Lors de notre déplacement récent au Japon, nous sommes allés à la rencontre de l’équipe de Tamron Corp au siège social du fabricant d’objectifs dans la préfecture de Saitama, proche de Tokyo. Nous avons rencontré Kenji Nakagawa, responsable de la planification produit chez Tamron, ainsi que Kimiaki Nakazawa, responsable au coeur de la division de R&D Conception et Ingénierie Optique de Tamron.

Dans cet interview, nous faisons un point avec Tamron sur les récentes annonces, notamment les 20, 24 et 35 mm f/2,8 ainsi que le prochain zoom téléobjectif 70-180 mm f/2.8 Di III VXD que nous avons pu prendre en main et qui s’annonce prometteur. Nous avons également voulu en savoir plus sur la philosophie derrière le diamètre commun de 67 mm pour toutes ces optiques ainsi que sur les choix technologiques ou de design effectués par le constructeur.

Le siège social de Tamron Corp à Saitama, près de Tokyo


Selon votre rapport financier 2019, les ventes d’objectifs fabriqués par Tamron ont augmenté alors que le marché se contracte. Comment expliquez-vous ces performances ?

Kenji Nakagawa : en fait, au début de 2017, nous ne nous attendions pas à cette situation – que le marché bascule rapidement vers le mirrorless. Nous avions pensé à l’époque débuter avec ce 28-75mm f/2.8 mais étions plutôt sceptique à propos de ce genre d’objectifs. Après avoir lancé ce modèle, les ventes ont augmenté très rapidement et notre ligne de production n’a pas pu absorber rapidement cette augmentation. Mais nous n’avions jamais prévu que le futur allait être ainsi.

Kenji Nakagawa

Kenji Nakagawa

C’était un véritable défi pour nous de lancer notre premier objectif pour hybride sur la monture Sony E et nous sommes franchement très surpris par les résultats.

Parmi les 5 nouveaux objectifs prévus pour 2020, 2 ont déjà été annoncés avec le 20 mm déjà disponible. Quand pouvons-nous espérer en savoir plus sur les 3 autres objectifs que Tamron lancera en 2020 ?

Kenji Nakagawa : C’est une très bonne question. Nous sommes vraiment impatients de partager plus d’informations sur les nouveaux produits. Pour le moment, nous ne sommes pas prêts pour annoncer ces nouvelles optiques, qui seront disponibles cette année. Ces trois objectifs seront disponibles d’ici la fin de l’année.

Tamron : un rapport financier dévoile 5 nouvelles optiques pour 2020

Aviez-vous prévu de faire cette annonce au salon CP+ au Japon – annulé à cause du coronavirus ?

Kenji Nakagawa : C’était une possibilité en effet. Mais maintenant le CP+ est annulé donc nous avons raté cette chance. Je dois dire que ces trois objectifs qui arrivent seront vraiment des modèles excitants, qui reprennent nos concepts clés : des optiques légères, compactes, à haute performance et avec un prix raisonnable.

Quelle est la vision de Tamron sur le marché de la photographie aujourd’hui ?

Kenji Nakagawa : Comme vous le savez, le marché du reflex est en baisse. En ce qui concerne les appareils photo hybrides, pour les appareils avec capteurs APS-C ou plus petits, le volume est plutôt élevé mais le format plein format reste au même niveau.

Kenji Nakagawa

Kenji Nakagawa

En ce qui concerne nos objectifs, nous ciblons ces personnes qui utilisent des boîtiers tels que les Sony A7 ou A9 et qui utilisent des objectifs très coûteux. Nous avons déjà lancé le 28-75 mm f/2,8 Di III RXD et le 17-28 mm f/2,8 Di III RXD qui sont plutôt compacts et légers avec un prix plutôt raisonnable. Nous vendons très bien ce type d’objectif, dans tous les pays, donc nous sommes plutôt dans une situation favorable.

Test du Tamron 28-75 mm f/2,8 Di III RXD, le zoom le plus équilibré en monture Sony FE

Mais en termes de taille, le marché se réduit, comme le CIPA l’a déjà annoncé. La vente d’objectifs pour reflex chute très rapidement : les gens ne souhaitent plus acheter d’objectifs pour reflex mais préfèrent attendre ce qui arrive après. Le mirrorless ne vient pas absorber le marché du reflex, donc c’est une situation plutôt difficile pour tout le monde, qu’il s’agisse des fabricants d’appareils photo ou d’objectifs.

Tamron a sorti trois objectifs à focale fixe pour Sony E : 20, 24 et 35 mm f/2.8 Di III OSD M1:2. Pourquoi sont-ils tous de la même taille (longueur, taille du filtre) ?

