Début 2020, Fujifilm avait fait sensation en dévoilant son nouveau X-T4. Le porte-étendard des boîtiers APS-C de la série X-T fait peau neuve et se pare d’une fiche technique très ambitieuse. Capteur APS-C de 26,1 Mpx (enfin !) stabilisé sur 5 axes, nouvel obturateur plus silencieux, nouvelle batterie, nouvel écran sur rotule… le tout dans un boîtier (presque) aussi compact que ses illustres prédécesseurs.

Quelle qualité d’image le Fujifilm X-T4 permet-il d’obtenir ? Ses performances s’avèrent-elles à la hauteur de nos attentes ? Après un mois et demi de test (et plus de 4400 photos), voici notre test complet du Fujifilm X-T4.

Ergonomie et prise en main du Fujifilm X-T4

Débutons notre test par une évidence : à l’image de ses prédécesseurs, le Fujifilm X-T4 adopte un design très proche de celui des boîtiers argentiques. Lignes tendues, formes anguleuses… et nombreuses molettes sur la tranche supérieure du boîtier. Les photographes expérimentés apprécieront de pouvoir effectuer leurs réglages avant même d’allumer le boîtier.

Extérieurement, le X-T4 évolue assez peu par rapport au X-T3… qui était lui-même assez proche du X-T2. On retrouve donc la molette ON/OFF, couplée au déclencheur. À sa droite, la traditionnelle roue de compensation de l’exposition trouve sa place, à proximité immédiate d’un premier bouton personnalisable.

On retrouve aussi la roue crantée de la vitesse d’obturation, qui vient légèrement empiéter sur la zone réservée au viseur électronique. Point notable : sous la molette de la vitesse, on peut maintenant choisir entre le mode photo (Still) et le mode vidéo, signe de la prise d’importance de ce mode vidéo sur le X-T4. Ce faisant, le choix du mode d’exposition est relégué aux menus – ce qui n’est pas toujours très pratique.

À gauche du viseur, on retrouve enfin la molette de la sensibilité ISO. Elle peut être réglée de 160 à 12 800 ISO, avec un mode Auto et un mode Custom afin de régler la sensibilité à l’aide d’une molette. Juste en-dessous de cette roue crantée, une molette sert à choisir le mode de rafale, à activer les modes de bracketing, de prise de vue en panoramique ou en HDR.

Comme sur les précédents modèles, les roues crantées de la sensibilité et de la vitesse peuvent être verrouillées grâce à un petit interrupteur. Dans ce cas, pourquoi ne peut-on pas aussi verrouiller la molette de l’exposition ? Mystère et boule de gomme, comme on dit dans le milieu.

Au dos de l’appareil, les boutons semblent s’être livrés à un jeu de chaises musicales. Les boutons Corbeille et Lecture, ainsi que le joystick, la croix directionnelle et les boutons Menu/OK et Disp/Back restent sagement à leur place… et ils sont bien les seuls.

À droite du viseur, le bouton Q est maintenant placé juste sous le pouce. Le bouton AF-L, en revanche, est porté disparu. À gauche de la roue crantée, un bouton AF-ON vient remplacer le bouton AE-L, puisque ce dernier prend la place… du bouton Q. Une vraie farandole !

Mais la vraie nouveauté de ce X-T4, côté ergonomie, c’est avant tout l’écran tactile monté sur rotule – et non plus sur une double-charnière. L’écran se déploie sur le côté gauche du boîtier et peut pivoter à 180°. Il peut également être masqué complètement : idéal lorsqu’on voyage et que l’on veut éviter d’abîmer l’écran. La définition de l’écran est également en hausse : comptez 1,62 million de points, contre 1,04 sur le X-T3.

Heureusement, les fonctionnalités tactiles sont en progrès. L’écran se montre très réactif, et permet de sélectionner très rapidement la zone de l’image sur laquelle la mise au point doit être effectuée. Plusieurs modes d’utilisation du tactile sont proposés : calcul de la MAP, MAP + déclenchement immédiat, zone AF, ou tactile désactivé. Par ailleurs, il est possible de sélectionner la zone tactile activée pendant la visée avec l’EVF. Néanmoins, Fujifilm ne permet toujours pas de naviguer dans les menus avec l’écran tactile.

Du côté du viseur, on retrouve avec plaisir l’écran OLED de 3,69 millions de points. Sa fréquence de rafraîchissement est de 100 i/s en mode boost, et de 60 i/s en mode normal. Il offre également un agrandissement de 0,75x. Comme sur le X-T3, ce viseur s’avère très confortable même pour les porteurs de lunettes grâce à un dégagement oculaire de 23 mm. Une vraie réussite pour ce boîtier hybride.

Comme sur le X-T3, la molette de correction dyoptrique est remplacée par un bouton à couronne, analogue à ceux que l’on retrouve sur les montres. Pratique pour les porteurs de lunettes. On notera également que le viseur est légèrement en retrait par rapport à l’écran, afin que le nez ne vienne pas reposer directement sur l’écran.

