En décembre 2020, Tamron dévoilait un nouveau zoom transstandard : le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD. Après s’être attaqué – avec succès – aux optiques pour hybrides Sony plein format, Tamron cible maintenant les boîtiers APS-C du constructeur japonais avec un zoom lumineux, offrant une longueur focale atypique, mais pertinente. Il s’agit en effet de la seule optique qui mêle stabilisation et ouverture lumineuse à f/2,8. Le tout dans un format léger et compact. Elle vise également à fournir une alternative plus polyvalente – et plus abordable – à l’excellent zoom Sony E 16-55 mm f/2,8 G.

Quelle qualité d’image ce zoom Tamron permet-il d’obtenir ? Pour le savoir, nous l’avons testé pendant plusieurs semaines, monté sur un Sony A6400 et 6500. Voici donc notre test complet du Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD.

Présentation du Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD

Avec ce 17-70 mm, Tamron lance son premier objectif destiné aux hybrides APS-C de Sony. Fort de son expérience acquise avec sa gamme d’objectifs pour les hybrides full frame de Sony, l’opticien japonais vient s’adresser au vivier de propriétaires d’un Sony A6000, A6100, A6400, etc.

En premier lieu, on notera sa longueur focale, assez atypique (du moins à première vue). Tamron vise à aller plus loin que la « traditionnelle » focale 18-55 mm, et propose un transstandard 17-70 mm, équivalent 25-105 mm en plein format.

Tamron propose ainsi le premier zoom x4 à ouverture f/2,8 pour hybride APS-C. Plus concrètement, cette longueur focale permet à cet objectif d’afficher une remarquable polyvalence. Vous pourrez le laisser en permanence vissé sur votre boîtier. Idéal lorsque vous partez en week-end ou en vacances, donc.

À noter que Tamron n’est pas le 1er à employer cette focale : nous l’avions déjà croisé sur un objectif pour reflex APS-C, le Sigma 17-70 mm f/2,8-4 lancé en 2009.

En second lieu, on notera l’ouverture constante lumineuse à f/2,8 de cette optique, assurée par un diaphragme circulaire à 9 lamelles. Elle doit ainsi permettre de jouer aisément avec la profondeur de champ, et de générer un bel effet bokeh tant apprécié par les portraitistes.

À ce titre, notons que la distance de mise au point minimale est assez courte : comptez 19 cm au grand-angle (17 mm) et 39 cm à fond de zoom (70 mm). Avec un rapport de grossissement maximal de 0,19x (à 70 mm), il ne vise certainement pas à remplacer une optique macro. Il permettra cependant de découvrir les joies de la proxiphoto.

Contrairement aux optiques de Tamron pour les hybrides Sony plein format, ce Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD est équipé d’un mécanisme de stabilisation optique VC (acronyme chez Tamron de « Vibration Compensation »). Ce dernier vient donc en complément de la stabilisation 5 axes du capteur de certains hybrides APS-C Sony.

Monté sur un hybride dont le capteur est non stabilisé – comme le Sony A6400 – la stabilisation de ce zoom sera très utile. D’après Tamron, l’objectif exploite également une technologie basée sur l’IA. L’objectif : améliorer les performances de la stabilisation en vidéo – un point sur lequel nous aurons l’occasion de revenir au cours de ce test.

Cependant, cette stabilisation optique n’empiète pas sur la compacité et la légèreté de l’objectif. Ainsi, le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD pèse 525 grammes, pour 11,93 cm de long (lorsque le zoom n’est pas sorti). Notons aussi qu’il dispose d’un diamètre de filtre 67 mm, commun à toutes les optiques Tamron en monture E. Un bon point qui permettra de partager plus facilement les filtres entre les différentes optiques et promet un encombrement proche entre les différents objectifs en monture E de Tamron.

Le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD dispose d’une construction optique composée de 16 lentilles réparties en 12 groupes. Il inclut 2 lentilles GM (verre moulé asphérique), ainsi qu’une lentille asphérique « hybride », destinée aux capteurs à haute résolution et à la correction des aberrations.

