MP #80 : Le vignettage, un défaut artistique ?

happiness is.. driving a caterpillar truck

Avec une fin d’année chargée, difficile sur Phototrend de garder notre rythme habituel de publication. Ce Mercredi Pratique est plutôt un Vendredi Pratique ! Pourtant vous êtes nombreux à nous proposer des thèmes pour nos MP (ca se passe sur la page Participez) et nous essayons de les traiter le plus rapidement possible. C’est le cas aujourd’hui avec la notion de vignettage.

Qu’est ce que le vignettage

Le vignettage correspond tout simplement à ces zones sombres qui peuvent apparaître à la périphérie de votre photo en fonction de votre objectif et de la focale utilisée. Concrètement, il y a une baisse de la luminosité captée par l’objectif au fur et à mesure que vous vous éloignez de son centre : la quantité de lumière que laisse passer l’objectif est maximale au centre et se dégrade à l’extérieur de l’image. C’est d’autant plus visible que le fond est uni et clair, le ciel notamment.

vignetting

A partir d’en haut à gauche et dans le sens des aiguilles d’une montre : f/2.8, f/4, f/5.6, f/8

Les objectifs les plus marqués par ce défaut sont les grands angles ou les téléobjectifs puissants. Le vignettage est alors surtout visible à pleine ouverture et à la plus petite focale, ou aux focales extrêmes dans le cas des téléobjectifs. De manière générale, les objectifs haut de gamme sont plus épargnés que les entrées de gamme, mais tous ont leurs limites.

Enfin, il se peut simplement que votre objectif ne soit pas adapté à votre format de capteur ou encore que votre pare soleil ne soit pas le bon pour votre objectif…

Le corriger ou l’exploiter ?

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A l’origine, le vignettage est un défaut de votre objectif qui crée ces zones sombres. Vous pouvez donc d’abord essayer de l’éviter. Pour cela, le plus simple est d’éviter l’ouverture maximale dont votre objectif est capable. En augmentant de une ou deux valeurs le diaphragme, vous devriez limiter ou supprimer totalement le vignettage. De même, éviter la focale la plus petite vous permettra de supprimer ce défaut.

Si votre photo présente malgré tout ce défaut et que vous souhaitez avoir une image fidèle à votre scène, vous aurez probablement envie de la retravailler. De nombreux logiciels permettent de corriger facilement le vignettage, parfois de manière automatique avec le profil de votre appareil photo et de votre objectif. Vous pouvez par exemple utiliser PTLens : pas très cher, il remplit bien sa fonction. Mais le plus intéressant est de corriger le vignettage dans votre logiciel de gestion habituel, comme Lightroom ou Aperture, et bien d’autres. Cela intègre cette correction au sein de votre workflow habituel et vous ne perdrez que peu de temps, sans avoir besoin de sortir du logiciel ou d’utiliser un plug-in spécifique. Dans tous les cas, les logiciels récents sont très efficaces, et savent éliminer ce vignettage sans changer les couleurs, risquer une modification de l’exposition ou augmenter le bruit.

Lightroom

Mais le vignettage peut aussi s’avérer artistique et apporter une dimension différente à votre image. Vous pouvez le créer au moment de la prise de vue si vous connaissez bien votre matériel ou le recréer par la suite en post-traitement. Le plus souvent, il permet de forcer le spectateur à regarder le centre de l’image, comme pour attirer son regard là où l’on veut qu’il s’attarde. Il peut se faire en noir bien sûr, mais également en blanc, selon le type d’image que vous souhaitez et l’ambiance que vous voulez donner.

Plymouth

Si vous souhaitez aller plus loin, vous trouverez par exemple des groupes sur Flickr pour partager vos images avec vignettage ou y trouver l’inspiration.

MP #79 : Comment réaliser et partager facilement ses plans d’éclairage ?

Vous aimez la photo de studio, vous avez envie de vous y mettre après nos articles Mercredi Pratique sur Comment monter son studio photo à moindre coût, ou Comment gérer la lumière de son flash mais une question vous tracasse encore : comment réaliser facilement les croquis ou schémas de mes plans d’éclairage de votre studio ?

Qu’est-ce qu’un plan d’éclairage ?

