Test Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN : zoom ultra grand-angle léger pour photographe aux grandes ambitions

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sur 10

Au tout début de la saison estivale 2022, Sigma dévoilait un nouveau zoom ultra grand-angle ambitieux. Avec son ouverture constante à f/2,8 et son gabarit poids-plume, le  Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN | Contemporary étonne. Il vise à incarner un équilibre parfait entre performances optiques, compacité et tarif très contenu de 899 €, afin de séduire les photographes d’architecture ou de paysage dotés d’un hybride en monture E et L.

Alors, pari tenu ? Pour le savoir, nous l’avons utilisé au quotidien et en voyage, à Paris et à Cologne, pendant plusieurs semaines – aux côtés de l’objectif Sigma 28-70 mm f/2,8 DG DN. Voici notre test complet du Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN | Contemporary.

Test Phototrend Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN | Contemporary

Présentation du Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN | Contemporary

Le Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN est le 2e objectif de la « trinité des zooms lumineux et compacts » du constructeur japonais. Il complète harmonieusement le zoom transstandard 28-70 mm f/2,8 DG DN, lancé il y a tout juste un an. Il s’agit également du second zoom ultra grand-angle de Sigma pour les hybrides en monture E et L, puisque la marque propose déjà son objectif 14-24 mm f/2,8 DG DN Art depuis 2019.

Test Phototrend Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN | Contemporary
À gauche, le Sigma 28-70 mm f/2,8 DG DN | Contemporary. À droite, le nouveau Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN | Contemporary.

Sauf qu’ici, Sigma vise à rivaliser pleinement avec les objectifs d’un certain… Tamron. Ce 16-28 mm vient donc concurrencer frontalement le Tamron 17-28 mm f/2,8 Di III RXD, en employant une recette similaire. Une démarche très judicieuse, qui permet à Sigma de ne pas laisser à son concurrent l’exclusivité sur ce segment très porteur – d’autant que cette optique est aussi disponible en monture L

En premier lieu, on notera la longueur focale 16-28 mm, qui s’avère « tronquée » par rapport aux « traditionnels » objectifs 16-35 mm. Mais ce choix est parfaitement logique. D’une part, cette focale (un peu) plus courte permet de diminuer le poids de l’objectif. D’autre part, la réduction de focale se fait uniquement à fond de zoom – sans limiter la largeur du champ au grand-angle (107°). Enfin, ce 16-28 mm sera prolongé à merveille avec le 28-70 mm de Sigma, logique de gamme implacable.

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Les esprits chagrins rétorqueront qu’un 16-28 mm est moins polyvalent à fond de zoom qu’un 16-35 mm. Il s’arrête à 28 mm, alors que la focale 35 mm est très pertinente pour du reportage ou du portrait. Mais encore une fois, le compromis opéré par Sigma est habile. Son objectif se permet d’être 1 mm plus large que son concurrent de chez Tamron – avec un angle de champ de 107° contre 103°. De quoi satisfaire les désidératas des photographes d’architecture !

Test Phototrend Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN | Contemporary

Le Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN dispose d’une formule optique composée de 16 éléments répartis en 11 groupes. Faisant la part belle aux lentilles spéciales, il inclut 4 lentilles asphériques et 5 lentilles FLD (dispersion ultra-faible). Leur but : accroître la qualité de l’image, au centre comme sur les bords, et limiter au maximum les aberrations et les artefacts en tout genre (flareghosting).

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En jaune : lentilles FLD. En liseré rouge : lentilles asphériques.

Sigma mise également sur un traitement « super multicouche », conçu spécialement pour limiter la perte de contraste en contre-jour. Autant de points que nous vérifierons au cours de ce test.

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De plus, l’objectif signé Sigma propose une ouverture constante à f/2,8, assurée par un iris circulaire à 9 lamelles. Un atout pour celles et ceux aimant jouer avec la profondeur de champ. Mais aussi pour les oiseaux de nuit voulant capturer facilement des scènes en basse lumière à main levée. 

Last but certainly not least, ce 16-28 mm f/2,8 se dote d’une motorisation AF pas-à-pas. Cette dernière doit se montrer précise, rapide et silencieuse. Elle doit en outre supporter les modes DMF et AF+MF, ainsi que les modes d’autofocus intelligents (Eye AF, Eye-Tracking, etc.) de Sony.

