Enfin, le voici. Après des mois d’attente et de rumeurs en tout genre, Sony vient d’officialiser son nouvel hybride plein format. Le Sony A7 IV fait montre de caractéristiques très ambitieuses, aussi bien pour la photo que pour la vidéo – en héritant de certaines technologies aperçues sur les Sony A1 et A7S III. Il sera disponible à partir du mois de décembre, moyennant la coquette somme de 2799 €.

Sony A7 IV : le successeur très attendu d’un best-seller

Lancé il y a 3 ans et demi, le Sony A7 III (lire notre test) s’est rapidement imposé comme l’un des meilleurs boîtiers de sa catégorie, grâce à une très bonne réactivité et une excellente qualité d’image. Selon les chiffres avancés par Sony, l’A7 III se serait écoulé à plus de 200 000 exemplaires depuis sa sortie.

Dès lors, succéder à ce best-seller n’est pas chose aisée. Aussi, Sony met les petits plats dans les grands pour séduire photographes et vidéastes. Capteur plein format de 33 Mpx, AF encore plus véloce et précis, vidéo 4K à 60 i/s, écran orientable monté sur rotule… Retour sur toutes les caractéristiques de ce boîtier prometteur.

Capteur plein format CMOS rétroéclairé Exmor R de 33 Mpx et double-processeur Bionz XR

Le Sony A7 IV inaugure un nouveau capteur plein format, comptant 33 millions de pixels. Il est donc 36% plus défini que son prédécesseur, qui devait se « contenter » de 24 Mpx. Une bonne nouvelle pour celles et ceux qui aiment rogner leurs photos.

Ce capteur est secondé par un double-processeur Dual Bionz XR – une configuration déjà croisée sur les Sony A1 et Sony A7S III. D’après le constructeur japonais, cette configuration permet à l’A7 IV d’offrir une meilleure gestion du bruit numérique – malgré des photosites légèrement plus petits. À ce titre, notons la dynamique de 15 stops, en photo comme en vidéo.

Avec l’augmentation de la définition du capteur, on aurait pu craindre que la plage ISO soit plus restreinte. Dans les faits, il n’en est rien. Le Sony A7 IV dispose ainsi d’une plage ISO native de 100 à 204 800 ISO en photo, et 102 400 ISO en vidéo.

Néanmoins, ce nouveau capteur de Sony est de type Exmor R – et non Exmor RS. En clair, ce capteur de 33 Mpx est de type BSI (rétroéclairé), mais pas « empilé ». Un point qui pourrait s’avérer préjudiciable pour les performances en lecture du capteur. Sur le terrain, l’effet de rolling shutter devrait donc être assez présent – contrairement au Sony A1 dont le capteur est de type CMOS BSI empilé.

Clairement, il est dommage que le Sony A7 IV fasse l’impasse sur cette technologie. Mais il semble que le constructeur ait privilégié la hausse de définition, laissant au Sony A1 le bénéficie d’une extrême réactivité.

On se consolera avec la stabilisation du capteur sur 5 axes, qui offre maintenant un gain maximal de 5,5 stops (comme le Sony A1).

Buffer très haute capacité et rafale à 10 i/s

En termes de réactivité, le Sony A7 IV se dote d’un atout non-négligeable. En effet, la capacité de son buffer a été revue, de façon à être capable de capturer des images (presque) en illimité.

Compatible avec les cartes CFexpress Type A, le boîtier peut capturer jusqu’à 828 images en RAW non-compressé + JPEG en continu, et plus de 1000 images en RAW (compressé ou non) et/ou en JPEG. De quoi faire jeu égal avec un boîtier comme le Canon EOS R6, qui s’avère particulièrement bon dans ce domaine.

Du côté de la rafale, cependant, le Sony A7 IV fait jeu égal avec son prédécesseur. Comptez 10 i/s (avec suivi AE/AF) avec l’obturateur mécanique ou électronique. Des valeurs plus que correctes… Mais depuis la sortie de l’A7 III, la concurrence a eu le temps de faire mieux. On pense notamment au Nikon Z 6II, qui offre une rafale à 14 i/s, en shutter mécanique comme électronique.