Du côté de l’autofocus, on retrouve la motorisation RXD. Nous l’avions déjà croisée sur certains objectifs pour hybrides Sony plein format, comme le Tamron 70-300 mm f/4,5-6,3 Di III RXD (entre autres).

À l’instar des autres optiques de la marque pour les hybrides de Sony, ce 17-70 mm bénéficie d’une construction résistante à l’humidité et à la poussière grâce à 7 joints d’étanchéité. De même, la lentille frontale profite d’un traitement au fluor pour être plus facile à nettoyer.

De par ses caractéristiques techniques, le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD vient concurrencer frontalement le Sony E 16-55 mm f/2,8 G, véritable référence pour les hybrides APS-C de Sony. D’emblée, notons que la copie de Sony est plus compacte et un peu plus légère. Elle fait cependant quelques concessions face au Tamron : pas de stabilisation optique, une longueur focale un peu plus réduite (55 mm vs 70 mm) et… un prix plus élevé.

Voici les caractéristiques du Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD :

  • plage focale : 17-70 mm (équivalent 25-105 mm en plein format)
  • objectif pour capteur APS-C
  • ouverture maximum : f/2.8
  • ouverture minimale : f/22
  • construction optique : 16 lentilles réparties en 12 groupes, dont deux lentilles GM et 1 lentille asphérique hybride
  • diaphragme : 9 lamelles circulaires
  • rapport de grossissement maximal : 0,21x (à 17 mm) et 0,19x (à 70 mm)
  • angle de champ : 79° 55′-23° 00′ (APS-C)
  • distance de mise au point minimale : 19 cm (à 17 mm) et 39 cm (à 70 mm)
  • diamètre du filtre : 67 mm
  • tropicalisation : oui, 7 joints d’étanchéité
  • autofocus : oui, moteur RXD (Rapid eXtra-silent stepping Drive)
  • poids : 525 g
  • pare-soleil : oui, amovible
  • stabilisation : oui, VC
  • dimensions : 74,6 x 119,3 mm (D x L)
  • monture compatible : Sony E, APS-C

Prise en main du Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD

Fidèle à ses bonnes habitudes, Tamron livre un objectif sobre et élégant. Ce zoom transstandard reprend les codes stylistiques et l’ergonomie des précédentes optiques de Tamron pour les hybrides Sony. On retrouve avec plaisir la finition Human Touch, avec son toucher agréable.

Monté sur un Sony A6500, le 17-70 mm de Tamron forme un tandem pesant à peine plus d’un kilo tout compris – cache d’objectif, batterie et carte mémoire inclus. Vous pourrez donc laisser ce zoom monté en permanence sur votre boîtier et l’emporter en week-end sans vous démolir le dos.

Ainsi, ce Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD s’avère équilibré. Un point très important sur les hybrides APS-C de Sony : de par leur gabarit très réduit, ils peuvent être facilement déséquilibrés par des optiques trop imposantes.

Avec 11,9 cm de long et 7,5, ce transstandard à ouverture constante à f/2,8 stabilisé est également assez compact. Cependant, il faut compter environ 3 cm supplémentaires lorsque le zoom est entièrement déployé, et 3,5 cm de plus en installant le pare-soleil fourni.

À l’instar du 70-180 mm f/2,8 Di III VXD et du 28-75 mm f/2,8 Di III RXD, ce nouveau zoom de Tamron est construit en polycarbonate, et non en aluminium. Une décision technique qui fait sens, puisqu’elle permet à Tamron de proposer une optique plus légère. Cependant, l’objectif bénéficie d’une construction robuste, qui inspire confiance.

Située à l’avant de l’objectif, la bague de zoom est assez large, et offre une très bonne préhension. Elle se montre souple (mais sans excès). Sa course n’est ni trop longue, ni trop courte.

La bague de mise au point est située plus près du boîtier. Elle se montre assez souple. Comme sur les autres optiques pour hybrides de Tamron, cette bague actionne un moteur interne pour effectuer la mise au point. Elle ne possède donc pas de butée.

