Sony dispose, pour son système hybride 24×36 mm, d’une gamme optique désormais assez complète composée de zooms et de focales fixes. Dans l’univers des zooms grands-angles, on trouve pas moins de trois solutions différentes : deux “classiques” 16-35 mm en version f/2,8 GM ou f/4 Zeiss constants et un très intéressant zoom Sony UGA 12-24 mm f/4 G que nous avions déjà pris en main l’an dernier. C’est de lui dont il va être question aujourd’hui avec notre test complet de cet ultra grand-angle !

Le Sony FE 12-24 mm f/4 G monté sur un Sony A7 III

Présentation du Sony FE 12-24 mm f/4 G

Le Sony FE 12-24 mm f/4 G est un zoom allant de 12 à 24 mm idéal pour les amateurs de reportage, de paysage, voire même de photo d’architecture (attention aux déformations). Il dispose d’une ouverture constante f/4 associée à un diaphragme circulaire à 7 lamelles (ouverture minimale de f/22) qui permettra de jouer un peu avec la profondeur de champ (pas facile en ultra grand-angle, même avec des objectifs très lumineux) et de surtout pouvoir conserver les mêmes paramètres d’exposition sur toute la plage de focales. Cette optique appartient à la collection G (G pour Gold) de Sony : c’est donc un objectif orienté haut de gamme.

Au 12 mm à f/4 (16000 ISO, 1/30 s.)

Sa formule optique est complexe et composée de pas moins de 17 lentilles différentes organisées en 13 groupes. Parmi elles, on retrouve quatre lentilles asphériques, un verre Super ED et trois verres ED. La mise au point est assurée par un système interne et motorisée par le système DDSSM (Direct Drive Super Sonic Motor). La distance minimale de mise au point est de 28 cm ce qui assure un grandissement de 0,14x. L’objectif qui mesure 11,7 cm de long, 8,7 cm de diamètre et pèse 565 grammes est protégé contre les intempéries.

Formule optique du Sony FE 12-24 mm f/4 G

Pourvu de la monture E, il est conçu pour couvrir le format de capteur 24×36 mm des hybrides A7/9, mais peut aussi tout à fait s’utiliser sur les hybrides APS-C de Sony (A6500 par exemple). Dans ce cas, il devient un équivalent 18-36 mm (coefficient de conversion de focale de 1,5x). Il peut aussi s’utiliser avec les caméscopes à objectifs interchangeables Sony équipés d’une monture E (FS7 par exemple).

Voici les caractéristiques techniques complètes de l’objectif Sony FE 12-24 mm f/4 G :

  • type d’objectif : zoom
  • monture : Sony E-mount
  • format couvert : 24×36 mm
  • focale ou plage de focales : 12-24 mm
  • équivalent APS-C : 18-36 mm
  • construction : 17 éléments répartis en 13 groupes
  • éléments spécifiques : 4 lentilles asphériques, 1 verre Super ED, 3 verres ED
  • ouverture maximale : f/4
  • ouverture minimale : f/22
  • nombre de lamelles du diaphragme : 7
  • autofocus : oui, moteur DDSSM (Direct Drive Super Sonic Motor)
  • distance minimale de mise au point : 28 cm
  • rapport de grossissement maximal : 0,14X
  • stabilisation optique : non
  • diamètre du filtre : non applicable
  • tropicalisation : conception DMR (Dust Moisture Resistance)
  • poids : 565 g
  • dimensions : 8,7 x 11,7 cm (DxL)
  • pare-soleil : oui, fixe
  • étui de protection : oui, souple

Prise en main du Sony FE 12-24 mm f/4 G

Premier constat, et non des moindres, ce 12-24 mm est avant tout un bel objet. Le design de l’objectif est très réussi et il se “mariera” à merveille avec celui des gammes hybrides A7/9 de Sony. L’objectif est discret, sobre et élégant : un bon point pour ne pas trop attirer l’attention sur le terrain. Sur son fût, on retrouve les informations de rigueur assez rudimentaires : caractéristiques de base (FE 4/12-24 G), logo de la collection G, repères de focale (6 valeurs), repère de montage de baïonnette (E-mount).

Peu d’inscriptions sur le fût de l’objectif

La qualité de construction semble bien au rendez-vous avec un corps en plastique noir satiné et légèrement texturé, de belles et confortables bagues de réglages, une baïonnette en métal et une conception DMR (Dust Moisture Resistance) qui garantit un renforcement contre l’entrée d’humidité et de poussière à l’intérieur de l’optique.

