées. Ainsi, le Z 6II dispose d’une entrée micro, d’une prise casque, un port mini-HDMI ainsi qu’un connecteur pour télécommande filaire. Sans oublier la prise USB 3.0 Type C, qui autorise la recharge mais aussi l’alimentation en continu. Un excellent point qui devrait ravir les vidéastes notamment.

Connectiques du Nikon Z 6II

La poignée du Z 6 II est suffisamment creusée et assez haute (6,5 cm de grip en hauteur) pour permettre de placer facilement les 4 doigts de la main.

Bien sûr, les photographes aux grandes mains pourront toujours trouver cela trop étroit. mais là où une simple poignée additionnelle était disponible sur le Z 6, le Z 6 II et son grip MB-N11 proposent plus que de doubler l’autonomie. Il se dote en effet de commandes déportées – déclencheur, molettes, joysticks et boutons – grâce à des contacteurs à l’intérieur du compartiment batterie du boîtier.

Le Nikon Z 6II avec le grip MB-N11

Contacteur présent à l’intérieur du logement pour batterie

Cette poignée fait également office de station de recharge une fois détachée grâce à un port USB-C. Pour ceux qui souhaitent simplement améliorer la prise en main et l’autonomie, la poignée MB-N10 reste compatible avec le Z 6II.

Le Z 6II est également compatible SnapBridge grâce à sa connectivité Bluetooth et Wifi, ce qui permet un contrôle à distance et le transfert d’images (JPEG et RAW) vers un smartphone ou une tablette, même lorsque l’appareil est éteint. Sur ordinateur, vous pouvez installer l’application méconnue Wireless Transmitter Utility de Nikon pour envoyer très simplement vos images en Wifi.

Nouveauté, SnapBridge permet de mettre à jour le firmware du boîtier sur mobile, en se passant d’un ordinateur. Cette fonction, qui apparaît avec les nouveaux Z 6II et Z 7II, devrait s’étendre progressivement aux autres modèles compatibles SnapBridge. Pour fonctionner, il faudra par contre utiliser l’appairage Bluetooth.

Design et ergonomie du Nikon Z 6II

Comme expliqué plus haut, le Z 6II reprend exactement le design du Z 6, avec les mêmes matériaux et le revêtement caoutchouc antidérapant sur le grip. On retrouve ainsi les mêmes boutons aux mêmes endroits, et si vous venez d’un reflex Nikon, le constructeur a tout fait pour que vous vous sentiez immédiatement rassuré.

Comme nous le disions dans notre test du Z 6, « tenir un Z 6II c’est avant tout tenir un boîtier Nikon », ce qui devrait séduire les Nikonistes peu convaincus par les autres offres hybrides plein format.

À l’avant du boîtier, on retrouve l’imposante monture Z, avec deux boutons Fn1 et Fn2 sur son côté, là où se trouvent le testeur de profondeur de champ et le bouton Fn sur les reflex Nikon. Par défaut, ces boutons sont attribués au choix du mode de mise au point et zone AF ainsi qu’à la balance des blancs.

Sur le dessus de la poignée, on retrouve le bouton ON/OFF associé au déclencheur, le bouton d’enregistrement vidéo ainsi qu’un bouton ISO et la correction d’exposition. Sur la partie supérieure gauche, on retrouve le sélecteur de modes PASM ainsi que trois positions U1, U2 et U3 pour des réglages personnalisés, mais également un mode Auto pour les plus néophytes. À noter que cette molette dispose d’un verrou automatique pour ne pas changer de mode par erreur.

À l’arrière du boîtier, on retrouve les boutons classiques pour un boîtier Nikon (AF-ON, joystick, boutons info, zoom, menu et sélection du monde de déclenchement ainsi qu’un sélecteur multidirectionnel), mais organisés d’une manière différente : tous les boutons se retrouvent sur la droite de l’écran, notamment dans la partie inférieure, pour laisser plus de place à l’écran inclinable arrière de 3,2 pouces. Comme sur les reflex Nikon, le passage du mode photo au mode vidéo se fait à l’aide d’un interrupteur, qui permet également de choisir les éléments affichés à l’écran (Disp).

