Dévoilé fin février 2025, le Panasonic Lumix S1R II s’impose comme le nouvel hybride plein format haut de gamme de la marque. Doté d’un capteur inédit de 44 Mpx, il reprend le gabarit du S5 II tout en intégrant des ajustements ergonomiques bienvenus.
Il embarque un autofocus avancé, la vidéo 8K (une première chez Panasonic) et une stabilisation capteur nettement améliorée, permettant même la capture de photos haute définition à main levée.
Ambitieux, ce boîtier vise à rivaliser avec les meilleurs du marché, en misant aussi sur un tarif très compétitif. Après un mois de test entre Paris, la Champagne et le Japon, voici notre test complet du Panasonic Lumix S1R II.

Sommaire
- Le boîtier plein format le plus abouti de Panasonic
- Ergonomie : le Lumix S5 II en mieux
- Performance et qualité d’image du Panasonic Lumix S1R II
- Autofocus et suivi du Panasonic Lumix S1R II
- Rafale et buffer
- Rolling shutter
- Stabilisation
- Panasonic Lumix S1R II : le fidèle compagnon des vidéastes ?
- Autonomie du Panasonic Lumix S1R II
- Connectique et stockage
- Panasonic Lumix S1R II : il frôle l’excellence, mais …
Le boîtier plein format le plus abouti de Panasonic
Souvenez-vous. Il y a tout juste six ans, en février 2019, Panasonic présentait les Lumix S1 et S1R, ses premiers hybrides à capteur plein format. Avec son capteur de 47,3 Mpx, le Lumix S1R (Mark I) se démarquait en étant alors l’hybride (plein format) le plus défini du marché. Un appareil performant, mais qui n’était pas exempt de tous reproches. On pense par exemple à un autofocus DFD hésitant, un mode rafale limité et surtout un gabarit hors norme.

Avec son Lumix S1R II, Panasonic entend corriger ces différents points en offrant un hybride bien plus polyvalent. Équipé d’un nouveau capteur CMOS rétroéclairé de 44,3 Mpx, le S1R II adopte le gabarit des Lumix S5 II / IIx – tout en faisant quelques ajustements ergonomiques intéressants. De même, l’appareil est doté d’un système AF hybride et inclut les dernières avancées du constructeur en matière d’autofocus.

Panasonic intègre également à son boîtier une rafale à 40 i/s, soit la cadence de prise de vue la plus rapide pour ce niveau de définition. Une option qui perd cependant un peu de son attrait faute de capteur empilé – nous y reviendrons.
Fidèle à sa réputation, Panasonic n’oublie pas la vidéo. Ce S1R II devient même le premier boîtier hybride Lumix à pouvoir filmer jusqu’en 8K. Une prochaine mise à jour gratuite rendra cette performance possible sur toute la surface du capteur (le fameux « Open gate »). Les amateurs de recadrage apprécieront. Et l’appareil inclut évidemment une flopée d’options pour la vidéo.

