1D-X Mark III, EOS R5 et de nouvelles optiques à venir. Canon débute 2020 en fanfare avec de nombreux produits et une certaine dynamique sur le marché, portée par la nouvelle monture RF. Pour faire un point d’étape sur la monture RF, ce que Canon prépare pour les JO de Tokyo ainsi que les évolutions à venir dans le monde de la photographie, nous nous sommes rendus au siège social de Canon inc., situé dans le quartier Ōta à Tokyo. Interview.

Face à nous, Go Tokura, Directeur général de la division Image chez Canon, Naoya Kaneda, Advisory Director de la division ICB Optics chez Canon, Tetsuji Kiyomi, Group Executive de la division ICB Products chez Canon et Shoji Kaihara, Senior General Manager de la division ICB Products Development Center chez Canon.

De gauche à droite, Tetsuji Kiyomi, Naoya Kaneda, Go Tokura et Shoji Kaihara

En 2020, le Japon accueille les Jeux olympiques d’été et Canon est partenaire Gold de l’événement. Quelle logistique est-ce que cela représente pour Canon et le CPS (Canon Professional Services) ?

Go Tokura : en préparation des Jeux olympiques 2020, nous avons utilisé la Coupe du monde de rugby de 2019 afin d’acquérir de l’expérience pour soutenir cette compétition de sport mondiale.

Nous pensons que l’expérience que nous avons acquise l’année dernière va vraiment nous aider pour Tokyo 2020 en tant que Gold Partner de la compétition. Canon a d’ailleurs équipé 70 % des photographes de presse professionnels durant les phases éliminatoires de la Coupe du monde de rugby 2019.

Go Tokura, Directeur général de la division Image Communication chez Canon

Pour Tokyo 2020, nous aimerions donc dépasser le cap des 70 % de photographes de presse. Je pense qu’il y a deux choses qui peuvent nous permettre d’atteindre cet objectif : la première, c’est de proposer un appareil photo vraiment fiable et digne de confiance, ce qui est désormais le cas avec l’EOS 1D-X Mark III récemment annoncé. La seconde est de soutenir les photographes de presse.

Nous allons avoir dans le Media Center pour la presse le plus grand centre CPS que nous ayons eu jusqu’à présent. En d’autres termes, nous allons proposer le support le plus complet aux photographes. Le centre CPS disposera de plusieurs ingénieurs que nous ferons venir du monde entier pour répondre aux différents besoins. Nous aurons également plusieurs centaines d’appareils photo prêts à la location ainsi que plus de 1 000 objectifs qui pourront être utilisés par les photographes de presse.

Le Canon EF 600mm f4.0 L IS USM II monté sur le dernier EOS 1D-X Mark III

Comment se comporte le marché de la photographie au Japon ? Quelles sont ses spécificités ?

Tetsuji Kiyomi : si nous nous en tenons au marché japonais, nous avons un marché de l’hybride plus important que le marché mondial. Et nous voyons que le monde va probablement rattraper cette part de l’hybride à l’avenir, car au Japon, il est plutôt élevé pour le moment.

Tetsuji Kiyomi, Group Executive de la division ICB Products chez Canon

Comment est-ce que Canon voit le marché de la photographie au niveau mondial ?

Tetsuji Kiyomi : le segment des amateurs éclairés (high amateur) – par opposition aux professionnels et aux débutants – représente environ 30% du marché et nous aimerions continuer à adresser ce segment. Nous voyons beaucoup de potentiel parmi les photographes amateurs éclairés.

Go Tokura : mais si l’on prend le marché global de la photographie, nous nous attendons encore cette année à une baisse de 15 %.

Quelle est la stratégie de Canon pour contrer la concurrence des smartphones haut de gamme, qui ont particulièrement affecté les appareils photo entrée de gamme ?

Go Tokura : avant tout, je pense que nous pouvons continuer à proposer ce que les smartphones ne peuvent pas faire actuellement, à savoir une qualité d’image élevée, et ce grâce à la grande ouverture des optiques que nous pouvons offrir, qui consiste à capturer beaucoup de lumière et beaucoup d’informations. Nous pensons que les smartphones ne pourront pas rattraper ce système qui permet de faire cela.