Un plan d’éclairage correspond à la manière dont vous implantez les différents éléments qui forment votre photo : votre sujet, votre appareil photo, les flashs déportés, les boîtes à lumière, les fonds, etc… En gros, c’est un peu l’ADN de votre mise en scène, en laissant de côté la configuration de votre appareil photo.

Très souvent, ces configurations sont représentées sous la forme de dessins très schématiques comme par exemple cette image :

rim lighting

Sur la gauche, vous avez le schéma, et sur la droite la photo correspondante. On peut voir ici que le photographe a utilisé un fond, un flash derrière pour renforcer le contour du modèle, ainsi qu’un parapluie pour diffuser une autre source de lumière.

Grâce à ce type d’outil, on comprend très rapidement comment une photo a été réalisée. Et cela offre de nombreux avantages dans le domaine de la photographie :

  • grâce aux plans d’éclairage, il est très facile d’expliquer à quelqu’un comment nous avons réalisé une photographie de studio. C’est donc très utile dans le cas de tutoriaux ou de partage d’expérience.
  • tout le monde n’a pas des mains d’artistes, et honnêtement je me voyais mal dessiner mes configurations d’éclairage…
  • c’est un moyen de mémoriser la configuration d’éclairage utilisée de manière très simple pour le photographe, car il existe de nombreux logiciels pour cela, et surtout des applications pour mobiles font leur apparition.
  • d’un point de vue logistique, avant de prendre la photo, vous pouvez créer votre plan et pouvoir avoir une vue d’ensemble sur le matériel dont vous allez avoir besoin
  • étant donné que c’est une image, il est très facile de la partager.

Quels logiciels ou applications utiliser pour réaliser ces schémas ?

Avant l’ordinateur, je suis sûr que de nombreux photographes gribouillaient sur une feuille de papier leur configuration de studio, mais avec l’apparition des ordinateurs et des terminaux mobiles, c’est devenu un jeu d’enfant, et de nombreux solutions existent :

Solutions sur Internet

Sur Internet, le site The Online Lighting Diagram Creator fait office de référence. Le site est en anglais et est très complet. Une très grande gamme d’accessoires est disponible afin de configurer au mieux votre environnement de studio. L’accès au site est actuellement gratuit, mais vous pouvez toujours faire un don via Paypal aux créateurs pour les remercier

Lighting Diagram Creator

D’autres sites ont sûrement incorporés des petits outils de ce type, mais celui-ci est le plus complet pour nous.

Utiliser Photoshop pour réaliser ses plans d’éclairage

Si vous utilisez Photoshop et que vous avez envie de rester sur Photoshop pour vos schémas, vous pouvez utiliser le fichier PSD réalisé par Kevin Kertz, qui regroupe tous les éléments dans un seul fichier, très bien catégorisés dans différents groupes à l’intérieur du fichier. Le fichier est disponible au téléchargement à cette adresse.

Quelques exemples de plans d’éclairage proposés par Maurice Mc Duff.

plandeclairage

Dernier point, les applications mobiles !

On le sait tous, depuis l’arrivée de l’iPhone, c’est toute une plateforme applicative qui s’est développée. Et les photographes ne sont pas en reste. De nombreuses applications leurs sont désormais dédiées (nous reviendrons là dessus dans un prochain article) et parmi elles, une application mobile pour réaliser justement des plans d’éclairage.

strobox

Cette application s’appelle Strobox. Elle est gratuite et a été développée pour l’iPhone (une version iPad est en route) par Janis Lanka et Isa Goksu. On y retrouve les mêmes options que les solutions présentées plus haut, mais elle possède un avantage de taille : sa mobilité.

strobox-1

Un exemple de schéma réalisé avec Strobox

Et oui, quand vous êtes en studio, il est beaucoup plus simple de sortir votre téléphone plutôt que votre ordinateur (qui lui est bien calé sous Lightroom, Aperture ou un autre catalogueur d’image…). Ainsi, il devient possible de créer ses plans sur son téléphone mobile, mais surtout de pouvoir y accéder à tout moment, en sortant son téléphone de sa poche. Il est également possible de partager vos plans d’éclairage en les envoyant par email. Une option de partage direct via les réseaux sociaux pourrait être un plus.

Le seul petit défaut de cette application, c’est qu’une fois que vous avez sauvegardé un plan d’éclairage, il n’est plus possible de le modifier. Peut-être que cela sera possible dans la prochaine version.