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Voici la liste complète des caractéristiques techniques du Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN | Contemporary :

  • plage focale : 16-28 mm (24-42 mm en APS-C)
  • objectif pour capteur plein format
  • ouverture max : f/2,8
  • ouverture min : f/22
  • angle de champ : 107°-75,4°
  • construction optique : 16 éléments répartis en 11 groupes dont 4 lentilles asphériques et 5 lentilles FLD
  • diaphragme : circulaire, 9 lamelles
  • distance minimale de mise au point : 25 cm
  • stabilisation d’image : non
  • tropicalisation : construction résistante à l’humidité et à la poussière
  • grossissement max : 0,18x
  • mise au point : autofocus avec moteur pas à pas
  • diamètre du filtre : 72 mm
  • dimensions : 77,2 mm x 100,6 mm (D x L)
  • poids : 450 g
  • accessoires fournis : pare-soleil et bouchons d’objectif
  • monture compatible : Sony E et monture L
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Lightspeed – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 26 mm, f/10, 5s, 3200 ISO

Ergonomie et prise en main 

Au premier abord, le Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN surprend par sa compacité et sa légèreté. Pendant longtemps, bon nombre d’objectifs ultra grand-angle rimaient avec lourdeur et lentille frontale bombée. Ici, Sigma livre une optique remarquablement compacte et équilibrée et redéfinit les codes du genre. Le Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN mesure seulement 100,6 mm de long avec un diamètre maximal de 77,2 mm

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À ce titre, notons que l’objectif est à encombrement constant, le zoom étant effectué en interne. Mais surtout, le Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN pèse 450 grammes seulement. Couplé à un Sony A7 III, l’ensemble réussit à rester sous la barre des 1200 grammes.

À titre de comparaison, le Tamron 17-28 mm f/2,8 Di III RXD fait encore mieux (73 x 99 mm, 420 g). Mais indubitablement, les deux objectifs jouent dans la même catégorie. 

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En outre, notons que le diamètre de filtre est de 72 mm. Hélas, il diffère de celui du 28-70 mm, qui opte pour du 67 mm. Mais on apprécie d’emblée la possibilité de monter facilement n’importe quel filtre, là où le 14-24 mm nécessitait un complexe (et coûteux) dispositif porte-filtres.

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Au-delà, Sigma livre un objectif bien construit, avec un bon niveau de finitions. L’opticien a recours à un plastique très doux au toucher. Espérons seulement que la peinture ne soit pas trop sensible à l’usure. Notons aussi le petit écusson argenté avec le C de la gamme « Contemporary »

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Très minimaliste, l’objectif n’intègre qu’un seul commutateur, dédié à l’autofocus. La bague de zoom, assez large, tombe naturellement sous le pouce. L’amplitude de zoom est très raisonnable (40° environ). La bague de mise au point, quant à elle, est située très à l’avant. Sa course (virtuelle) est particulièrement souple

Comme chez certains concurrents, son fonctionnement dépend de la vitesse de rotation de la bague. Un mouvement brusque permet d’aller rapidement d’un bout à l’autre de la plage de MAP. À l’inverse, un mouvement plus doux permet de régler finement la mise au point. 

Enfin, le 16-28 mm f/2,8 dispose de plusieurs joints en caoutchouc. Il doit donc être résistant aux projections d’eau et à la poussière. En revanche, prudence si vous avez l’intention de l’utiliser sous une cascade…

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Qualité d’image du Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN

Quelle qualité d’image pour le Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN | Contemporary ? La compacité de ce zoom ultra grand-angle a-t-elle un impact sur les performances optiques ? Pour le savoir, nous l’avons utilisé avec un Sony A7 III, doté d’un capteur de 24 Mpx. Cliquez sur chaque image pour la voir en meilleure qualité. 

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Lost – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 16 mm, f/7,1, 1/30s, 125 ISO
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Petit chat ! Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 26 mm, f/2,8, 1/400s, 500 ISO
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Dieppe, le port de plaisance – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 19 mm, f/10, 1/60s, 100 ISO

À 16 mm, les performances sont déjà très correctes. À la pleine ouverture, le piqué est présent au centre… mais un petit peu moins dans les coins. La qualité d’image progresse en fermant le diaphragme, avec de belles performances à partir de f/4,5.