Fidèle à ses bonnes habitudes, Fujifilm conserve la sélection du mode de mise au point à l’avant du boîtier, à côté de l’objectif (AF Single, AF Continu ou MAP manuelle). Sur la tranche gauche du boîtier, les traditionnelles trappes sont remplacées par des ergots en caoutchouc.

On retrouve donc une entrée micro 3,5 mm, une prise jack 2,5 mm pour la télécommande, une prise micro-HDMI et un port USB type C, déjà présent sur le X-T3.

Seulement voilà : alors que la prise casque avait été ajoutée par Fujifilm sur le X-T3, le constructeur fait machine arrière avec son X-T4. La prise casque est donc (à nouveau) reléguée sur le grip additionnel. Fuji propose bien un adaptateur USB-C / jack 3,5 mm dans la boîte, mais ce choix technique est discutable pour un boîtier visant notamment les vidéastes.

Le boîtier pouvant être rechargé en USB-C, Fujifilm fait également l’impasse sur le chargeur de batterie secteur « classique ». La marque fournit un « simple » câble USB, accompagné d’un adaptateur secteur. Ce câble est d’ailleurs très court (60 cm environ) et n’est donc pas très confortable pour recharger l’appareil.

À noter que le boîtier peut être utilisé pendant la charge : un très bon point en vidéo ou timelapse notamment. Mais si vous souhaitez brancher un casque tout en chargeant l’appareil, c’est un choix cornélien que vous devrez faire…

Sur la tranche droite du boîtier, le logement pour cartes mémoire est capable de loger 2 cartes SDXC. Les 2 emplacements sont heureusement compatibles avec la norme UHS-II. Comme à l’accoutumée, vous pouvez utiliser les cartes en mode séquentiel (la 2nde carte prenant le relai de la 1e quand celle-ci est pleine), soit en enregistrant les images sur les 2 cartes simultanément, soit en enregistrant les fichiers RAW sur une carte et les JPEG sur l’autre. À noter que le même fonctionnement se retrouve pour la vidéo (mode séquentiel ou duplicata).

Escapade à Grasse – Fujifilm X-T4 – Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS – 30,2 mm, f/5,6, 1/180s, 160 ISO

Voici les caractéristiques détaillées du Fujifilm X-T4 : 

  • Capteur X-Trans CMOS APS-C de 26,1 Mpx
  • Processeur X-Processor 4
  • Monture X
  • Viseur électronique avec écran OLED à 3,7 millions de points couvrant 100% du champ, agrandissement de 0,75x, dégagement oculaire de 23 mm
  • Écran LCD tactile monté sur rotule de 3 pouces avec 1,62 million de points
  • Autofocus : 425 points (détection de phase et de contraste)
  • Couverture AF : 100 %
  • Plage de fonctionnement AF : de -3 à 20 IL (jusqu’à -6 IL en corrélation de phase)
  • Sensibilité du capteur : 100 – 51 200 ISO (extensible de 50 à 204 800 ISO)
  • Rafale jusqu’à 20 i/s (obturateur électronique) / jusqu’à 15 i/s avec obturateur mécanique
  • Vitesse d’obturation de 4s à 1/32000s (obturateur électronique) / de 4s à 1/8000s (obturateur mécanique)
  • Vidéo : 4K jusqu’à 60 fps, Full HD jusqu’à 240 fps
  • Stockage : double-emplacement compatible SDHC et SDXC (UHS I et II)
  • Connectivité : WiFi, Bluetooth 4.2, USB-C 3.2, micro HDMI, prise micro 3,5 mm, griffe porte-accessoire, prise télécommande
  • Batterie : NP-W235
    • Autonomie photo : 600 clichés (mode éco activé) ou 500 clichés (mode normal)
    • Autonomie vidéo : 85 minutes en 4K, 95 minutes en Full HD (détection des visages activée)
  • Rechargement via port USB-C : oui
  • Dimensions : 134,6 x 92,8 x 63,8 mm
  • Poids : 607 grammes (avec batterie et carte mémoire)

Navigation et menus du X-T4

La présence des nombreuses molettes est un vrai plus pour les boîtiers de la série X-T. D’une part, ils permettent à Fujifilm de démarquer ses boîtiers de la concurrence, leur conférant un aspect assez unique – et très proche des boîtiers argentiques d’antan. D’autre part, ils seront très appréciés des photographes expérimentés pour leur ergonomie.

Les choses se compliquent au niveau des menus du boîtier. Les options se multiplient au fil des générations – notamment avec l’ajout de nouveaux réglages liés à la vidéo. Néanmoins, Fujifilm ne semble pas pressé de refondre la hiérarchie de ses menus. Concrètement, les menus du Fujifilm X-T4 s’avèrent assez pénibles à utiliser. On regrette notamment la présence d’un trop grand nombre de sous-menus, voire de sous-sous-menus. De même, certaines options ne se situent pas à l’endroit où on s’attend à les trouver.