Les téléphones sous Android ont également leur application, mais je ne l’ai pas testé : Photo Studio Buddy Lite.

Conclusion

En conclusion, vous avez de nombreuses solutions à portée de main pour créer vos plans d’éclairage, à la fois sur votre ordinateur et sur votre téléphone mobile.

Si vous connaissez d’autres sites ou applications qui mériteraient d’être dans cet article, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire.

Mais au fait, vous utilisez ce genre d’application, vous trouvez ça utile ? Si vous avez un témoignage à apporter, n’hésitez pas.

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MP #78 : Cercle de confusion, une notion qui reste floue

Aujourd’hui nous allons aborder le problème des cercles de confusion.
Le terme a été évoqué dans le dernier MP au sujet de l’hyperfocale. Nous allons voir en quoi cet élément qui porte un peu à confusion est aussi bien accessoire qu’elle peut être importante.


cercleconfusion

Jusque là ça ne dit pas grand chose

Pour éclaircir cela, je vais citer une définition sans doute des plus éclairées, celle de Wikipedia (fren):

En photographie, le cercle de confusion (CdC) est sur une image, le diamètre des plus petits points juxtaposés discernables à l’œil nu à une distance normale de vision. Il dépend de l’acuité visuelle de l’observateur et des conditions d’observation (en particulier la distance d’observation).
Au niveau du film ou du capteur photographique, le CdC correspond au diamètre des points, qui une fois le facteur d’agrandissement appliqué à l’image source, correspondront à la taille des détails les plus fins discernable par l’observateur sur l’image finale. C’est cette valeur moyenne qui est utilisée pour les calculs de la profondeur de champ.

La profondeur de champ est la région ou le Cercle De Confusion (CdC) est plus faible que la résolution de l’oeil humain (ou du périphérique d’affichage) .

Une image de 24×30 cm placée à une quarantaine de centimètres (c’est à dire à une distance égale à la diagonale de l’image environ) d’un oeil humain normal est considérée nette lorsqu’un cercle de 0,3 mm de diamètre est confondu avec un point.
Du fait du rapport d’agrandissement (x10 en général), cela correspond à un cercle de 0,03 mm (30 µm) sur un capteur plein format de 24×36.

C’est le cercle de confusion admis qui est pris en compte dans les calculs de netteté et de profondeur de champs.
Cette valeur varie en fonction de différents constructeurs de capteurs (sony, canon, ) et peut aller jusqu’à un CdC de 50µm(0.05mm). Plus cette valeur est élevée, et plus la PdC théorique calculée est élevée. Les conditions de netteté sont donc moins précises, même s’il existe une part non négligeable de subjectivité dans l’appréciation de la valeur du paramètre somme toute important.

Le capteur ? La taille compte quand même

Nous avons pris un capteur plein format dans notre exemple, mais tous les boitiers n’ont pas la même taille de capteur, et à CdC identique le plus petit capteur sera (ou « aura l’air » en tout cas) de moins bonne qualité. Alors donc, plus le capteur est grand, et moins la contrainte du CdC est importante (pour ne pas évoquer les fameux 6×6).

Les valeurs pour les cercles de confusion présentées dans le tableau sont une moyenne généralement admise dans la profession de photographe. Rapellez vous, pour un capteur 24×36, il est donné un cercle de confusion de 0,03 mm. En réalité, la plage réelle varie entre 20 µm et 35 µm selon la définition du capteur et le pouvoir de résolution de l’optique. La moyenne (0.030 mm) se situant plutôt du côté du milieu de gamme qui représente la grande majorité du parc.


Marque Modèle Taille
CANON xxxxD 0.019mm
xxxD 0.019mm
xxD 0.019mm
xD 0.030mm
NIKON Dxxxx 0.020mm
Dxxxx 0.020mm
Dxxx 0.020mm
Dxx 0.020mm
D2 0.020mm
D3 0.030mm
Données issues de DOF Master où vous trouverez votre modèle exact


J’espère avoir apporté de la lumière aux lanternes des plus curieux d’entre vous.
N’hésitez pas à réagir si l’article vous semble incomplet, et nous serions ravis de savoir ci certains l’utilise dans un but précis.