À noter que comme pour le Z 6, le Z 6II dispose de modes Photo et Vidéo séparés et un menu rapide « i » personnalisable selon le mode. Une grande partie des boutons du Z 6 II est également paramétrable.

Pour obtenir vos réglages, la double molette avant/arrière est très utile et un écran de contrôle rétroéclairé OLED sur la tranche supérieure de l’appareil permet d’afficher les informations importantes (vitesse, ouverture, batterie, mode, sensibilité, nombre de vue restantes, etc) ce qui le rapproche du monde du reflex pro, même si l’affichage n’est toujours pas persistant lorsque l’appareil est éteint – contrairement aux hybrides de Canon ou de Fujifilm, par exemple.

Le Z 6 II dispose toujours d’un mode de déclenchement silencieux, grâce à son obturateur électronique.

Enfin, notons la possibilité d’inverser le sens de rotation de la bague de mise au point sur les optiques à monture Z.

Écran orientable et viseur électronique identiques au Z 6, à une différence près

Le Nikon Z 6 II dispose du même écran écran tactile multipoint et orientable de 3,2 pouces (8 cm) que le Z 6, avec une résolution de 2,1 millions de points. Ce dernier offre une expérience tactile sans compromis (en prise de vue et dans les menus) et une très bonne qualité d’affichage – même si nous conseillons toujours de ne pas supprimer vos images en les évaluant à l’écran d’un appareil.

L’écran est toujours orientable à 170° – pas de mode selfie possible. Avec le Z 6II, Nikon propose une petite amélioration qui nous a beaucoup plu. Lorsque l’écran est incliné, le détecteur de proximité du viseur est désactivé pour éviter d’éteindre l’écran arrière en passant le doigt devant le viseur, ou bien même en le rapprochant trop près du corps. C’est tellement intelligent qu’on se demande pourquoi tous les constructeurs ne le proposent pas.

Nikon utilise toujours le viseur électronique Quad VGA OLED de 3,69 millions de points avec un jeu de lentilles maison qui offre un grossissement 0,8x très confortable et un dégagement oculaire de 21mm. Rien de nouveau par rapport au Z 6 ici… si ce n’est que l’affichage en rafale est bien plus fluide au viseur, avec un blackout moins présent – malgré un taux de rafraîchissement inchangé à 60 i/s. Les photographes sportifs apprécieront certainement ce point.

Autre amélioration de visée, l’affichage de l’horizon virtuel est bien plus discret à l’écran que sur la première version (bordures du cercle moins visibles).

L’horizon virtuel, plus discret sur le Nikon Z 6II

Enfin, si vous photographiez beaucoup de portraits, le Z 6II dispose d’une fonction très intéressante lors de la visualisation des images : lorsque vous zoomez dans l’image, la molette avant permet de passer rapidement d’un visage (détecté) à un autre, utile pour vérifier la mise au point à 100% par ex. En pratique, si le visage est de face et net, celui-ci sera détecté.

Capteur CMOS plein format rétroéclairé (BSI) et stabilisé de 24,5 Mpx

Ne cherchez pas de nouveautés au niveau du capteur, le Z 6II reprend le même (très bon) capteur photo que le Z 6, sans aucune différence. Il s’agit ainsi d’un capteur CMOS plein format rétroéclairé (BSI) de 24,5 Mpx. La stabilisation sur 5 axes permet de récupérer jusqu’à 5 stops de lumière avec les optiques natives en monture Z.

Ici encore, la stabilisation sera la plus efficace avec les optiques Nikon Z. En monture F avec l’adaptateur FTZ, la stabilisation capteur se fait sur 3 axes seulement.

Cette stabilisation capteur est la bienvenue si vous photographiez à main levée dans des conditions lumineuses difficiles. Rappelons toutefois que cela ne vient pas supprimer le flou de mouvement du sujet.

