Cette série de Kiana Hayeri dépeint une génération qui n’a connu que la guerre et documente la subculture peu connue de l’Afghanistan, ce pays en conflit permanent. Des « millenials » qui représentent une lumière dans ce pays couvert d’obscurité.

© Kiana Hayeri

© Kiana Hayeri

© Kiana Hayeri

Beaucoup de ces jeunes sentent que leur génération a trouvé sa voix, et qu’il est important que le monde l’entende et connaisse leur existence ; « Born In War » capture une génération courageuse qui se bat pour chaque parcelle de lumière dans un milieu de guerre perpétuelle, entre les talibans et Daesh.

Kiana a grandi à Téhéran (Iran) et a émigré à Toronto (Canada) alors qu’elle était adolescente. La photographie lui « permettait de combler le fossé avec la langue et la culture au fur et à mesure de son adaptation à son nouvel environnement ». À mi-parcours de l’université, elle a pris son sac à dos et entamé une quête nomade vers ses racines en menant à bien nombre de projets centrés sur des histoire qui illuminent son passé. En 2016, elle a été sélectionnée pour une bourse de l’IWMF afin de rendre compte de son projet d’histoire au Rwanda et en RDC. Kiana Hayeri est une boursière TED et ses travaux ont été publiés dans Le Monde, Der Spiegel, Washington Post, Sunday Times, Monocle Magazine, Al Jazeera America et CBC, entre autres. Ces séries autofinancées explorent souvent des sujets complexes tels que la migration, l’adolescence et la sexualité.

Nombre de ses photos ont été prises à Kaboul, suivant le quotidien des jeunes. On y vit la ville dans tous ses états, de jour comme de nuit, au gré des activités de ses habitants. Les destins des êtres se croisent dans les photos de Kiana Hayeri, entre les jeunes hommes qui cherchent à quitter le pays, les membre de l’équipe féminine nationale de boxe ou de cyclisme, les jeunes étudiantes qui ont acquis tout récemment le droit à l’éducation supérieure et les groupes dissidents de la subculture de Kaboul.

© Kiana Hayeri

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Bien loin de la photo de guerre, Kiana Hayeri se distingue de ses confrères reporters de guerre en évitant les zones de conflit et en montrant les aspects de la vie quotidienne que personne ne montre. Quel est leur style de vie, dans quels lieux se retrouvent-ils, de quelles scènes sont composées leurs vies… Malgré tout, les stigmates de la guerre transparaissent dans ces scènes : photos d’hôpitaux, carcasses d’immeubles en arrière-plan, centre d’inscription pour jeunes réfugiés, etc. Autant d’indices sur la situation dramatique d’une population qui continue à espérer.

« Born in War » est une série qui fait parti d’un projet plus vaste en plusieurs phases documentant la vie des jeunes et leur culture dans des sociétés confrontées à l’oppression ou à des conflits.

© Kiana Hayeri

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Chaque photo est accompagnée d’une légende expliquant où elle a été prise et qui sont les personnes qui apparaissent dessus : des rappeurs opposants du gouvernement dans leur squat, des étudiants sur leur campus, un jeune officier de l’armée qui consulte son compte facebook dans un café, etc… A travers ces photos sont donc aussi abordées des problématiques sociales, telle la non-mixité traditionnelle du pays de plus en plus contesté, le droit des femmes (qui s’exprime par exemple dans leur accession aux écoles, à des lieux de sociabilité tels le « café neshini » auparavant réservés aux hommes ou dans la création de la première équipe féminine de cyclisme), l’émergence d’une subculture musicale (concerts), l’ouverture de commerces et vitrines auparavant propres à l’Occident (le premier casting de la première agence de mannequin pour homme afghans, le tournage d’un film contestataire parlant du mariage forcée et de l’éducation de trois enfants par une mère célibataire,)…

Tous ces éléments qui montrent un pays en pleine mutation, mais dont les séquelles du passé ont du mal à cicatriser et en proie à un avenir encore incertain.

Vous pouvez retrouver la série Born in War de Kiana Hayeri sur son site internet.