La guerre commerciale que se livrent la Chine et les États-Unis connaît un nouveau rebondissement. La marque DJI vient de rejoindre la liste noire des autorités américaines. Ainsi, DJI ne serait plus autorisé à travailler avec les entreprises américaines.

L’administration Trump vit ses dernières semaines. Pourtant, le président sortant continue sa guerre commerciale avec la Chine. Dernière cible en date : le groupe chinois DJI, numéro 1 des drones grand public, également connu pour ses stabilisateurs et ses caméras d’action. DJI vient en effet d’être placée au sein de la « Entity List » de l’administration américaine, à l’instar de son compatriote Huawei.

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Selon l’administration Trump, les technologies de DJI auraient été utilisées « afin de violer les droits de l’Homme à grande échelle ». Ainsi, DJI aurait fourni des drones à l’administration chinoise en 2017, qui les aurait utilisés pour surveiller les populations Ouïghours dans la province du Xinjiang. Mike Pompeo, secrétaire d’État, a également ajouté que « les États-Unis utiliseront toutes les mesures disponibles, y compris des actions visant à empêcher les entreprises et institutions chinoises d’exploiter les biens et technologies américains à des fins malveillantes ».

À plusieurs reprises, le département de la sécurité intérieure avait fait part de ses préoccupations vis-à-vis des drones de DJI. Ces derniers récolteraient les données personnelles des utilisateurs dès qu’une connexion Internet est active (positionnement du drone, images, enregistrements vidéo). Ces données seraient transférées en Chine, et exploitées par les services de Pékin.

En octobre 2019, le Département de l’Intérieur des États-Unis (équivalent du Ministère de l’Intérieur), l’armée américaine et le Pentagone avait d’ailleurs cloué au sol sa flotte de drones DJI, les soupçonnant d’espionnage. Une décision qui a d’ailleurs offert au français Parrot une opportunité de s’imposer avec son Anafi USA.

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Avec cette décision de l’administration Trump, les entreprises américaines ont donc l’interdiction de collaborer avec DJI. Pour l’heure, on ignore l’impact qu’aura cette sanction sur les drones grand public. Si les modèles déjà lancés vont continuer à voler – la décision n’est pas rétroactive – la marque pourrait rencontrer des difficultés pour ses prochains drones.

À ce titre, rappelons la situation délicate que Huawei rencontre depuis mai 2019 : suite à un décret de l’administration américaine, les entreprises américaines – Google, mais aussi Qualcomm ou Intel – ont dû cesser de fournir des ressources à Huawei. Si les smartphones lancés avant cette date continuent de bénéficier des services de Google (à commencer par la boutique d’application Google Play), les terminaux plus récents en sont dépourvus. Dès lors, Huawei a été contraint de modifier ses circuits d’approvisionnements en composants et de développer son propre système d’exploitation pour pouvoir contourner les sanctions américaines.

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DJI n’est toutefois pas la seule entreprise à rejoindre la « Entity List ». Y figurent maintenant la société SMIC (Semiconducteor Manufacturing International Corporation), qui n’est autre que le premier fabricant de microprocesseurs en Chine.

Pour l’administration Trump, cette décision vise à répondre à un triple objectif. D’une part, il s’agit pour le président sortant de faire montre une dernière fois de son attitude de fermeté vis-à-vis de Pékin. On se rappelle notamment ses déclarations à l’encontre du réseau social TikTok. D’autre part, ces nouvelles sanctions visent à affaiblir les entreprises chinoises – et donc, indirectement, à favoriser les firmes américaines. Enfin, cette annonce vise certainement à complexifier la tâche de la nouvelle administration Biden, en cherchant à refroidir les relations entre Washington et Pékin peu de temps avant l’investiture du nouveau président américain.

Pour l’heure, les conséquences de cette décision pour DJI demeurent inconnues. De même, on ignore si le nouveau président américain a l’intention de réviser la liste des entreprises placées sur cette liste noire.