La stabilisation à l’oeuvre – Nikon Z 6II – NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S – 52 mm – 0,6 s – ƒ / 2,8 – ISO 100

Performances et qualité d’image du Nikon Z 6II

Passons maintenant aux performances et à la qualité d’image du Nikon Z 6 II. Durant notre test, nous avons testé le Z 6II avec son objectif de kit, le Nikkor Z 24-70 mm f/4 S, ainsi qu’avec le Nikkor Z 35 mm f/1,8 S et le Nikkor Z 24-70 mm f/2,8 S.

Qualité d’image du Nikon Z 6II

Arrêtons le suspens, le Nikon Z 6II offre des performances identiques au Z 6 en termes de qualité d’image. Nous ferons donc les mêmes remarques que pour le Z 6. Le rendu des images du Z 6 est très bon, avec une bonne restitution des détails, des couleurs chaudes – comme les Nikonistes les aiment – et une bonne plage dynamique, légèrement supérieure à celle du Nikon D750 qui avait déjà un très bon score sur ce point.

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 35mm f/1.8 S – 35 mm – ¹⁄₄₀₀₀ s – ƒ / 1,8 – ISO 100

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S – 33.5 mm – ¹⁄₄₀ s – ƒ / 4,5 – ISO 500

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 35mm f/1.8 S – 35 mm – ¹⁄₁₂₅₀ s – ƒ / 3,2 – ISO 100

Le niveau de détails est vraiment très bon, notamment avec le NIKKOR Z 24-70mm f/4 S fourni en kit avec le boîtier. Avec le NIKKOR Z 35mm f/1.8, le bokeh est doux et très agréable, avec également un très bon piqué.

Voici une sélection de photos réalisées avec le Z 6 II et ces différents objectifs. Les fichiers ont été obtenus à partir du fichier RAW passé dans Lightroom puis exporté en JPEG.

N’hésitez pas à cliquer sur les images pour les voir en plus grand.

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 24-70mm f/4 S – 58 mm – ¹⁄₆₄₀ s – ƒ / 4,0 – ISO 100

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S – 70 mm – ¹⁄₅₀₀ s – ƒ / 2,8 – ISO 200

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 24-70mm f/4 S – 70 mm – ¹⁄₁₂₅₀ s – ƒ / 5,0 – ISO 100

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 35mm f/1.8 S – 35 mm – ⅕ s – ƒ / 3,5 – ISO 400

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 35mm f/1.8 S – 35 mm – ¹⁄₅₀ s – ƒ / 9,0 – ISO 100

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S – 70 mm – ¹⁄₈₀ s – ƒ / 4,0 – ISO 450

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S – 52 mm – ¹⁄₆₀ s – ƒ / 2,8 – ISO 900

Montée en sensibilité du Nikon Z 6II

Ici encore, les performances en montée en ISO sont identiques à celles du Nikon Z 6. La plage de sensibilité va de 100 à 51 200 ISO et est extensible de 50 ISO jusqu’à 204 800 ISO en photo.

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 35mm f/1.8 S – 35 mm – ¹⁄₂₀ s – ƒ / 4,0 – ISO 1600

Dans la pratique, à 3200 ISO le bruit numérique est peu visible. À 6400 ISO, on remarque un peu plus le bruit, notamment en zoomant à 100% sur l’image. Mais de manière générale, les détails sont préservés.

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S – 70 mm – ¹⁄₈₀ s – ƒ / 2,8 – ISO 3200

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S – 70 mm – ¹⁄₈₀ s – ƒ / 8,0 – ISO 5600

À 12 800 ISO, la qualité se dégrade, bien entendu, notamment sur le rendu de la peau. Le bruit se fait bien plus présent, avec notamment un bruit chromatique un peu plus présent et un grain un peu plus gros.

Malgré tout, le bruit numérique est traité par le Z 6II de manière très fine et reste même « agréable ». L’image conserve une grande quantité de détails avec peu de bruit chromatique. La colorimétrie est ainsi conservée.