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MP #77 : Comprendre et maîtriser l’hyperfocale

Nous allons aujourd’hui nous pencher sur une caractéristique plutôt technique de la photo, et en particulier de la mise au point : l’hyperfocale (ou distance hyperfocale). Si cette technique n’est pas évidente à comprendre de prime abord, vous verrez qu’une fois maîtrisée elle peut s’avérer bien pratique. Mais pour ceux qui ne veulent pas toucher aux chiffres, il vous faudra faire un effort cette semaine !!

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Qu’est-ce que l’hyperfocale et comment la calculer

L’hyperfocale est la « distance minimum pour laquelle les sujets seront perçus comme nets quand on règle la bague de mise au point sur l’infini » (cf Wikipedia, je ne vois pas comment faire plus clair :) ). En d’autres termes : quand votre mise au point est réglée à l’infini, tout l’arrière plan de la photo sera naturellement net. En revanche, les sujets qui seront trop proches de l’objectif seront flous. L’hyperfocale correspond donc à cette distance minimale à partir de laquelle les sujets seront nets.

Pour calculer cette distance, ce sera difficile à faire de tête. Mais une fois que vous aurez calculé certaines valeurs, vous pourrez les réutiliser sans avoir à faire à nouveau de calcul. Dans tous les cas, nous allons limiter au maximum la théorie et se limiter à un seul calcul. La formule la plus simple (quoique légèrement approximative) est la suivante :

Hyperfocale = (focale)² / (ouverture x cercle de confusion)

Ici, la focale est en mm (la valeur de votre « zoom »), l’ouverture vous est donnée au moment de la prise ou est réglée manuellement, et la valeur du cercle de confusion est défini pour chaque appareil (par exemple, elle est de 0.02 chez Nikon ou Pentax et de 0.019 chez Canon – la liste complète chez DOFMaster). Le résultat est exprimé en mm, il faudra donc diviser par mille pour l’avoir en mètre, plus exploitable.

Prenons maintenant un exemple : j’ai un Nikon D80 (0.02 pour la valeur du cercle de confusion), avec un objectif standard 18-70 réglé sur 18mm, et je règle mon ouverture sur f/8. Le calcul de l’hyperfocale devient :

Hyperfocale = (18)² / (8 x 0.02) = 324 / 0,16 = 2025 mm

Avec ces réglages, tout sujet entre 2m et l’infini sera donc net. Simple non ?

Breakdance on the Trocadero

Bien se servir de l’hyperfocale

La mesure de l’hyperfocale et son utilisation peuvent vous servir dans différents contextes, je vais ici me limiter aux deux plus importants à mes yeux.

  • Le cas le plus classique est la photo de paysage pour laquelle on veut avoir un sujet au premier plan qui soit net. Celui-ci ne pourra l’être que s’il est au-delà de la distance hyperfocale.
  • Dès que la mise au point est difficile, tant automatiquement (l’appareil n’y arrive pas seul, en cas de faible lumière par exemple) que manuellement (lorsque vous ou les sujets bougent beaucoup, quand vous ne pouvez pas voir dans le viseur si l’image est nette – comme en soirée ou boîte de nuit). Ainsi, il est parfois préférable de ne pas avoir à faire la mise au point et de faire un réglage manuel fixe (cela peut être comme dans mon exemple précédent 18mm, f/8, 1/15s, 800iso): en choisissant une mise au point à 2m, vous pourrez faire des photos – relativement – nettes de 1.1m à 3m. Il ne vous reste donc plus qu’à calculer votre éloignement par rapport au sujet et à déclencher sans avoir à réfléchir à vos réglages.
  • Le cas du fisheye : les fisheyes utilisent par défaut le principe de l’hyperfocale (les distances repérées sur l’objectif sont grosso modo 0.5m, 2m, 10m, infini) et la mise au point ne peut pas être faite sur une zone précise de la photo au détriment du reste.
  • Enfin, cela peut être plus pratique si vous avez un téléobjectif dont la mise au point automatique est un peu lente et qu’il est difficile de mettre au point au viseur.

Orange Julep

Faites attention cependant à une limite liée à la profondeur de champ. En utilisant l’hyperfocale pour une photo de paysage avec un premier plan relativement proche et un arrière plan très profond, de dernier risque de ne pas être parfaitement net. On rejoint ici l’idée du cercle de confusion (peut être un autre MP ?) et pour être sûr d’avoir tout l’arrière plan le plus net possible, le choix de l’hyperfocale n’est pas toujours le meilleur.

