Comme prévu, Fujifilm vient de dévoiler ce jour à Tokyo le Fujifilm X-T4, le boîtier hybride APS-C destiné aux professionnels dans la série X du constructeur. Attendu avec une fiche technique bien musclée, le X-T4 se dévoile avec un capteur stabilisé, un nouvel obturateur plus silencieux et une nouvelle batterie. Comment se compare-t-il face au X-T3 ? Voici les caractéristiques complètes du Fuji X-T4.

Premier boîtier Fujifilm de la série X-T avec stabilisation IBIS

Après avoir longtemps repoussé la stabilisation interne pour conserver un encombrement limité, Fujifilm dévoile sur le X-T4 une stabilisation du capteur sur 5 axes, qui devrait permettre un gain de 6,5 vitesses. Pour épauler cette stabilisation et rendre les images les plus stables possible, Fujifilm a également ajouté un système d’amortissement de l’obturateur et des capteurs gyroscopiques.

La technologie utilisée dans la cage pour stabiliser le capteur est également nouvelle : Fujifilm utilise un système magnétique à la place de ressorts, offrant un gain de place et de poids conséquent par rapport à ce qui était proposé dans son premier hybride APS-C équipé d’IBIS, le X-H1. Ainsi, Fujifilm annonce 30% d’encombrement et 20% de poids en moins avec ce mécanisme, ce qui était l’une des conditions pour être intégré au X-T4 sans trop l’alourdir ni le faire grossir.

Ainsi, en plus de la stabilisation optique déjà existante sur certaines optiques XF / XC, Fujifilm offre de nouvelles possibilités de stabilisation pour les photographes (photo de nuit, photo d’action et de sport) mais aussi et surtout pour les vidéastes qui vont ainsi pouvoir réaliser des plans à main levée plus stables.

Cette stabilisation engendre une prise de taille et de poids contenus. Le X-T4 pèse ainsi 607 g avec batterie et carte SD, c’est 68 g de plus que le X-T3. En taille, le boîtier est un peu plus large mais surtout plus épais, avec les dimensions suivantes : 134,6 mm de large, 92,8 mm de haut pour 63,8 mm d’épaisseur (contre 58,8 mm pour le X-T3). Cela fera son petit effet, même si c’est le prix à payer pour obtenir un capteur stabilisé.

Fujifilm X-T4

Voici les caractéristiques principales du Fujifilm X-T4 : 

  • Capteur X-Trans CMOS APS-C de 26,1 Mpx
  • Processeur X-Processor 4
  • Monture X
  • Viseur électronique avec écran OLED à 3,7 millions de points couvrant 100% du champ, agrandissement de 0,75x
  • Écran LCD tactile monté sur rotule de 3 pouces avec 1,62 millions de points
  • Autofocus : 425 points (détection de phase et de contraste)
  • Couverture AF : 100 %
  • Plage de fonctionnement AF : de -3 à 20 IL
  • Sensibilité du capteur : 100 – 51 200 ISO (extensible de 50 à 204 800 ISO)
  • Rafale jusqu’à 20 i/s (obturateur électronique) / jusqu’à 15 i/s avec obturateur mécanique
  • Vitesse d’obturation de 4s à 1/32000s (obturateur électronique) / de 4s à 1/8000s (obturateur mécanique)
  • Vidéo : 4K jusqu’à 60 fps, Full HD jusqu’à 240 fps
  • Stockage : double-emplacement compatible SDHC et SDXC (UHS I et II)
  • Connectivité : WiFi, Bluetooth 4.2, USB-C 3.2, micro HDMI, prise casque 3,5 mm, griffe porte-accessoire, prise télécommande
  • Batterie : NP-W235
    • Autonomie photo : 600 clichés (mode éco activé) ou 500 clichés (mode normal)
    • Autonomie vidéo : 85 minutes en 4K, 95 minutes en Full HD (détection des visages activée)
  • Rechargement via port USB-C : oui
  • Dimensions : 134,6 x 92,8 x 63,8 mm
  • Poids : 607 grammes (avec batterie et carte mémoire)

Capteur X-Trans CMOS 4 BSI de 26,1 Mpx et X-Processor 4

Côté capteur d’image, le X-T4 fait… comme le X-T3. On retrouve ainsi un capteur X-Trans CMOS de 4e génération doté de 26,1 Mpx qui a fait ses preuves sur le X-T3. Ce dernier est rétroéclairé et offre davantage de pixels à détection de phase pour une meilleure réactivité. Ainsi, l’autofocus est sensible jusqu’à -6 EV.