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La salle de repos des cosmonautes – Sony A7 III, 16 mm, f/5,6, 1/30s, 1000 ISO

En revanche, les performances diminuent un chouïa à partir de f/7,1. Au-delà de f/11, la diffraction se fait sentir, avec une certaine baisse de piqué sur l’ensemble de l’image

Up and round – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 16 mm, f/9, 0,5s, 6400 ISO

Les résultats deviennent très bons à 20 mm. Même à f/2,8, la scène est très bien restituée, au centre comme sur les bords. Bien sûr, en fermant le diaphragme les résultats deviennent encore meilleurs. Néanmoins, on n’échappe pas au phénomène de diffraction – mais dans une moindre mesure qu’à 16 mm. On constate simplement un petit manque de peps à partir de f/11. 

Baptistère – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 20 mm, f/10, 1/30s, 400 ISO
Dieppe, le Pont Colbert – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 22 mm, f/10, 1/60s, 100 ISO

Même constat à 24 mm. L’homogénéité est déjà très correcte à la pleine ouverture, et le sweet spot est atteint vers f/7,1. Et, sans grande surprise, le piqué baisse progressivement, avec une très légère mollesse vers f/11

Chapelle-International – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 24 mm, f/14, 1/30s, 800 ISO

Enfin, à fond de zoom, les performances demeurent très honorables. À la pleine ouverture, le piqué est bien présent au centre, un peu moins sur les bords. En fermant le diaphragme, on obtient une très bonne homogénéité, et la sensation de piqué est très présente, au centre comme sur les bords.

Cologne, carte postale – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 28 mm, f/10, 8s, 640 ISO
Confusion – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 28 mm, f/5,6, 1/30s, 5000 ISO

L’objectif est cependant marqué par une certaine présence des distorsions – particulièrement au grand-angle. Les sujets situés au bord de l’image sont étirés en largeur, occasionnant une certaine baisse de qualité. Heureusement, l’objectif dispose d’un profil de correction automatique sous Lightroom – mais pour celles et ceux ne disposant pas de cette fonction, la qualité d’image en souffre.

Chemins de fer de la Compagnie du Nord, perspective en biais – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 16 mm, f/7,1, 1/30s, 125 ISO

Nous serons plus élogieux au sujet de la gestion des aberrations et des artefacts. Même sur des scènes « complexes » (éléments métalliques en contre-jour), on ne discerne aucune frange verte ou violette.

Köln Hauptbahnhof – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN, 28 mm, f/2,8, 1/800s, 250 ISO

De même, le flare est particulièrement modéré. Seuls quelques artefacts verts peuvent faire leur apparition en contre-jour. À ce sujet, notons que la perte de contraste est très modérée dans ce cas de figure. De ce point de vue, l’objectif est très réussi et les 5 lentilles FLD jouent bien leur rôle. 

Un pont, ça ne se construit pas en un jour ! Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 21 mm, f/14, 1/30s, 320 ISO

Sans réelle surprise, le vignettage s’avère très prononcé à la pleine ouverture, et surtout aux focales les plus larges. Il diminue nettement en fermant le diaphragme, et est moins présent sur focales plus longues (même s’il n’est pas absent pour autant). 

Port de Dieppe, livraison d’éoliennes – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 16 mm, f/11, 1/320s, 100 ISO

Enfin, l’ouverture à f/2,8 permet de jouer sur la profondeur de champ. À ce titre, notons que la distance minimale de mise au point est assez courte (25 cm par rapport au capteur). D’une manière générale, les transitions sont assez progressives. L’esthétique globale du bokeh est plaisante, avec des bulles joliment dessinées.

Végétation – 16 mm, f/2,8, 1/100s, 100 ISO

On apprécie également le très bel effet starburst à 18 branches, que l’on peut obtenir très facilement dès f/11 grâce à l’iris à 9 lamelles. Par contre, comme nous le disions plus haut, cela risque d’engendrer une perte de qualité globale à l’image en raison de la diffraction.

Köln starburst – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 24 mm, f/11, 1/15s, 64000 ISO

Autofocus et (absence de) stabilisation 

Comme indiqué au début de ce test, le Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN s’équipe d’une motorisation pas-à-pas, censée se montrer rapide, efficace et silencieuse. Et sur ce dernier point, l’objectif de Sigma fait un sans-faute, son fonctionnement étant totalement inaudible. Un point que devraient apprécier les photographes pour qui la discrétion est de mise.