Pour ceux qui l’utilisent déjà, n’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires. Et pour aller plus loin dans les calculs ou approfondire la théorie, je vous invite à jeter un oeil aux pages française et anglaise de Wikipedia.

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MP #76 : Le fonctionnement de la mise au point décrypté

Dans ce Mercredi Pratique nous allons aborder le système de mise au point, processus déclenché par une légère pression de l’index. Parfois lente, parfois plus rapide et efficace. Nous allons voir le détail de ce fonctionnement , ce qui influe sur son efficacité, et comment l’utiliser au mieux.

Le fonctionnement.

Il existe aujourd’hui deux systèmes d’autofocus (ou mise au point automatique). La corrélation de phase et détection de contraste.

La détection de contraste est surtout utilisée sur les compacts, les micro 4/3 et la plupart des reflex en mode « live-view » car c’est la plus simple. Pour ceux qui auraient ratés l’épisode nous avons abordé le thème du live-view dans ce Mercredi Pratique : Le live view expliqué
Le niveau de netteté de la photo est mesuré par le contraste entre des pixels adjacents. Elle va alors modifier la mise au point jusqu’au moment où c’est le plus net.
La mesure s’effectue sur une bande d’environ 200 pixels, la lumière sur la scène frappe cette bande puis le microprocesseur calcule la valeur de chaque pixel et compare les relevés.
L’image suivante va vous aider à comprendre ce que l’appareil photo « voit ».

Mise au point non faite

Mise au point non faite

Bande de pixel lorsque la mise au point n'est pas faite

Bande de pixel lorsque la mise au point n’est pas faite

Mise au point faite

Mise au point faite

Bande de pixels lorsque la mise au point est faite

Bande de pixels lorsque la mise au point est faite

Une fois la netteté validée, ce processus implique de décaler encore la mise au point pour vérifier que les dernières valeurs trouvées étaient bien les plus hautes, et donc revenir en arrière sur la mise au point pour retrouver cette valeur maximale.
Vous l’aurez compris, le choix de cette bande de pixels pose certaines contraintes. Entre autre l’orientation, si vous tenez l’appareil horizontalement la mise au point se fera plus difficilement sur un objet horizontal. En revanche sur un détail vertical aucun problème. De même si vous tenez l’appareil en mode portrait, vous aurez de meilleures chances d’arriver à faire la mise au point sur des objets horizontaux. Autre contrainte, si la luminosité ou le niveau de contraste de la bande choisie n’est pas assez élevée la mise au point se fera mal.

La corrélation de phase est sensiblement identique au niveau du montage, mais le système reste le même. L’appareil mesure l’écart entre les deux morceaux de l’image, comme les stigmomètres utilisé sur les anciens appareils reflex à pellicule. L’avantage est évident : au lieu de perdre du temps à avancer pas à pas jusqu’à obtenir le meilleur résultat, l’appareil sait exactement de combien sa mise au point est fausse. Il peut donc commander à l’objectif exactement la correction nécessaire et obtenir une image nette presque instantanément.
Ce mode est disponible sur les réflex, (en live view l’appareil utilise alors soit la détection de contraste en direct, soit abaisse le miroir pour faire la mise au point en corrélation de phase -ce qui fait disparaitre la visée à l’écran temporairement-) mais n’est pas possible pendant l’enregistrement de vidéos.
Pour les nostalgiques il est possible sur certains modèles de remplacer le verre de visée par défaut avec les points par un verre avec un stigmomètre, ce qui entraine la perte de la sélection du point de focus.

af_stigmometre

Lorsque les deux demi disques sont rassemblés, l’image est nette

Les avantages de la mise au point manuelle.

Sur les réflex et certains bridges (très peu sur les compacts -le Canon SX100is en est capable me dit-on dans les commentaires-) vous avez la possibilité de débrayer la mise au point automatique pour la faire manuellement.
Parfois la mise au point ne fonctionne pas. En effet dans certaines situations la mise au point automatique ne peut pas faire sont travail efficacement, comme par exemple si vous essayez de prendre une photo à travers une vitre sale ou qui reflète la lumière, à travers d’autre éléments parasites, en condition de faible lumière ou sur des objets de couleur unies ou peu contrastées.
Débrayer l’autofocus peut être très pratique si vous n’avez pas la possibilité de verrouiller correctement la mise au point automatique . Pour peu que vous utilisiez un trépied pour photographier un objet fixe ou le principe d’hyperfocale, ce réglage manuel prend tout son sens (comme par exemple pour photographier la lunephotographier des gouttes d’eaufaire de la macro et j’en passe).

