DJI Air 3 : drone à double caméra 48 Mpx, 4K 100 fps, nouveaux modes et jusqu’à 46 minutes de vol

Un savant mariage entre les gammes Air et Mavic

Le très attendu DJI Air 3 prend (enfin) son envol. DJI dévoile la 3e itération de son drone milieu de gamme aux bras repliables. Il reprend certains ingrédients de son prédécesseur, l’Air 2S, mais se distingue par sa nouvelle nacelle à 2 objectifs, offrant 2 focales équivalent 24 et 70 mm. En vidéo, il doit être en mesure de livrer des séquences en 4K jusqu’à 100 fps. Le tout avec une autonomie maximale de 46 minutes. Retour sur les caractéristiques de ce drone prometteur.

DJI Air 3 : le successeur très attendu d’un best-seller

Et de 3. Le géant de Shenzhen lance la 3e génération de son drone « Air ». En toute logique, le DJI Air 3 reprend certains aspects de ses illustres prédécesseurs, les DJI Air 2 (2020) et Air 2S (2021).

Cependant, ce nouveau modèle profite de certaines caractéristiques du drone premium DJI Mavic 3, à l’instar de la double-caméra mêlant optique grand-angle et téléobjectif. Un savant mélange qui devrait certainement séduire les amateurs de belles images aériennes.

Le DJI Air 3 adopte un gabarit relativement compact – pratique pour partir en voyage. Sans surprise, les bras se replient le long du corps de l’appareil. Les bras dépliés, l’aéronef mesure 25,8 cm de long x 32,6 cm de large et 10,6 cm de haut. Soit une certaine hausse de la taille par rapport à son prédécesseur.

Une fois les bras repliés, l’appareil mesure 20,7 cm de long, 10 cm de large et 9,1 cm de haut. Des dimensions finalement assez proches (bras repliés) des DJI Mavic 3 et Mavic 3 Classic, mais qui permettent au drone d’être rangé facilement dans un sac photo.

De même, le poids est plus élevé, passant de 570 à 720 grammes au décollage. Le DJI Air 3 reste cependant (beaucoup) moins gros et moins lourd que les récents Mavic 3 Pro et Mavic 3 Pro Ciné, qui frôlent la barre du kilogramme au décollage.

À ce titre, on notera que l’Air 3 obtient une classification européenne C1. En volant en catégorie « ouverte » (hors agglomérations, aérodromes ou parcs nationaux), seule la formation théorique A1/A3 sur la plateforme AlphaTango est nécessaire, ainsi que l’ajout d’une étiquette avec le numéro d’exploitant UAS sur le drone.

Enfin, notez que le drone peut atteindre 21 m/s (75 km/h) au maximum – bridée à 19 m/s (68,9 km/h) en vol horizontal, et 10 m/s (36 km/h) en vitesse ascensionnelle ou descensionnelle. Il peut résister à des vents soufflant jusqu’à 43,2 km/h.

Voici la liste des caractéristiques du DJI Air 3 :

  • Bras repliables : oui
  • Poids : 720 g
  • Dimensions :
    • Plié : 207×100.5×91.1 mm
    • Déplié : 258.8×326×105.8 mm
  • Nombre d’objectifs : 2
  • Caméra principale : CMOS type 1/1,3’’, 48 Mpx, 24 mm, f/1,7, 4K 100 fps
  • Téléobjectif intermédiaire: CMOS type 1/1,3’’, 48 Mpx, 24 mm, f/1,7, 4K 100 fps
  • Format photo : JPEG et RAW
  • Inclinaison nacelle : 90° (bas), 60° (haut), 5° (gauche/droite)
  • Vitesse maximale : 75 km/h
  • Vitesse ascensionnelle maximale : 10 m/s
  • Vitesse descensionnelle maximale: 10 m/s
  • Batterie : 4241 mAh
  • Durée max. de vol : 46 min
  • Température de fonctionnement : -10°C à 40°C
  • Détection d’obstacles : omnidirectionnelle
  • Transmission : Ocusync 4
  • Portée maximale : 20 km (bridée à 10 km en UE)
  • Positionnement : GPS, Galileo, Beidou
  • Stockage interne : 8 Go
  • Emplacement micro SD : Oui, 2 To Max
  • Prix de lancement : à partir de 1099 €

Double module photo/vidéo : 2 capteurs de 48 Mpx et 2 longueurs focales

L’une des principales nouveautés du DJI Air 3 concerne sa nacelle, qui accueille 2 objectifs. On découvre donc : 

  • Un capteur principal type 1/1,3 pouce de 48 Mpx (photosites de 2,4 µm via pixel binning), couplé à une optique équivalent 24 mm ouvrant à f/1,7 ;
  • Un second capteur type 1/1,3 pouce de 48 Mpx associé à un téléobjectif équivalent 70 mm ouvrant à f/2,8.

