Accélérer drastiquement la retouche photo, pour laisser aux photographes le temps de se concentrer sur la prise de vue. C’est le pari d’Evoto, un logiciel de retouche dopé à l’intelligence artificielle.
Au programme : retouche portrait automatisée (peau, cheveux, silhouette…), détourage et remplacement de l’arrière-plan, harmonisation colorimétrique au sein d’une même série, tri assisté par IA des photos d’un shooting, et bien plus. Le tout avec un accent marqué sur le traitement par lots, et la promesse de gérer en quelques minutes des séries de plusieurs centaines d’images.
Mais sur le terrain, le logiciel tient-il ses promesses ? Peut-il remplacer le duo Lightroom + Photoshop et faire gagner du temps aux photographes pro, avec un résultat satisfaisant ? Voici notre test complet d’Evoto 7.

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Sommaire
- Evoto : du tri à l’export, un seul logiciel pour la retouche photo pro ?
- Bibliothèque : entre catalogue Lightroom et explorateur de fichiers
- Tri intelligent par IA : le futur est déjà là
- Une interface de retouche classique… mais parfois bien chargée !
- Retouche de portrait : suppression des imperfections en quelques clics
- Photos de groupe : une sélection précise des sujets à « cibler »
- Pas de fer à repasser ? Evoto atténue les plis des vêtements
- Ajustement d’arrière-plan : un nom trompeur pour l’une des fonctions les plus utiles d’Evoto ?
- Retouche par lots et cohérence d’édition sur une galerie complète
- Shooting connecté et application de presets à la volée
- Fusion d’arrière-plan IA, Floor Reflection, restauration de photos anciennes : l’IA au service de l’image
- Tarifs d’Evoto : un logiciel gratuit, avec système de crédits pour l’exportation des images
- Conclusion : Evoto, le logiciel dédié aux photographes pros et boosté à l’IA
Evoto : du tri à l’export, un seul logiciel pour la retouche photo pro ?
À l’issue d’un shooting professionnel (mariage, corporate, studio, immobilier…), l’enjeu n’est pas seulement la qualité de la retouche, mais la rapidité avec laquelle les photos sont livrées au client. C’est sur ce créneau que se positionne Evoto.
Lancé en version publique en mai 2023 (v1.5.0), le logiciel en est déjà à sa version 7. Sa promesse : éviter aux photographes de perdre plusieurs heures lors du tri et de la retouche photo, grâce à de nombreux outils basés sur l’IA. Ainsi, son module Bibliothèque propose des options avancées de classement et de tri des images grâce à l’IA, afin de ne garder que les plus réussies.

Quant au module dédié à la retouche, il dispose de nombreuses options pour optimiser en quelques clics le rendu de la peau, des yeux, des dents, des vêtements, l’ajout de maquillage, et bien plus. Le logiciel offre cependant la possibilité d’effectuer des ajustements manuels (outil fluidité et corrections locales, notamment).
Développé par le studio Truesight basé à Singapour, le logiciel est disponible sur Mac (macOS Ventura et au-delà) et PC (Windows 7, 10 ou 11). Proposé gratuitement, Evoto repose sur un système de crédits : des formules d’achat ponctuel ou d’abonnements sont proposées. Autant de points que nous développerons au cours de ce test.

Bibliothèque : entre catalogue Lightroom et explorateur de fichiers
À l’instar de Lightroom Classic – ou de DxO PhotoLab 9 – Evoto dispose d’un module Bibliothèque destiné au classement et au tri des images avant retouche.
L’interface est organisée autour de 5 zones : barre de navigation en haut, panneau de gestion à gauche (projets, dossiers, collections, corbeille), pellicule en bas (tri et filtrage), panneau d’accès rapide à droite (culling, presets, métadonnées), et zone d’affichage centrale. Les panneaux latéraux sont redimensionnables.

Evoto se distingue de Lightroom en n’imposant pas de catalogue central. Le logiciel se base sur un système de Projets, l’idée étant d’en créer un par événement ou par sujet. Pour gérer un grand volume d’images, les projets peuvent être rassemblés dans des groupes. Point notable : s’il est possible d’ajouter des images par glisser-déposer, on peut aussi importer un catalogue Lightroom entier (via un fichier .lrcat).