Go Tokura

Pour ce qui est de profiter des images, nous constatons que la 4K est en train d’arriver en force et que la 8K est aussi en train de faire parler d’elle. Les écrans de télévision sont de plus en plus grands et le public apprécie vraiment la qualité des images. Nous pensons que cette plus grande quantité d’informations sur les images va être un élément essentiel que nous pouvons exploiter à notre avantage.

Canon vient d’annoncer l’EOS R5. Pourquoi est-ce que Canon lance cet appareil photo seulement en 2020 ?

Shoji Kaihara : comme vous le savez peut-être, il y a 18 mois, nous avons lancé l’EOS R, puis l’EOS RP, et avec ce nouveau système sur le marché, nous avons reçu de nombreux commentaires des clients : ce qu’ils en pensaient, ce qui était bon, ce qui fonctionnait, ce qui ne fonctionnait pas, ce qu’ils voulaient voir.

L’une des toutes premières unités du Canon EOS R5

Nous avons alors pensé qu’il était très important pour nous de recueillir ce que les clients ont ressenti en utilisant l’EOS R et le RP, afin de créer un modèle dont nous pourrions être fiers, ce que nous pourrions appeler une deuxième génération. Il s’agissait pour nous de nous assurer que nous avions couvert l’essentiel (the basics), pour ainsi dire. Et nous avions les Jeux olympiques de 2020 en tête, alors nous avons pensé que c’était une très bonne opportunité que de présenter ce modèle dont nous sommes fiers en 2020.

Canon confirme l’hybride EOS R5 avec capteur haute définition stabilisé et vidéo 8K, aux côtés d’un futur zoom RF 100-500 mm

Je tiens à vous dire que nous en sommes à la phase finale du développement de l’EOS R5 et que nous sommes en train de le peaufiner. Vous saurez que nous en sommes fiers quand il sortira et je pense que vous l’apprécierez.

Go Tokura : pour Canon, nous positionnons cet EOS R5 comme le compagnon du nouveau EOS 1D-X Mark III, donc nous savons que nous devons le sortir à temps pour les Jeux olympiques et cela va se faire.

Quelle est la place pour le reflex chez Canon dans les prochaines années ? Est-ce que les récents modèles comme le 1D-X Mark III, l’EOS 90D ou le 850D seront les derniers reflex que Canon sortira ?

Go Tokura : nous ne pourrons pas vous donner les détails de ce que nous prévoyons pour l’avenir, mais nous savons avec certitude que l’hybride sera l’une de nos priorités, comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Mais nous ne pourrons pas dire si nous allons passer complètement à l’hybride.

Canon 1D-X Mark III

Canon investit beaucoup dans les optiques et les appareils plein format hybrides. Qu’en est-il de la gamme EOS-M ? Quel est l’avenir de la gamme d’appareils photo et d’objectifs APS-C à moyen terme ?

Tetsuji Kiyomi : il est évident qu’il y a des clients qui veulent des produits plus petits, plus compacts. Et la série EOS-M est l’une des options permettant de répondre à ces demandes. En ce qui concerne le développement de produits spécifiques, nous ne pouvons rien divulguer pour l’instant, mais nous allons développer la gamme adéquate pour satisfaire les besoins des clients.

Comment est-ce que Canon voit le marché de l’hybride, à la fois au Japon et au niveau international ?

Go Tokura : de manière globale, je pense que nous pouvons dire qu’il y a un changement qui se produit avec l’hybride et cela va continuer. Si l’on considère le marché dans son ensemble, le volume se situe toujours dans les modèles à bas prix, mais cela dit, les fabricants n’investissent pas vraiment dans ce domaine pour le moment.

Canon EOS R, RF 24-240 mm f/4-6,3 IS USM et RF 28-70 mm f/2 L USM

Ce que nous pouvons donc dire pour l’avenir : ce qui va être important c’est la manière dont les acteurs vont regarder le marché et quels types de nouveaux produits ils peuvent lancer, qui vont réellement toucher un nouveau segment de consommateurs. En somme : il faut encore attendre pour voir comment le marché va évoluer.

18 mois après la sortie de l’EOS R, êtes-vous satisfait des résultats ?

