Hasselblad X2D 100C : un nouvel hybride moyen format minimaliste au capteur stabilisé de 100 Mpx

Hasselblad revient sous le feu des projecteurs. La marque suédoise (passée sous pavillon chinois depuis 2017) dévoile un nouveau boîtier moyen format doté d’un capteur stabilisé de 100 Mpx. Résolument orienté photo, l’Hasselblad X2D 100C se distingue également par son gabarit très réduit. Il devra cependant affronter une concurrence exacerbée, incarnée par les boîtiers de Fujifilm. 

Introducing the Hasselblad X2D 100C: Inspiration in Every Detail

Hasselblad X2D 100C : le plus petit boîtier moyen format à capteur stabilisé

Le paysage du moyen format se compose de trois acteurs : Pentax et son 645Z, Fujifilm et sa gamme GFX en pleine expansion… et Hasselblad. Pour mémoire, la marque s’était illustrée en accompagnant les premiers pas de l’Homme sur la Lune. Plus récemment, la marque a été rachetée en 2017 par le chinois DJI. Ce dernier s’est ainsi offert le savoir-faire du suédois pour accroître la qualité d’image de ses drones les plus haut de gamme

Deux ans après son dernier boîtier, la firme de Göteborg revient sur le devant de la scène et nous dévoile son X2C 100C. Ce dernier vient se ranger aux côtés du X1D II 50C (lancé en 2019) et de son dérivé vintage, le 907X 50C

À l’instar de ces deux boîtiers, le nouvel hybride d’Hasselblad mise sur un design très sobre. Mais aussi sur un gabarit particulièrement compact. Mesurant 148,5 x 106 x 74,5 mm, il se permet de griller la priorité à son principal rival, le Fuujifilm GFX100S

L’Hasselbad X2C 100C se targue ainsi de devenir le boîtier au capteur moyen format le plus petit de sa catégorie. De quoi séduire les amateurs du genre – et encore plus avec les trois focales fixes compactes 38 mm, 55 mm et 90 mm f/2,5 lancées en parallèle. Côté poids, comptez 895 g (avec la batterie).

Les 3 objectifs annoncées en parallèle du boîtier

Luxe et minimalisme vont de pair

En termes d’ergonomie, le dos du boîtier s’avère extrêmement épuré. Les 4 commandes manuelles placées à la verticale prennent place sur le châssis de l’écran inclinable. Ce dernier mesure 3,6 pouces de diagonale et affiche 2,36 millions de points. On retrouve deux boutons AE-L et AF-D juste au-dessus – ainsi qu’une roue crantée. La tranche supérieure, en revanche, se distingue par son petit écran de contrôle en couleur

Le constructeur mise beaucoup sur son interface tactile très intuitive, qui gère nativement le défilement ainsi que le pinch to zoom (pincer pour zoomer). Le déclencheur (de couleur orange, comme il se doit) s’accompagne d’un bouton M et un bouton dédié à la balance des blancs et à la sensibilité ISO. Enfin, une seconde roue crantée trouve place sur la poignée. 

Outre l’écran inclinable, la visée est assurée par un écran OLED composé de 5,76 millions de points, couvrant 100 % de la scène et avec un rapport de grossissement de 1,0x, gage de confort de visée. Pour les porteurs de lunettes, le constructeur n’a pas communiqué sur le dégagement oculaire. 

Le premier Hasselblad au capteur ultra-défini

En août 2021, Fujifilm avait jeté un pavé dans la mare avec son GFX100, premier hybride moyen doté d’un capteur aussi défini. Il est suivi deux ans plus tard du GFX100S, muni d’un capteur Sony de 102 Mpx

Avec le X2D 100C, Hasselblad rattrape donc son retard sur son grand rival japonais… en réutilisant le même capteur Sony ! On retrouve donc un capteur CMOS rétroéclairé (BSI) de 43,8 x 32,9 mm, avec photosites de 3,76 µm.

La définition est toutefois ramenée à 100 Mpx, générant des clichés de 11656 x 8742 pixels. Les fichiers RAW sont au format 3FR et pèsent environ 206 Mo par image.

La plage de sensibilité du capteur s’étend de 64 à 25600 ISO. Le constructeur annonce également une dynamique maximale de 15 stops, ainsi qu’une profondeur de couleurs de 16 bits.

Enfin, l’autofocus se compose de 294 points à détection de phase. Hasselblad indique avoir intégré un mode de détection et de suivi du sujet – et de son visage. Un point qui devrait faire plaisir aux portraitistes… qui pourraient cependant regretter que le boîtier fasse l’impasse sur le mode « Eye-AF ». Heureusement, le constructeur indique avoir amélioré la vitesse de fonctionnement, avec une réactivité du déclencheur 65% supérieure par rapport au Hasselblad X1D II 50C mais aussi un blackout au déclenchement réduit de 70%, toujours par rapport à ce boîtier.

Point notable, ledit capteur est stabilisé sur 5 axes (IBIS), offrant un gain maximal de 7 stops. De quoi faciliter considérablement la capture d’images en basse lumière. En revanche, la marque n’a pas annoncé de mode de Pixel Shift. La rafale maximale atteint 3,3 i/s – une cadence lente, mais très courante sur ce type de boîtier. En guise de comparaison, le GFX 100S atteint 5 i/s.

En termes de vitesses d’obturation, le boîtier monte à 1/4000s avec l’obturateur central (intégré au sein des optiques) – avec synchronisation du flash à toutes les vitesses. Cette cadence peut être tenue pendant 68 minutes d’affilée (mais uniquement avec les 3 optiques dévoilées en parallèle). Du côté de l’obturateur électronique, le X2D 100C monte à 1/6000s.

