En janvier 2016, une loi visant à apporter plus de transparence auprès des consommateurs au sujet des photographies de mannequins a été votée, mais le décret permettant sa mise en oeuvre vient seulement d’être publié. Explications.

Publication au journal officiel

Les modalités d’application et de contrôle, permettant la mise en oeuvre de l’obligation de porter la mention « Photographie retouchée » créée par la loi 2016-41 du 26 janvier 2016, ont été définies par le décret du 4 mai 2017 relatif aux photographies à usage commercial de mannequins dont l’apparence corporelle a été modifiée.

Ainsi, la mention « Photo retouchée » sera obligatoire sur « les photographies à usage commercial des mannequins en cas de traitement de l’image visant à affiner ou épaissir leur silhouette » à partir du 1er octobre 2017. Selon l’article R. 2133-5, cette mention doit être « apposée de façon accessible, aisément lisible et clairement différenciée du message publicitaire ou promotionnel ».

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Ce qui va changer

À compter du 1er octobre 2017, toutes les publicités affichées par voie de communication telle que l’affichage urbain, la publication presse (en ligne et papier) et comportant une photographie intégrant un mannequin dont l’apparence physique a reçu un traitement de l’image afin de l’amincir et/ou épaissir sa silhouette, devront porter la mention « Photographie retouchée » de manière lisible.

Attention cependant, cette mention ne s’applique pas aux photos dont la retouche porte sur le maquillage par exemple, ou toute autre forme de retouche que celles modifiant la silhouette du mannequin.

Cette mesure tente de mettre fin aux images irréelles que renvoient ces mannequins qui n’existent pas « dans la vraie vie » car bien trop retouchées, et que l’on voit depuis des années dans les magazines et affiches publicitaires. Elle s’ajoute à l’arrêté du 4 mai 2017 relatif au certificat médical permettant l’exercice de l’activité de mannequin, obligeant les mannequins à fournir un certificat médical, qui tient compte de l’indice de masse corporelle, pour pouvoir exercer.

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Un gros travail attend donc les créatifs pour afficher cette mention, qui ne pourra pas subir le même traitement stylistique que la création globale. Ce sera à l’annonceur de veiller à la bonne mise en application de ces obligations, sous peine de recevoir une amende de 37.500€, dont le montant de cette amende pouvant être porté à 30% des dépenses consacrées à la publicité.

Ces codes de la minceur sont devenus des modèles et des objectifs de silhouette à avoir pour certains jeunes, quitte à mettre leur santé en danger. On observe de plus en plus de phénomènes, sur Instagram en particulier, où fleurissent chaque jour des défis les plus invraisemblables les uns que les autres, tels que le Ribcage Bragging, Ab Crack ou encore Thigh Gap, visant à entrer dans les cases d’un idéal physique qui n’est pas réaliste et dont la pratique peut avoir des conséquences irréversibles sur la santé.