Selon le Nikkei Asian Review, Panasonic s’apprêterait à vendre sa branche spécialisée dans les semi-conducteurs à un entreprise basée à Taïwan, nommée Nuvoton Technology. Quel impact cette annonce aura pour les appareils photo de la marque ? Décryptage.

Un objectif de réduction des frais fixes

Selon les informations obtenues par le Nikkei Asian Review et Reuters, Panasonic céderait ses activités liées à la fabrication de semi-conducteurs pour 250 millions de dollars sur fond de difficultés financières. Le but de Panasonic serait ainsi de réduire ses frais fixes de 100 milliards de yens (920 millions d’euros) d’ici à mars 2022 en s’appuyant sur ses leviers de croissance et en se séparant de ses activités déficitaires.

La branche semi-conducteurs de Panasonic est spécialisée dans la conception de puces et de processeurs à destination de l’industrie et de l’automobile. Elle développe ainsi différents capteurs pour les smartphones, les caméras de surveillance, les voitures autonomes et… les appareils photo. Toutefois, ses résultats sont loin d’être au beau fixe : elle a enregistré des pertes opérationnelles s’élevant à 23,5 milliards de yens (194 millions d’euros) sur l’exercice fiscal qui s’est achevé en mars 2019 – un résultat qui trouverait son origine, d’après Panasonic, dans la baisse des demandes engendrée par la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Par conséquent, l’entreprise japonaise prévoit un recul de ses profits de 27 % cette année.

Le Panasonic Lumix LX100 II, compact expert à capteur micro-4/3

Quel impact pour les appareils Lumix ?

Dans la pratique, cette vente pourrait avoir un impact sur la fabrication des appareils à capteur Micro-4/3 de Panasonic… sans que l’on puisse en apprendre davantage pour le moment. Contacté par Phototrend, Panasonic France ne nous a pas fourni (pour le moment) de plus amples informations à ce sujet.

Dans les faits, certains boîtiers intègrent toutefois un capteur « tiers », comme les Lumix GH5 et Lumix G9 tous deux doté d’un capteur… Sony IMX272. De même, les récents hybrides plein format de la marque ne devraient (a priori) pas être concernés par cette vente. En effet, le capteur plein format du Lumix S1 est en réalité un capteur Sony IMX410CQX, que l’on retrouve notamment au sein des Sony A7 III, Nikon Z 6 et Sigma fp.

Pour l’heure, présager de la fin des appareils à capteur micro-4/3 de Panasonic semble prématuré. Cependant, ce secteur est de plus en plus menacé par les performances en hausse des smartphones, qui viennent leur prendre des parts de marché. Les appareils à micro-4/3 souffrent également de la concurrence des appareils à capteur APS-C, dont la résolution est en forte croissance (30 Mpx pour le Canon EOS M6 Mark II contre 20 Mpx pour le Lumix GX9).

Le Panasonic Lumix S1 muni de l’objectif Lumix S Pro 16-35 mm f/4

Quoi qu’il en soit, cette annonce s’inscrit dans un contexte marqué par les récentes rumeurs ayant entouré l’avenir de l’activité photo d’Olympus, ainsi que par les résultats en nette baisse annoncés récemment par Nikon. Pour redresser les comptes de l’entreprise, le PDG de Panasonic, Kazuhiro Tsuga, mène de front une importante restructuration depuis plusieurs années, visant à fermer les divisions en déficit afin de développer un modèle centré sur des activités plus stratégiques – et davantage porteuses de croissance.

Dans sa stratégie, Panasonic mise également grandement sur la production de batteries pour véhicules électriques (dont ceux de Tesla, Toyota, Ford ou Honda). Un cœur d’activité assurément bien différent de celui des semi-conducteurs et des capteurs d’appareil photo.