Sa course (virtuelle) dépend de la vitesse de rotation de la bague. Ainsi, il est possible d’aller très rapidement de la distance minimale de MAP à l’infini en tournant rapidement la bague. En tournant la bague plus doucement, on peut régler finement la mise au point. Sur le terrain, ce fonctionnement « intelligent » est bien conçu et agréable. Nous avions déjà apprécié cette fonction sur le récent télézoom Tamron 70-300 mm f/4,5-6,3 Di III RXD pour hybrides Sony plein format.

Test Tamron 70-300 mm f/4,5-6,3 Di III RXD, téléobjectif léger et abordable pour hybrides Sony

Comme sur ses autres zooms, Tamron persiste à faire l’impasse sur le commutateur d’autofocus. Pour passer en mise au point manuelle, il faut utiliser l’interface du boîtier. In fine, l’objectif ne comporte aucun bouton physique – ce qui peut faire perdre de précieuses secondes. Sur ce point, le Sony E 16-55 mm f/2,8 G est plus pratique avec un commutateur AF et un bouton paramétrable.

Avec sa longueur focale de 17-70 mm, ce transstandard s’avère d’une grande polyvalence. Léger et assez compact, il pourra vous suivre dans toutes vos aventures photographiques. Quelle qualité d’image pouvons-nous en attendre ? C’est ce que nous allons étudier ensemble.

Qualité d’image du Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD

Avec ses dernières optiques, Tamron nous a habitués à une bonne, voire une très bonne qualité d’image. Les résultats sont-ils au rendez-vous ? C’est ce que nous allons voir ensemble. N’hésitez pas à cliquer sur les images pour les voir en meilleure qualité.

Grâce à sa longueur focale de 17-70 mm et à ouverture constante à f/2,8, cet objectif est un vrai couteau suisse. Il permettra de couvrir un large éventail de scénarios photographiques : paysage, architecture et urbex, portrait, nature, et bien plus encore.

Côté piqué : c’est bien au centre, un peu moins dans les coins

Le Tamron 70-180 mm f/2,8 Di III VXD offre une bonne qualité d’image : il remplit donc sans hésiter sa vocation de compagnon du quotidien avec un boîtier hybride APS-C Sony.

Ascension – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 54 mm, f/6,3, 1/1250s, 100 ISO

Rouge – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 69 mm f/8, 1/3s, 100 ISO

Au grand-angle (17 mm), la sensation de piqué à la pleine ouverture (f/2,8) est bonne. Pour obtenir le piqué maximal, il est nécessaire de fermer le diaphragme avec un sweet spot à f/7,1.

La Recyclerie, installée à l’intérieur de la gare du Bvd Ornano de la Petite Ceinture – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 17 mm f/5,6, 1/15s, 100 ISO

Entre 24 et 35 mm, le piqué au centre est bon dès la pleine ouverture à f/2,8, mais les bords sont en net retrait. Il faudra fermer à f/5 pour obtenir une meilleure homogénéité de l’image, notamment sur les bords.

Rivoli, golden hour – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD; 34 mm, f/5,6, 1/100s, 100 ISO

Cette bonne impression se confirme à 50 mm. À f/2,8, le piqué est bon au centre, même si on observe une amélioration en fermant, avec un piqué optimal à f/5. C’est également à partir de f/5 que l’image gagne en homogénéité.

Cour intérieure, Paris 2e – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 43 mm, f/5, 1/250s, 800 ISO

A fond de zoom à 70 mm, cet objectif montre ses faiblesses. Le piqué au centre de l’image est ainsi très moyen à pleine ouverture, et il faut passer f/5 pour voir une nette amélioration, avec un piqué optimal obtenu à f/6,3. Sur les bords, c’est également assez mou à f/2,8 et il faut fermer à f/5 pour obtenir une bonne homogénéité, avec un piqué maximal attendu aux alentours de f/5,6-6,3.