Le capteur est épaulé par un X-Processor 4, doté de 4 coeurs. Côté rafale, le X-T4 fait donc presque jeu égal avec le X-T3. Sans recadrage, le X-T4 monte à 20 i/s en obturateur électronique (jusqu’à 79 Jpeg et 36 RAW) et 15 i/s en obturateur mécanique (jusqu’à 110 Jpeg et 38 RAW) contre 11 i/s sur le X-T3. Avec recadrage 1,25x, on obtient une rafale encore plus véloce de 30 i/s en obturateur électronique « sans black out » avec recadrage 1,25x avec un tampon de 60 Jpeg et 35 RAW.

Fujifilm X-T4

Le X-T4 reprend le mode Pre-shot du X-T3 qui permet, en mode rafale haute et avec l’obturateur électronique, de prédéclencher jusqu’à 20 images lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, pour vous permettre de ne pas rater le moment en photographie d’action par exemple.

Enfin, un mode RAW Compressé – non réversible – est également disponible en plus du mode RAW Compressé sans perte, pour un gain de place supplémentaire sur ses fichiers.

Obturateur plus silencieux et plus durable

Si le couple capteur / processeur n’a pas changé, le X-T4 dispose d’un nouvel obturateur à plan focal, plus rapide et plus discret. Le délai de réponse au déclenchement est de seulement 0,035 sec, le rendant extrêmement réactif.

Fujifilm X-T4

L’autre évolution est un bruit atténué de 30% par rapport au déclencheur du X-T3, permettant d’être plus discret.

Enfin, l’obturateur mécanique est donné pour 300 000 déclenchements, soit 2 fois plus que pour le X-T3, ce qui peut rassurer les adeptes de la rafale sur la longévité de leur boîtier.

Autofocus amélioré

Alors que le X-T3 offrait déjà de très bonnes performances de mise au point automatique, Fujifilm remet le couvert avec le X-T4 en proposant des améliorations de l’autofocus.

Fujifilm X-T4

Grâce à des améliorations algorithmiques, le X-T4 est capable de faire la mise au point en seulement 0,02 sec, un délai très court qui sera utile notamment pour le suivi du sujet en rafale.

Les capacités de détection et de suivi de l’oeil et du visage ont également été améliorées selon Fujifilm, sans donner de détails. Le constructeur indique cependant que de manière générale, le suivi AF offre un taux de réussite doublé par rapport au X-T3.

Si ces améliorations autofocus ne semblent sur le papier pas révolutionnaire, d’autant plus que le X-T3 était déjà très réactif, une prise en main devrait permettre d’évaluer les améliorations.

Écran sur rotule et mode vidéo séparé

Le X-T4 reprend globalement le même design et l’ergonomie que le X-T3, avec quelques changements. Ses lignes sont plus nettes et brutes, comme pour le X100V annoncé il y a peu. Le boîtier est plus ramassé en hauteur, avec notamment un « faux » pentaprisme plus compact. Derrière, l’oeilleton est désormais doté d’un mécanisme de verrouillage – fini la perte.

Fujifilm X-T4

C’est sur la façade arrière que l’on observe le plus de changements : les boutons ont joué à la chaise musicale : le bouton Q se trouve désormais sous le pouce, dans l’angle en haut à droite, alors que le bouton AF-L disparait et laisse la place à un bouton AF-ON que l’on retrouve à gauche de la molette. Le bouton AEL a pris la place du bouton Q et la danse est terminée. On retrouve un joystick et le pavé directionnel.

Fujifilm X-T4

Désormais, sur la molette de la vitesse, on peut choisir entre le mode Still (photo) et le mode Video, un changement ergonomique important qui place la vidéo au même niveau que la photographie sur ce boîtier. Le choix du mode d’exposition est désormais relégué aux menus.

L’écran LCD arrière de 3 pouces reprend le mécanisme du X-T200 : il est monté sur rotule, ce qui permet de l’orienter dans tous les sens, un véritable plus pour les vidéastes. Il peut ainsi être masqué complètement, idéal lorsque l’on voyage et qu’on ne veut pas abimer l’écran. Ce dernier est également un peu plus défini avec 1,62 million de points contre 1,04 sur le X-T3. Le boîtier conserve sa tropicalisation malgré l’ajout de cet écran.

Du côté du viseur, Fujifilm reprend l’afficheur OLED très agréable avec 3,69 millions de points, un taux de rafraichissement de 100 i/s en mode boost et 60 i/s en mode normal et un agrandissement de 0,75x. Agréable, large, clair et précis, nous avions beaucoup apprécié ce viseur sur le X-T3.

Sur le côté, la trappe pour carte mémoire – qui permet de loger deux cartes SD (UHS-II), fait désormais toute la hauteur pour placer les deux emplacements l’un sous l’autre. De l’autre côté, on observe que la trappe qui protège les ports micro 3.5mm, télécommande, micro HDMI et USB-C est remplacée par deux trappes en caoutchouc. Fujifilm vend aussi un kit de remplacement au cas où. Comme sur le X-T3, le port USB-C permet de recharger l’appareil. 