Test Canon EOS R6, l’hybride plein format équilibré et performant

Autofocus « hybride » et suivi AF encore plus efficace

En matière d’autofocus, le Sony A7 III était loin d’être à la traîne. Cependant, son successeur entend faire encore mieux. Sony A7 IV s’équipe d’un autofocus « hybride » (corrélation de phase et détection de contrastes), comptant un total de 759 points AF et couvrant 94 % de la surface du capteur. À noter que l’AF doit fonctionner jusqu’à -4 EV (en mode AF-S): une bonne nouvelle pour les oiseaux nocturnes.

Côté software, le Sony A7 IV hérite des nouveaux algorithmes de détection et de suivi du sujet du Sony A1. A la clé, une détection des yeux et visages 30% plus précise par rapport à l’A7 III.  Une excellente nouvelle pour les photographes de sport, notamment. La fonction Real-Time Eye AF, particulièrement appréciée des portraitistes, doit aussi se montrer encore plus efficace. Et surtout, l’A7 IV doit être capable de détecter et de suivre l’œil des oiseaux.

De plus, Sony explique que le suivi AF doit fonctionner jusqu’à f/22. Une excellente nouvelle pour les photographes d’ornithologie, qui pourront tirer pleinement parti de leurs télézooms avec téléconvertisseurs.

Enfin, Sony indique avoir retravaillé le fonctionnement du mode AF-S, pour un focus plus rapide.

Vidéo 4K à 60 i/s en Super 35 mm

En vidéo, le Sony A7 IV fait montre d’une solide fiche technique, héritant d’un certain nombre de fonctionnalités héritées des Sony A1 et A7S III. Sur le terrain, point de 8K ni de 6K, mais de la 4K à 60 i/s – mais uniquement au format Super 35 mm (format APS-C, crop 1,5x).

Le boîtier permet également de filmer en 4K à 30 i/s sans crop. Dans ce mode, l’A7 IV capture des images en 7K (environ 30 Mpx) et suréchantillone la vidéo pour une image en 4K de meilleure qualité.

Par ailleurs, le Sony A7 IV est capable de livrer des séquences en FHD à 120 i/s en interne, permettant d’obtenir un ralenti vidéo x5. La 4K 120p (avec crop) reste réservée aux Sony A7S III et A1.

En vidéo, l’A7 IV devrait tirer parti de la stabilisation 5 axes du capteur (avec un gain maximal de 5,5 stops). Toutefois, il profite aussi de la stabilisation numérique « Active Mode », déjà croisée sur les Sony A7S III et A1, là encore – au prix d’un léger crop dans l’image.

Comme en photo, le Sony A7 IV bénéficie de derniers algorithmes de la marque. Il propose donc le suivi des yeux des humains et des animaux (y compris les oiseaux). Il permet aussi de sélectionner l’œil du sujet sur l’écran tactile (Touch Tracking).

Afin de séduire les vidéastes chevronnés, l’A7 IV doit aussi offrir une grande latitude au niveau de la colorimétrie. Ainsi, le boîtier est capable de filmer en 4:2:2 10 bits en interne (comme l’EOS R6, soit dit en passant). Il permet aussi de filmer en S-Log 3, avec une dynamique de +15 stops. Par ailleurs, le boîtier permet de personnaliser le rendu des vidéos grâce aux courbes S-Cinetone et aux Creative Tone. Pratique pour celles et ceux voulant obtenir un rendu plus « cinématographique » à leurs rushs. En revanche, pas d’enregistrement en ProRes RAW, celui-ci reste réservé aux boîtiers les plus haut de gamme.

Du côté de la compression, le Sony A7 IV gère les modes All-Intra comme Long GOP. À l’instar des A1 et A7S III, on retrouve les nouveaux codecs vidéo XAVC-HS (H.265) et XAVC-I (H.264).

De nouvelles options pour les vidéastes

Au-delà des aspects purement techniques, Sony ajoute trois nouvelles options pour faciliter le travail des vidéastes : Assistant AF, Focus MAP et Compensation du focus breathing.

En premier lieu, le mode Assistant AF est directement hérité de la caméra vidéo Sony FX6, et permet de gérer facilement les transitions de mise au point. Lorsque l’option est activée, il suffit de toucher à la bague de mise au point pour que le boîtier bascule en mode de mise au point manuelle. Une fois l’opération effectuée, l’autofocus reprend la main après un court laps de temps.