Morning race – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 70 mm, f/8, 1/640s, 100 ISO

Au final, la sensation de piqué est globalement bonne, surtout au centre de l’image et aux focales entre 17 et 35 mm. Malgré tout, on constate un certain manque d’homogénéité de l’objectif et une baisse de piqué à fond de zoom. Compte tenu de la grande plage focale de ce zoom (de 17 à 70 mm, tout de même !) et de son positionnement tarifaire, ces quelques défauts peuvent assez vite être relativisés.

Regina sunset, Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 44 mm f/5,6, 1/80s, 320 ISO

Vignettage, aberrations chromatiques et distorsions : un élève moyen, sans plus

Sur cet objectif, le vignettage est assez marqué à f/2,8 (surtout au grand-angle), l’assombrissement des coins ne disparaît jamais complètement, même en fermant le diaphragme. Il s’estompe cependant vers f/4 – et reste très facilement corrigible en postproduction.

Même à f/11, le vignettage reste (un peu) visible dans les coins. Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 34 mm, f/11, 1/60s, 100 ISO

Du côté des distorsions, ce transstandard enregistre des bons résultats, à condition d’activer la correction intégrée au boîtier. En effet, la compensation automatique des distorsions présente sur les boitiers Sony fait un très bon travail et vient corriger toutes les distorsions.

Par contre, si vous désactivez l’option ou que vous utilisez un logiciel de post-traitement qui ne reconnaît pas ces informations, les distorsions sont bien là. Sans correction du boîtier, on observe ainsi une distorsion en barillet assez marquée au grand-angle. Entre 24 et 35 mm, les distorsions sont moins présentes, et reviennent en coussinet à 50 et 70 mm, les lignes extérieures ayant tendance à converger vers l’intérieur de l’image.

Heure bleue triomphante – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD avec A7 III (mode crop APS-C), 17 mm, f/2,8, 1/200s, 100 ISO

Du côté des aberrations chromatiques, l’optique s’en tire très bien. Sur la grande majorité de nos photos, aucune frange rose ou verte n’était à déplorer – sans doute grâce aux corrections automatiques apportées par les boîtiers Sony récents. Dans certains cas très spécifiques, de légères aberrations peuvent toutefois apparaître, et des artefacts font irruption aux bords de l’image.

Image d’Épinal, version 2021 : le cheval et l’enfant. Notez les aberrations chromatiques au niveau de ses cheveux – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 41 mm, f/2,8, 1/400s, 100 ISO

La gestion du flare est également très bonne. Même lorsque le soleil est en plein dans le champ, l’objectif réussit à réduire la quantité d’artefacts lumineux. En fermant le diaphragme, l’objectif permet d’obtenir un bel effet starburst, même si ce dernier n’est pas ultra-prononcé.

Starburst – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 70 mm, f/16, 1/125s, 400 ISO

Ouverture constante à f/2,8 et bokeh

L’une des forces de cet objectif, c’est certainement son ouverture constante à f/2,8. Couplée à une distance minimale de mise au point assez courte (19 cm au grand-angle, 39 cm à fond de zoom), le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD permet de goûter aux joies de la proxiphotographie, et nous a permis de capturer de très jolies images printanières.

Poirier en fleurs – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 65 mm, f/5,6, 1/640s, 100 ISO

Avec son ouverture à f/2,8 sur toute la plage focale, l’optique permet de jouer aisément avec la profondeur de champ. De fait, elle ouvre des horizons créatifs autrement plus intéressants qu’avec une optique ouvrant à f/4.

Saule – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 70 mm f/4,5, 1/125s, 100 ISO

Côté bokeh cependant, l’objectif se montre correct, mais sans plus. En cause, un effet « onion ring » assez marqué. Cependant, la transition est assez douce. Le flou de profondeur de champ n’est peut-être pas aussi harmonieux qu’avec les optiques plein format, mais est agréable à l’œil.