Fujifilm X-T4

Kit de caches

Enfin, sur le dessus du boîtier, on retrouve les molettes de réglages manuels – vitesse, ISO et correction d’exposition. Le bouton Fn est désormais relégué sur la partie avant droite.

Viseur électronique à 3 modes

Si Fujifilm ne fait pas mention du mode Boost dans son annonce, le viseur électronique et l’écran peuvent être configurés de trois manières différentes selon la situation :

  • priorité à la faible luminosité : le viseur est plus lumineux et permet de voir la scène plus clairement en basse lumière
  • priorité à la résolution : le viseur affiche plus de détails
  • priorité au rafraichissement : le viseur réduit le flou de bougé grâce à un taux de rafraichissement plus élevé

Un mode vidéo qui prend son autonomie

En mode vidéo, le X-T4 est capable de filmer en DCI 4K / 4K 10 bits à 60/50 fps avec un débit max de 400 Mbps durant 30 min, comme le X-T3. En interne, le boîtier peut enregistrer jusqu’en 4:2:0 10 bits et la sortie HDMI permet le 4:2:2 10 bits.

C’est par contre en Full HD que le boîtier évolue, avec la prise en charge d’un mode super slow motion à 240/200 fps (contre 120/100 fps sur le X-T3) sur 3 minutes d’enregistrement. Cela équivaut à un ralenti 10x.

Pour obtenir des plans stables, l’appareil utilise bien entendu la stabilisation du capteur en vidéo et peut la compléter par une stabilisation électronique (DIS), utile notamment pour les plans en mouvement. Un mode « IS Boost » permet également de réduire les vibrations de la caméra pour réaliser des plans fixes sans trépied. Ces modes entraineront cependant un recadrage dans l’image.

On retiendra bien entendu l’apparition d’un mode vidéo autonome avec des réglages persistants et également un menu Q qui devient dédié à la vidéo pour conserver ses réglages vidéo à portée de doigts.

Un mode de sécurité permet, pour les plus frileux, de profiter du double slot SD pour enregistrer de manière simultanée la même vidéo au même format sur les deux emplacements. Le boîtier dispose également d’une fonction permettant de décider de conserver le crop de 1,29x dans toutes les vidéos, peu importe le format retenu, ce qui peut faciliter le montage.

L’appareil est capable de filmer en modes All Intra et Long GOP et peut enregistrer les vidéos en MOV ou MP4 (sauf en DCI4K 60/50p)

Pour les utilisateurs du format F-Log désaturé et décontrasté, le X-T4 offre désormais une assistance visuelle qui convertit à l’écran le flux en BT.709 afin d’afficher une exposition réelle lors de l’enregistrement. Il n’est ainsi plus nécessaire d’avoir un écran de contrôle secondaire pour vérifier la bonne exposition de sa vidéo.

Par contre, déception pour la prise casque. Disponible uniquement via le grip additionnel sur le X-T2, cette dernière avait été ajoutée au boîtier par Fujifilm sur le X-T3. Et malheur, elle disparait sur le X-T4 pour retourner sur le grip batterie additionnel. Un choix peu compréhensible pour les vidéastes. Fujifilm propose cependant un adaptateur USB-C / prise casque dans la boîte, mais si vous devez charger l’appareil en même temps il faudra choisir, ou utiliser un autre adaptateur…

Le mode timelapse a également été amélioré, avec une fonction permettant de lisser l’exposition.

Sur la partie vidéo, Fujifilm offre des fonctions vidéo professionnelles sur ce boîtier, avec un mode vidéo interne complet et des réglages dédiés et séparés, mais à première vue le X-T4 n’est qu’une amélioration mineur par rapport au X-T3 sur les formats, hormis le ralenti 10x.

La reproduction des couleurs au coeur du Fujifilm X-T4

Fujifilm se concentre énormément sur la couleur, on commence à le savoir. Ses hybrides offrent la possibilité de traitements d’image proches des films argentiques Fujifilm qui sont très appréciés. Le X-T4 dispose de 18 simulations de film, dont le dernier Classic Neg présent sur le X-Pro3 ainsi qu’un nouveau ETERNA Bleach Bypass qui simule une technique traditionnelle de traitement des films argentiques. Le rendu est peu saturé et peu contrasté, simulant le fait que la photo ne soit pas passée par le bain de blanchiment en développement argentique.

