Festival Portrait(s) 2026 à Vichy : David LaChapelle à l’honneur

Du 19 juin au 4 octobre 2026, Vichy consacre son été à la photographie avec la 14e édition du festival Portrait(s). La tête d’affiche a de quoi attirer bien au-delà des amateurs de portrait : une rétrospective David LaChapelle, que la France n’avait plus vu exposé à cette échelle depuis 2009. Autour de cette exposition monographique, le festival garde sa mécanique habituelle, entre transmission et résidences, et glisse une nouveauté : une cabine Studio Harcourt installée pour toute la saison.

This is my house, New York, 1997 © David LaChapelle

David LaChapelle, quarante ans de création au Grand établissement thermal

Après Nadav Kander en 2024 et Isabel Muñoz en 2025, c’est l’Américain David LaChapelle qui investit cette année le Grand établissement thermal. Environ cent œuvres retracent l’ensemble de son parcours, des premières recherches figuratives aux images de mode, jusqu’aux portraits de stars et aux grandes compositions allégoriques qui ont fait sa signature.

Uma Thurman : Beauties Bloom, New York, 1997 © David LaChapelle

L’exposition retrace quarante ans de création. C’est à 19 ans que le jeune homme croise Andy Warhol lors d’un concert, lui montre son portfolio et se retrouve engagé comme photographe pour le magazine Interview. Sa première publication, en 1985, met en scène les Beastie Boys sur Times Square. Suivront GQ, Rolling Stone, Vanity Fair, Vogue, et des décennies de portraits de stars qui ont fait sa réputation. Nous étions revenus en détail sur son parcours dans notre Zoom photographe.

Ce qui frappe chez lui, c’est cette façon de faire cohabiter imagerie pop, questionnement spirituel et regard critique sur son époque dans un même cadre. Saturation chromatique, mise en scène théâtrale, humour et provocation : ses images ne cherchent jamais la discrétion, et c’est précisément ce qui les rend immédiatement identifiables.

L’exposition réserve aussi une série monumentale encore jamais montrée, inspirée des techniques de la fresque classique. De quoi justifier le détour, d’autant qu’il faut remonter à la Monnaie de Paris, en 2009, pour retrouver en France une rétrospective de cette envergure autour du photographe.

Après Niépce, le portrait : la figure humaine dans les collections du musée Nicéphore Niépce

En plein air, sur l’esplanade du lac d’Allier, le festival s’associe avec le musée Nicéphore Niépce pour une exposition inscrite au programme du bicentenaire de la photographie.

L’idée : explorer les fonds photographiques du musée de Chalon-sur-Saône sous le seul prisme du portrait. Daguerréotypes des débuts, portrait-carte popularisé par Eugène Disdéri, photomaton, clichés d’identité judiciaire ou albums de mariage : le fil déroulé montre combien le genre a accompagné le médium à chacune de ses mues. Le choix des tirages revient à Sylvain Besson, qui dirige les collections de l’institution à Chalon-sur-Saône

La transmission, toujours au cœur du festival

Fidèle à son rituel annuel, Brigitte Patient revient avec La voix du regard. La journaliste s’arrête sur une seule image, la commente, l’interprète et la resitue dans l’histoire du médium. Cette année, elle a jeté son dévolu sur un tirage de Yohanne Lamoulère, du collectif Tendance Floue, extrait de sa série marseillaise Faux Bourgs. Le dispositif prend place au Hall des Sources.

Cécilia, La Calade, 2017 © Yohanne Lamoulère / Tendance Floue

Toujours dans ce registre, Des mots pour voir poursuit la collaboration engagée en 2018 avec la Fondation d’entreprise Neuflize OBC. Une œuvre XXL de Paul Graham, issue de la collection d’entreprise, est présentée au Grand établissement thermal, accompagnée des commentaires du public recueillis en amont par la médiatrice Camille Carrias.

Le volet pédagogique, enfin, prend le nom de Portrait(s) s’invite à l’école : une classe de l’école primaire Jacques-Laurent expose ses images. Guidés par Jérôme Schirtzinger et la photographe Cyrille Karam, les enfants ont tiré le portrait des habitués et des personnels de la médiathèque de Vichy.

Julia Gat et Patrick Tournebœuf, les deux résidences de l’édition

Deux résidences viennent élargir le programme. La première est hébergée par le CAVILAM-Alliance Française, qui reçoit Julia Gat dans la foulée de Namsa Leuba, invitée l’an passé. Née en 1997, installée à Marseille et membre du collectif Solar, la photographe explore le terrain entre documentaire et portrait. Le retour a pour elle une saveur particulière : c’est ici même qu’elle décrochait le Premier Prix de Portrait(s) en 2016, soit une décennie plus tôt. Ses portraits d’étudiants du centre habillent les façades du Pôle universitaire.

Shinwoo. Vichy, 2026 © Julia Gat / Collectif Solar

Quant à Patrick Tournebœuf, il continue de sillonner les grandes villes thermales européennes classées au patrimoine mondial de l’Unesco. Après Baden-Baden (2024) et Karlovy Vary (2025), son objectif s’est posé sur Bath, en Angleterre. Il y a photographié les édifices phares d’une cité au bâti d’une richesse peu commune : l’abbaye gothique, le Royal Crescent géorgien, l’Holburne Museum néoclassique. Ces vues sont présentées au Parc des Sources.

Guildhall / Hôtel de ville, La salle du conseil municipal / Council chamber, BATH, Angleterre. 12/09/2025 © Patrick Tourneboeuf / Tendance Floue

La cabine Studio Harcourt, la nouveauté de 2026

Voilà l’ajout inédit du cru 2026 : une cabine du Studio Harcourt prend place au Grand établissement thermal pour un tirage noir et blanc frappé du style maison, ce clair-obscur emprunté au cinéma d’autrefois. Dans un festival tout entier tourné vers le portrait, l’occasion est bonne pour faire basculer le public de l’autre côté de l’objectif.

Un parcours à travers la ville

Comme chaque année, le parcours alterne salles et plein air : Grand établissement thermal, esplanade du lac d’Allier, Hall des Sources, Parc des Sources, Pôle universitaire et parvis de la gare, où SNCF Gares & Connexions prolonge le festival pour la 10e année consécutive.

Avec David LaChapelle en tête d’affiche et une sélection qui continue de faire dialoguer patrimoine, création contemporaine et médiation, Vichy confirme sa position à part dans le calendrier estival de la photo : celle du seul festival entièrement dédié à l’art du portrait.

Informations pratiques :
Festival Portrait(s), 14e édition
Centre ville de Vichy
Du 19 juin au 4 octobre 2026
Expositions à découvrir librement dans une sélection de lieux de la ville
Entrée libre
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