Kenji Nakagawa : Tout d’abord, nous voulions lancer ces trois objectifs ensemble, qui sont des focales favorites pour les utilisateurs. L’avantage de ces trois optiques est que nous pouvons offrir plus d’options aux utilisateurs avec des focales plus variées.

Avoir la même taille de filtre – 67 mm – facilite les choses si vous utilisez de nombreux types de filtres. Cela permet aussi d’utiliser un seul type de bouchon d’objectif, qui peut être partagé entre les différents objectifs.

L’autre intérêt est le coût. Les gens veulent vraiment des optiques à focale fixe à des tarifs raisonnables. En utilisant le même moule ainsi que de nombreux éléments en commun, nous pouvons réduire le coût de l’objectif. Nous pouvons également réduire les coûts de R&D ce qui nous permet de fournir à la fois des objectifs très performants à un prix très raisonnable.

Vous avez choisi un diamètre de 67mm, pourquoi ?

Kenji Nakagawa : 72mm était un peu trop grand. 67mm est vraiment pratique. 52 ou 55mm pouvaient être compliqué à respecter pour toutes les focales.

© Tamron

[Le site de Tamron France propose une page explicative sur la philosophie derrière l’utilisation d’un filtre de diamètre identique de 67 mm, NDLR]

Le design est le même pour tous les derniers objectifs Tamron : simple et pur. Pouvez-vous nous parler de la conception des optiques pour Sony E ?

Kenji Nakagawa : Le concept de nos optiques est toujours le même depuis le 28-75 mm f/2,8 di III RXD. Nous avons fait appel à un cabinet de design externe et avons mis en place un nouveau design de nos optiques depuis 2015. À ce moment, nous avons lancé le SP 35 mm f/1,8 Di VC USD ainsi que le SP 45 mm f/1.8 Di VC USD. Ce sont les premiers objectifs avec notre nouveau concept de design. Nous avons réussi à garder le même style jusqu’à maintenant.

Les trois focales fixes Tamron pour la monture Sony E

Ces objectifs disposent tous d’une bague « luminous gold » qui unifie le design des optiques. Cette bague a plusieurs significations. Quand les gens se marient, ils s’offrent des bagues. Cette bague signifie une union avec Tamron, ou plus généralement une union avec la photographie. Cela montre un engagement avec l’objet. Cela témoigne aussi d’une relation plus intime avec lui. Cette bague est également directement connectée à l’appareil, ce qui explique que l’objectif soit lié à l’appareil photo, c’est une connexion importante.

Le choix de cette couleur douce – plutôt qu’une couleur plus vive – s’explique par la volonté de discrétion dans ce design.

Lors de la conception d’objectifs pour la monture Sony E, comment parvenez vous à être compatible avec toutes les fonctionnalités offertes par Sony telles que l’Eye-AF, le DMF, l’autofocus hybride, les corrections optiques intégrées ?

Kenji Nakagawa : Sony a ouvert le protocole de ses objectifs à tous les constructeurs, donc n’importe qui peut utiliser leur système E-Mount en suivant les spécifications de la monture. Nous n’avons donc qu’à suivre les instructions. C’est relativement plus facile que de partir de zéro.

Le Tamron 70-180 mm f/2,8 Di III VXD disponible prochainement

Est-ce que ces contraintes vous permettent de faire de meilleurs objectifs ou est-ce que cela vous limite ?

Kenji Nakagawa : On peut dire que c’est davantage une contrainte. Nous devons suivre les spécifications données par Sony donc nous ne pouvons pas faire autrement.

Les autres fabricants comme Canon, Nikon, Panasonic, etc. n’ont pas ouvert leur protocole donc c’est toujours difficile pour des opticiens tiers de développer de nouveaux objectifs pour ces systèmes. Nous devons partir de zéro, en effectuant de la rétro-ingénierie. Cela n’est pas nouveau, c’était déjà le cas avec les montures reflex.

À propos du 70-180 mm F/2.8 Di III VXD, pourquoi avoir choisi une plage focale plus courte alors que tout le monde fait du 70-200 mm ?

Kenji Nakagawa : C’est une bonne question. Avec une plage focale jusqu’à 200 mm, la taille de l’objectif serait bien plus large comparée à ce que nous avons obtenu. Avoir 180 mm permet de réduire la taille de l’ensemble. Et vous savez que la formule ouverture / focale donne l’ouverture physique de l’objectif. Dans notre cas, nous voulions également respecter un diamètre de filtre de 67mm donc 180 mm était le nombre idéal pour obtenir ce design compact.