En parallèle, les Collections permettent de regrouper des images issues de plusieurs projets différents. Pratique pour préparer un « best-of » à présenter à un client. Petit bémol : il n’existe pas de collections dynamiques basées sur des critères de filtrage. Attention également : s’il est possible de copier les photos d’un projet à un autre, il n’est pas possible de les déplacer.

Quelques limitations sont cependant présentes. Il n’existe pas de vue transverse, permettant de voir toutes les photos présentes dans le logiciel dans une seule fenêtre. On travaille toujours depuis un projet ou un groupe, et le passage d’un groupe à l’autre peut être assez lent (plusieurs secondes).
Plus gênant, le moteur de recherche est très basique : il ne permet pas de rechercher des éléments de photos (Exifs, appareils photo, description, etc.) mais ne prend en compte que … les noms des projets. C’est un peu limitant.

Enfin, Evoto met en avant le Cloud Space : il permet de synchroniser ses projets entre plusieurs machines (PC et Mac) et de collaborer à distance.
Tri intelligent par IA : le futur est déjà là
Evoto dispose d’une fonction permettant de trier automatiquement ses meilleures images – appelé culling en anglais. Ce module dédié, intégré à la Bibliothèque, est disponible à l’échelle d’un projet entier. Le moteur d’analyse, appelé Smart Photo Analysis, peut être activé dès la création du projet ou lancé a posteriori.

L’analyse est très rapide : moins de 2 minutes pour 500 images. Le logiciel passe automatiquement en revue les images selon plusieurs critères : flou, sous/surexposition, yeux ouverts/fermés, avec des sensibilités ajustables. Par ailleurs on peut donner un nombre-cible de photos à conserver : on peut ainsi passer de 300 à 30 images, par exemple.

Pour les visages, le logiciel se montre particulièrement complet. Une fois le culling terminé, Evoto applique à chaque visage détecté des étiquettes colorées sur trois critères : le regard (yeux ouverts, mi-clos ou fermés), l’expression (grand sourire, sourire, neutre) et la mise au point (nette, molle, ratée). Il est également possible de personnaliser la façon dont le logiciel va marquer les photos retenues ou rejetées.

Enfin, un mode de zoom intelligent Face Focus grossit automatiquement l’image sur le visage détecté, permettant d’évaluer rapidement la qualité de l’image affichée à l’écran.
Une interface de retouche classique… mais parfois bien chargée !
À première vue, l’interface d’Evoto est facile à appréhender. Elle rappelle à la fois Lightroom Classic et DxO PhotoLab, avec l’image en grand format au centre, une pellicule fixe en bas, et la colonne d’outils de retouche à droite. Premier bon point : le logiciel est disponible en français, ce qui reste relativement rare…

Par défaut, Evoto bascule en mode « Ajuster les couleurs », qui rassemble dans la colonne latérale droite l’arsenal classique du dématriçage RAW : réglage de l’exposition, hautes et basses lumières, niveaux, courbes, TSL (teinte, saturation, luminance), etc. On retrouve un outil d’étalonnage colorimétrique à trois roues (tons moyens, ombres, hautes lumières), qui ressemble beaucoup à celui de DxO PhotoLab. Même topo du côté du débruitage IA, qui évoque à la fois les solutions d’Adobe et de DxO.

Quelques bonnes idées d’ergonomie viennent compléter le tableau, comme le mode Solo qui ne garde qu’un seul groupe de réglages déplié à la fois, ou encore les fonctions Tout déplier / Tout replier. Là aussi, l’inspiration de Lightroom Classic est assez évidente.
Le problème apparaît dès que l’on active les fonctions qui font la spécificité d’Evoto : Outils IA Couleur, Style IA, et plus généralement tout ce qui touche à l’intelligence artificielle. En effet, une seconde colonne latérale peut apparaître à côté de la première (sauf si cette dernière est désactivée), et empiète sur la prévisualisation de la photo dès lors que l’on ne travaille pas sur un grand écran. De même, le raccourci vers les fonctions AI Lab (voir plus loin) est placé tout en haut de la fenêtre, et non avec les autres options.

Pour autant, l’interface d’Evoto se montre relativement facile à prendre en main au bout de quelques jours d’utilisation. Et l’aide en ligne du logiciel (en anglais) est assez complète.
Retouche de portrait : suppression des imperfections en quelques clics
La retouche des portraits est le cœur de métier d’Evoto. Avant même de toucher à un curseur, le logiciel identifie le type de sujet (femme, homme, enfant, femme âgée, homme âgé), mais permet aussi de le sélectionner à la main. L’IA peut ainsi adapter ses préréglages aux spécificités morphologiques de chaque profil. Autre point notable : pour éviter de créer une image totalement déformée, le logiciel désactive parfois volontairement certains outils.