Très bien équipé et affiché à un tarif bien inférieur à celui de ses concurrents, le Lumix S1R II semble prêt à faire trembler les Nikon Z8, Canon EOS R5 Mark II et autre Sony A1 II.
Il vise donc les professionnels de la photo comme de la vidéo, cherchant un boîtier aussi à l’aise en reportage qu’en studio, ou sur un plateau de tournage. Serait-ce ainsi l’appareil ultime ? C’est ce que nous allons tenter de voir.
Voici la liste complète des caractéristiques du Panasonic Lumix S1R II comparé au Lumix S1R :
Lumix S1R II | Lumix S1R | |
capteur | 24x36, BSI CMOS 44,3 Mpx | 24x36, CMOS 47,3 Mpx |
filtre passe-bas | Non | Non |
processeur | N.C. | N.C. |
monture | L | L |
viseur électronique | OLED, 5,76 Mpts, 0,78x, 120 Hz, 21 mm | OLED, 5,76 Mpts, 0,78x, 120 Hz, 21 mm |
écran LCD | TFT, tactile, orientable et inclinable, 3 pouces, 1,84 Mpts | TFT, tactile, inclinable, 3,2 pouces, 2,1 Mpts |
autofocus | autofocus hybride à détection de phase et de contraste (DFD) | autofocus détection de contraste (DFD) |
nombre de points AF | 779 | 225 |
couverture AF | 100 % | 100 % |
détection et suivi automatique | visage, œil, corps, animal, voiture, moto, vélo, train, avion | visage, œil, corps, animal |
plage AF | -6 - 18 EV | -6 - 18 EV |
sensibilité photo / vidéo | 80 à 51 200 ISO (extensible de 40 à 102 400 ISO) | 100 à 25 600 ISO (extensible de 50 à 51 200 ISO) |
double ISO natif | Oui, 80 - 400 ISO | Non |
rafale (mécanique) | 10 | 6 |
rafale (électronique) | 40 | 5 |
buffer | 70 images | 35 images |
mode pré-capture | Oui, 1,5 s | Non |
mode haute résolution | Oui, pixel-shift, 177 Mpx, main levée | Oui, pixel-shift, 187 Mpx |
obturation | 60 s - 1/8000 s (méca) ; 60 s / 16 000 (élec) | 60 s - 1/8000 s (méca) ; 60 s / 16 000 (élec) |
définitions vidéo | 8,1K 30p, 6,4K 30p 3:2, 5,9K 60p 4:2:0 10 bits ; C4K 60p 4:2:2 10 bits ; 4K 120p ; 5,8K 24p ProRes RAW HQ | 5K 60p 4:2:2 10 bits, 4K 60p 4:2:0 8 bits |
Formats vidéo | All-Intra, LongGOP, Apple ProRes, ProRes RAW | LongGOP |
profils colorimétriques vidéo | HLG, V-Log, V-Gamut, Cinelike A2, LUT temps réel | HLG |
stockage | 1x CFexpress type B + 1x SD UHS-II + SSD externe | 1x CFexpress type B + 1x SD UHS-II |
connectivité sans fil | Wi-Fi 5 et Bluetooth 5.0 LE | Wi-Fi 5 et Bluetooth 4.2 LE |
batterie | DMW-BLK22, 2200 mAh | DMW-BLJ31, 3050 mAh |
rechargement par USB | Oui, USB-C | Oui, USB-C |
tropicalisation | Oui, -10°C à 40°C | Oui, -10°C à 40°C |
dimensions | 134,3 x 102,3 x 91,8 mm | 148,9 x 110 x 96,7 mm |
poids | 795 g | 1020 g |
prix au lancement (nu) | 3 599€ | 3 699€ |
Ergonomie : le Lumix S5 II en mieux
Le Lumix S1R II ressemble à s’y méprendre à un S5 II / IIx / G9 II. C’est bien simple : d’après Panasonic, le boîtier est similaire à 98 % à ses derniers boîtiers.

Avec un poids de 795 g et des dimensions de 13,4 x 10,2 x 9,2 cm, le S1R II se démarque ainsi nettement des 1,02 kg (!) et 14,9 x 11 x 9,7 mm du premier S1R. Il corrige ainsi le principal grief que l’on avait pu faire à cet hybride, plus imposant qu’un reflex.

Les finitions sont très soignées. Le design est plutôt sobre et sans excès. La prise en main est très réussie du fait d’une poignée légèrement plus creusée qu’avec les S5 II.

Comme à l’accoutumée, Panasonic a doté son S1R II de nombreux contrôles, pour certains repris du S5 II, quand d’autres sont totalement inédits chez le constructeur.


On note ainsi l’arrivée d’un nouveau commutateur photo / vidéo / S&Q installé sous la roue située à gauche du viseur. Cela permet d’avoir deux modes bien distincts, et de ne plus mélanger ses paramètres. Cela peut paraître secondaire, mais c’est très utile, et quasiment tous les constructeurs le proposent aujourd’hui.
De même, les deux molettes principales (PASM et entrainement des images), peuvent être verrouillées. De quoi éviter toute manipulation accidentelle.

Le boîtier intègre aussi un loquet de verrouillage permettant de désactiver toutes les commandes, à l’exception de celles que l’on choisit de conserver actives. La face avant du S1R II a aussi connu quelques évolutions intéressantes. Tout d’abord, l’appareil est équipé d’une tally light à l’avant – une première pour un Lumix plein format.

Une seconde touche d’enregistrement vidéo, placée en façade près de la monture, s’ajoute à celle du dessus. Si certains vidéastes y verront un avantage, elle s’est révélée plutôt gênante à l’usage.

Facile à activer par erreur, elle déclenche souvent des vidéos non désirées, y compris en photo, dans les menus ou lors de la revue des images. La capture vidéo peut ainsi se lancer à tout moment. Nous avons préféré lui assigner une autre fonction, un réglage à faire séparément pour les trois modes : photo, vidéo et lecture.