De son côté, le mode « Focus MAP » devrait être très pratique avec les objectifs très lumineux (f/2,8, voire plus). À la manière d’un focus peaking, elle doit vous permettre de visualiser plus facilement les zones nettes de l’image. Toutefois, la « focus map » se différencie en dessinant une carte des zones en front focus (en orange) ou back focus (en bleu). De quoi ajuster très précisément la mise au point.

Par ailleurs, Sony présente une nouvelle option pour compenser l’effet de focus breathing. Elle doit ainsi éviter les variations de la focale lorsque l’on change la mise au point, au prix d’un recadrage. Pour l’heure, cette fonction très prometteuse est exclusive au Sony A7 IV – même si le constructeur n’exclut pas de l’ajouter aux A7S III et A1 via une future mise à jour de firmware.

Enfin, Sony ajoute un nouveau mode de diffusion en live de vos vidéos. À l’instar de ce que propose Canon (entre autres), il suffit de brancher le boîtier en USB à un ordinateur pour que celui-ci propose différentes options, comme « Live Streaming ». L’A7 IV peut ainsi streamer un flux en 4K à 15 i/s, et en FHD à 60 i/s. Et, du côté du son, ce mode est compatible avec l’interface audio numérique de Sony.

Construction et ergonomie revus et améliorés

À l’image des autres boîtiers de la série Alpha, le Sony A7 IV bénéficie d’une construction en alliage de magnésium. Comme son prédécesseur, il dispose de plusieurs joints d’étanchéité pour résister à l’eau et à la poussière. Toutefois, Sony se garde bien de dire que son boîtier est tropicalisé. D’après Sony, le boîtier hérite d’une structure de dissipation thermique passive (sans ventilateur) héritée des hybrides A7S III et A1. Un point crucial pour éviter la surchauffe en vidéo : Sony annonce plus d’une heure d’enregistrement vidéo continu en 4K 60p 10 bits 4:2:2.

Par ailleurs, le boîtier se dote d’un grip plus profond et plus arrondi (à la manière des récents hybrides de Canon et Nikon), afin d’offrir une meilleure prise en main.

De fait, les dimensions du boîtiers sont légèrement en hausse – et sont identiques à celles de l’A7S III. Comptez 129 x 97 x 70 mm (LxHxP), et un poids de 658 g.

La plus grosse nouveauté se situe au niveau de l’écran. Exit l’écran inclinable monté sur charnière : Sony emboîte le pas à Canon et propose maintenant un écran orientable tactile de 3 pouces de 1,03 million de points, monté sur rotule. Une disposition qui devrait faciliter le travail des vidéastes… même si certains photographes restent attachés à l’écran inclinable, dans l’axe.

Du côté du viseur, Sony semble avoir écouté les retours de ses utilisateurs. Ainsi, l’A7 IV s’équipe d’un viseur électronique OLED Quad-VGA comptant 3,68 millions de points (contre 2,36M pour l’A7 III, soit 1,6x plus défini). En outre, la fréquence de rafraîchissement du viseur OLED peut monter à 120 Hz pour un plus grand confort. À ce titre, Sony indique avoir lutté contre les couleurs parasites dans le viseur – un des petits défauts de l’A7 III.

Du reste, Sony a apporté quelques petits changements pour faciliter la vie des photographes et des vidéastes. Ainsi, le bouton REC migre sur la tranche supérieure, non loin du déclencheur. Par ailleurs, une nouvelle molette, placée sous la roue PASM, permet de choisir plus rapidement les modes photo, vidéo ou S&Q.

Enfin, la roue codeuse située tout à droite devient plus polyvalente. Jusqu’ici cantonnée à la compensation de l’exposition, elle est personnalisable et peut servir à régler la vitesse d’obturation, l’ouverture, la sensibilité ISO…

Côté logiciel, le Sony A7 IV bénéficie (et heureusement) des nouveaux menus inaugurés avec l’A7S III. Les icônes des onglets se situent sur la gauche, et les réglages sont rangés par grandes thématiques. Par ailleurs, les modes photo et vidéo héritent de réglages entièrement séparés : ainsi, vous pouvez appliquer des réglages spécifiques de vitesse d’obturation, d’ouverture et de sensibilité ISO pour la photo – et des réglages totalement différents pour la vidéo.

Double emplacement carte mémoire SD UHS-II et CFexpress Type A

Côté stockage, le Sony A7 IV profite d’un double-slot pour cartes SD UHS-II. Toutefois, le slot 1 est capable d’accueillir une carte CFexpress Type A. Une manière pour Sony d’accompagner la montée en performances (en photo comme en vidéo), tout en laissant le choix à ses utilisateurs.