Go Tokura : si vous me demandez si je suis pleinement satisfait, je dirais que non. Car il y a encore beaucoup à faire. Je veux que de nombreux EOS R soient présents sur le marché. Je veux que davantage de gens puissent profiter de ce que l’EOS R peut offrir. Nous avons donc déjà fait une annonce concernant un nouveau développement – EOS R5 – au moment où nous parlons, et ce n’est peut-être pas le seul. Il y en a peut-être d’autres boîtiers qui pourraient arriver, alors attendons.

Le Canon EOS R avec le nouveau RF 24-105 mm f/4-7,1 IS STM

Qu’est-ce qui se cache derrière le dynamisme de Canon en ce début 2020 ?

Go Tokura : bien sûr, Tokyo 2020 est un grand moteur pour Canon et cela nous a en quelque sorte aidés à mener à bien nos projets, car nous ne pouvons pas sortir ces modèles plus tard dans l’année, c’est prévu depuis un certain temps.

Mais c’est aussi l’année 2020 : ce nombre est un jalon qui compte pour marquer vraiment ce que nous pouvons faire pour la nouvelle décennie à venir. C’est notamment pour ces raisons que nous avons décidé de concentrer nos ressources en ce début d’année.

Aussi, je suppose que vous savez que nous avons récemment changé d’empereur au Japon. Nous sommes passés de l’ère Heisei à l’ère Reiwa. C’est donc un changement significatif que nous avons vu sur le plan culturel dans le pays.

Pour le marché et les consommateurs japonais, nous sommes en quelque sorte entrés dans une nouvelle ère. Je suppose que dans ce sens, c’est assez significatif pour les Japonais. Et aussi, si nous regardons en arrière dans l’histoire, je suppose qu’à l’avenir, 2020 sera comme les années 1980, ce qui marquera le début d’une nouvelle décennie, et nous avons donc pensé que c’était également important.

Deux nouvelles optiques que nous avons pu découvrir en exclusivité : le RF 24-105 mm f/4-7,1 IS STM et le RF 100-500 mm f/4,5-7,1 L IS USM

Allons-nous voir davantage d’objectifs RF d’entrée de gamme comme le RF 24-240 mm et le RF 24-105 mm f/4-7,1 IS ?

Naoya Kaneda : la raison pour laquelle nous avons commencé par proposer des objectifs à grande ouverture est que nous voulions vraiment maximiser ce que le nouveau système pouvait offrir, afin que les gens puissent apprécier les possibilités de cette nouvelle monture RF.

C’est pourquoi la grande ouverture couplée à une courte distance focale arrière a été le point central des premières étapes du développement.

Naoya Kaneda, Advisory Director de la division ICB Optique chez Canon

À l’avenir, nous allons évidemment étendre notre gamme à tous les types d’objectifs, mais je suppose qu’avec les objectifs que vous venez de mentionner, nous allons également nous concentrer sur l’entrée de gamme, car nous voulons que davantage de personnes puissent profiter de ce que ces objectifs peuvent offrir. Vous devriez donc vous réjouir des prochains développements.

En parlant d’optique, Canon semble concentrer ses efforts sur la monture RF au détriment des utilisateurs en monture EF. Cela signifie-t-il que Canon a déjà répondu à tous les besoins sur la monture EF ?

Naoya Kaneda : nous avons introduit une nouvelle monture, mais nous avons actuellement 140 millions d’utilisateurs d’objectifs EF et lorsque nous avons lancé la nouvelle monture RF, nous avons également lancé beaucoup d’adaptateurs afin qu’ils puissent toujours profiter des fonctionnalités des objectifs EF sur cette monture.

Nous paraissons nous concentrer aujourd’hui sur la monture RF parce qu’il y a encore beaucoup plus à faire sur cette nouvelle monture.

Les utilisateurs de reflex peuvent-ils s’attendre à de nouveaux objectifs au cours de l’année à venir ?

Naoya Kaneda : si nos utilisateurs veulent de nouveaux objectifs, nous les écouterons. Nous ne pouvons pas vous donner les détails des développements, mais nous sommes toujours à l’écoute du marché pour nous assurer que nous pouvons répondre aux besoins.

Canon a récemment dévoilé image.canon : une plateforme Cloud pour les photographes. Pourquoi Canon investit-il dans le Cloud en 2020 pour les particuliers ?