Le Lumix S1R II conserve le viseur électronique du premier S1R, avec un oeilleton rond semi-rigide. Il opte toujours pour une définition de 5,76 Mpts (contre 3,68 Mpts pour le S5 II), pour un taux de rafraichissement atteignant 120 Hz.
La visée est particulièrement claire et précise, avec des couleurs vives – un vrai plus à la prise de vue. Mais au développement, les images paraissent parfois moins flatteuses que ce que la visée laissait espérer. Comme sur les S5 II, Panasonic intègre un ventilateur sous le faux prisme, qui permet de bénéficier d’un enregistrement vidéo illimité.

L’écran a été repensé en profondeur. Il est désormais orientable et inclinable (tactile, 3 pouces et 1,84 Mpts), dans l’esprit de ce que propose Sony sur ses A1 II / A9 III / A7R V. Ce système, à la fois pratique pour les photos et vidéo, est bien intégré au châssis et n’ajoute presque pas d’épaisseur et paraît robuste.

A l’arrière, le sélecteur des modes de mise au point a été légèrement décalé sur la droite. Le repose-pouce est aussi un peu plus petit. Pas d’inquiétude cependant, cela n’impacte pas la prise en main en raison de la poignée. Une petite tally lamp a aussi été installée à cet endroit.

Pour la première fois chez Panasonic, il est possible d’activer la fermeture de l’obturateur à l’extinction. Une option très utile pour protéger le capteur et qui tend à se généraliser chez les différents constructeurs. En espérant que Panasonic, comme Sony, le propose via une mise à jour firmware sur ses autres boîtiers.

Le boîtier est bien protégé par de nombreux joints d’étanchéité et offre une résistance avancée aux intempéries, à la poussière et même au gel.

Globalement, ce Lumix S1R II propose une excellente prise en main. Les habitués de Panasonic noteront des évolutions pertinentes comme le commutateur photo/vidéo, tandis que les nouveaux venus profiteront d’un boîtier bien conçu. Seul petit bémol, la seconde touche REC peu convaincante, et les menus toujours perfectibles.
Ces derniers n’ont pas évolué depuis des années et sont toujours aussi peu clairs. Austères et à l’agencement parfois complexe, ils imposent de faire de nombreux aller-retour pour trouver une simple option. Une refonte complète ne serait pas du luxe. À bon entendeur !
Performance et qualité d’image du Panasonic Lumix S1R II
Le Panasonic Lumix S1R II est équipé d’un capteur CMOS plein format stabilisé et rétroéclairé de 44,3 Mpx. Il s’agit très vraisemblablement du capteur Sony IMX366.

Il offre une définition légèrement inférieure à celle du S1R (Mark I) – mais la différence est finalement assez marginale (44,3 Mpx vs 47,3 Mpx). De plus, selon Panasonic, ce choix permettrait de concilier gestion du bruit et haute définition. Les fichiers JPEG font environ 22 Mo, quand les RAW font approximativement 60 Mo.
Lors de notre test nous avons pu tester le Lumix S1R II avec un nombre varié d’objectifs en monture L de Sigma ou Panasonic. Nous avons pu utiliser les Lumix S 18 mm f/1,8 et 35 mm f/1,8 ainsi que les Sigma 24-70 mm f/2,8 DG DN II Art, 105 mm f/1,4 DG HSM Art, 28-45 mm f/1,8 DG DN Art, 90 mm f/2,8 DG DN Contemporary, Lumix S 18 mm f/1,8 ou encore 35 mm f/1,8.
N’hésitez pas à cliquer sur les photos présentes dans ce test pour les afficher en qualité supérieure.



Les images capturées sont très plaisantes. Les couleurs sont profondes et les contrastes bien marqués. Panasonic démontre une fois de plus son savoir-faire en colorimétrie. La restitution des teintes est très fidèle, tout en offrant une belle intensité.

La définition de 44 Mpx permet de recadrer sans peine ses images, tout en conservant un bon niveau de qualité. Il est ainsi possible de contempler tous les détails du cliché et d’observer l’excellent travail de restitution du capteur.


Outre la bonne qualité intrinsèque des fichiers, on note la présence de nombreux modes couleurs ou noir et blanc intégrés au boitier. De plus, avec l’application Lumix Lab, il est possible de télécharger et de créer des LUTs pour donner toujours plus de caractère à ses clichés.