On retrouve à l’avant une belle lentille bombée protégée par la présence d’un pare-soleil en corole fixe (il permet, entre autres, de poser l’objectif tête en bas sur une table). C’est donc un objectif à encombrement constant et ce quelque soit la distance de mise au point (mise au point interne ici) ou la focale (léger déplacement de la lentille frontale toujours protégée par le pare-soleil).

Bien que très valorisante à l’oeil, cette lentille frontale bombée rend impossible l’utilisation de filtres pourtant si chers aux photographes de paysage. Notons d’ailleurs que cet objectif ne dispose pas non plus de solution à l’arrière pour insérer un petit filtre. Dommage !

Magnifique lentille frontale bombée et protégée par le pare-soleil

Les mensurations de cet objectif sont aussi très alléchantes. Un des arguments phares des hybrides est la compacité et la légèreté, ce qui n’est pas toujours le cas avec certains objectifs. Il n’en est rien ici et la promesse est bien tenue.

Sur la balance, comptez un peu plus de 550 grammes. Par comparaison, un A7 III pèse pour sa part 650 grammes. Il mesure 11,7 cm de long et dispose d’un diamètre maximal (au niveau de son pare-soleil) d’un peu moins de 9 cm. Il est donc très bien proportionné aux calibres des hybrides A7/9 avec un centre de gravité qui se positionne naturellement au niveau de la monture. Aucun problème n’est à prévoir en cas de longues séances de prises de vues à main levée.

Pour bien mettre en perspectives les mensurations réduites de cet objectif, n’oublions pas qu’un 16-35 mm f/2,8 GM pèse 680 grammes et qu’un 12-24 mm f/4 Sigma (pour reflex Canon) pèse 1,15 kg (plus le poids de la bague d’adaptation).

Monté sur un Sony A7 III

Pour ce qui est des bagues de réglages, la première est dédiée au zoom et la seconde à la mise au point manuelle. 7 valeurs de réglages de focale sont inscrites sur le corps de l’objectif : 12, 14, 16, 18, 21 et 24 mm. La course globale entre 12 et 24 mm est assez courte et la fluidité de la bague proche de la perfection. Le réglage de la focale est donc précis, rapide et confortable.

Par contre, pour ce qui est de la mise au point manuelle. On déplore l’absence de repères et de butées. Cette bague n’est pas directement reliée au bloc de mise au point, mais actionne le moteur DDSSM qui se charge de déplacer les lentilles à l’intérieur de l’objectif. On manque donc un peu de sensation même si la fluidité est assez réussie.

Enfin, sur le côté de l’objectif, on retrouve un interrupteur qui permet la bascule totale en mise au point manuelle (notons que la retouche manuelle du point est aussi possible en autofocus) et la présence d’un bouton programmable qui peut servir, entre autres, de bloquer la mise au point. C’est le même genre de fonctions que l’on peut retrouver, par exemple, sur les très longs téléobjectifs professionnels.

Qualité d’image du Sony FE 12-24 mm f/4 G

Voyons désormais ce que 12-24 mm a dans le ventre sur le terrain. Beaucoup de facteurs influent sur la qualité d’une image et l’optique qui est utilisée pour la faire est l’un des plus importants. Pour ce test, nous avons opté pour le dernier né de la gamme hybride A7 de Sony : l’A7 III. Cet appareil embarque un capteur 24×36 mm de 24 millions de pixels.

Vous pouvez cliquer sur chaque image pour la voir en plus grande, selon la taille de votre écran.

Qu’est ce que l’on va juger ? Le piqué bien entendu, mais aussi et peut-être même plus son homogénéité (aux différentes focales et ouvertures) et son comportement général. Puis viendront dans un second temps la gestion des aberrations chromatiques, les éventuelles distorsions et le vignetage.

Le 12-24 mm embarque une formule optique composée de pas moins de 17 lentilles dont 4 lentilles asphériques, 1 verre Super ED, 3 verres ED. Les verres ED sont là pour limiter les aberrations chromatiques et les lentilles asphériques pour optimiser, entre autres, le niveau et l’homogénéité du piqué (limiter le phénomène de courbure de champ sur un grand-angle). D’un point de vue technologique, ce n’est pas tout. Il faut aussi compter sur les algorithmes de corrections optiques embarqués directement dans le boîtier qui permettent d’influer sur le vignetage, les aberrations chromatiques et les distorsions.

Au 12 mm à f/8 (100 ISO, 1/125 s.)