La colonne de droite déroule une succession de curseurs. Tout en haut, un curseur principal permet d’atténuer l’intensité de l’ensemble des retouches appliquées. Un excellent garde-fou quand on a eu la main lourde, et qu’on cherche à modérer l’effet global sans avoir à retoucher chaque réglage un par un.
Peau et imperfections : des résultats naturels, à condition de ne pas pousser trop loin
La suppression des imperfections se montre particulièrement convaincante : un seul curseur suffit pour gommer en un clin d’œil boutons et impuretés de la peau. L’acné est très bien détectée, y compris dans le cou – une zone que d’autres outils oublient régulièrement. L’effet « peau de bébé », fréquent chez la concurrence, est bien évité.

On découvre aussi un grand nombre de curseurs dédiés aux rides : front, contour des yeux, sillon du nez, plis du sourire… Les résultats sont globalement naturels, à un détail près : sur le lissage des rides du front, l’algorithme peut parfois avoir la main un peu lourde et laisser apparaître des sortes de vaguelettes.

L’ensemble du module permet de « rajeunir » un visage en quelques clics, sans avoir à y passer deux heures dans Photoshop. Les résultats sont impressionnants – à condition, comme toujours, de ne pas pousser les curseurs à fond.

Tons de peau : un module particulièrement complet
Evoto va plus loin que la « simple » retouche des imperfections. On dispose de très nombreuses options dédiées à l’harmonisation des tons de peau, pour un rendu professionnel en quelques clics. On trouve ainsi un outil de Dodge & Burn automatisé (« Aplanir avec Dodge & Burn ») qui éclaircit et assombrit des zones ciblées pour lisser rides et imperfections, une séparation de fréquence pour dissocier texture et tons, et une option de lissage plus douce.

Le logiciel met en avant les modules AI Unify Face Complexion et AI Unify Body Complexion (dont la traduction en « AI Unifiant le teint du visage / le teint du corps » est hasardeuse). Leur rôle : corriger les irrégularités du teint du visage (ou du corps) liées à un éclairage ou à un maquillage inégal. Un aspect bien utile en portrait corporate ou en photo de mode, où les mains, le décolleté ou les jambes ne sont pas maquillés et affichent souvent une teinte plus rouge (ou plus mate) que le visage.

Une palette propose huit tons de peau préréglés, avec ajustements de température, de teinte et d’éclat. De quoi rattraper la colorimétrie d’un visage, sans affecter le reste de la photo – avec des résultats très, très efficaces.

Depuis la version 7.1, une pipette permet de prélever directement une teinte de référence sur l’image pour harmoniser le visage et le reste du corps. Evoto met aussi en avant des améliorations notables sur les teintes de peau foncées et noires (moins de dérives grisâtres, meilleur respect des tons naturels) : une attention bienvenue.

Remodelage du visage : Photoshop sans Photoshop
Evoto propose une section complète de remodelage du visage qui couvre à peu près tout ce que l’on faisait jusqu’ici sur Photoshop avec l’outil Fluidité : forme générale du visage (taille, pommettes, mâchoire), forme et longueur du nez, épaisseur et position des sourcils, taille et inclinaison des yeux, volume des lèvres et proportions de la bouche. Les résultats sont étonnamment réalistes… à condition, là encore, de rester raisonnable. Les pousser au maximum donne immanquablement des résultats grotesques.

Petite limite à signaler : si vous retouchez les sourcils d’un modèle qui porte des lunettes, ces dernières se retrouvent parfois déformées, voire visuellement « cassées » au niveau de la monture. Un petit souci d’algorithme.
Say cheese, ou la fabrique à sourire
Evoto permet de modifier l’expression du sujet a posteriori, soit en lui ajoutant un sourire, soit en lui donnant un faciès neutre, avec différents niveaux d’intensité. Une fonction « Sourire doux » se contente prudemment de rehausser les coins de la bouche.

