Direction le Grand Nord pour cette 18e édition du festival La Gacilly qui se tiendra du 1er juillet au 31 octobre 2021. Depuis 17 ans, l’évènement réunit près de 300 000 festivaliers pour découvrir le regard que les photographes professionnels portent sur notre monde et l’environnement. La Gacilly transmet grâce à la photographie ses 3 intentions : informer, émouvoir et mobiliser aux enjeux socio-environnementaux de notre temps.

Un format plein air faisant cap sur le Grand Nord

Alors que la pandémie continue de mettre en exergue nos fragilités à l’échelle collective comme individuelle, le festival a pour dessein de témoigner en image de celles de notre planète. Grâce à un format en plein air, l’édition 2020 du festival de La Gacilly avait pu être maintenue, un plaisir non boudé par les spectateurs, ravis de renouer avec la culture et la liberté le temps d’un été.

Pour cette nouvelle édition, ce sont les photographes de Scandinavie que La Gacilly célèbre. Rompus à l’isolement et aux conditions climatiques les plus extrêmes, inlassablement émerveillés par la beauté de la nature environnante, les peuples, et avec eux les photographes, venus du Nord incarnent un modèle de résilience des plus à propos.

Un même engagement, une diversité de regards artistiques

La Gacilly met à l’honneur le travail du photographe suédois Sune Jonsson, disparu en 2009. Mémoires Suédoises est une œuvre de photographie sociale et documentaire qui n’a rien à envier à Walker Evans. Le témoignage de Sune Jonsson permit de capturer l’essence de la ruralité suédoise durant près d’un demi-siècle.

Avec Ici au Loin, Pentti Sammallahti rend un hommage vibrant à ses terres natales finlandaises. Sa photographie monochrome unit poétiquement les noirs et les blancs au travers de multiples nuances de gris. À La Gacilly, il nous offre une respiration contemplative ô combien attendue !

Entre ciel et glace © Tiina Itkonen

Amoureuse de l’Arctique, appelée par les peuples Inughuit, la Finlandaise Tiina Itkonen sillonne le Groenland pour mieux capturer le quotidien de ses peuples comme suspendus entre deux mondes. À l’heure où la sédentarisation participe à la perte des traditions de ces peuples nomades, ses photographies n’en deviennent que plus précieuses.

L’homme et l’hiver © Ragnar Axelsson

L’islandais Ragnar Axelsson a su apprivoiser le blizzard pour nous offrir des images stupéfiantes. Ses photographies en noir et blanc nous invitent au plus près des peuples inuits et de leurs chiens de traineau alors que l’extinction progressive du chien-loup menace la survie de leurs traditions et modes de vie.

Le Grand Nord n’est pas fait que de glace. Avec Variations Végétales, la Norvégienne Tine Poppe continue de composer des clichés mettant à l’honneur fleurs et paysages forestiers pour mieux nous permettre de renouer avec la nature.

Vol au-dessus d’un studio © Sanna Kanisto / Västerbottens Museum

La photographie animalière flirte avec le portrait de studio grâce à Sanna Kanisto. Photographiés le temps d’une pose devant un fond blanc, les oiseaux les plus fascinants se voient photographiés par la photographe finlandaise pour des images esthétiques empreintes de l’épure d’anciennes planches scientifiques.

Le photographe suédois Erik Johansson l’affirme : « je préfère capturer une idée plutôt qu’un moment ». Pari réussi avec ses photographies trompe-l’œil qui ont toutes en commun de porter une prise de conscience environnementale au travers d’un procédé de retouche et d’assemblage minutieux.

En trompe-l’œil © Erik Johansson

Comme sorties d’un livre de contes et de légendes folkloriques, les mises en scène de la photographe suédoise Helena Blomqvist fascinent. Comme de véritables théâtres, les décors et maquettes permettent à l’artiste de composer des images oniriques d’une grande puissance narrative.

La Gacilly propose de découvrir le travail du photojournaliste norvégien Jonas Bendiksen qui documente la fonte et le décrochage des glaciers des flancs de l’Himalaya. Un reportage au long cours mis en perspective lors de l’exposition avec son travail plus intimiste réalisé au nord de la Norvège.

Le festival La Gacilly permet de témoigner de la beauté et de la fragilité de nos écosystèmes. Si les Scandinaves ne sont pas les seuls à percevoir l’enjeu du réchauffement climatique, nul doute que leur mode de vie fortement impacté par la fonte des glaces facilite une prise de conscience écologique à grande échelle. Avec Acclimatations, Jonathan Näckstrand nous en donne un aperçu en images.

Amoureux du froid et du Nord, le français Olivier Morin documente la pratique de sportifs légèrement givrés. Apnéistes, plongeurs sous glace ou surfeurs dans des eaux à 3°C tous ont appris à accepter et à rechercher ces températures extrêmes.

Envisager en images le monde d’après

En parallèle de ces parcours polaires, La Gacilly offre son regard sur le Monde de Demain en proposant à ses visiteurs de redécouvrir le travail du photographe animalier Nick Brandt.

Zoom photographe : Nick Brandt

Le public découvrira également le photoreportage de Mathias Depardon le long du fleuve Tigre et suivra la migration des papillons monarques derrière l’objectif de Pascal Maitre avant de rejoindre Catalina Martin-Chico au sein des forêts d’Équateurs habitées par le peuple Kichwa et les esprits de l’Amazonie.

Les gardiens de la biodiversité © Ulla Lohmann pour la Fondation Yves Rocher

La photographe Ulla Lohmann emmènera quant à elle les visiteurs de cette édition jusqu’à Madagascar pour témoigner des efforts de reforestation et de protection de la biodiversité locale. Un parcours Créations complète ces expositions. Cette édition permettra aussi de découvrir le travail des lauréats de l’appel à candidatures sur le thème Ruralité(s).

Festival La Gacilly : appel à candidature pour la résidence « Ruralité(s) »

Infos pratiques
Festival La Gacilly 2021 – Plein Nord
Du 1er juillet au 31 octobre 2021
22 expositions gratuites en plein air
Visite guidée disponible
Plus d’informations sur le site du festival.