Voici quelques photos réalisée à des sensibilité ISO très élevées :

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S – 34.5 mm – ¹⁄₄₀ s – ƒ / 2,8 – ISO 51200

Performances en rafale du Nikon Z 6II

Voici enfin une partie où le Z 6II se démarque ! Lors de la présentation du boîtier, Nikon a indiqué que les Z 6II et Z 7II disposaient d’un double processeur Expeed 6 (contre 1 seul sur les Z 6 et Z 7) ce qui offrait de nouvelles possibilités en terme de rafale, à la fois dans sa rapidité et dans sa durée. Ce double processeur se retrouve d’ailleurs sur le Nikon D6. Il permet à l’appareil de dédier un processeur à l’autofocus, alors que l’autre peut gérer l’analyse du signal d’image et un traitement plus rapide des fichiers.

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S – 70 mm – ¹⁄₁₀₀ s – ƒ / 2,8 – ISO 500

Ainsi, le Z 6II est capable de rafales jusqu’à 14 i/s en obturateur électronique et mécanique (contre 12 sur le Z 6) avec suivi AF/AE. Le double processeur permet aussi de tenir cette rafale plus longtemps, avec désormais un buffer de 200 images en JPEG et 124 images en RAW 12 bits sans compression pour le Z 6II. C’est bien mieux que les 37 RAW du Z 6. Sur le terrain, nous avons réussi à capturer environ 200 images en RAW (non compressées) avant que le buffer ne sature.

Nikon Z 6II – NIKKOR Z 24-70mm f/2.8 S – 70 mm – ¹⁄₃₀ s – ƒ / 2,8 – ISO 2200

En pratique, la rafale du Nikon est extrêmement rapide et permet de suivre un sujet en mouvement sans aucune peine. L’appareil est capable de déclencher jusqu’à 1/8000 s en obturateur mécanique.

À l’opposé, si vous souhaitez réaliser des poses longues, le Z 6II est capable de descendre jusqu’à 900 s (15 minutes quand même !) en mode M – à activer dans les menus. Dans les faits, cette durée est un peu extrême, mais cela permet surtout de se passer d’une télécommande pour des vitesses allant au-delà de 30 s.

Autofocus du Nikon Z 6II : du mieux, notamment en suivi de sujet

Le Nikon Z 6II propose quelques améliorations en termes d’autofocus par rapport au Z 6. L’autofocus hybride du Z 6II reprend la même base que le Z 6 avec 273 points AF qui couvre 90% de la surface du capteur. Il offre toutefois quelques modifications. La première se situe au niveau des modes de suivi des yeux. Sur le Nikon Z 6, seul le mode « AF zone automatique » disposait de la détection et suivi Eye AF. Il était ainsi possible d’activer ou de désactiver dans les menus les différentes méthodes de suivi de l’oeil, humain ou animal, dans ce mode.

Avec le Nikon Z 6 II, la détection des sujets humains ou animaux ne sont plus un réglage à activer ou désactiver dans les menus, mais dispose de ses propres modes de zones AF, avec un petit icône en forme de sourire ou de tête de chat, comme on peut le voir sur l’image suivante.

Différentes options de Zone AF du Nikon Z 6OO

Il devient ainsi possible d’utiliser le suivi des yeux et des sujets avec le mode AF zone automatique ainsi que le mode zone Wide L. Ce mode, qui permet de définir une zone élargie dans laquelle faire la mise au point, est très utile : il permet d’indiquer à l’appareil de ne chercher des visages ou des yeux que dans le rectangle rouge, ce qui évite au boîtier de s’affoler lorsqu’il y a plusieurs sujets dans le cadre. Il reste toujours possible de sélectionner l’oeil sur lequel faire le suivi grâce au sélecteur multidirectionnel à l’arrière du boîtier.

Le suivi du sujet (proche de la fonction 3D des reflex Nikon) est toujours disponible dans un seul mode « AF zone automatique ». Il suffit d’appuyer sur la touche OK pour faire apparaître un réticule au centre de l’image, le déplacer à l’endroit voulu puis presser sur le déclencheur à mi-course pour suivre son sujet. Dommage que l’appareil ne soit pas en mesure de comprendre pas que le sujet à suivre soit un humain – et de passer en détection de l’oeil.