Plusieurs choses sont ici à noter. D’une part, le DJI Air 3 a le bon goût d’utiliser le même capteur, tant pour l’objectif principal que pour le téléobjectif. À la clé, une qualité d’image homogène avec les 2 objectifs équivalent 24 et 70 mm

D’autre part, on retrouve ici le capteur CMOS type 1/1,3 pouce de 48 Mpx, déjà croisé sur l’excellent DJI Mini 3 Pro – ainsi que sur le téléobjectif du DJI Mavic 3 Pro/Ciné.

Les plus observateurs noteront cependant que le DJI Air 3 intègre un capteur plus petit que l’Air 2S (1/1,3 pouce vs 1 pouce). Un point que l’aéronef compense par une plus grande polyvalence, grâce au nouveau téléobjectif, qui doit permettre de valoriser efficacement les sujets situés à moyenne distance, en jouant sur la perspective.

Précision utile : le DJI Air 3 est équipé de 2 focales fixes, équivalent 24 et 70 mm. Le drone n’est donc pas équipé d’un « vrai » zoom optique 24-70 mm. Pour faire le « pont » entre ces deux focales, l’appareil utilise un zoom numérique. Ce dernier peut atteindre un zoom x9 (avec le téléobjectif 70 mm), pour un équivalent 216 mm. De quoi permettre l’observation de sujets à très grande distance… malgré une certaine dégradation de la qualité d’image.

Enfin, notez que la nacelle peut être inclinée à 90° vers le bas, à 60° vers le haut et à 5° vers la gauche ou vers la droite. De quoi permettre une belle variété de points de vue.

Photo 48 Mpx et vidéo 4K 100 fps

Par défaut, les photos sont capturées en 12 Mpx grâce au pixel binning ; cependant, une option permet d’exploiter la définition native du capteur : on peut ainsi obtenir des images de 8064 x 6048 pixels. Les fichiers sont enregistrés en JPEG et en RAW (format DNG).

La plage ISO s’étend de 100 à 6400 ISO (12 Mpx) ou de 100 à 3200 ISO (48 Mpx), tant pour l’objectif 24 mm que pour le téléobjectif 70 mm. De même, la vitesse d’obturation peut être réglée de 2s à 1/16000s (12 Mpx) et de 2s à 1/8000s (48 Mpx).

Le DJI Air 3 mise aussi sur les algorithmes maison SmartPhoto 3.0. L’appareil sélectionne automatiquement le mode de prise de vue (vues empilées, hyperlight) en fonction des conditions de prise de vue. Il gère également le HDR pour les fichiers RAW, afin de livrer des images avec une plage dynamique plus étendue.

Le drone s’équipe aussi d’un mode « Nuit », qui doit livrer des images nocturnes mieux exposées, avec plus de détails et moins de bruit numérique. Un point qui rappelle directement l’univers des smartphones.

On notera aussi que le mode Panorama permet d’obtenir des photos de 13000 x 6500 pixels (soit 2,5x plus que l’Air 2S, qui montait à 8192 x 4096 pixels). De quoi offrir plus de latitude de rognage en post-production. En outre, le drone permet de réaliser des panoramas avec la caméra inclinée vers le haut ou vers le bas, pour un point de vue davantage orienté vers le ciel ou la terre.

Côté vidéo, le DJI Air 3 filme en 4K 50 ou 60 fps en HDR, avec l’objectif 24 mm comme avec le téléobjectif 70 mm. Le mode Nuit est également proposé en vidéo – mais en 4K 30 fps uniquement. En slow motion, le drone filme en 4K à 100 fps, et en Full HD à 200 fps. De quoi décomposer les évolutions de sujets aux mouvements très rapides !

Par défaut, les images sont filmées en 4:2:0 8 bits (codecs H264 ou H.265). Cependant, un mode HLG / D-Log M permet de filmer en 4:2:0 10 bit avec une plus grande profondeur de couleurs – ce que les vidéastes chevronnés devraient apprécier. En revanche, la possibilité de filmer en 4K 60p en 4:2:2 10 bits reste réservée aux Mavic 3.