Bokeh et onion ring – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 70 mm, f/2,8, 1/200s, 800 ISO

Autofocus du Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD

Comme indiqué au début de ce test, le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD est équipé d’une motorisation RXD (Rapid eXtra-silent stepping Drive). Derrière cette dénomination se cache un moteur pas-à-pas. Nous avions déjà rencontré cette technologie sur plusieurs des objectifs Tamron pour hybrides Sony plein format. Pêle-mêle, citons le 17-28 mm f/2,8 Di III RXD, le 28-75 mm f/2,8 Di III RXD, le 28-200 mm f/2,8-5,6 Di III RXD, ou encore le 70-300 mm f/4,5-6,3 Di III RXD. Pfiou !

Test Tamron 28-200 mm f/2,8-5,6 Di III RXD, l’objectif tout-en-un pour hybrides Sony plein format

Le choix de cette motorisation ne doit rien au hasard. D’après Tamron, c’est (entre autres) grâce à elle que l’optique peut se montrer aussi compact, malgré l’ouverture à f/2,8 et la présence de la stabilisation. Par ailleurs, elle doit se montrer rapide et silencieuse.

Sur le terrain, les performances AF du Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD vont énormément dépendre du boîtier sur lequel elle est montée.

Sur un hybride récent, comme le Sony A6400, l’autofocus livre des performances honorables. Il se montre réactif, quel que soit l’ouverture, la longueur focale ou le mode de mise au point utilisé. Cependant, on note parfois quelques petits ratés, notamment en basse lumière : l’AF « pompe » et fait la MAP à côté du sujet.

Rosace – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 70 mm, f/7,1, 1/125s, 100 ISO

Sur un hybride plus ancien, comme le Sony A6500, les choses sont plus compliquées. De jour, l’AF est assez correct, malgré une légère latence. Malheureusement, les choses se compliquent en basse lumière. Trop souvent, l’autofocus perd en précision et peine à accrocher le sujet – surtout quand celui-ci se déplace rapidement dans le champ. Soyons clairs : cela n’en rend pas l’optique inutilisable, loin de là. Toutefois, ce point peut vite devenir frustrant, surtout si vous aimez capturer des photos « sur le vif », à l’heure bleue par exemple.

Rush hour – Sony A6500, Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 46 mm, f/2,8, 1/20s, 1600 ISO

Du côté de la détection et du suivi de l’œil du sujet, l’optique livre des résultats… contrastés. Dans certains cas, l’œil n’était pas détecté par le boîtier, qui s’est contenté de faire la MAP sur le nez ou le front du sujet. Mais dans bien des cas, la détection de l’œil a parfaitement fonctionné, aussi bien pour des humains que pour des animaux.

Cécile – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 61 mm, f/6,3, 1/160s, 100 ISO

Stabilisation du Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD

Le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD est équipé d’un mécanisme de stabilisation optique VC. Point notable, l’optique dispose d’un double microprocesseur dont un dédié à la stabilisation (MPU). Ce dernier intègre des algorithmes liés à l’intelligence artificielle. Selon Tamron, ce système est dédié à la compensation des vibrations, mais fonctionne uniquement en vidéo.

Circle lines – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 49 mm, f/8, 1/15s, 1250 ISO

À noter que la stabilisation dépend intrinsèquement de la fonction « SteadyShot » des boîtiers Sony. Ainsi, il n’est pas possible de désactiver la stabilisation de l’optique sans ôter la stabilisation du capteur – si votre boîtier est équipé de cette fonction. Sur un boîtier non stabilisé (comme le Sony A6400), c’est donc la fonction SteadyShot qui vient activer la stabilisation de l’optique. De quoi y perdre son latin.

Down the stairs – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 17 mm, f/3,2, 1/8s, 100 ISO

En photo, la stabilisation est efficace. Au grand-angle, nous avons réussi à descendre à 1/2 s à main levée. Cependant, il demeure difficile d’obtenir une image parfaitement nette en-dessous de 1/5 s. À fond de zoom, nous sommes parvenus à aller jusqu’à 1/20 s. En d’autres termes, la stabilisation optique du Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD est appréciable, mais elle ne parvient pas à faire de miracles.