Montée en ISO
La sensibilité par défaut du Panasonic Lumix S1R II va de 80 à 51 200 ISO, extensible de 40 à 102 400 ISO. On peut aussi compter sur un double ISO natif de 80 et 400 ISO.



Nous sommes habitués aux très bons résultats des capteurs modernes et ce S1R II ne fait pas exception à la règle. Les fichiers sont imperméables au bruit jusqu’à 800 ISO et il faut attendre 1600 ISO pour voir le début d’un fourmillement.



Le bruit s’accentue très marginalement à partir de 3200 ISO. Un second palier est franchi vers 12 800 ISO, même si cela reste acceptable et facilement récupérable.



À haut ISO, le bruit – même si toujours assez fin– se fait plus présent. À partir de 25 600 ISO, il entraine aussi une légère dérive colorimétrique.



C’est particulièrement vrai à la valeur étendue 102 400 ISO. Même si on peut encore observer nombre de détails, le bruit électronique est alors trop présent et une teinte verdâtre altère le cliché.

Quoiqu’il en soit, le capteur du S1R II propose une très bonne gestion des hauts ISO et n’a pas à rougir face aux meilleures références du genre.
Dynamique
En ce qui concerne la gestion de la dynamique, ce Lumix S1R II s’en sort admirablement bien.
Pour la récupération des zones sous-exposées, il est ainsi possible de rattraper sans trop de soucis jusqu’à -3 IL sans observer une quelconque dégradation dans l’image. Un léger bruit numérique apparaît un peu avant -4 IL, même si cela reste toujours assez limité.


Pour la restitution des hautes lumières, le capteur opère un bon travail jusqu’à +1,6 IL environ. Néanmoins, dès +2 IL, il faudra composer avec une grosse dérive colorimétrique qui dégrade durablement les images.


Mode haute résolution 177 Mpx
Comme sur la plupart des hybrides Panasonic, le Lumix S1R II intègre un mode haute résolution, obtenu par micro-déplacements du capteur. Celui-ci permet d’obtenir des clichés très définis de 177 Mpx, directement en interne, en RAW et JPEG.


Ici, la vraie force de ce mode est qu’il est disponible aussi à main levée ! En effet, Panasonic s’est fait maître dans l’art du pixel-shift à main levée – même si ce mode était jusqu’ici réservé aux capteurs plus petits et/ou moins définis, comme avec les Lumix G9 II ou S9.


Ici, une fois l’option activée – et à moins de photographier pendant un tremblement de terre – le résultat est assez bluffant. Le cliché obtenu est bien net et permet de recadrer intensément. Dans ce mode, les JPEG pèsent la bagatelle de 82 Mo, quand les RAW approchent les 200 Mo !


Ce système, bien que très performant a deux bémols. D’une part, la prise de vue et la création du fichier de 177 Mpx paralysent complètement le boîtier pendant 30 secondes. D’autre part, malgré les améliorations en termes de stabilisation et de compensation des objets en mouvement, le rendu n’est pas toujours parfait. Enfin, le mode « Pixel Shift à main levée » n’est pas activé par défaut : un détour dans les options est donc indispensable avant chaque prise de vue haute résolution.

Si l’on apprécie cette option, très efficace, on notera cependant que l’alternative de l’upscaling en interne, à l’image de ce que propose Canon avec son EOS R5 Mark II, paraît bien plus pratique, puisque disponible a posteriori sur toutes les images capturées.
Autofocus et suivi du Panasonic Lumix S1R II
Le Panasonic Lumix S1R II utilise un autofocus hybride reposant sur 779 points AF sélectionnables, couvrant presque la totalité de la surface du capteur.

Panasonic en profite pour mettre à l’œuvre ses dernières avancées en termes d’autofocus. La marque entend rattraper complètement son retard par rapport à ses concurrents dans ce domaine.

Le boîtier peut ainsi détecter et suivre les visages, yeux et corps des humains comme des animaux, ainsi que divers véhicules (voitures, motos, vélos, trains ou avions). Pour les véhicules avec pilote, il est possible de choisir une détection globale ou plus précisément sur la tête du conducteur.

Autant le dire d’entrée, Panasonic a réalisé une excellente progression ces dernières années. Certes, tout n’est pas encore parfait et l’AF n’est pas tout à fait au niveau de Canon ou Sony. Mais le S1R II se montre tout de même très efficace.