Comparaison de taille entre le Tamron 70-180 mm f/2,8 pour monture Sony et le SP 70-200 mm f/2,8 de Tamron pour reflex

Qu’est-ce que cette plage focale apporte au-delà de la taille du filtre ?

Kenji Nakagawa : La taille de l’objectif est plus réduite, et lorsque vous le tenez il est plus stable. Il ne nécessite ainsi pas de collier de trépied. Enfin, les boitiers Sony disposent d’un capteur stabilisé qui fonctionne très bien. Nous aurions pu intégrer une double stabilisation, mais la taille et le poids de l’objectif auraient été bien supérieurs, c’est toute la question. Sur ce 70-180 mm F/2.8 Di III VXD, la taille et l’équilibre global sont très bons.

Le Tamron 70-180 mm f/2,8 pour monture Sony

Ce nouvel objectif introduit un nouveau système AF appelé VXD (pour Voice-Coil eXtremeTorque Drive). Comment fonctionne-t-il et quels sont ses avantages ?

Kenji Nakagawa : Le design optique est vraiment superbe sur cet objectif. Cette optique a le premier moteur VXD (for Voice-coil eXtremeTorque Drive) pour l’autofocus, une technologie sur laquelle nous travaillons depuis 2 ans.

Ce téléobjectif utilise des éléments optiques très larges pour faire la mise au point. Nous avons donc besoin d’avoir des actionneurs très puissants pour faire bouger ces éléments très lourds lors de la mise au point. Parce que le contrôle et la précision de l’autofocus sont importants, nous utilisons deux moteurs pour déplacer les éléments optiques répartis en deux groupes optiques indépendants, qui se déplacent selon la distance focale. Ces derniers sont contrôlés avec des aimants et une bobine mobile.

Kenji Nakagawa

Cela permet une précision ainsi qu’un silence de fonctionnement : la mise au point se fait de manière très silencieuse, ce qui est également idéal pour la vidéo.

Au final, cette technologie permet une mise au point plus rapide, plus précise et plus silencieuse. J’ai été vraiment surpris par la vitesse de mise au point. C’est le premier objectif Tamron qui dispose de cette technologie avancée.

Les objectifs 28-75 mm f/2,8 Di III RXD et 17-28 mm f/2,8 Di III RXD utilisent un moteur pas à pas. Ici, c’est un moteur linéaire, qui est encore plus silencieux et plus précis dans ce cas. Selon les caractéristiques de l’objectif, nous choisissons le meilleur moteur. Le moteur VXD est plus efficace sur les télézooms.

Kimiaki Nakazawa : le développement basique du VXD pour réaliser un prototype a mis 6 mois. Le moteur VXD est déjà disponible sur le marché, mais nous avons dû créer un système de contrôle en interne, car l’optique utilise deux moteurs, ce qui a pris du temps.

Est-ce que les moteurs linéaires sont une nouvelle technologie liée au mirrorless?

Kimiaki Nakazawa : avec les optiques reflex, nous avions l’habitude de déplacer les éléments optiques pour la mise au point avec une came mécanique. Avec les optiques pour hybrides, nous sommes passés à des moteurs linéaires ou pas-à-pas.

Kimiaki Nakazawa, Manager, Optical Design & Engineering R&D unit, Tamron

Les moteurs pas à pas étaient déjà disponibles pour gérer l’ouverture du diaphragme des optiques reflex, mais les moteurs linéaires sont apparus avec les hybrides. Le moteur pas à pas offre un contrôle assez rugueux en raison du filetage de la vis. Le moteur linéaire, qui ne dispose pas de contacts mécaniques, est bien plus doux et précis.

Aujourd’hui, le marché de l’hybride se tourne aussi vers la vidéo. Est-ce que cela change votre conception des optiques ?

Kimiaki Nakazawa : pour la vidéo, nous devons concevoir les lentilles de mise au point les plus petites possible, pour que le mouvement de la mise au point soit doux, silencieux et rapide. En tant que designer optique, c’est mon objectif numéro un pour les besoins en vidéo. Mais le 70-180 mm F/2.8 Di III VXD est très performant en vidéo, malgré ses lentilles de mise au point larges, grâce au moteur VXD linéaire qui peut les déplacer de manière rapide.

Les trois focales fixes 20, 24 et 35 mm : elles sont identiques à l’extérieur mais sont-elles différentes à l’intérieur ?

Kimiaki Nakazawa : De l’extérieur, ces trois objectifs sont identiques, mais leur construction optique est différente. Il n’y a aucun élément optique commun entre ces trois objectifs.