Concrètement, le format CFexpress Type A autorise des vitesses de 800 Mo/s en lecture, et de 700 Mo/s en écriture. C’est (un peu) moins que le standard CFexpress B (qui équipe les Nikon Z 6 ou Lumix S1R) ; toutefois, les cartes CFexpress Type A peuvent être insérées au même emplacement que les cartes SDHC, ce qui représente un avantage indéniable.

Une connectivité complète

Pour répondre aux besoins des photographes et vidéastes les plus exigeants, le Sony A7 IV se dote d’une connectivité très complète. Sur la tranche gauche du boîtier, on retrouve donc 2 prises jack 3,5 mm (micro et casque), une prise HDMI Type A, un port USB-C 3.2 Gen2 – ainsi qu’un port Micro USB pour télécommandes filaires.

À noter que le port USB-C supporte la norme 1000Base-T (Gigabit Ethernet) pour un transfert de données ultra-rapide vers un serveur FTP, par exemple.

Du côté de la connectivité sans-fil, le Sony A7 IV devient compatible avec le Wifi 5 GHz (en plus du 2,4 GHz), pour des taux de transferts plus rapides vers un ordinateur ou un smartphone. À ce titre, Sony indique avoir retravaillé son application Imaging Edge. On pourra ainsi (enfin !) transférer des fichiers RAW vers son smartphone. De même, l’appli devrait proposer beaucoup plus d’options pour contrôler le boîtier à distance, aussi bien en photo qu’en vidéo.

MP #214 : envoyer les photos de votre boîtier vers votre smartphone

Batterie et autonomie du Sony A7 IV

Bonne nouvelle : le Sony A7 IV reprend la batterie NP-FZ100 de ses aînés, d’une capacité de 2280 mAh. Cependant, le capteur plus défini et le double-processeur semblent avoir un certain impact sur la consommation d’énergie.

Là où la CIPA annonçait 710 clichés pour le Sony A7 III, son successeur est donné avec 100 clichés de moins, soit 610 photos. Il faudra cependant vérifier les performances du boîtier sur le terrain, le résultat étant souvent supérieur aux données théoriques. Cependant, on saluera les efforts de Sony pour éviter aux photographes de renouveler leur stock de batteries.

Prix et disponibilité du Sony A7 IV

Le Sony A7 IV est proposé au tarif de 2799 € nu – soit 500 € de plus que l’A7 III à son lancement. Le boîtier sera aussi proposé en kit avec l’objectif Sony FE 28-70 mm f/3,5-5,6, pour la modique somme de 2999 €. Les livraisons débuteront en décembre 2021.

Interrogée à ce sujet, la marque indique que son prédécesseur, le Sony A7 III, devrait rester au catalogue pour le moment, offrant une alternative plus abordable – et toujours très pertinente.

Le Sony A7 IV est disponible à la Fnac, chez Miss Numérique, Digit-Photo, Digixo, Photo-Univers et toute les boutiques photo spécialisées.

Notre premier avis sur le Sony A7 IV

Après avoir renouvelé ses différents boîtiers plein format (A7R IV en 2019, A7S III en 2020 et A1 début 2021), Sony présente enfin son nouvel hybride plein format polyvalent, destiné aux amateurs passionnés comme aux professionnels de l’image.

Concrètement, le Sony A7 IV est plus qu’un simple dépoussiérage de l’A7 III. Capteur plus défini, AF a priori plus réactif issu de l’A1, mode vidéo largement augmenté… Le constructeur japonais met les bouchées double pour confirmer sa position de leader sur le marché des hybrides plein format.

Les esprits chagrins regretteront peut-être que le boîtier ne reprenne pas le même duo capteur + processeur que le Sony A1. Mais dans ce cas, l’A7 IV aurait été (encore) plus onéreux. Avec son tarif flirtant dangereusement avec la barre des 3000 € sans objectif, ce nouvel hybride devient un peu plus élitiste – alors que la concurrence réussit à rester sous le seuil des 2500 €.

Mais in fine, le Sony A7 IV est sur le papier un boîtier très équilibré et séduisant. Si la qualité d’image est au rendez-vous, la marque pourrait bien réussir à proposer un nouveau best-seller. Et il nous tarde de pouvoir le tester sur le terrain.