Par ailleurs, il se dote d’un mode permettant d’obtenir des séquences à la verticale (9:16) en 2,7K. Pratique pour les réseaux sociaux. En revanche, la possibilité de filmer en 5,4K à 30 fps demeure l’apanage de l’Air 2S

Enfin, le drone s’équipe (comme son prédécesseur) d’une mémoire interne de 8 Go. Pratique si vous oubliez vos cartes Micro SD à la maison !

Régulateur de vitesse, mode Waypoints et Lightcut : du nouveau du côté des modes de prise de vue

Du côté des modes de prise de vue, on retrouve les habituels Quickshots (Fusée, Dronie, Cercle, Spirale, Boomerang, Astéroïde), mais aussi le mode Hyperlapse, déjà croisé sur tous les drones récents de la marque chinoise.

L’Air 3 inclut également le mode MasterShots. Directement hérité de l’Air 2S, il permet au drone de planifier automatiquement sa trajectoire de vol, et de filmer le sujet de manière intelligente, avant de créer un petit montage des plans les plus intéressants.

Au rayon des fonctionnalités intelligentes, DJI ajoute aussi un régulateur de vitesse de l’aéronef. Une fois atteint la vitesse souhaitée, il suffit d’appuyer sur un bouton pour que le drone poursuive sa route sans avoir besoin d’incliner les joysticks. Bien évidemment, il reste toujours possible d’ajuster manuellement la trajectoire du drone. Le but est de permettre aux utilisateurs de se concentrer davantage sur la prise de vue plutôt que sur le pilotage.

Pour les télépilotes les plus chevronnés, c’est sans doute l’ajout de la fonction Waypoints 3.0 qui sera la plus pertinente. Introduite avec le DJI Mavic 3, cet outil de planification des vols fait pour la 1e fois son apparition sur la gamme Air. On peut ainsi planifier à l’avance ses itinéraires de vol et les plans à capturer, et répéter ce scénario autant de fois que désiré. Un point qui devrait fortement intéresser les amateurs de timelapse jour/nuit ou le passage des saisons, indique DJI.

Enfin, le drone peut être connecté directement à l’application Lightcut sur smartphone. L’appli analyse automatiquement les scènes et propose un montage cinématique sans effort des meilleurs moments de vos rushs. On peut également ajouter un effet tilt-shift pour obtenir un rendu miniature en un clic. Point notable, l’appli n’a pas besoin que vous téléchargiez vos rushs sur le smartphone pour pouvoir fonctionner. À la clé, un gain de place non-négligeable.

Nouveaux détecteurs d’obstacle et système APAS 5.0

Pour limiter les collisions, DJI équipe son Air 3 de détecteurs d’obstacles « omnidirectionnels », directement hérités des DJI Mavic 3. Ainsi, 4 capteurs sont placés en biais à l’avant et à l’arrière.

Ils sont couplés à des optiques fisheye, permettant au drone d’anticiper les éléments situés sur les côtés et au-dessus du drone. Un vrai progrès par rapport à l’Air 2S, qui était incapable de détecter les obstacles situés sur les côtés. En outre, le drone embarque aussi deux objectifs couplés à un capteur ToF (Time of Flight) pour garantir un atterrissage en douceur.

Par ailleurs, DJI met en avant sa technologie APAS 5.0, qui doit permettre au drone d’identifier et éviter avec souplesse les obstacles situés sur sa route, même dans des environnements « complexes ». De quoi permettre aux néophytes de se concentrer davantage sur la composition de leurs plans – et moins sur la sécurité de leur drone.

DJI a également apporté bon nombre d’améliorations du côté du suivi du sujet (ActiveTrack) et du retour automatique du drone à son point de départ avec détection d’obstacles (Advanced RTH).

Système de transmission Ocusync 4

En 2021, le DJI Air 2S inaugurait la technologie OcuSync 3.0. Coïncidence, son successeur, l’Air 3, est le premier à profiter d’OcuSync 4.0. Ainsi, la liaison avec la télécommande se fait au moyen de 6 antennes, via les bandes de fréquences 2,4, 5,1 et 5,8 GHz. À la clé, une transmission vidéo en Full HD à 60p, avec un débit maximal de 18 Mbps. Et surtout, une portée maximale de 20 km (bridée à 10 km dans l’UE).

D’une manière plus concrète, la liaison entre le drone et la télécommande doit être plus stable, même à grande distance et/ou en cas d’interférences magnétiques/électroniques très importantes. Un point que certains pilotes aux besoins spécifiques (comme au-dessus du volcan Litli-Hrútur en Islande) apprécieront.