Petit plus : le boîtier conserve la mise au point lorsque l’on éteint le boîtier : pratique pour éviter de repartir sur une mise au point à l’infini.

La sensibilité autofocus s’améliore par rapport au Z 6. Ainsi, le Z 6II est sensible jusqu’à -4,5 IL (contre -3,5 IL) en mode normal, et jusqu’à -6 IL en mode AF Faible lumière, qui permet de faire le point même dans les endroits très sombres. Dans les faits, l’autofocus est bien plus précis et rapide même lorsque la lumière vient à baisser, sans forcément devoir utiliser le mode AF faible lumière. Bien qu’efficace, ce dernier diminue les performances de l’AF.

En termes de performances autofocus, le Nikon Z 6II fait donc mieux, également dans le suivi du sujet ou de l’oeil. Si vous venez d’un appareil photo reflex plus ancien, vous devriez apprécier sa réactivité. Est-il pour autant prêt pour de la photographie sportive ou animalière ? Si les performances sont en hausse, l’autofocus ne vient pas encore concurrencer le D6 ou le D850 pour les sujets en mouvement, notamment dans des conditions lumineuses difficiles. Par contre, si vous comptez utiliser le Z 6II pour des portraits statiques, l’appareil offre des performances meilleures que certains reflex professionnels, grâce à son AF hybride.

Autonomie du Nikon Z 6II

Quelle est l’autonomie du Nikon Z 6II ? Fait-il mieux que le Z 6 ? Avec ce nouveau boîtier, Nikon utilise la batterie EN-EL15c dévoilée avec le Nikon Z 5, de 2280 mAh.

Celle-ci reste compatible avec les boîtiers utilisants les EL15A et B. Toutefois elle doit se montrer plus efficace pour fournir le boîtier en énergie. En outre, elle permet notamment l’alimentation continue en USB en utilisant un câble USB-C compatible. Utile pour filmer de longues séquences ou réaliser des timelapses (intégré au boîtier). À noter que l’alimentation USB-C est désactivable dans les menus.

Nouvelle batterie EN-EL15c

L’appareil dispose également d’un mode économie d’énergie qui permet de réduire la consommation quand aucune opération n’est effectuée. Nous n’avons pas plus d’informations sur ce mode mais dans les faits, l’appareil réduit la luminosité du viseur ou de l’écran lorsqu’il n’est pas utilisé et se met plus rapidement en veille. La sortie de veille est quasiment instantanée, donc nous recommandons ce mode.

Comme pour le Z 6, il est également possible de paramétrer son appareil de manière plus intelligente afin qu’il soit moins énergivore, en faisant en sorte que ni l’écran LCD arrière ni le viseur électronique ne s’allument automatiquement. Le Z 6 est ainsi paramétrable pour que seul l’écran du viseur (le plus énergivore) s’allume lorsque l’on approche l’oeil dans le viseur. Ainsi, le reste du temps, aucun écran n’est allumé, ce qui permet de belles économies d’énergie.

Nikon indique une autonomie pouvant aller jusqu’à 340 images (sans le mode éco et en visée EVF), et 450 images (avec le mode économie d’énergie et en visée écran uniquement). Dans les faits, l’autonomie réelle sans passer par le mode éco est plus proche des 450 images, et le mode éco permet d’atteindre facilement les 500 images. De quoi tenir une journée complète loin du chargeur.

On notera que même si le boîtier est capable de recharger la batterie en USB-C – compter 3 h environ – Nikon fournit toujours un chargeur secteur avec cet appareil. Un véritable plus, qui permet de ne pas immobiliser l’appareil pour charger une batterie vide.

Si l’autonomie n’est pas suffisante pour vous, l’usage d’un grip additionnel (avec ou sans commande déportée) vous permettra de doubler ces chiffres.