Les humains sont détectés presque immédiatement et sans aucun problème. Le boîtier se montrera plus hésitant avec des petits volatiles, notamment en rafale, où le taux de déchets peut se montrer assez important. Mais, logiquement, c’est moins le cas avec un sujet aux mouvements plus faciles à anticiper, comme un train par exemple.
Suivi AF d’un train , rafale en obturateur mécanique, ⚠️ attention l’animation suivante peut générer un risque d’épilepsie

Quoiqu’il en soit, les résultats sont globalement très satisfaisants – et en adéquation avec un boîtier haut de gamme moderne. À aucun moment l’appareil ne nous a vraiment fait défaut, offrant un autofocus véloce et précis dans la plupart des situations, même par basse luminosité et avec des optiques aux moteurs AF parfois hésitants.
Rafale et buffer
Le Panasonic Lumix S1R II propose une rafale jusqu’à 40 i/s en obturation électronique. Il se démarque en étant le premier boîtier à proposer une rafale aussi rapide à une telle définition.
En effet, les Canon EOS R5 Mark II ou Sony A1 II « se contentent » de 30 i/s. Il y a toutefois trois limitations à cette cadence ultra rapide : des RAW de 12 bits au lieu de 14 dans ce mode ; un buffer famélique et un rolling shutter très prononcé – nous y reviendrons.

En obturation mécanique, la rafale tombe à une valeur plus raisonnable de 10 i/s (RAW 12 bits) ou 9 i/s (RAW 14 bits).
Comme mentionné plus haut, le suivi AF est très efficace, même en forte rafale. Hormis sur des sujets aux mouvements trop rapides ou imprévisibles, le S1R II fait un excellent travail. Associé à un long téléobjectif, notamment chez Sigma, il devient un bon allié pour de la photo animalière, voire sportive, à condition de brider un peu la cadence en rafale.

En effet, la mémoire tampon ne peut encaisser plus de 70 images consécutives et il faut compter sur un temps de déchargement assez long entre les rafales, même avec une carte CFexpress Type B ou en reliant un SSD. Cela signifie qu’à plein régime, vous capturerez moins de 2 secondes de rafales. Un peu court pour les JO…

En optant pour une cadence à 9 i/s, et en obturation mécanique, le boîtier tiendra presque 8 secondes, ce qui est plus acceptable, et avec un temps de recyclage plus court du fait du nombre moindre d’images capturées. De même, avec ce type d’obturateur, on limitera grandement les risques de déformations liées à l’effet de rolling shutter.
Notez que Panasonic Lumix S1R II se dote d’un mode Pré-enregistrement (RAW+JPEG). Il permet à l’appareil de capturer des clichés entre 0,5 s et 1,5 seconde avant le déclenchement. Bien entendu le nombre d’images capturées dépend de la vitesse en rafale sélectionnée et est aussi tributaire du (tout) petit buffer du boîtier. Cette fonction peut permettre de photographier le moment le plus important d’une action. Elle peut se montrer très pertinente en photographie animalière, par exemple.
Rolling shutter
Le rolling shutter est peut-être le plus gros point faible de ce Lumix S1R II. En effet, Panasonic a fait le choix d’un capteur non-empilé pour son fleuron – sans doute pour des raisons de coût.



Malheureusement, un capteur non-empilé aussi défini implique obligatoirement une vitesse de lecture assez lente. Par conséquent, au moindre mouvement un peu rapide – et en obturation électronique – les images se retrouvent avec des lignes verticales irrémédiablement déformées.

Un souci qu’il est impossible à surmonter – à moins de se contenter de l’obturation mécanique. Ce qui semble être la solution la plus pertinente pour profiter au maximum des qualités du boîtier.

Stabilisation
S’il y a bien un secteur où le S1R II surclasse la concurrence, c’est bien celui de la stabilisation du capteur sur cinq axes.

Le boîtier peut compenser un gain théorique jusqu’à 8 stops. Si cette valeur a déjà été annoncée – voire surpassée – par d’autres constructeurs, c’est l’une des rares fois où il nous a été possible d’approcher les mêmes performances que celles avancées par un constructeur.

