Un mois avant le salon CP+ 2020 de Yokohama, Fujifilm renouvelle son boîtier d’entrée de gamme et dévoile le Fujifilm X-T200, une mise à jour du X-T100. Au programme, une amélioration des performances, la possibilité de filmer en 4K à 30 i/s et un nouveau mécanisme de stabilisation électronique dédié à la vidéo. En parallèle, le constructeur japonais a également présenté un nouvel objectif XC 35 mm f/2. Retour sur leurs caractéristiques techniques.

Fujifilm X-T200 : un nouvel hybride compact à écran géant

Ce nouveau Fujifilm X-T200 vient reprendre le flambeau du X-T100, lancé en 2018 – et dont nous avions pu apprécier la légèreté et les performances sur le terrain. En toute logique, le dernier-né de Fujifilm reprend donc le form factor de son aîné.

Test Fujifilm X-T100, l’hybride à capteur APS-C compact et stylé

Il se paye toutefois le luxe d’être 80 grammes plus léger que son prédécesseur et pèse ainsi 370 grammes seulement. Et, petite révolution, l’écran LCD de 3,5 pouces est monté sur une rotule et peut donc être incliné dans toutes les directions. Sa résolution est en hausse, passant de 1,04 à 2,76 millions de points.

On notera aussi son format 16:9 inédit, particulièrement adapté à la vidéo. Lors de la capture de photos au format 3:2, l’écran affichera cependant d’importantes bandes noires sur les côtés.

Cet écran étant particulièrement large, le dos du boîtier s’avère particulièrement minimaliste : l’habituelle croix directionnelle est portée disparue et est remplacée par un nouveau joystick et par deux boutons « Menu » et « Display ». Cependant, Fujifilm a également dévoilé une interface tactile revisitée, qui doit se montrer plus simple et plus conviviale. Grâce à une luminosité maximale de 1000 nits, l’écran doit aussi être lisible en plein soleil.

De par la largeur de cet afficheur, le positionnement du pouce pose question car il risque de recouvrir le coin supérieur droit de l’afficheur. À l’avant du boîtier, une légère poignée fait son apparition afin d’offrir une prise en main plus confortable… et plus rassurante.

Le nouveau X-T200 reprend le viseur électronique de son aîné, constitué d’un écran OLED de 2,36 millions de points et offrant un grossissement de 0,62x. Mentionnons aussi la présence du flash intégré – qui permettra de déboucher les ombres sans recourir à un flash externe.

La tranche supérieure de l’appareil s’avère extrêmement similaire à celle de son aîné : on retrouve ainsi les deux molettes de contrôles placées à gauche et à droite du viseur : elles permettent de contrôler l’ouverture et la vitesse selon le mode sélectionné.

La molette PASM et son emplacement restent inchangés ; en revanche, le déclencheur est muni d’une nouvelle molette de réglage. En conséquence, le bouton On/Off devient indépendant – et relègue le bouton Fn au dos de l’appareil, aux côtés du bouton Q. Le bouton permettant de déclencher rapidement la capture de vidéos reste au même endroit.

En haut, le Fujifilm X-T100 ; en bas, son successeur le X-T200. On remarquera l’importante similarité entre les deux modèles sous cet angle.

Capteur APS-C de 24 Mpx, rafale à 8 i/s et suivi du sujet

Le Fujifilm X-T200 n’introduit pas de révolution au niveau de la définition de son capteur : on retrouve ainsi un capteur APS-C de 24,24 Mpx. À l’image de son prédécesseur, ce dernier n’est – hélas –toujours pas stabilisé. La plage de sensibilité ne varie pas d’un iota et s’étend de 200 à 12 800 ISO (extensible de 100 à 51 200 ISO).

Contrairement aux autres boîtier de la gamme X de Fujifilm, ce capteur n’est pas de type X-Trans mais un « simple » capteur CMOS classique à matrice de Bayer.

Cependant, le Fujifilm X-T200 introduit un nouveau processeur et une nouvelle structure interne en cuivre devant assurer un traitement des données 3,5 fois plus rapide.

De même, on notera l’arrivée d’un nouveau mécanisme AF à détection de phase basé sur un total de 425 points. Voilà qui devrait permettre à ce X-T200 de corriger les deux petits défauts de son aîné, qui souffrait d’un (léger) manque de réactivité. En revanche, l’autofocus est sensible « seulement » jusqu’à -2 IL.