Sur le papier, l’idée est séduisante pour sauver une photo où le sujet ne sourit pas. Les résultats sont néanmoins à mesurer : l’ajout d’un sourire artificiel peut facilement donner un rendu inquiétant, avec une bouche qui semble plaquée sur le visage.
Malgré tout, dans certaines situations, et si vous n’optez pas pour le niveau maximal, le rendu peut être réussi. Pour les sujets à barbe, les lèvres et les poils de barbe peuvent parfois perdre en contraste avec cet outil. À manipuler avec précision.





Suppression des cheveux rebelles et des reflets des lunettes : de petits plus bien utiles ?
Au-delà des outils mentionnés plus haut, Evoto dispose d’options avancées, qui permettent de livrer une « version parfaite » des images. Au sein du module dédié à la retouche de portrait, on découvre un outil venant supprimer les cheveux rebelles. Les résultats sont assez probants… même si on obtient, en réalité, un « floutage » des mèches incriminées.

Dans la section réservée à la retouche des yeux, un curseur permet de supprimer les reflets sur les verres de lunettes. Et sur le terrain, cet outil donne d’excellents résultats, avec un rendu très naturel.

Photos de groupe : une sélection précise des sujets à « cibler »
En photo de mariage, corporate, de portrait ou d’événement, il arrive souvent de réaliser des photos de groupe. À ce moment-là, comment se comporte Evoto pour les retouches liées aux portraits de groupe ? La bonne nouvelle est que le logiciel peut détecter automatiquement les sujets sur une photo, et même les catégoriser par âge (enfant, adulte, femme, homme, etc.). Il est même possible d’appliquer une retouche individuelle en choisissant le visage de la personne sur la colonne latérale droite.


Pas de fer à repasser ? Evoto atténue les plis des vêtements
Enfin, on dispose d’un module dédié aux vêtements et accessoires afin d’atténuer les plis, effacer les peluches et les poussières, ou pour lisser les contours. Sur certaines images, les résultats peuvent être très probants (voir exemple ci-dessous), même si l’effet de lissage est un peu marqué. Sur d’autres, en revanche, nous n’avons constaté aucune différence entre avant et après.

Ajustement d’arrière-plan : un nom trompeur pour l’une des fonctions les plus utiles d’Evoto ?
Le module « Ajustement d’arrière-plan », au nom ni très explicite ni très vendeur, cache sans doute l’une des fonctionnalités les plus pertinentes d’Evoto pour les photographes de studio. Il permet de réaliser en quelques clics des opérations souvent fastidieuses.

Une fois activée, l’option « Suppression des distractions » permet d’effacer en un clic les éléments parasites présents dans le cadre (pieds, boîtes à lumière, câbles, etc.). De même, elle est capable d’étendre automatiquement le fond de manière réaliste, même lorsque l’on a cadré trop large. Au-delà, la gestion de l’éclairage est impeccable, avec une toile exposée de manière parfaitement uniforme, sans zones d’ombre dans les coins. Le résultat a l’apparence d’un cliché capturé devant une toile de plusieurs mètres de large.


Cerise sur le gâteau : la possibilité de synchroniser ces corrections sur l’ensemble d’une série (voir plus loin). Sur une séance de portrait corporate où l’on a tiré cinquante prises avec le même fond, le gain de temps est considérable.
Retouche par lots et cohérence d’édition sur une galerie complète
La possibilité de synchroniser les retouches ne se limite pas aux corrections de l’arrière-plan. Toutes les retouches appliquées dans Evoto peuvent être appliquées sur l’ensemble d’une série pour un net gain de temps.

Une fenêtre permet de choisir très précisément quelles retouches seront répliquées : couleurs, exposition, masques, étalonnage, traitement portrait, ajustements d’arrière-plan… On peut ainsi copier une partie des réglages seulement (l’étalonnage colorimétrique seul, sans toucher aux modifications du visage par exemple). Petit détail ergonomique : par défaut, cette fenêtre n’apparaît qu’une seule fois par projet, puis les synchronisations suivantes s’appliquent automatiquement avec les mêmes paramètres. Pratique.

Pour les cas plus complexes (uniformiser une série de portraits sur l’ambiance d’un moodboard client, par exemple), Evoto propose un outil AI Color Match. À partir d’une image de référence, l’algorithme cherche à reproduire le rendu colorimétrique sur toutes les images cibles, sans copier les paramètres à l’identique.