Au 12 mm à f/4 (640 ISO, 1/30 s.) avec une faible distance de mise au point

Premier constat, cet objectif délivre des images de très grande qualité ! Bien entendu, grand-angle oblige, tout n’est pas parfait, mais dans l’ensemble et pour le type d’images auquel il est destiné c’est très bon.

Commençons par le piqué. Il est fort dès la plus grande ouverture f/4 au centre des images. Bon point, son niveau est relativement constant en fonction des différentes valeurs d’ouvertures et focales même si l’on ressent un retrait notable à fond de zoom 24 mm. Pour un zoom et qui plus est ultra grand-angle, l’homogénéité du piqué est assez bonne, même si la force des choses fait que le piqué baisse à mesure que l’on s’éloigne du centre des images. Passé f/16, diffraction oblige, le niveau général de piqué de l’objectif commence à baisser. Les images restent encore exploitables ce qui n’est pas le cas à f/22. Pour tirer le meilleur de cet objectif (niveau de piqué et homogénéité des images), on va préférer les ouvertures moyennes comprises entre f/5,6 et f/11.

Bon point, les aberrations chromatiques sont très bien gérées (par la combinaison formule optique plus algorithmes internes à l’appareil). Nous n’avons pas réussi à les mettre en évidence, et ce même à la plus large focale et à la plus grande ouverture sur les bords extrêmes des images et sur des zones très contrastées.

Les distorsions sont assez faibles ce qui est un réel plus pour un objectif ultra grand-angle de ce type. Oubliez l’effet fish-eye sauf peut-être avec de faibles distances de mise au point. Sur des photos d’architecture, on est presque frustré de ne pas pouvoir travailler sur les perspectives avec des bascules et décentrements.

Niveau vignetage, c’est également très bon. On ressent légèrement le phénomène aux plus grandes ouvertures, mais il reste tout à fait mesuré et pourra, au besoin, se corriger en quelques clics en post-traitement.

Au 12 mm à f/5,6 (100 ISO, 1/80 s.)

Au 12 mm à f/4 (8000 ISO, 1/30 s.)

Niveau bokeh et effets de profondeur de champ, cet objectif n’est, par nature, pas très performant : grand-angle et ouverture maximale assez faible. Pour “forcer” l’effet et dégager un sujet principal de son arrière-plan, il faut opter pour une très faible distance de mise au point, un bon dégagement entre le sujet principal et son arrière-plan, la plus grande ouverture f/4 et la plus longue focale 24 mm.

Autofocus du Sony FE 12-24 mm f/4 G

Ce 12-24 mm f/4 est équipé d’une motorisation autofocus de type DDSSM (Direct Drive Super Sonic Motor). c’est une solution puissante, capable de déplacer un groupe optique assez lourd. La mise au point est rapide, précise, silencieuse (donc exploitable en vidéo) et réactive.

Quelles sont les alternatives au Sony FE 12-24 mm f/4 G ?

Sony possède à son catalogue trois zooms grand-angles proposés à des tarifs différents. Le plus cher et le plus prestigieux est le 16-35 mm f/2,8 en gamme G Master. Cet objectif, le fleuron de la gamme Sony, est plus lumineux d’un diaphragme et voit plus loin (35 mm contre 24 mm). Il voit, par contre moins large (16 mm contre 12 mm). Puis vient notre 12-24 mm f/4 G suivi par un 16-35 mm f/4 signé Zeiss. Le modèle Zeiss pour sa part dispose de la même ouverture constante f/4, mais d’une plage de focale différente. Comme le modèle f/2,8, il voit moins large, mais voit plus loin.

De gauche à droite, les trois zooms grands-angles Sony : 16-35 mm f/2,8 GM, 12-24 mm f/4 et 16-35 mm f/4 Zeiss

Dans le monde du reflex, qui laisse supposer l’utilisation d’une bague d’adaptation qui permet de maintenir plus ou moins de fonctionnalités on trouve : un 11-24 mm f/4 série L chez Canon, un 16-35 mm f/2,8 L et un 16-35 mm f/4 L toujours chez Canon. Chez Nikon, il faudra jouer avec le 14-24 mm f/2,8 ou un 16-35 mm f/4. Enfin, Sigma propose aussi un 12-24 mm f/4 ou un 14-24 mm f/2,8 et Tamron un 15-30 mm f/2,8.

De gauche à droite : 11-24 mm f/4 Canon, 12-24 mm f/4 Sigma, 14-24 mm f/2,8 Nikon et 15-30 mm f/2,8 Tamron

À qui s’adresse le Sony FE 12-24 mm f/4 G ?