Go Tokura : avant tout, nous n’avions pas vraiment l’année 2020 en tête pour ce développement. Il s’agissait littéralement de l’entrée en jeu de la technologie 5G et de la façon dont elle permet de nombreux échanges et une utilisation accrue du réseau.

Image.Canon, un nouveau service Cloud de Canon pour stocker, retoucher et partager vos photos

Canon a toujours été connu pour être une entreprise de hardware : nous fournissons le côté matériel de la photographie, mais nous pensons qu’il est important, en tant qu’entreprise leader, de répondre à tous les besoins après la prise de vue, pour que les gens puissent apprécier ce qu’ils ont capturé avec leur appareil photo.

Nous pensons donc que nous devons englober tout le plaisir que procure la photographie. C’est pourquoi nous avons pensé qu’il était important de nous concentrer sur la façon dont nous pouvons proposer un logiciel dans le Cloud.

Nous pensons que image.canon est un point de départ, tourné vers l’avenir, car la technologie et les appareils vont se développer progressivement : le lien avec le Cloud sera beaucoup plus fluide et plus facile à l’avenir. Nous pensons qu’il était important pour nous d’initier cette démarche, de suivre les changements qui se produisent au niveau mondial et sociétal et de penser à des idées pour mieux servir nos clients.

Quelles seront les fonctionnalités de cette plateforme image.canon ?

Go Tokura : sur le marché, il existe de nombreuses applications que les clients peuvent utiliser. Après avoir capturé les images, les photos ou les vidéos, ils peuvent les traiter dans différentes applications sur le Cloud et en profiter sur différents appareils. Pour nous, image.canon est un endroit qui permet d’établir ce lien afin de pouvoir profiter au mieux de ce qui se passe après avoir pris des photos et des vidéos.

Il ne s’agit pas seulement pour les gens de prendre leurs photos et de les diffuser dans le Cloud, mais nous recueillons également des informations sur l’environnement dans lequel la photo ou la vidéo ont été prises. La lumière était-elle bonne ? Quelle était l’atmosphère ? Si nous réussissons à transmettre ces informations dans le Cloud, à faire l’analyse et à la retransmettre aux clients, ils pourront en apprendre davantage sur leurs images et réduire les échecs.

Au final, ils pourront apprécier davantage la photographie en tirant des enseignements de leur expérience, car l’analyse passe par le Cloud.

Canon a-t-il l’intention de proposer des solutions basées sur le Cloud pour les professionnels ou les entreprises ?

Shoji Kaihara : bien sûr. L’EOS 1D-X Mark III dispose ainsi d’une capacité de communication beaucoup plus élevée. Les professionnels ont besoin d’images contenant beaucoup de données, ils pourront ainsi faire remonter ces informations dans le Cloud et mieux profiter de nos services en ligne.

Shoji Kaihara, Senior General Manager de la division ICB Products Development Center chez Canon

Go Tokura : durant la Coupe du monde de rugby de 2019, nous avons fait une expérience où nous avons utilisé une technologie de communication 5G pour permettre aux professionnels de transmettre leurs images dans le Cloud. Nous avons tiré plusieurs enseignements de cela. Nous pourrons également développer cette expérience pour les JO de Tokyo 2020.

Alors que nous entrons dans une nouvelle décennie, quelles sont, selon Canon, les prochaines grandes innovations en matière de photographie ?

Go Tokura : nous pensons toujours qu’il y a de nombreuses façons d’améliorer la capture d’images. Aujourd’hui, il y a encore des choses qu’il est difficile ou impossible de prendre en photo : nous pensons que nous pouvons élever notre technologie à un niveau supérieur et que nous serions capables de capturer ces images qui sont considérées comme difficiles pour le moment.

Il s’agit aussi d’accroître le plaisir de la capture d’images. Je pense que c’est quelque chose que nous pouvons faire, en termes d’expression artistique, d’expression visuelle, quelque chose que nous pouvons encore développer.

La technologie 5G et l’IA vont pouvoir élargir cette possibilité d’expression visuelle et artistique : cela va permettre à beaucoup de gens d’utiliser réellement un volume massif de données d’images pour pouvoir les prendre, les envoyer et les traiter sur le nuage. Et je pense que ce sera le point d’entrée de la prochaine innovation que nous pouvons voir dans le monde de la photographie.