Shooting connecté et application de presets à la volée
Au sein d’Evoto, le shooting connecté (tethered), souvent négligé par les logiciels concurrents, est très bien intégré – et facile à utiliser. Il suffit de cliquer sur l’icône en forme d’appareil photo, de brancher son boîtier (la liste des appareils compatibles est disponible sur cette page) et la connexion est établie automatiquement. Le bouton de déclenchement apparaît alors dans l’interface. Une fenêtre de visualisation en temps réel (live view) est également disponible.

Un atout non négligeable pour les portraitistes : Evoto permet d’appliquer un preset à la volée, dès la capture : soit un preset fourni par défaut, soit un preset que vous avez créé vous-même à partir des différents outils du logiciel. Un aspect également valable sur la version iPad. Le but du logiciel est de regrouper la séquence « capture, retouche, export » en une seule étape : sur une séance de portrait de mode ou corporate, le rendu final doit être (quasiment) prêt dès la sortie du boîtier.

À noter que le shooting sans fil est également pris en charge. Mais si le déclenchement se fait bien depuis Evoto, les paramètres de prise de vue affichés (ISO, vitesse, ouverture) sont à régler depuis le boîtier.
Dans tous les cas, ce mode est particulièrement bien conçu, et offre à Evoto un atout différenciateur supplémentaire. On peut d’ailleurs l’utiliser gratuitement, sans devoir acquérir d’abonnement ni de crédits. De quoi remplacer avantageusement les logiciels de tethering des constructeurs, qui sont souvent moins bien conçus.
Fusion d’arrière-plan IA, Floor Reflection, restauration de photos anciennes : l’IA au service de l’image
Evoto a également regroupé plusieurs fonctionnalités IA ambitieuses au sein d’un espace nommé AI Lab. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une sorte de laboratoire pour l’éditeur. On retrouve par exemple un outil « Fusion d’arrière-plan IA » qui permet de composer, de manière réaliste, des « scènes complètes » à partir d’une photo de studio. L’IA détoure le sujet et on peut choisir un décor d’ambiance.

Le logiciel propose une série de fonds, mais on peut aussi importer les siens. Le résultat peut être assez bluffant, d’autant que le logiciel recalcule l’éclairage et les ombres intelligemment. Néanmoins, cette section souffre parfois de quelques lenteurs…
La restauration de photos anciennes, de son côté, s’attaque aux clichés jaunis, abîmés ou ternes. Sur cet aspect, le résultat est impressionnant. Certes, l’image générée est un peu lisse, mais le travail de restauration est excellent. Le seul (vrai) bémol concerne le visage : on observe une légère différence entre l’original et la version restaurée, comme si ce n’était pas tout à fait la même personne… L’une des limites de l’IA, même s’il est difficile d’obtenir des détails à partir d’une image où il en manque.


À noter que ces fonctionnalités sont très consommatrices de crédits : si la prévisualisation de l’image est gratuite, la génération des images coûte entre 3 et 5 crédits, en fonction de la taille d’image demandée. Heureusement, le temps de traitement reste raisonnable (entre 60 et 80 secondes). On rappellera que le traitement est effectué dans le cloud d’Evoto.
Enfin, Evoto met en avant, dans le module Arrière-plan, la fonction Floor Reflection. On peut ainsi, en un clic, générer un reflet de sol réaliste sous un sujet. Là encore, cette fonction est très convaincante, et séduira les photographes de portrait, de danse ou de sport voulant ajouter une touche d’originalité supplémentaire à leurs images.

Tarifs d’Evoto : un logiciel gratuit, avec système de crédits pour l’exportation des images
Evoto est disponible gratuitement, ce qui mérite d’être souligné. L’éditeur mise en effet sur un modèle gratuit à l’usage : on travaille librement dans l’interface, mais les images portent un filigrane, et seul l’export sans filigrane est payant. 1 photo exportée = 1 crédit consommé.
Pour essayer gratuitement les fonctions avancées d’Evoto, Phototrend vous offre 15 crédits gratuits en suivant ce lien d’inscription.
L’export est cependant gratuit pour les ajustements classiques (couleurs basiques, courbes, TSL, recadrage) ou le shooting connecté (voir les fonctions pour lesquelles l’export est gratuit sur cette page). L’éditeur précise également que le ré-export d’une même image n’utilise pas de crédits (à condition qu’elle n’ait pas été modifiée ou remplacée via un outil tiers). De même, les mises à jour du logiciel sont gratuites.
Deux formules sont proposées par l’éditeur :
- Abonnement annuel (forfait de crédits fixe) : 5 paliers, allant du pack Débutant à 83 € / an pour 800 crédits au pack Standard Plus à 1 229 € / an pour 24 000 crédits, avec report des crédits non utilisés. Si vous avez consommé tous vos crédits, il est possible d’en racheter via des « packs de crédits ».
- Paiement à l’utilisation (Pay-as-you-go) : achat de crédits sans engagement, à un tarif plus élevé à l’unité, sans report ni reconduction. Quatre packs de crédits sont proposés, allant de 49 € (200 crédits) à 459 € (3600 crédits).

