Sony continue d’entretenir le suspense autour de son drone Airpeak. Dans une nouvelle vidéo, le constructeur japonais nous livre de superbes images capturées grâce à son quadricoptère, équipé de matériels photo et vidéo Sony plein format. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur les caractéristiques présumées de ce futur drone, qui pourrait être lancé prochainement.

Sony Airpeak : conçu pour les professionnels de l’image

En novembre 2020, Sony avait créé la surprise en dévoilant Airpeak, un projet dédié aux drones et à l’intelligence artificielle. En marge du CES, en janvier dernier, le constructeur avait dévoilé les premières images de son futur aéronef. Destiné aux professionnels de l’image, il vient rivaliser avec des drones tels le DJI Matrice.

Côté design, on note son corps central de forme cubique, ainsi que son train d’atterrissage en fibre de carbone qui se soulève une fois l’appareil en vol. Mais l’Airpeak se distingue surtout par sa nacelle. Capable d’accueillir un hybride plein format de la gamme Sony Alpha, elle peut effectuer une rotation à 360° pour offrir plus de possibilités créatives.

Airpeak : pleinement compatible avec les caméras Sony Alpha

Dans une nouvelle vidéo, capturée sur la petite île d’Irimote, Sony illustre les possibilités offertes par son nouveau drone. Outre de superbes paysages et des images aérienne d’une grande fluidité, on peut davantage observer en détails le drone Sony Airpeak. Pour les besoins du tournage, ce dernier est équipé d’un hybride Sony A7S III, et d’une caméra FX3.

On remarque aussi plusieurs objectifs de la gamme G Master, dont le récent Sony FE 14 mm f/1,8 GM. Bien que le drone ne soit pas vraiment compact, Sony indique que l’Airpeak est le plus petit aéronef capable d’emporter ses boîtiers et optiques plein format.

Par rapport aux drones concurrents – comme ceux de DJI ou de Freefly, Sony dispose d’un argument imparable : un écosystème cohérent et la compatibilité totale entre le drone Airpeak et les boîtiers Sony Alpha. L’opérateur pourrait ainsi régler tous les paramètres de prise de vue depuis l’interface du drone, sans la moindre difficulté. Un point qui devrait attirer l’attention des équipes de production qui utilisent déjà des équipements Sony pour leurs tournages.

Une vidéo riche en enseignements

Les différentes vidéos publiées par Sony nous permettent d’en apprendre davantage sur ce futur drone. Comme indiqué précédemment, l’Airpeak est un quadricopète ; à titre de comparaison, le DJI Matrice 600 est un hexacoptère. Si l’un des rotors tombe en panne sur un Matrice 600, le drone est capable de rester en vol – ce qui n’est pas le cas avec un quadricoptère. Les boîtiers et les objectifs de Sony n’étant pas vraiment « abordables » (euphémisme), la perspective d’un crash pourrait donner quelques sueurs froides.

On peut toutefois observer que le drone est alimenté par 2 batteries. Une manière de rendre le drone plus sûr, que l’on retrouve également sur le DJI Inspire 2. Si l’une des batteries tombe en rade en plein vol, la seconde est capable de prendre le relai. En outre, le drone devrait être capable de voler à des températures très basses, à l’instar d’autres appareils professionnels comme le DJI Inspire 2.

Les vidéos publiées par la marque montrent également les capteurs d’obstacles, placés à l’avant et à l’arrière de l’appareil. L’Airpeak ne dispose pas de capteurs placés sur les côtés. Mais contrairement aux DJI Phantom ou Mavic, dont la nacelle peut uniquement être orientée sur un axe vertical, la nacelle de l’Airpeak peut être tournée sur le côté, permettant au télépilote de faire voler le drone vers l’avant ou vers l’arrière. On notera la quasi-absence de câbles entre le boîtier hybride et la nacelle du drone.

Comme l’ont noté certains médias, Sony ne semble pas avoir développé sa propre nacelle. L’Airpeak semble utiliser un stabilisateur 3 axes Gremsy T3V3. Pour l’heure, on ignore si la marque a l’intention de proposer sa propre nacelle pour son drone. En revanche, la télécommande a bien été conçue par Sony, le nom de la marque apparaissant clairement. Une tablette y est montée, montrant que la télécommande est dépourvue d’un écran intégré.

Enfin, la partie logicielle serait basée sur Mapbox, qui propose de nombreux services de cartographie – utilisés notamment par les voitures autonomes. Dans les faits, cela signifierait que les télépilotes de l’Airpeak pourraient programmer leurs vols à l’avance.

Airpeak : en route vers la suprématie aérienne ?

Pour Sony, l’enjeu est de taille. Le marché des drones est largement dominé par DJI. Ses aéronefs Matrice et Inspire disposent de qualités indéniables – et DJI dispose d’une expérience en matière de drones dont Sony ne dispose pas encore.

Cependant, l’arrivée du projet Airpeak intervient dans un contexte particulier. En effet, les États-Unis se montrent de plus en plus frileux vis-à-vis de certaines entreprises chinoises. Huawei, et maintenant DJI, se trouvent placées sur la « entity list » de Washington. Sony pourrait tenter de conquérir le marché des drones américains – à l’instar de Parrot avec son Anafi USA ou la marque Freefly et ses drones made in USA.

Par ailleurs, Sony dispose d’un atout de poids. La marque est déjà très implantée sur le marché des appareils photo et des caméras grâce à sa gamme Sony Alpha. Le constructeur pourrait se sentir pousser des ailes (littéralement). La perspective d’un écosystème complet et parfaitement harmonisé pourrait être un argument de poids pour les photographes et vidéastes.

Mais pour l’heure, la quasi-totalité des caractéristiques du Sony Airpeak demeurent inconnues. Taille et poids du drone, vitesse maximale de vol, autonomie réelle, tarif… Autant d’éléments déterminants pour le succès du drone de Sony. Pour mémoire, un drone DJI Inspire 2 avec une nacelle Zenmuse X7 (à capteur APS-C) est vendu à 7799 €. On peut donc raisonnablement s’attendre à ce que l’Airpeak de Sony soit du genre onéreux.

Sur son site dédié, Sony propose aux pilotes professionnels de tester l’Airpeak, et de donner leur ressenti. Cette initiative est cependant limitée aux États-Unis et au Japon. Elle devrait permettre à Sony d’apporter les derniers perfectionnements à son aéronef, dont le lancement pourrait intervenir prochainement.