Une connectique minimaliste – et un SSD interne de 1 To !

Point notable, l’Hasselblad X2D 100C intègre un SSD interne de 1 To, afin d’accélérer l’enregistrement des fichiers. D’après les données fournies par la marque, ledit SSD affiche des vitesse particulièrement élevées. Il monte ainsi à 2370 Mo/s en écriture et jusqu’à 2850 Mo/s en lecture. On peut donc s’attendre à un temps de latence inexistant, avec des vitesses d’écriture 7,9x plus rapides que pour une carte SD selon le constructeur.

Pour plus de sûreté, le boîtier s’équipe également d’un port CFexpress Type B, compatible avec les cartes de 512 Go maximum. À ce titre, la marque recommande l’emploi de cartes Sony CEB-G ou Sandisk Extreme Pro. 

Du reste, la connectique du boîtier est assez sommaire. Compacité oblige, le X2D 100C se pare d’un port USB-C 3.1 Gen 2… et c’est tout. Bien évidemment, le boîtier peut être utilisé en mode tethered, avec contrôle par un ordinateur. Le X2D 100C se pare également d’une connexion Wifi 6 compatible avec les bandes 2,4 et 5 Ghz

En termes d’autonomie, la marque communique sur un maximum de 420 vues (selon les normes CIPA). Le boîtier peut être rechargé par le port USB-C mentionné ci-dessus, compatible avec la norme Power Delivery.

Enfin, la batterie 3400 mAh utilisée par le X2D 100C est sensiblement la même que celle des 907X 50C et X1D II 50C. Une excellente nouvelle pour les photographes possédant déjà un stock de batteries. 

Mais où est passé le mode vidéo ?

Nous aurions aimé pouvoir disserter en longueur sur le mode vidéo du Hasselblad X2D 100C. Hélas, aucun document fourni par la marque ne fait mention d’une quelconque partie vidéo.

Cette absence de mode vidéo s’avère surprenante. D’une part, le X1D II 50C était capable de filmer jusqu’en 2,7K (sans autofocus il est vrai). D’autre part, son principal concurrent, le GFX100S, équipé du même capteur Sony est capable de livrer des séquences vidéo de très belle facture en 4K DCI.

Le nouveau Hasselblad X2D 100C apparaît donc comme un boîtier 100 % photo. Ce que certains puristes devraient apprécier. Malgré tout, la stratégie de la marque semble quelque peu déroutante…

Prix et disponibilité de l’Hasselblad X2D 100C

L’Hasselblad X2D 100C est disponible dès maintenant ; côté tarif, comptez 8699 €. Une facture particulièrement salée, le boîtier étant beaucoup plus onéreux que le X1D II 50C, lancé à 6000 €. Sans oublier son grand rival, le GFX 100S, disponible au tarif « abordable » de 5999 € !

Les trois nouveaux objectifs sont également disponibles :

Le boîtier est disponible chez Digit-Photo, IPLN et Miss Numérique ainsi qu’auprès des revendeurs de produits Hasselblad.

On se consolera en le comparant au X1D 50C, proposé pour la bagatelle de 9500 € en mai 2016 – trois mois à peine après l’arrivée de Fujifilm sur le marché des boîtiers moyen-format, noteront les esprits les plus affûtés. 

Notre premier avis sur l’Hasselblad X2D 100C

Trois ans après Fujifilm, Hasselblad se lance à son tour sur le segment des hybrides moyen format ultra-définis.

Pour se différencier de son rival japonais, la marque suédoise mise sur un boîtier stabilisé encore plus compact, une qualité d’image a priori très séduisante… et sur un surprenant SSD interne de 1 To – une première sur un appareil photo. On se souviendra cependant du DJI Mavic 3 Ciné, lui aussi doté d’un tel artifice. Le groupe chinois étant propriétaire d’Hasselblad, la coïncidence est amusante.

On reste cependant sur notre faim en raison de l’absence totale d’un mode vidéo (alors même que le capteur fourni par Sony en est parfaitement capable). Sans oublier le positionnement tarifaire franchement élitiste, certes en phase avec la cible visée… mais guère compétitif face à la concurrence.

Pour autant, son design et la science des couleurs ne laisseront pas les amateurs de produits Hasselblad indifférents. Reste à voir comment l’appareil se comporte en studio, et en extérieur, qui semble être son nouveau terrain de jeu.

Responsable éditorial

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  1. Bonsoir

    En moyen format numérique, il y a aussi Phase-One/Mamiya/Leaf suivant le pays et Leica qui proposent des produits neufs extrêmement compétitifs. Fujifilm fait un carton en effet, et les Pentax sont très bons également

    Ensuite, vous ne mentionnez pas non plus la comptabilité avec Phocus, ou Lightroom, ou la proposition ou non d’adaptateurs pour chambres par Hasselblad ou de grip

    Le monde moyen-format est un graal pour beaucoup de photographes, professionnels comme amateur, c’est un peu dommage de rédiger en perdant ces aspects de vue.
    On a l’impression de lire un mauvaise traduction du communiqué de presse par un des « experts » du forum chasseurs d’images. Ce n’est pas l’image que j’ai de votre travail depuis toutes ces années

    Bien cordialement
    Stéphane

  2. Utilisateur d’un modeste Fuji GFX 50 R et de 3 objectifs, je lorgne naturellement vers son grand frère GFX 100S .

    Sans le facteur prix, car nous sommes sur une base de 13000 euros (boitier et un unique objectif), j’opterai pour ce très séduisant appareil qui correspond parfaitement à ma pratique photographique que j’ai cherché de longues années (j’ai 56 ans) et trouvé chez Fujifilm à un prix « abordable ».

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