De quoi permettre à DJI d’offrir plus de sérénité aux pilotes… et de conserver une certaine longueur d’avance par rapport à la concurrence.

Pour accompagner cette évolution technologique, la marque lance également 2 nouvelles télécommandes. Notées DJI RC 2 et RC N2, elles reprennent à l’identique le design des télécommandes DJI RC et DJI RC N1. Sur le papier, le drone est compatible avec les télécommandes d’ancienne génération – mais avec une portée plus limitée.

Autonomie du DJI Air 3

Le DJI Air 3 dispose d’une nouvelle batterie intelligente de 4241 mAh, pesant environ 267 g. Selon les dires de la marque chinoise, l’autonomie maximale atteint 46 minutes. Un net progrès par rapport aux 34 minutes de l’Air 2S. De quoi faire jeu égal avec le DJI Mavic 3 Pro, excusez du peu !

Rappelons que cette durée de vol est théorique : lorsque vous capturez une vidéo en 4K ou si l’appareil est en plein vent, l’autonomie risque de diminuer sensiblement. Toutefois, saluons la prouesse de DJI, qui réussit à accroître la capacité de ses batteries tout en conservant un format compact.

Le drone est fourni avec un chargeur secteur de 100W, compatible USB-C. Un chargeur pour voiture 65W est également proposé. Enfin, les kits « Fly More » incluent une nouvelle station de recharge. « Une pression prolongée sur le bouton fonction permet de transférer l’énergie restante de plusieurs batteries vers celle avec le niveau d’énergie le plus élevé », indique la marque.

Prix et disponibilité du DJI Air 3

À peine sorti du nid, il prend déjà son envol. Le DJI Air 3 est d’ores et déjà disponible auprès des revendeurs habituels comme Studio Sport, Digit-Photo, IPLN ou à la Fnac à partir de 1099 €. Le kit « standard » inclut le drone et une télécommande DJI RC-N2.

Un 1er kit « Fly More » est également disponible à 1349 € : il comprend le drone, la télécommande RC-N2, 2 batteries ainsi que la station de recharge. Enfin, un 2nd kit « Fly More » plus complet inclut une télécommande DJI RC 2 (avec écran 7 pouces) ainsi qu’une housse de transport et plusieurs accessoires. Il est disponible à 1549 €.

Notre premier avis sur le DJI Air 3

Au vu de ses caractéristiques, le DJI Air 3 s’avère très séduisant et abouti. Car il emprunte à la fois à ses prédécesseurs, les Air 2/Air 2S – mais aussi (et surtout) aux drones premium Mavic 3. 

On apprécie particulièrement l’ajout d’un double-objectif aux focales 24 et 70 mm, qui offre une grande polyvalence sur le terrain. On pourra ainsi jouer sur les perspectives et capturer des sujets à distance (animaux, voitures, trains, etc.). Et on apprécie que DJI ait choisi d’intégrer 2 fois le même capteur. Seul regret : l’écart entre les 2 focales est comblé par un simple zoom numérique…

Au-delà, ce nouveau drone vient compléter la « nouvelle génération de drones DJI aux bras repliables », initiée avec le Mavic 3 en 2021. L’entrée de gamme est assurée par les DJI Mini 3 et Mini 3 Pro, tandis que les Mavic 3 Pro / Mavic 3 Pro Ciné offrent un très haut niveau de prestation aux dronistes chevronnés. 

Certains esprits chagrins pourraient regretter qu’il se montre plus gros que son prédécesseur – ou que son capteur soit un peu plus petit. Mais d’un côté, la gamme Mini – et particulièrement le Mini 3 Pro – offre aujourd’hui un excellent rapport portabilité/performances. Et de son côté le DJI Air 3 offre une polyvalence inédite sur le segment du milieu de gamme. En clair : ce nouveau drone s’avère particulièrement bien pensé – et devrait séduire sans souci les fans d’imagerie aérienne.

Responsable éditorial

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  1. Bonjour , toujours de très bon article et un super drone

    A savoir , en 2024, et c est une évolution européenne ,les titulaires A1/A3 avec drone de classe C0/C1 pourront évoluer en categorie OPEN pour des raisons professionnels.
    On ne sait pas encore comme cela se passera néanmoins cela ouvrira des perspectives pour des pilotes qui nauront pas les qualifications pour voler en catégories spécifiques et qui fera grincer des dents a des pilotes pro comme moi car facilitera l’emploi de ce type de drone pour l immobilier par exemple mais avec des pilotes qui ne mesureront pas les risques autour d eux . A suivre j imagine
    Guy sournac