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Les crédits sont valables 2 ans au maximum.
En parallèle, Evoto propose son écosystème Cloud, qui permet de synchroniser ses projets et ses retouches entre différents appareils (Windows et macOS). Trois formules sont proposées, allant de 219 € / an (500 Go) à 490 € / an (2 To).
Ce principe de crédits est encore relativement rare parmi les logiciels photo, les principaux concurrents d’Evoto reposant sur un abonnement mensuel. Parmi eux, mentionnons :
- Adobe Creative Cloud pour la photo : incluant Lightroom et Photoshop, il est disponible à 23,99 € par mois.
- Luminar Neo : souvent considéré comme le champion des effets créatifs par IA, il est disponible sous forme de licence perpétuelle (199 €, hors extensions, souvent facturées en supplément)
- Aperty : le logiciel de Skylum dédié à la retouche de portrait par IA est proposé à partir de 11,99 € par mois (ou 149 € par an), ou en licence perpétuelle à 225 €.
- Topaz Photo : facturé environ 14 €/mois (en paiement annuel), il dispose de nombreuses options pour « réparer » les photos floues, bruitées ou faiblement définies.
Conclusion : Evoto, le logiciel dédié aux photographes pros et boosté à l’IA
À l’heure du bilan, Evoto s’avère très convaincant. Pensé pour les photographes professionnels (mariage, studio, corporate…) qui doivent livrer rapidement leurs images, le logiciel tient sa principale promesse : celle de faire gagner beaucoup de temps.
Sa proposition de valeur repose sur 3 piliers. Un culling intelligent qui élimine en quelques secondes les photos floues et autres sourires crispés. Un (très) grand nombre de fonctions IA pour post-traiter en quelques clics des images qui auraient demandé un temps considérable sous Photoshop. Et une synchronisation automatique des retouches et des styles sur l’ensemble d’une série.
Après l’avoir testé sur plusieurs cas concrets, on peut dire que les résultats sont au rendez-vous pour la majorité des retouches. Evoto réussit à éviter l’effet « poupée de cire » de certains concurrents. La suppression des imperfections de la peau et les ajustements des yeux, des cheveux ou de l’arrière-plan sont bluffants. On peut même « sauver » des images que l’on aurait écartées d’emblée. Il faut toutefois savoir rester raisonnable : à trop pousser les curseurs, les résultats perdent en naturel. Certaines fonctions comme l’ajout artificiel d’un sourire basculent vite dans l’uncanny valley.

Côté ergonomie, l’interface rappelle Lightroom ou DxO PhotoLab… mais le nombre de curseurs fait parfois perdre du temps à trouver le bon réglage. Rien de rédhibitoire toutefois : on prend assez vite ses marques, et le menu Favoris permet de retrouver rapidement ses outils les plus utilisés.
Très bon point, le logiciel est gratuit, ce qui permet de l’essayer sans contrainte et sans limite de temps. Tant que vous n’exportez pas d’images, vous ne payez rien. Le système de crédits se révèle transparent. Les outils basiques sont gratuits à l’export, les fonctions IA coûtent un crédit par image exportée, et seules les fonctionnalités avancées de l’AI Lab se montrent vraiment gourmandes. L’abonnement, certes disponible, n’est pas indispensable : les packs de crédits conviennent parfaitement à un usage ponctuel.
Au final, Evoto est un logiciel qui mérite d’être essayé et qui pourra rivaliser sans peine avec le combo Lightroom + Photoshop dans bien des cas. Il reste cependant un domaine dans lequel Adobe garde la main : l’organisation de la photothèque, où Lightroom Classic demeure incontournable. Mais Evoto évolue vite et pourrait rapidement rattraper son retard.
Notez enfin que le logiciel est disponible gratuitement, avec 15 crédits offerts pour tester l’ensemble des fonctionnalités du logiciel.
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