Trinité – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 22 mm, f/11, 1/30s, 500 ISO

De plus, l’objectif intègre un mécanisme de déplacement des lentilles très perfectionné. Résultat, le zooming se fait en interne, et l’objectif n’est pas déséquilibré en zoomant. Un point qui devrait grandement séduire les vidéastes utilisant une gimbal.

Couplé à notre A7 III, les performances de l’AF sont honorables. De jour comme de nuit, l’accroche du sujet est rapide. L’objectif effectue la mise au point sans délai, quelle que soit l’ouverture choisie. On notera quelques (rares) cas où la MAP est effectuée à côté du sujet, mais ce cas de figure reste marginal. On apprécie également l’absence quasi-totale du focus breathing.

Cathédrale du rail – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN, 28 mm, f/10, 4s, 2000 ISO

Notez aussi que l’objectif gère parfaitement les modes de détection et de suivi de l’œil du sujet. Humains ou animaux : les photos de portrait (à 28 mm par exemple) sont très réussies.

Mes nouveaux amis de Cologne – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 28 mm, f/2,8, 1/30s, 64000 ISO

Nous avons seulement rencontré quelques difficultés sur des sujets situés à très courte distance. Dans ce cas de figure, l’objectif peine à accrocher le sujet et a tendance à faire la mise au point sur un autre sujet à l’arrière-plan.

Gentil coquelicot – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN, 28 mm, f/4,5, 1/100s, 100 ISO

Enfin, notez que l’objectif de Sigma fait l’impasse sur la stabilisation optique. Mais à l’usage, ceci n’est pas pénalisant. D’une part, les focales ultra-larges nécessitent beaucoup moins la stabilisation optique que les téléobjectifs.

Perspective plongeante – Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN, 16 mm, f/8, 1/30s, 125 ISO

D’autre part, la quasi-totalité des hybrides plein format du marché bénéficient d’un capteur stabilisé, facilitant le travail à main levée en basse lumière. 

La cathédrale de Cologne, perspective redressées – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 28 mm, f/11, 1/8s, 25600 ISO

Le Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN | Contemporary face à la concurrence

Au fur et à mesure, le nombre de zooms ultra grand-angle pour la monture Sony E s’est considérablement développé. De fait, le Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN rencontre sur sa route plusieurs objectifs équivalents. 

En premier lieu, mentionnons le Sony FE 16-35 mm f/2,8 GM, que nous avions testé en décembre 2021. Cette optique d’excellence arbore la mention G Master, signe des efforts apportés par Sony à la conception de cette optique. Sur le terrain, il offre un excellent piqué à toutes les focales et à toutes les ouvertures. Mais rappelons que cet objectif demeure assez lourd (680 g) et encombrant (88,5 x 121,6 mm). Et son tarif est « juste » 3 fois plus élevé, étant proposé à 2399 €

Son concurrent le plus direct n’est autre que le Tamron 17-28 mm f/2,8 Di III RXD. Les deux optiques adoptent un positionnement équivalent. Seule différence « majeure » : sa focale est 1 mm moins large au grand-angle, offrant un angle de champ de 103° (contre 107° pour le Sigma). En termes de qualité d’image, les deux objectifs offrent des performances équivalentes… même si le Tamron offre moins de vignettage et un peu plus de piqué aux focales les plus courtes. Il est disponible à 899 €

Chez Sigma, on retrouve aussi le 14-24 mm f/2,8 DG DN Art. Ouvrant lui aussi à f/2,8, il se différencie par sa focale, 4 mm plus courte que les 16-35 mm habituels (et un angle de champ de 114°). Lors de notre test, nous avions particulièrement apprécié sa qualité d’image, quasiment irréprochable. Cependant, difficile de passer à côté du gabarit de cet objectif, de son poids de 1,1 kg et de sa lentille bombée. Enfin, à 1529 €, il est plus onéreux que le 16-28 mm. 