Un zoom grand-angle est une “arme” à tout faire, enfin beaucoup de choses. Ce qui vient à l’esprit en premier est évidemment le paysage et les grands espaces, mais ce type d’objectif, bien qu’un peu large, peut être aussi utilisé pour du reportage (mariages, photo de rue, etc.). C’est également un outil intéressant pour de la photo d’architecture bien qu’il soit impossible de corriger les perspectives (pas de bascules et de décentrements) et ce que ce soit en extérieur pour des bâtiments ou en intérieur pour “transformer” un petit 15 m² en grand loft. Enfin, le portrait peut également se joindre à la fête.

Au 12 mm (100 ISO, 1/60 s. f/8)

Au 24 mm depuis le même point de vue (100 ISO, 1/60s., f/8)

Au premier abord, il paraît évident qu’un 12-24 mm est un zoom idéal pour compléter un 24-70 mm qui lui aussi complète parfaitement un 70-200 mm. Avec ces plages de focales, il n’y a pas de recoupement : un bon point sur le papier. Cependant dans les faits, si on ne possède qu’un seul boîtier, il est vrai qu’un zoom grand-angle 16-35 mm est peut être plus judicieux. Même si cette plage de focale recoupe celle d’un 24-70 mm de 24 à 35 mm, il n’est pas rare en reportage “grand-angle” de devoir utiliser fréquemment ces focales en plus de ce qui se trouve entre 16 et 24 mm. Avec un 16-35 mm, on a donc moins besoin de changer régulièrement d’objectif et on est, par conséquent, plus réactif !

De gauche à droite, le trio incontournable de zooms en f/4 constant : 12-24 mm f/4, 24-70 mm f/4 et 70-200 mm f/4

L’ouverture constante de ce zoom est un avantage indéniable. Cela donne la possibilité d’utiliser les mêmes paramètres de prise de vue, quelle que soit la focale. L’ouverture maximale f/4 est assez peu lumineuse. Cela ne devrait pas poser trop de problèmes dans les faibles conditions lumineuses compte tenu des performances des boîtiers dans les hautes sensibilités ISO et de la stabilisation du capteur sur la majorité des hybrides Sony. Cela limite juste les possibilités d’effets de profondeur de champ très marqués qui sont déjà, par définition, assez délicats à obtenir avec des focales larges.

Effets de profondeur de champ limités à pleine ouverture. Ici : 24 mm, f/4 (100 ISO, 1/125 s.)

Effets de profondeur de champ limités à pleine ouverture. Ici : 12mm, f/4 (100 ISO, 1/50 s.)

Ce 12-24 mm f/4 est donc idéal si vous aimez voir large et que cette plage de focales ne vous force pas à changer d’objectif toutes les trois minutes. Son ouverture de f/4 bien que moins prestigieuse qu’une f/2,8 ne sera pas un handicap si vous ne devez pas à tout prix réduire au maximum la profondeur de champ dans vos images. Notons également que le poids et l’encombrement réduit de cet objectif en font un outil terrain remarquable pour de longues séances de prises de vue à main levée, et ce même dans les pires conditions de prises de vues.

Conclusion

Au final, le zoom ultra grand angle Sony FE 12-24 mm f/4 G est une superbe optique qui comblera en tous points les amateurs de champ large. L’objectif délivre au global une très bonne qualité d’image, est dénué d’aberrations chromatiques et gère assez bien les distorsions, la bête noire des ultras grands-angles.

On peut presque se demander pourquoi il n’appartient pas à la gamme G master de Sony. On ne va pas s’en plaindre, car si cela avait été le cas, le prix aurait mécaniquement été nettement plus élevé. Il a été lancé en mai 2017 à un tarif avoisinant les 2000€ et en parallèle du très séduisant 16-35 mm f/2,8 G Master. La raison voudrait de choisir plutôt un 16-35 mm en f/2,8 ou f/4 comme zoom grand-angle à tout faire, mais quel plaisir de travailler entre 12-16 mm !

Test du zoom grand-angle Sony FE 12-24 mm f/4 G
Compact et légerPiqué fort et stable au centre dès la plus grande ouvertureBonne gestion des distorsionsAbsence d’aberrations chromatiques
Pas de repères sur l’objectif en mise au point manuelleLéger vignetageAssez peu homogène au niveau du piqué quelque soit la configuration focale/ouverturePerformances en retrait au 24 mm
8.3Note finale
Fabrication / Finitions8
Qualité d'image9
Ergonomie générale / praticité8