Voûtes en ogive – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 70 mm, f/4, 1/25s, 1250 ISO

En vidéo, l’effet de la stabilisation est palpable. Au rang des points positifs, notons que la stabilisation ne « lutte » pas lorsqu’on effectue un panning, contrairement à beaucoup d’optiques stabilisées. De même, elle atténue très bien les vibrations. Les petits déplacements et les mouvements sont correctement lissés, et l’on parvient à capturer de jolies séquences, même en ayant bu beaucoup de café avant son shooting.

Cependant, la stabilisation « intelligente » de cette optique ne peut venir remplacer une gimbal – ce que le constructeur s’est bien gardé de promettre, d’ailleurs. Si elle parvient à réduire (un peu) les mouvements parasites, elle ne viendra pas totalement lisser le bougé de l’appareil lorsque l’on descend un escalier ou pendant une marche à pied, par exemple. In fine, cette stabilisation est utile pour des séquences plutôt posées, mais elle ne vise en aucun cas à supplanter un vrai stabilisateur externe.

De fait, la stabilisation de l’optique sera plus efficace lorsqu’elle sera montée sur un boîtier doté d’un système IBIS (stabilisation du capteur), à l’instar des Sony A6500 et A6600.

Enfin, nous aurions franchement préféré que Tamron ajoute un bouton pour activer/désactiver la stabilisation optique. En effet, l’absence de commutateur oblige à passer par les menus de l’appareil. Pour vérifier avant un tournage si l’on n’a pas oublié d’activer la stabilisation, un switch physique aurait été autrement plus pratique.

Triangulation – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 53 mm, f/20, 1/4s, 100 ISO

Le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD face à la concurrence

Le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD est le premier zoom à venir concurrencer le Sony E 16-55 mm f/2,8 G, objectif phare de Sony pour ses hybrides APS-C. (Nous avons eu l’occasion de le tester lors de notre prise en main de l’hybride Sony A6600).

Les deux optiques possèdent plusieurs points communs : une ouverture lumineuse à f/2,8 et une plage focale assez similaire. L’optique de Sony se paye le luxe d’être un poil plus légère et compacte que celle de Tamron. Cependant, l’objectif de Sony fait quelques concessions : pas de stabilisation optique, et une plage focale plus courte (55 mm vs 70 mm).

Sur le terrain, l’objectif de Sony livre des prestations de haute volée, avec une excellente qualité d’image et une sensation de piqué remarquable. De même, l’homogénéité est pleinement au rendez-vous. Son autofocus s’avère particulièrement rapide : un excellent point si vous envisagez de l’utiliser sur un hybride sportif comme le Sony A6600. On regrettera seulement des distorsions assez marquées au grand angle.

Malgré tout, l’optique de Sony souffre d’un tarif très élevé : comptez 1299 € pour cette optique résolument haut de gamme.

Toujours chez Sony, mentionnons l’objectif Zeiss Vario-Tessar T* E 16-70 mm f/4 ZA OSS. Il offre une plage focale plus étendue d’un millimètre par rapport à l’objectif transstarndard de Tamron, et est équipé de la stabilisation optique. Son niveau de finition est très bon (merci Zeiss). Cependant, son ouverture à f/4 est moins lumineuse.

Sur le terrain, cette optique souffre d’un certain manque d’homogénéité. Si le centre de l’image est très piqué, les bords sont en net retrait, particulièrement à 70 mm. Au grand-angle, la distorsion et le vignettage sont très élevés. Disponible au tarif de 899 €, cette optique fait payer très cher ses prestations.

Enfin, citons l’objectif Sony E PZ 18-105 mm f/4 G OSS. Membre de la gamme G, il est doté d’un fût en métal et présente un haut niveau de finitions. Sa plage focale le rend particulièrement polyvalent (équivalent 27-158 mm en full frame). Mais comme le Zeiss cité ci-dessus, son ouverture à f/4 est moins lumineuse que le 17-70 mm de Tamron.