Vidéo au Z 6 II : 4K 60p (à venir) et suivi Eye AF en vidéo

Le Nikon Z 6II est performant en photo, mais qu’en est-il en vidéo ? Comparé au Nikon Z 6, il reprend peu ou prou toutes les caractéristiques vidéo du boîtier et offre des performances similaires. Malgré tout, le Z 6II gagne quelques améliorations comme l’Eye AF en vidéo, l’alimentation USB-C en continu et surtout la 4K UHD 60p (à venir en 2021).

Ainsi le boîtier supporte la 4K UHD en 24, 25 et 30 fps échantillonné sur l’ensemble du capteur, sans recadrage et avec un débit de 144 Mbps. En février prochain, Nikon devrait proposer une mise à jour pour débloquer la 4K UHD 60p sur le Z 6II. Pour ce format, il faudra se résoudre à un recadrage 1,08x.

Le boîtier filme également en Full HD 1080 à 60/120 fps. Avec le ralenti 120 fps, le cadrage est cependant réduit au format APS-C mais l’appareil conserve le débit de 144 Mbps et il est possible d’enregistrer la vidéo en ralenti directement sur le boîtier, pour un montage et partage facilité.

En Full HD, il est possible de choisir la qualité de la vidéo, soit « normale » soit « élevée », afin d’obtenir davantage de détails sur l’image. On a l’impression que l’appareil récupère un peu de piqué grâce à cette fonction, ce qui permet d’obtenir une image vidéo très détaillée.

Le boîtier est capable d’enregistrer la vidéo en interne en 8 bits, ainsi qu’en N-Log 4:2:2 10 bits via la sortie HDMI et au format vidéo RAW (ProRes RAW) sur le moniteur/enregistreur ATOMOS Ninja V 4K HDR. Cette dernière fonctionnalité est disponible grâce à une récente mise à jour firmware, qui nécessite cependant le passage dans un SAV Nikon local – une opération payante (199€). Cette MAJ permettra d’enregistrer ses vidéos en RAW à l’aide d’un enregistreur HDMI comme l’Atomos Ninja V ou le BlackMagic Assist 12G. La vidéo RAW en 4K60p via HDMI n’est pas encore supportée, même si ces enregistreurs en sont capables.

© Nikon France

On peut déplorer que cette mise à jour reste payante – et nécessite un passage au SAV – mais les coûts de licence supplémentaires ne sont ainsi répercutés qu’aux utilisateurs réels du mode vidéo et non à tous les photographes qui n’ont pas besoin du format RAW vidéo.

En termes de fonctionnalités vidéo, le Z 6II reprend le format HLG, les zebras, le D-Lighting, le Focus Peaking et la stabilisation électronique – très performante et qui permet de se passer d’un trépied – avec une durée d’enregistrement de 30 min.

Par rapport au Z 6, le boîtier gagne l’alimentation continue en USB-C ainsi que le suivi des yeux humains, chats et chiens désormais également disponible en mode vidéo. Ici, le double processeur est à l’oeuvre pour offrir un suivi du sujet qui devrait plaire aux vloggeurs et vidéastes chevronnés.

Au final, le Nikon Z 6II offre des performances vidéo vraiment intéressantes pour qui souhaite un système hybride photo/vidéo. Grâce à la 4K60p (à venir) et à la détection des yeux en vidéo, cet appareil nous semble polyvalent, surtout lorsqu’il est utilisé avec les optiques NIKKOR Z qui sont bien adaptées pour la vidéo. Pour le moment, Nikon ne propose pas de kit vidéo pour les cinéastes comme pour le Z 6 mais cela ne devrait tarder.

A qui s’adresse le Nikon Z 6II ?

Nous arrivons au terme de ce test du Nikon Z 6II. Cet appareil, lancé 2 ans après les Nikon Z 6 et Z 7, corrige et complète la première itération de l’hybride plein format de Nikon. Difficile en effet de voir juste au premier coup. Avec un peu de recul, on peut dire que Nikon ne s’est pas trop loupé. Cependant, le Z 6II offre quelques nouveautés – issues de l’écoute des clients – et une petite amélioration des performances, notamment en rafale et suivi des sujets en AF.