Bien entendu, obtenir 8 stops de gain relève de l’exploit, mais nous avons pu descendre à 5 ou 6 stops à plusieurs reprises sans problème. Cela souligne une très bonne maîtrise de la stabilisation. Rappelons ici que c’est cette même stabilisation qui autorise l’utilisation du pixel-shift à main levée.

Voici une sélection de photos réalisées avec le Panasonic Lumix S1R II :





























Panasonic Lumix S1R II : le fidèle compagnon des vidéastes ?
Panasonic met toujours un point d’honneur à doter ses hybrides des meilleures options vidéos disponibles à son catalogue. Et avec le S1R II, la firme nippone repousse encore plus ses limites.
En effet, le Lumix S1R II devient le premier appareil Lumix à pouvoir filmer jusqu’en 8,1K 30 fps (4:2:0, 10 bits et 17:9). L’entreprise met aussi en avant la possibilité de capturer des séquences 8,1K (ou 7,1K) en 3:2 (ou Open Gate, sur toute la surface du capteur). Néanmoins, cette fonction ne sera disponible qu’après une mise à jour – gratuite – à venir courant 2025.
Pour l’heure, l’enregistrement en Open Gate n’est possible qu’en 6,4K, ce qui demeure très confortable. Pour connaître le détail des (très) nombreux formats vidéo, nous vous invitons à vous référencez au tableau ci-dessous.

Tous ces formats sont disponibles en interne, toutefois, il y a un « petit » hic. Pour la capture en RAW ou en Apple ProRes, il faudra investir dans le nouveau grip batterie DMW-BG2. En effet, malgré un ventilateur intégré et une conception moderne, l’appareil seul ne peut gérer de tels formats.

Comme nous l’avions noté lors de l’annonce du boîtier, cette spécificité nous avait surpris, car certains concurrents, comme le Nikon Z8, proposent des débits plus lourds, sans besoin d’accessoires supplémentaires. À titre de comparaison, la 8K en N-RAW et 60 fps du Nikon Z8 affiche des débits de 5,78 Gbit/s, tandis la 5,8K du S1R II culmine à « seulement » 4,2 Gbits/s.
Sans doute qu’ainsi équipé, le S1R II gagne en endurance. Au maximum, le S1R II peut générer jusqu’à 31,5 Go de données par minute enregistrée ! En 4K UHD, 60 fps et 4:2:2, 10 bits, chaque minute capturée pèsera 6 Go. Heureusement, Panasonic permet l’enregistrement direct sur SSD – une option très pertinente, que Panasonic a étendu à tous ses appareils… et dont les autres constructeurs devraient clairement s’inspirer.
La qualité des fichiers est excellente. À l’image des photos, les vidéos offrent un certain cachet. Les vidéastes, notamment les professionnels, pourront voir dans ce S1R II l’aboutissement des capacités de Panasonic dans le domaine.
L’autofocus se montre tout aussi efficace en vidéo et tous les modes de reconnaissance et de suivi sont disponibles. On profite également des profils V-Log/ V-Gamut permettant de récupérer plus de 14 stops de dynamique en vidéo. On peut aussi utiliser le profil CineLike A2. Sans oublier toutes les options les plus poussées en vidéo, notamment les fausses couleurs présentes pour la 1e fois sur un boîtier Lumix.




Cet outil permet de vérifier plus précisément l’exposition qu’avec les traditionnels waveform. Pour plus de précision sur les (nombreuses) options vidéo, nous vous renvoyons à notre article de présentation du S1R II.
Notez toutefois qu’il subsiste un défaut majeur en 6K et au-delà : le… rolling shutter ! En effet, dans les plus grosses définitions, les déformations des lignes verticales sont assez marquées. C’est bien dommage, car en mouvement, les différents modes de stabilisation font un travail remarquable pour limiter les tremblements, avec de nombreux effets pour compenser les mouvements ou les distorsions, sans pour autant sacrifier l’angle de champ.


En effet, d’ordinaire, les boîtiers appliquent un recadrage électronique comme niveau supplémentaire de stabilisation – moyennant un recadrage dans l’image. Une option qui est aussi disponible sur le S1R II. Néanmoins, ce boîtier dispose d’une stabilisation avancée dite « cropless », qui permet de proposer un mode de stabilisation compensant très efficacement les mouvements, tout en conservant le cadrage d’origine. Bluffant.


Autonomie du Panasonic Lumix S1R II
Le Panasonic Lumix S1R II utilise la batterie DMW-BLK22 (2200 mAh) des S5 II. L’autonomie annoncée est d’environ 330 images (en visée écran). C’est un peu moins que le premier S1R, mais ce dernier disposait d’une batterie plus importante.