Cependant, il offre une belle qualité d’image, son autofocus est souple et précis et sa stabilisation est efficace. Disponible à partir de 549 €, il fournit un excellent rapport qualité-prix pour celles et ceux recherchant une optique de qualité pour la photo et la vidéo.

À qui s’adresse le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD ?

De par sa plage focale très étendue, équivalente à 24-105 mm en plein format, ce zoom 17-70 mm s’avère d’une remarquable polyvalence. Paysage, architecture, reportage, voyages, portraits… il permet de couvrir une grande variété de sujets.

Baptiste – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 61 mm, f/2,8, 1/250s, 100 ISO

Grâce à son ouverture constante à f/2,8, il permet de séparer le sujet de son arrière-plan et de jouer facilement avec la profondeur de champ. Ajoutez à cela une distance minimale de mise au point très courte (19 cm au grand-angle, 39 cm à fond de zoom), et vous obtenez une optique qui conviendra à la fois aux portraitistes, mais aussi à la découverte de la proxiphotographie : fleurs, feuilles… mais (beaucoup) plus difficilement les insectes.

Springtime – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 54 mm, f/2,8, 1/2000s, 100 ISO

Grâce à sa stabilisation très efficace, notamment en vidéo, cette optique permet de capturer aisément des photos avec une faible vitesse d’obturation. Mais surtout, elle pourra aussi servir pour du « run & gun ». Très pratique pour celles et ceux voulant capturer à la fois des photos et des séquences vidéo.

Concrete Dream – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 70 mm, f/5, 1/125s, 320 ISO

Au final, le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD joue parfaitement son rôle de couteau suisse. Vous pourrez la laisser en permanence montée sur votre boîtier. Grâce à son poids réduit, vous obtiendrez une combinaison très judicieuse au quotidien comme en voyage.

Le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, un excellent transstandard pour les hybrides APS-C de Sony

Au terme de ce test, le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD nous laisse une impression positive. Compacte, léger, agréable à utiliser (et à transporter sur son dos), l’objectif marque plusieurs points.

On apprécie énormément sa polyvalence, supérieure à celle d’un 18-55 mm « classique ». De même, son ouverture lumineuse à f/2,8 est un énorme atout, qui permet de jouer aisément avec la profondeur de champ – ce dont nous ne sommes pas privés, au contraire.

Certes, le piqué et l’homogénéité auraient pu être encore meilleurs, notamment à fond de zoom. Cependant, l’optique permet de capturer de belles, voire de très belles images en toute circonstance. Et vu sa plage focale très étendue (de 17 à 70 mm, tout de même), ce Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD offre un très bon rapport qualité-prix.

Purpose – Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD, 65 mm, f/2,8, 1/100s, 640 ISO

Par ailleurs, la stabilisation de l’objectif est satisfaisante, en photo comme en vidéo. Toutefois, elle ne pourra en aucun cas venir remplacer une gimbal pour la vidéo, même si Tamron vante les mérites de sa stabilisation assistée par IA.

Après avoir investi avec succès le segment des optiques pour hybrides Sony plein format, Tamron livre une première copie fort réussie pour les hybrides APS-C. Véritable couteau suisse, cette optique est prête à vous accompagner partout, au quotidien comme en voyage.

Le Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD est disponible au tarif de 899 € chez Digit-PhotoMiss NumériqueCamaraDigixo et tout magasin photo spécialisé.

Test Tamron 17-70 mm f/2,8 Di III-A VC RXD : Tamron à l'assaut du format APS-C
Plage focale de 17-70 mm polyvalenteOuverture à f/2,8 lumineuseQualité de fabrication et de finitionsDistance de MAP réduiteBelle qualité d'image globaleBon rapport qualité/prixStabilisation efficace en photo et vidéo
Pas de commutateur pour l'AF et la stabilisation(Très) léger manque d'homogénéitéPiqué en retrait à fond de zoomStabilisation vidéo plus efficace sur un boîtier stabilisé (IBIS)
8.2Note finale
Fabrication / finitions8.5
Qualité d'image8.2
Ergonomie générale / praticité7.8