Sa cible principale reste selon nous les photographes Nikonistes qui souhaitent s’équiper d’un appareil plein format et sont tentés par l’expérience hybride, qui apporte un viseur électronique de qualité et très fonctionnel ainsi qu’une excellente qualité d’image, avec une ergonomie réussie. À certains moment, on oublie même qu’on est en présence d’un hybride, tant l’appareil s’efface derrière l’usage du nikoniste.

En termes d’usage, le Nikon Z 6 II se rapproche d’un boîtier reflex comme le D780 – qui a repris le coeur technologique du Z 6, en partie. Il s’agit donc d’un boîtier polyvalent, à l’aise dans de nombreuses situations, que ce soit pour de la photographie de reportage, de portrait, de voyage ou de documentaire. Est-il désormais également recommandé pour de la photographie sportive ou d’événement ? Pas encore, mais on s’en rapproche. En 2021, Nikon pourrait annoncer des choses dans cette direction.

Conclusion

Avec le Nikon Z 6II, le constructeur japonais propose une mise à jour en douceur de son Z 6. Il s’appuie ainsi sur les forces du Z 6 – ergonomie agréable, robustesse, qualité d’image, viseur confortable et nombreuses options – tout en offrant désormais un double slot UHS-II et XQD/CFexpress ainsi qu’un double processeur Expeed 6, le tout dans un format identique.

À la clé, un autofocus plus véloce et une rafale un tantinet plus rapide et plus longue, ainsi qu’une autonomie supérieure, avec désormais la possibilité d’utiliser un véritable grip additionnel avec commandes déportées, un sérieux atout pour les photographes professionnels.

Pour le photographe, ce Nikon Z 6II offre un AF et un suivi du sujet plus précis et plus sensible. Pour le vidéaste, l’ajout du 60 fps en vidéo 4K (à venir en 2021) et la détection des yeux désormais possible en vidéo sont les principales avancées de cet appareil.

Faut-il craquer pour le Nikon Z 6II ou se contenter d’un Nikon Z 6 ? La question est délicate. La différence de prix de 400 € entre les deux boîtiers devra être mise face aux améliorations apportées. Depuis sa sortie, le Z 6 a toutefois bien progressé en termes d’autofocus grâce à des mises à jour firmware, mais on ignore si Nikon va continuer à jouer le jeu sur ce modèle, ou ne proposer que des mises à jour firmware majeures pour le Z 6II.

Dans le doute, se tourner vers le Z 6II reste sûrement la décision la plus sage, sachant qu’il est proposé 100 € de moins que le Z 6 lors du lancement, et que la bague FTZ permet toujours d’utiliser des objectifs NIKKOR F dans un premier temps. Par contre, le passage du Z 6 au Z 6II n’en vaut selon nous pas la peine.

Le Nikon Z 6 II est disponible en kit avec le Nikkor Z 24-70mm f/4 S à partir de 2 799 € chez Digit-PhotoMiss NumériqueDigixo ou encore Camara – et dans toutes les boutiques physiques près de chez vous. Un kit Z 6 II + bague FTZ est également disponible au tarif de 2 349 € et la version nue est proposée à 2 199 €.

Test Nikon Z 6II, mise à jour en douceur de l'hybride plein format
Excellente qualité d'imageStabilisation capteur 5 axes efficaceMode vidéo complet, avec le RAW Video et la 4K 60p (à venir début 2021)Autofocus plus rapide et précisDouble slot SD UHS-II - XQD/CFexpressRafale à 14 i/s et blackout réduit dans l'EVFDétection des yeux en mode photo et vidéo
Parc optique natif encore limité et coûteuxFréquence EVF 60 Hz en-deçà de la concurrenceTrappe carte mémoire qui peut s'ouvrir en sortant l'appareil d'un sacSuivi AF compliqué à mettre en place, et pas de 3D Tracking
9Note finale
Fabrication / finitions8.5
Qualité d'image9.5
Ergonomie9
Réactivité8.9