Sur le terrain, nous avons été assez satisfaits du comportement de cet accumulateur. Nous avons réussi à boucler des journées à plus de 700 clichés, en alternant prises de vues fixes, rafales et capture de séquences vidéos. Bon point : le Lumix S1R II est livré avec un chargeur externe USB-C.
Connectique et stockage
Le boîtier dispose, sur son flanc gauche, de 2 ports jack 3,5 mm (micro et casque), d’une prise HDMI type A, et d’un port USB-C 3.2 Gen2 (10 Gb/s). Sur son flanc droit, on retrouve une prise télécommande micro-USB.




Pour le stockage des images et des séquences, le Lumix S1R II est doté d’un slot pour cartes CFexpress Type B et d’un slot pour cartes SD UHS-II. Il est possible d’activer une redondance ou le débordement de l’enregistrement. Enfin, le S1R II peut enregistrer les photos et vidéos directement sur un SSD externe.


L’enregistrement direct sur SSD est un atout indéniable pour qui veut filmer dans les formats vidéos les plus lourds sans se retrouver contraint par la place (ou le prix) des cartes CFexpress. Notez que l’appareil ne peut filmer automatiquement dès que l’on branche un SSD : il faut activer l’enregistrement vers un disque depuis les menus, puis le désactiver lorsque l’on veut utiliser de nouveau l’enregistrement sur cartes mémoires.
Au niveau de la connectivité sans fil, l’appareil est totalement compatible avec les applications Lumix Flow et Lumix Lab. Pour plus de précisions concernant le fonctionnement de cette dernière – qui permet, entre autres fonctions, de télécharger ou de créer des LUTs, nous vous renvoyons à la partie consacrée lors du test du Lumix S9.






Quand à l’appli Lumix Flow, elle permet de remplacer plusieurs outils, comme un moniteur externe, avec un simple smartphone et propose une intégration intéressante avec les différents logiciels de montage. Nous avons aussi détaillé son fonctionnement dans un article dédié.
Panasonic Lumix S1R II : il frôle l’excellence, mais …
Avec Son Lumix S1R II, Panasonic propose un boîtier ultra-polyvalent. Il offre une excellente qualité d’image en photo avec un autofocus plus réactif que jamais et une stabilisation très efficace.
De plus, sa prise en main est vraiment aboutie, comblant les quelques manques que l’on pouvait observer sur le Lumix S5 II. Bien entendu, le S1R II dispose d’un mode vidéo ultra-complet, avec de nombreuses options et de multiples formats à-même de contenter presque tout le monde, du vidéaste occasionnel, jusqu’au cinéaste professionnel.
Enfin, il peut se reposer sur le parc optique de la monture L, qui compte de redoutables références.


Malgré ses nombreuses qualités, quelques frustrations viennent ternir le tableau.
Le capteur, bien que très défini, n’est pas empilé — un choix qui limite fortement l’usage de la rafale à 40 i/s, sous peine de sévères déformations dues au rolling shutter. À cela s’ajoute une mémoire tampon trop limitée pour soutenir de longues rafales. Ce problème s’étend également aux formats vidéos, ou la captation en 8K est tout aussi sujette aux distorsions.
Cependant, si l’on utilise le Panasonic Lumix S1R II en obturation mécanique et si l’on se contente de la 4K, l’appareil s’avère redoutable, surtout compte tenu de son tarif très agressif sous la barre des 4000 €. Une fois ses limites bien identifiées, ce boîtier rivalise sans complexe avec des concurrents de poids comme les Nikon Z8, Canon EOS R5 Mark II ou même le Sony A1 II.
Le Panasonic Lumix S1R II est disponible au tarif de 3599 € boîtier nu.
Le boîtier est aussi proposé en kit avec le zoom 24-105 mm f/4 Macro O.I.S. pour 4499 €.
Le grip DMW-BG2 est affiché, quant à lui, pour 349 €. Notez qu’il est vendu sans batterie BLK22, qu’il faudra forcément acquérir pour le faire fonctionner. Celle-ci est disponible au tarif de 69 €.
Le boîtier est disponible chez Digit-Photo, Miss Numérique, Panajou, Digixo, Camara, Photo-Univers, IPLN, à la Fnac et dans les magasins photo spécialisés.