Il faut également examiner l’utilisation des données numériques : prendre des photos et des vidéos n’est pas seulement une question d’image en soi, c’est aussi une question de métadonnées. Il y a beaucoup d’informations que nous pouvons capturer et, comme je l’ai déjà dit, c’est une façon de servir le client, de faire des analyses et de les renvoyer aux consommateurs par exemple.

Il y a différentes façons de développer et d’exploiter ces métadonnées, non seulement pour les consommateurs, mais aussi pour le secteur B2B et les entreprises. Nous étudions actuellement ce que nous pouvons offrir en termes d’utilisation de ces données pour aider les entreprises.

Je pense que la 8K sera également un moteur important pour l’avenir de l’innovation dans le domaine de la photographie. Il ne s’agit pas seulement d’une résolution vidéo plus élevée, mais il sera aussi possible d’extraire des images fixes de la vidéo parce que celle-ci contient beaucoup d’informations. Je pense que c’est un moyen d’élargir l’expression artistique et visuelle que nous cherchons à développer à l’avenir.

Pensez-vous que le logiciel jouera un rôle crucial dans ces nouvelles technologies ?

Go Tokura : oui, dans tous les cas.

Surtout quand on voit que dans les smartphones, la partie optique n’est pas la plus sophistiquée, c’est plutôt la façon dont l’image est traitée grâce à la photographie computationnelle. Nous avons besoin de moins en moins de matériel grâce au logiciel. Comment Canon peut-il trouver une place dans ce nouveau monde ?

Go Tokura : il est difficile de dire où ce genre de pont entre le matériel et le logiciel pourrait se trouver, mais l’évolution du matériel ne sera pas indépendante du logiciel, voilà ce que nous pouvons dire. Elle ne reposera pas entièrement sur elle-même.

Je pense que le matériel et le logiciel devront jouer main dans la main pour offrir différentes façons d’élargir les possibilités d’expression visuelle et artistique.

Canon Photo Culling : un plugin pour trier automatiquement vos photos dans Lightroom Classic

Nous croyons toujours fermement que l’évolution du matériel doit se poursuivre, car c’est le matériel qui compte. La première étape de la capture d’image est matérielle : la quantité d’informations que nous pouvons capturer au moment de la prise de vue est quelque chose qui sera vraiment important.

C’est la ressource qui permettra aux clients de profiter encore plus des avancées logicielles lorsqu’ils commenceront à traiter l’image. Nous devons donc encore faire évoluer ce domaine pour que les artistes puissent mieux s’exprimer.

Pensez-vous que Canon va un jour acquérir une société de logiciels pour pouvoir travailler plus rapidement dans ce domaine ?

Go Tokura : il y a une possibilité. Nous ne sommes pas obligés de tout faire nous-mêmes en interne. Nous pensons que s’il y a une opportunité, nous l’étudierons.

Le coronavirus a-t-il un impact sur Canon ?

Tetsuji Kiyomi : comme vous le savez, les appareils photo sont fabriqués à partir de nombreuses pièces et les usines de production de pièces de certains fournisseurs en Chine sont touchées par le coronavirus. Il y a donc un impact sur notre capacité de production.

[Depuis cette interview, qui s’est déroulée le 27 février, nous avons appris que Canon avait suspendu la production dans 3 de ses usines au Japon pour 2 semaines en raison du retard prévu dans la livraison de pièces des fournisseurs en Chine. NDLR]

Coronavirus : Canon ferme trois usines au Japon

Pensez-vous que cela puisse retarder le lancement de nouveaux produits ?

Go Tokura : nous sommes actuellement en train d’étudier les choses pour vérifier la gravité de la situation, et si cela aura un impact sur nos lancements. Nous allons faire de notre mieux pour pouvoir fabriquer nos produits. Nous voulons vraiment marquer l’industrie avec ces nouveaux produits, c’est très important pour nous.

Le siège social de Canon à Tokyo


Merci à MM. Go Tokura, Naoya Kaneda, Tetsuji Kiyomi et Shoji Kaihara d’avoir répondu à nos questions. Nous tenons également à remercier l’équipe de Canon France pour avoir rendu possible cette interview malgré l’annulation du CP+ à Yokohama.