© Fujifilm

Point notable, le « petit » X-T200 bénéficie également d’un nouveau mécanisme de détection et de suivi du visage et de l’œil du sujet. Selon Fujifilm, le X-T200 devrait bénéficier des mêmes capacités que les X-T3 et X-Pro 3 : un point que nous ne manquerons pas de vérifier sur le terrain. Grâce au grand écran tactile et aux nouveaux algorithmes d’autofocus, il devient possible de sélectionner le sujet principal pour activer le suivi AF. Mentionnons aussi le mode SR+, maintenant capable de détecter automatiquement le sujet ainsi que type de scène.

© Fujifilm

Le X-T200 se différencie également de son prédécesseur au niveau de la rafale : là où le X-T100 plafonnait à 6 i/s, le X-T200 peut atteindre 8 i/s avec le suivi AE/AF. Espérons toutefois que Fujifilm ait agrandi la taille du buffer – celui de son aîné saturant très rapidement.

Le X-T200 est doté d’un obturateur mécanique pouvant monter jusqu’à 1/4000s, mais dispose également d’un obturateur électronique permettant de shooter jusqu’à 1/32000s. Dans les deux cas de figure, il est possible de capturer des poses longues de 30 secondes maximum en mode PASM et jusqu’à 60 minutes en mode Bulb. On notera aussi la compensation de l’exposition allant de -5 à +5 IL. La synchronisation du flash, quant à elle, peut monter à 1/180s.

Photo capturée avec le nouveau filtre « clarté »
© Fujifilm

Enfin, Fujifilm a annoncé l’arrivée d’un nouveau filtre « Clarté » (que nous avions déjà croisé sur le Fujifilm X-Pro 3), qui doit booster le niveau du contraste et de détails de l’image. Les photographes pourront régler l’intensité de cet effet depuis les menus de l’appareil. On retrouve également les simulations de films (Astia, Velvia…) permettant de donner un look délicieusement vintage aux images en JPEG.

Vidéo en 4K à 30 fps et nouveau système de stabilisation électronique

Alors que la vidéo prend une place de plus en plus grande dans le paysage photographique, le Fujifilm X-T200 se différencie largement de son aîné et affiche des capacités vidéo intéressantes.

Si son prédécesseur était déjà capable de filmer en 4K, ce dernier montait seulement à 15 i/s. Le X-T200 corrige donc ce point et permet de capturer des séquences vidéo en 4K (UHD) sans crop à 24 ou 30 i/s. Dans la pratique, l’appareil enregistre une vidéo en 6K (6032 x 3392 pixels) qui est rognée pour une image en 4K exploitant toute la largeur du capteur. Selon Fujifilm, le traitement du rolling shutter a aussi été considérablement amélioré.

Pour filmer à 60 i/s, il faudra passer en Full HD (1080p) ou en 720p. L’appareil offre aussi la possibilité d’enregistrer des séquences en slow motion à 120 i/s en Full HD. Pour s’adapter aux réseaux sociaux, le X-T200 est également capable de filmer des séquences carrées en Full HD (1080 x 1080) ou en HD (720 x 720) jusqu’à 60 i/s. Le Fujifilm X-T200 est également capable d’enregistrer des vidéos en HDR, offrant une meilleure restitution des scènes très contrastées.

On notera cependant que la capture vidéo en 4K est limitée à 15 minutes – sans doute pour éviter au capteur de surchauffer. Dans les autres modes vidéo, l’enregistrement est limité à 30 minutes.

L’autre nouveauté de ce boîtier se situe au niveau de son mécanisme de stabilisation électronique dédié à la vidéo, baptisée « Digital Gimbal » par Fujifilm. Cette fonctionnalité – qui vient toutefois rogner la vidéo – repose sur un nouveau gyroscope qui doit permettre à l’appareil d’anticiper et de compenser les vibrations mouvements de l’utilisateur. Le but : produire des vidéos plus fluides et offrir un bien meilleur rendu en vidéo.

À gauche, une vidéo stabilisée par le mode « Digital Gimbal » : à droite, une vidéo non-stabilisée

Sur le papier, cette solution semble assez intéressante mais seul un test terrain permettra d’en mesurer les performances réelles.

Enfin, mentionnons l’arrivée de nouvelles fonctionnalités permettant de couper les séquences vidéo depuis l’appareil avant de les partager sur les réseaux sociaux via un smartphone.