Les tonalités des ombres et lumières peuvent également être précisément réglées, avec des incréments de 1/2 au lieu de 1, de -2 à +4. Enfin, l’appareil permet désormais de régler la balance de blancs sur la priorité aux blancs ou la priorité à l’ambiance (blancs plus chauds), afin de choisir plus finement la dominante de couleurs.

Nouvelle batterie NP-W235 : jusqu’à 600 images en une seule charge

Le Fujifilm X-T4 intègre une nouvelle batterie. Fini la NP-W126S (1260 mAh), place à la NP-W235 avec une capacité de 2200 mAh. Cette batterie offre ainsi une autonomie supérieure – mais pas doublée – pour le X-T4.

Fujifilm X-T4

Selon le constructeur, comptez 500 images avec une charge en mode normal et environ 600 images dans le mode économie – un nouveau mode ajouté par Fujifilm en plus de mode Boost.

En vidéo, cette batterie permettrait de filmer 85 min environ en 4K avant de tomber à sec (avec le mode de détection de visages désactivé).

Malheureusement, les anciennes batteries utilisées jusque là sur de nombreux boîtiers de la série X ne pourront pas fonctionner avec le X-T4, un petit grincement de dents pour les photographes et vidéastes qui ont déjà un stock conséquent.

Un double chargeur BC-W235 est également disponible pour charger simultanément deux batteries. Il est également possible de charger la batterie directement dans l’appareil grâce à un câble USB-C

Fujifilm X-T4

En termes de connectivité, le X-T4 dispose du Wifi et du Bluetooth pour fonctionner de pair avec l’application mobile et permettre une prise en main à distance et le partage rapide de ses images.

VG-XT4 : un grip batterie imposant mais qui fait durer le plaisir

Comme pour le X-T3, un grip batterie optionnel est disponible afin d’offrir une meilleure prise en main, notamment pour la photographie en orientation portrait, puisque le déclencheur, les molettes, le joystick et de nombreux boutons (AEL, AF On, Q, Fn) sont ainsi déportés.

Fujifilm X-T4

Mais ce grip permet surtout d’ajouter 2 batteries supplémentaires – en plus de la batterie interne – pour une autonomie de 1 450 images en mode normal et jusqu’à 1 700 images en mode économique, et ajoute une prise casque. On notera que la gestion des batteries est transparente : lorsqu’une batterie est vide, l’appareil passe à la suivante sans interrompre l’enregistrement photo ou vidéo. On ignore cependant s’il est possible d’effectuer un remplacement à chaud.

Fujifilm X-T4

Par contre, la plus grande taille des nouvelles batteries rend ce grip encore plus imposant – nous ignorons encore son poids. Ce grip est protégé contre la poussière et l’humidité et peut fonctionner jusqu’à -10°C.

Fujifilm X-T4

Prix et disponibilité du Fujifilm X-T4

Le Fujifilm X-T4 sera disponible en coloris gris ou noir à partir du mois d’avril 2020 au tarif de 1 799€ nu.

L’appareil est également disponible en kit :

  • X-T4 + XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS à 2 199 €
  • X-T4 + XF 16-80 mm f/4 R OIS WR à 2 299 € pour un ensemble tropicalisé.

Le grip VG-XT4 est vendu 329 €. L’ensemble de caches de rechange est disponible pour 11 € et la nouvelle batterie est vendue seule 69 €.

Notre premier avis sur le Fujifilm X-T4

Lancé en avance par rapport aux précédentes générations, le X-T4 montre une fois encore que Fujifilm est capable d’améliorer son boîtier hybride APS-C taillé pour les performances de la plus belle des manières. Ici, c’est véritablement la vidéo qui est chouchoutée, avec un écran sur rotule, un mode vidéo désormais autonome et une double stabilisation numérique et capteur qui devrait permettre des plans extrêmement stables.

Fujifilm X-T4

L’IBIS (stabilisation du capteur) sur 5 axes est la nouveauté majeure de cette version 4, qui augmente également le poids et la taille de ce boîtier, sans aucune mesure cependant avec le X-H1. Fujifilm a décidé de reconduire l’excellent capteur X-Trans 4 et le processeur de 4e génération du X-T3, tout en proposant des performances autofocus améliorées. Cela pourrait convaincre les possesseurs de X-T3 de conserver leur boîtier, et donnera à cet ancien modèle un attrait d’autant plus fort sur le marché de la seconde main. Nous ignorons d’ailleurs si Fujifilm le retire du catalogue ou proposera un prix plus doux.

Dans tous les cas, ce X-T4 offre ce que Fujifilm fait de mieux aujourd’hui avec son capteur et processeur de dernière génération enfin couplé à une stabilisation capteur rendue possible sur ce boîtier grâce à un système compact.

Et vous, que pensez-vous de ce nouveau Fujifilm X-T4 ?