En regardant le 35mm, il y a beaucoup de place à l’intérieur. Si vous n’aviez pas respecté la taille unique pour ces trois objectifs, l’un d’entre eux aurait-il été plus compact ?

Kimiaki Nakazawa : Oui, le 35mm pourrait être la plus petite optique en longueur, si nous n’avions pas développé de fonction macro. Lorsque le point est fait à l’infini, les éléments optiques se trouvent au fond de l’objectif. Mais lorsque vous êtes en mode macro, avec une faible distance de mise au point et un grossissement 1:2, le premier élément optique se retrouve le plus proche de l’extrémité. Donc cette taille est nécessaire pour bénéficier de la fonction macro.

Kenji Nakagawa

Pourquoi avez-vous décidé d’avoir cette fonction macro sur des optiques si grand-angles ?

Kenji Nakagawa : La macro avec grossissement 0,5x est l’une des fonctionnalités les plus importantes de ces objectifs. Il y a tellement d’optiques focales fixes pour les hybrides actuellement, avec des ouvertures f/1.8, f/1.2 ou f/2.0. Ces optiques ouvrent à f/2.8, comme des focales fixes normales. Nous avons donc décidé d’ajouter une fonctionnalité macro et le grossissement 0,5x est vraiment intéressant.

Les photographes souhaitent avoir une très faible distance de mise au point, même avec une focale fixe. En ajoutant une fonctionnalité macro, ces trois focales fixes deviennent vraiment intéressantes. Et c’est un ensemble de trois objectifs 20, 24 et 35 mm : si les gens en achètent un et veulent essayer une autre focale, nous pouvons leur proposer plus d’options.

N’avez-vous pas peur que les gens qui disposent déjà d’un zoom f/2.8 n’achètent ces focales fixes en raison d’une ouverture similaire ?

Kenji Nakagawa : Nous ne voyons pas les choses comme cela. Peut-être que les gens qui ne disposent pas de nos zooms pourront acheter une focale fixe et se rendront compte de la qualité de nos optiques. Ces focales fixes sont une porte d’entrée pour que les photographes essayent d’abord les optiques Tamron puis passent à d’autres optiques comme la série de zooms f/2.8. Ou l’inverse.

La gamme d’objectifs Tamron pour monture Sony E

Entre nos focales fixes et les zooms, les usages sont vraiment différents.

Quel objectif préférez-vous ?

Kenji Nakagawa : J’aime beaucoup ces focales fixes très compactes. Bien sûr, le 28-75 mm est aussi une optique intéressante pour le quotidien grâce à sa polyvalence.

Et si Tamron devait concevoir un 50mm f/2.8, est-ce qu’il pourrait faire la même taille que ces focales fixes ?

Kimiaki Nakazawa : si l’on reprend la fonction macro des autres objectifs, un 50 mm de cette taille sera difficile à obtenir. L’objectif de base de ce design est le 35 mm, puis nous avons réalisé le 20 et le 24 mm. Mais 50 mm pourrait être difficile à obtenir dans ce format, il faudrait un fût plus long.

Pensez-vous qu’il y a une forte demande pour les focales fixes en hybride ?

Kenji Nakagawa : Oui, nous pensons qu’il y a une véritable demande pour les focales fixes. En termes de volume, c’est cependant assez limité comparé aux zooms. Nous avons déjà couvert ce besoin avec les focales populaires, allant de 17 mm à 180 mm. Alors, pourquoi ne pas également avoir des focales fixes ?

Pourquoi avoir décidé d’annoncer les 3 focales en même temps ? Pourquoi ne pas avoir essayé de voir s’il y avait une demande pour le 35 mm ?

Kenji Nakagawa : Lancer une série d’objectifs est important pour capter l’attention des clients. Tamron a l’habitude d’annoncer une seule optique à la fois et les gens se demandent toujours : quel est le prochain objectif ?

Annoncer les trois objectifs est une bonne chose : avec les focales 20, 24 et 35mm, les gens peuvent déjà se dire qu’il pourrait y avoir d’autres focales dans le futur.

En monture reflex, Tamron dispose déjà d’un 45 mm : vous connaissez déjà cette focale, ce qui pourrait être une bonne idée ?

Kenji Nakagawa : Oui, c’est vrai. Les 35 et 45 mm que nous avons déjà annoncés dans le passé ont cependant été un moment difficile. Nous nous attendions à en vendre plus qu’attendu, car il s’agit d’optiques de haute qualité. Le 35 mm s’est mieux vendu que le 45 mm.