Dans la même veine, mentionnons aussi le Sony 12-24 mm f/4 G, certes moins lumineux mais offrant un champ extrêmement large. Il est proposé à 1749 €

Enfin, Sony propose depuis peu son zoom motorisé Sony FE PZ 16-35 mm f/4 G. Avec de nombreux atouts pour la vidéo, il offre d’excellentes performances optiques et une excellente homogénéité à toutes les focales. Certes, son ouverture à f/4 n’est pas la plus lumineuse, mais il compense amplement ce point par sa légèreté : 353 grammes seulement ! Il est cependant plus onéreux que l’objectif de Sigma, étant vendu à 1499 €

Et pour clore ce chapitre, citons le Sony Vario-Tessar T* FE 16-35mm f/4 ZA OSS. Lancé en 2014, cet objectif s’avère vieillissant – même s’il conserve plusieurs atouts, comme la stabilisation optique. Cependant, son tarif de 1099 € ne le rend pas spécialement attractif. Mais si vous le trouvez à 749 € en occasion, il retrouve une certaine pertinence.

À qui se destine le Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN ?

Avec cet objectif 16-28 mm, Sigma s’adresse principalement aux photographes exigeants pratiquant la photo d’architecture, de paysage mais aussi de reportage. Il offre une bonne polyvalence, même si certains photographes pourraient regretter l’absence de la focale 35 mm. 

Illusion – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 16 mm, f/2,8, 1/250s, 250 ISO

Affichant seulement 420 grammes sur la balance, l’objectif séduira immédiatement celles et ceux voulant réduire le poids de leur matériel photo. Clairement, ce 16-28 mm peut être emporté partout – et sans effort

Circular sunset – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN – 19 mm, f/10, 1/60s, 100 ISO

Son ouverture constante et lumineuse à f/2,8 pourra séduire celles et ceux aimant jouer avec la profondeur de champ. De même, elle pourra aider les photographes capturant des images à main levée en basse lumière

Mousse et bokeh – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2.8 DG DN – 26 mm, f/3,5, 1/30s, 250 ISO

Enfin, il pourra devenir un bon allié pour les vidéastes, grâce à son focus breathing très réduit et à son mécanisme de zoom interne, très pratique pour filmer à l’aider d’une gimbal

Conclusion

Au terme de ce test, le Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN nous laisse une impression globalement positive. L’opticien japonais nous livre une optique séduisante à bien des égards

En premier lieu, on apprécie sa taille et son poids très réduits (même si Tamron réussi à faire encore mieux, il est vrai). Puis on se laisse séduire par ses performances, avec un très bon niveau de piqué au centre de nos images – malgré quelques faiblesses sur les bords aux focales les plus courtes. En outre, son autofocus est réactif et précis – en plus d’être totalement silencieux

Brutalist sunset – Sony A7 III, Sigma 16-28 mm f/2.8 DG DN – 16 mm, f/10, 1/50s, 100 ISO

Finalement, comme avec l’objectif de Tamron, la véritable question se situe au niveau de la plage focale. Plus réduite qu’un 16-35 mm, elle est un peu moins polyvalente à fond de zoom. Mais si vous possédez déjà l’objectif 28-70 de Sigma, la question ne se pose pas

Vendu à 899 €, cet objectif ne présente aucun défaut rédhibitoire, et offre un rapport qualité-prix particulièrement séduisant. Et à ce titre, nous le recommandons sans hésiter.

Le Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN est disponible au tarif de 899 € à la Fnac, chez Digit-Photo, Miss Numérique, Camara, Digixo, Photo-Univers et IPLN

Test Sigma 16-28 mm f/2,8 DG DN : zoom ultra grand-angle léger pour photographe aux grandes ambitions
Fabrication / finitions
8.5
Qualité d'image
8.4
Ergonomie / praticité
8.2
Points forts
léger et compact ; très bon niveau de finitions
Très bon piqué à toutes les focales au centre de l'image
Ouverture constante à f/2,8, bokeh plaisant
AF précis et réactif, focus breathing très maîtrisé, zooming en interne
Excellente gestion des aberrations optiques
Très bon rapport qualité-prix
Points faibles
Piqué en léger retrait aux extrêmes bords à 16 mm
Légères distorsions sur les bords à 16 mm
Un peu moins polyvalent à fond de zoom (28 mm) que les 16-35 mm "classiques"
Pas de stabilisation optique (mais est-ce un mal ?)
8.4
sur 10