La bague de mise au point manuelle

Les différents types de mise au point automatiques.

En mode automatique, vous avez la possibilité de laisser le boîtier décider lequel des collimateur va faire la mise au point, sur ce qui lui semble le plus « pertinent ». Personnellement je ne m’en sers jamais, c’est à mon gout le meilleur moyen de rater sa photo car la mise au point s’est faite sur le fond et non pas sur le premier plan.
L’idéal est d’utiliser le collimateur ou le groupe de collimateurs du centre. D’une part car vous savez que la mise au point se fera toujours au centre de la photo (pour bien composer, très souvent cela oblige a prendre la photo en deux étapes -sauf dans le mode de mise au point « sport »-, une pour la mise au point à l’endroit ou on la veux, et, sans relâcher la pression sur le déclencheur, cadrer et prendre la photo). D’autre part car c’est au centre que la zone d’autofocus est la plus large et la plus précise avec les points d’assistance de mise au point.

Pour chacun des modes ci-dessous, il est possible d’utiliser un seul collimateur, soit tous.

  • ONE SHOT / AF-S : Mise au point autofocus ponctuelle fixe. Lorsque la mise au point est effectuée, elle est verrouillée tant que l’on maintient le déclencheur à mi-course. Cela permet de recomposer l’image après sans perdre la netteté sur le sujet.
  • AI SERVO / AF-C : Mise au point en continu. Lorsque la mise au point est effectuée sur le sujet, elle ne se verrouille pas mais s’ajuste en continu. Tant que le sujet est immobile, la distance reste identique, mais si le sujet se déplace elle s’adapte. Ce système de mise au point fonctionne particulièrement bien sur des déplacement à vitesse constante et en ligne droite.
  • AI FOCUS / AF-A : Choix de la mise au point ponctuelle ou continue. Le boîtier choisit seul entre ponctuelle et permanente selon les circonstances. Cela permet théoriquement d’éviter de se faire surprendre par un sujet qui bouge de façon inattendue, mais surtout c’est un mode automatique à destination des débutants, qui décharge le photographe du choix à faire. Comme tout automatisme, il demande un temps de réaction avant de décider, et pas toujours à bon escient : le boîtier doit déduire de ce qu’il « voit » alors que le photographe « sait ».
  • DMF : Une variante (spécifique à Sony) du mode AF-S, qui libère la fourchette de mise au point dès que celle-ci est terminée. Cela permet de retoucher finement le point sans disposer pour cela d’un objectif SSM. Utile sur une mise au point demandant une très grande précision (portrait, proxy…).

En fonction des objectifs, il est souvent possible sur une mise au point fixe d’affiner la mise au point à la main sans que le boitier n’intervienne et évidemment sans endommager le mécanisme.
On retrouve ces réglages de mise au point sur les modes pré sélectionnés des boitiers (portrait, sport, macro, etc), ou on peut choisir soit-même en mode priorité ou manuel.

Chez Canon

Chez Canon

Chez les autres constructeurs

Chez les autres constructeurs

Alors c’est le boitier ou l’objectif qui fait la mise au point ?

Depuis le début de cet article sur la mise au point, il est question une fois du boitier, une autre de l’objectif. Chacun à son rôle à jouer, c’est l’association d’un objectif lumineux (à grande ouverture) avec un système de mise au point rapide (type USM chez Canon, HSM chez Sigma, et AF-S chez Nikkor), et d’un boitier avec un algorithme de traitement efficace utilisant au mieux le plus grand nombre de collimateurs possible.

Connectique numérique chez Nikon

Connectique numérique chez Nikon

Certains d’entre vous se sont sans doute déjà retrouvés confrontés à des situations où l’autofocus était perdu, j’espère que ce Mercredi Pratique vous aura donné quelques pistes pour l’aider dans ces situations, ou pour choisir le mode le plus adapté à ce que vous voulez prendre en photos ou aux effets que vous voulez réaliser, comme un effet de filé.
N’hésitez pas à nous faire part de vos remarque ou expériences à ce sujet.

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