Quand nous pensons à ces focales fixes pour hybride, nous devons vraiment être prudent sur les choix : quelle focale choisir, quelle ouverture, est-ce que la demande est encore forte pour Sony, sont-ils prêts à acheter ces objectifs ? Car il y a tellement de focales fixes similaires sur le marché.

Sur la monture reflex, pourquoi aviez-vous décidé de lancer les 35 et 45 mm, des focales si proches ?

Kenji Nakagawa : Nous nous sommes tout d’abord posé la question de quelle distance focale était la plus populaire : 45 mm ou 50 mm ? Elles sont très proches, mais nous voulions quelque chose de différent et il y a tellement de 50 mm. Nous avons donc choisi 45 mm qui semblait être une plage focale unique à ce moment – aujourd’hui le 45 mm est populaire.

Tamron SP 45 mm f/1.8 Di VC USD

L’un de nos designers optiques a également recommandé d’avoir le 45 mm, car l’angle de vision est très proche de celui de l’oeil humain, par rapport au 50 mm. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de faire un 45 mm.

Test du Tamron SP 15-30mm f/2,8 Di VC USD G2, un zoom UGA polyvalent

Aujourd’hui, c’est une période de nouveaux départs : Nikon Z, Canon RF, Sigma, Panasonic et Leica avec la L-Mount. Que pensez-vous que Tamron serait en mesure de réaliser avec des montures plus larges et un tirage mécanique plus faible ?

Kenji Nakagawa : En tant que fabricant d’objectifs, notre mission est d’étudier tout ce qui est possible, sur n’importe quelle monture. Comme je vous l’avais dit, Canon et Nikon ne dévoilent pas les spécifications de leur monture, donc cela prend plus de temps pour nous de développer de nouveaux objectifs pour ces montures. Nous ne savons pas encore quelle sera la demande pour ces appareils photo. Pour la monture L avec Leica, Panasonic et Sigma, nous devons encore étudier la demande.

Vidéo : Canon explique les avantages de la monture RF

Techniquement, il est tout à fait possible de proposer nos objectifs sur ces montures. Nous n’avons aucune difficulté avec le plus faible tirage mécanique des montures Canon et Nikon. Mais nous avons encore besoin d’étudier les détails. Pour résumer, Tamron peut le faire sur le plan technologique.

Kimiaki Nakazawa: Nous pouvons faire nos objectifs sur ces montures, sans problème. Si nous voulons les optiques seulement pour une monture, Canon RF, Nikon Z, nous pouvons réussir à créer des optiques plus lumineuses ou plus compactes.

Si l’on recherche un design unique pour plusieurs montures, la monture la plus étroite est celle de Sony. Nous devrons donc faire le design optique pour Sony et ensuite nous pouvons réaliser des versions compatibles avec la monture RF ou Z. Techniquement, c’est très difficile de créer un seul design optique qui sera utilisé pour 3 ou 4 montures. Pour obtenir les meilleures performances, il faut créer un design par monture, pour également éviter les contraintes mécaniques et électroniques.

 

 

Envisagez-vous toujours de créer de nouveaux objectifs pour les reflex numériques ?

Kenji Nakagawa : Pour le moment, le marché des reflex se contracte de manière importante. Si nous lançons aujourd’hui de nouvelles optiques pour reflex, nous avons peu de chance de réussir à les vendre. Maintenant que l’hybride devient de plus en plus populaire et que les gens ont arrêté d’acheter des optiques pour reflex, nous concentrons nos efforts pour réaliser des objectifs pour hybride.

Test du Tamron SP 15-30mm f/2,8 Di VC USD G2, un zoom UGA polyvalent

Est-ce que Tamron est impacté par le coronavirus ?

Toute l’industrie est impactée par le coronavirus. En Chine, nous avons une usine dans la province de Guangdong. Les vendeurs de pièces détachées sont également localisés en Chine. Cela impacte ainsi les industries partout dans le monde. En Chine, vous voyez également que de nombreux magasins sont fermés, ce qui aura un impact.

Nous avons également une usine au Japon ainsi qu’au Vietnam. Nous essayons de minimiser les dommages. Il pourrait y avoir quelques difficultés dans le futur mais pour le moment nous faisons de notre mieux pour sortir les prochains objectifs en respectant notre planning.

Le siège social de Tamron Corp à Saitama, près de Tokyo


Merci à MM. Kenji Nakagawaet Kimiaki Nakazawa d’avoir répondu à nos questions. Nous tenons également à remercier l’équipe de Tamron France pour avoir rendu possible cette interview malgré l’annulation du CP+ à Yokohama.