Une connectivité (presque) complète

La connectivité du Fujifilm X-T200 s’avère assez proche de celle de son prédécesseur. Il bénéficie ainsi du Wifi et du Bluetooth Low Energy – qui permettront de connecter l’appareil à un smartphone via l’application Camera Remote.

À droite de l’appareil, l’appareil dispose d’une prise mini-HDMI et incorpore un nouveau port USB-C qui permet de recharger l’appareil. Grâce à un adaptateur fourni, cette prise USB-C permet également de bénéficier d’une prise casque – fait rare dans cette gamme de prix. L’appareil intègre également une prise jack 3,5 mm pour brancher un micro externe. Différentes options permettent de paramétrer l’enregistrement du son par l’appareil.

Le X-T200 intègre un emplacement pour cartes SD compatible avec la norme UHS-1. Enfin, le boîtier reprend la même batterie NP-W126S que son prédécesseur. Il peut être rechargé via le port USB-C – d’autant qu’aucun chargeur externe ne serait inclus avec l’appareil.

Nouvel objectif Fujifilm XC 35 mm f/2

Fujifilm a profité de l’annonce du X-T200 pour dévoiler une nouvelle focale fixe : le Fujifilm XC 35 mm f/2. Ce dernier s’inscrit dans la gamme XC du constructeur et doit se montrer plus léger – et plus abordable – que le XF 35 mm f/2 WR. Sur cette version, point d’aluminum mais un fût en plastique. De même, l’objectif est dépourvu de joints d’étanchéité : la prudence est donc de mise en cas de précipitations. À noter que la bague de réglage d’ouverture est également aux abonnés absents. En revanche, son poids est des plus réduits : comptez seulement 130 grammes sur la balance.

Ce nouvel objectif repose sur une formule optique très similaire à la version plus haut de gamme : on retrouve ainsi 9 éléments optiques répartis en 6 groupes – dont 2 lentilles asphériques. L’ouverture maximale à f/2 est assurée par un diaphragme circulaire à neuf lamelles devant offrir un flou d’arrière-plan doux et progressif. La distance de mise au point, quant à elle, est de 35 cm.

Prix et disponibilité du Fujifilm X-T200 et de l’objectif XC 35 mm f/2

Le nouveau Fujifilm X-T200 sera disponible le 27 février 2020 – pile au moment du lancement du salon CP+ 2020. Trois finitions seront proposées : Silver, Dark Silver et Champagne. 

Du côté des tarifs, le Fujifilm X-T200 sera proposé en précommande à partir de 849 € en kit avec l’objectif XC 15-45 mm f/3,5-5,6 OIS PZ. À titre de comparaison, le X-T100 avait été lancé à 699 € avec la même optique et est aujourd’hui vendue à 529 €.

L’objectif Fujifilm XC 35 mm f/2 sera lieu disponible au tarif de 199€.

Notre premier avis sur le Fujifilm X-T200

Deux ans après le X-T100, Fujifilm dévoile une mise à jour de son hybride d’entrée de gamme. Ce X-T200 reprend un certain nombre de ses caractéristiques : capteur CMOS de 24 Mpx (hélas non stabilisé), format compact et design séduisant.

Mais ce nouveau boîtier de Fujifilm présente un certain nombre de nouveautés intéressantes. On mentionnera en premier lieu son écran géant au format 16:9, accompagné d’une nouvelle interface tactile plus agréable et plus conviviale. De plus, cet afficheur est maintenant monté sur rotule, offrant un plus grand confort de visée.

Au-delà, le Fujifilm X-T200 corrige certains défauts de son prédécesseur et devrait – en théorie – se montrer plus réactif et offrir un meilleur autofocus : à ce titre, mentionnons les nouveaux modes de détection et de suivi du visage et de l’œil du sujet. Du côté de la vidéo, l’appareil permet désormais de filmer en 4K à 30 i/s sans crop et se dote d’un nouveau mécanisme de stabilisation électronique prometteur… mais dont nous ne manquerons pas de vérifier les performances sur le terrain.

L’objectif XC 35 mm f/2 fournit une alternative plus légère et plus abordable à la version XF, tout en reposant sur une formule optique devant lui permettre de délivrer des images de bonne facture. Là aussi, un véritable test terrain sera nécessaire pour en évaluer la qualité.

Avec ce nouveau X-T200, Fujfilm livre un compagnon de voyage très séduisant sur le papier. Avant, peut-être, de nous dévoiler un (hypothétique) successeur du X-T3 en février prochain.