Le photographe Julien Mignot expose à l’Hôtel Fontfreyde, un centre dédié à la photographie à Clermont-Ferrand. Prolongée jusqu’au 20 septembre 2020 en raison du Covid-19, l’exposition « Le photographe et son double » permet de découvrir l’univers non formaté de Julien Mignot. Car sa curiosité et son audace l’ont poussé à ne pas se cantonner à un seul genre photographique. Ainsi, il nous montre que le regard n’a pas de limites.

Éclectisme et mélange des genres

Né à Beaumont en Auvergne, Julien Mignot a suivi un Master en géographie avant de s’installer à Paris. Dès lors, il photographie pour des marques de mode (Vanity Fair, New-York Times, Liberation, Le Monde,…) et des labels de musique  (Universal, Warner, Wagram,…).

Sa photographie inscrit ses bases dans la représentation de l’éclectisme qui l’entoure. C’est en posant un cadre et une lumière juste sur un instant clé qu’il espère emmener le spectateur dans une projection. Ensuite, libre à chacun de se raconter sa propre histoire.

Mais aussi, le photographe français voyage, scrute la jeunesse, ses errances, peut-être à la recherche d’une résurgence de la sienne. S’ajoutent à son portfolio les photographies des nuits pailletées de Cannes pour les magazine Grazia et Vanity Fair. En effet, Julien Mignot ne s’est pas lassé de rechercher des « paradis artistiques » pour rendre sa beauté à notre monde imparfait, et « lui donner un peu de souffle ».

« La photographie, pour moi, n’a pas d’autre vertu que celle d’ouvrir des perspectives. »

5 séries sur la jeunesse, la célébrité, la nature et la vie sexuelle 2.0

C’est un panel de l’essence de la photographie de Julien Mignot que présente l’Hôtel Fontfreyde de Clermont-Ferrand au travers de 5 de ses projets.

Cannes, la jeunesse mélomane et l’horizon

Entre autres, l’exposition photo vous propose de découvrir sa série Daily Cannes. 5 ans de photographie du célèbre Festival entre portraits officiels, couvertures de magazines et backstages. « Cannes n’est pas en reste pour nous montrer en concentré un monde qu’on croit rêver, mais qui ne brille pas tant que ça quand on le vit. Le contrepoint, c’est aussi des rencontres humaines, sensibles, le temps d’un portrait taillé en moins de deux minutes au détour d’un couloir ou dans un sas bondé de dix autres collègues photographes ».

En second temps, la série 20YO est une exploration de la jeunesse à l’aube de ses 20 ans dans l’univers de la musique. Il s’agit d’une série de portraits de ces jeunes qui fréquentent la salle de concert La Coopé de Clermont-Ferrand. D’ailleurs, le projet a été initié dans le cadre d’une carte blanche de la Coopérative de Mai avec JD Beauvallet, rédacteur en chef du magazine Les Inrockuptibles.

En binôme, ils en éditent un texte, accompagnant les 60 portraits choisis qui font par la suite l’objet d’un livre. « J’ai eu pendant six mois un monde condensé sous les yeux. Un monde vibrant et vivant, un monde pétri de promesses, de rêves éveillés. J’y retrouvais Clermont comme je l’avais quittée, des galeries spatio-temporelles en plus. Je retrouvais mes 20 ans en cherchant les leurs. ».

20YO – © Julien Mignot

L’horizon… plus on s’en approche et plus il s’éloigne. À partir de cet élément naturel, Julien Mignot considère dans sa série Airline — également présentée au cours de l’exposition — les lignes comme « traces de démarcations et liens imaginaires ». Il est vrai que cette fine ligne visuelle qui scinde la Terre et le Ciel a de quoi intriguer et stimuler l’imagination de tout photographe. Du coup, on observe ces clichés aériens, à la fois représentations abstraites et saisissement de cette ligne où pour l’observateur, la Terre et le Ciel semblent se rejoindre.

Nature et sexe 2.0

Jamais à court d’idées pour expérimenter le médium, Julien Mignot a pensé une série « Fenêtre sur Cour » version voyeur et 2.0 avec Screenlove. En pleine séance d’interposition de webcams sur des sites exhibitionnistes live, il prend des photographies de son écran avec son appareil photo. Souvent floues, elles entendent préserver l’anonymat des modèles.

Screenlove – © Julien Mignot

Alors que sans quitter son fauteuil, il parcourt le monde, il compile et archive des photographies d’une Américaine et son ukulele ou encore d’un couple Ukrainien en pleine partie de Mario Kart. L’idée de la démarche : dévoiler un panel de la sexualité moderne, qui se livre à la contemplation sans modération. « J’ai essayé de parler du monde entier sans bouger de mon petit écran ».

Et puis, chose peu commune, la Galerie présentera sa série « Collection », qui regroupe les images qui sculptent le regard de Julien Mignot chaque jour. « C’est un album des plus belles images que je n’aurais jamais su saisir et des promesses de tentatives. ». De quoi nous inspirer… avec notamment des clichés d’Araki, Walker Evans, Bernard Plossu, Fukase, Paul Cupido, etc.

Série 96 Months – © Julien Mignot

Alors que Julien Mignot revendiquait dans l’interview qu’il nous avait accordée en 2018, qu’il ne fallait pas se limiter à un domaine en photographie, mais avoir un style, l’exposition nous dévoile l’étendue des possibles de l’esthétique du photographe qui ne se laisse pas limiter par les usages.

Rencontre avec Julien Mignot : son parcours atypique pour arriver au Festival de Cannes

Pour découvrir les photographies de Julien Mignot, rendez-vous sur son site et son Instagram.

Des archives de l’Auvergne réalisées chaque hiver — et en tirages Fresson (en hommage à Bernard Plossu, une de ses références)  — sont également à découvrir au cours de l’exposition. La série s’appelle 96 Months.

Informations pratiques :
Julien Mignot : Le photographe et son double.
du 05 février au 20 septembre 2020
Hôtel Fontfreyde – Centre photographique,
34, rue des Gras
63000 Clermont-Ferrand
Entrée libre