Par exemple, les réglages de l’écran tactile sont particulièrement bien cachés, et sont situés dans la partie consacrée aux touches et aux molettes. Pire, les menus regorgent d’abréviations, lesquelles sont souvent très peu explicites. Fujifilm offre un nombre spectaculaire d’options, permettant de personnaliser à fond le comportement de l’appareil. Mais trop souvent, on se retrouve à devoir apprendre par cœur les menus pour (tenter) de retrouver facilement l’options désirée.

En clair, ces menus doivent impérativement être refondus. Un chantier certes ambitieux, mais que d’autres marques (comme Sony par exemple) semblent avoir enfin entrepris avec leurs boîtiers récents.

Encombrement et design du X-T4

À l’instar de ses prédécesseurs, le Fujifilm X-T4 est disponible en deux coloris : argent ou noir. Comme indiqué précédemment, il opte pour un look très similaire à celui des boîtiers argentiques d’antan – ce qui n’est pas pour nous déplaire, bien au contraire.

La prise en main est très bonne, grâce à une poignée suffisamment creusée et au cale-pouce présent à l’arrière du boîtier. Le X-T4 se montre toujours aussi compact et agréable à utiliser. Grâce à son capteur APS-C, le boîtier réussit à conserver un gabarit réduit. Cependant, le X-T4 se montre légèrement plus gros et plus lourd que les précédents modèles. En effet, le mécanisme de stabilisation du capteur sur 5 axes fait prendre un léger embonpoint au X-T4, qui reste malgré tout un modèle de compacité.

Le X-T4 pèse ainsi 607 g (batterie et carte SD incluses), soit 68 g de plus que le X-T3. De même, il se montre très légèrement plus large, mais surtout plus épais que son prédécesseur. Il mesure ainsi 134,6 mm de large, 92,8 mm de haut pour 63,8 mm d’épaisseur (contre 58 mm pour le X-T3).

Mais rassurez-vous : à l’usage, le boîtier est toujours aussi agréable et trouve très facilement sa place dans n’importe quel sac photo. Avec l’objectif « standard » XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS, le duo pèse un peu plus de 900 g. Et si vous l’utilisez avec une focale fixe comme l’excellent objectif XF 35 mm f/2 R WR, vous obtenez un tandem de seulement 770 g, particulièrement confortable.

Le Fujifilm X-T4 est tropicalisé – malgré son écran sur rotule – le rendant capable d’essuyer des averses, la poussières et des températures allant de -10°C à 40°C. Sur le terrain, les finitions sont excellentes et le boîtier inspire confiance avec son alliage de magnésium. Sur ce point, le dernier-né de Fujifilm est donc une franche réussite. En va-t-il de même au niveau de la qualité d’image ? Réponse dans le chapitre suivant de ce test.

Performances et qualité d’image du Fujifilm X-T4

Mettons fin au suspens : le Fujifilm X-T4 permet de capturer de superbes images. La restitution des couleurs et des détails s’avère particulièrement soignée. De même, l’autofocus et le nouveau mécanisme de stabilisation sur 5 axes sont très performants.

Vous pouvez cliquer sur les photos présentes dans cet article pour les voir dans une meilleure qualité.

Port Lympia, Nice – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS – 50,5 mm, f/4, 1/1900s, 160 ISO

Cap d’Ail, début de soleil couchant – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS – 50,5 mm, f/5,6, 1/350s, 160 ISO

Ventabren, charmant petit village de l’arrière-pays aixois – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR, 71,5 mm, f/2,8, 1/1900s, 160 ISO

Qualité d’image du Fujifilm X-T4 : une attention particulière à la gestion des couleurs

Du côté du capteur, le X-T4 fait jeu égal avec le X-T3. On retrouve donc avec plaisir le capteur X-Trans CMOS de 4e génération, comptant 26,1 Mpx. Ce dernier est rétroéclairé, et offre plus de pixels à détection de phase. À la clé, une meilleure réactivité, et une sensibilité de l’autofocus jusqu’à -6 IL. Aux côtés de ce capteur, on retrouve un processeur X-Processor 4, doté de 4 cœurs.

La qualité d’image était déjà bien présente sur les anciens modèles, et Fujifilm ne nous déçoit pas, bien au contraire. Au passage, saluons la qualité des optiques conçues par Fujifilm. Ainsi, le téléobjectif XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR, que nous avons pu tester avec ce X-T4, est assurément une superbe optique, qui permet de capturer de magnifiques clichés.

Fidèle à ses bonnes habitudes, Fujifilm mise sur ses simulations de films. Elles permettent de générer des clichés très proches du rendu des pellicules argentiques Fuji. Le X-T4 dispose ainsi de 18 simulations de films, dont le Classic Neg introduit par le X-Pro3.

Il dispose également d’une nouvelle simulation de film baptisé ETERNA Bleach Bypass. Cette dernière offre un rendu peu saturé et peu contrasté, analogue à une pellicule qui ne serait pas passée par le bain de blanchiment en développement argentique. Ce dernier possède un rendu assez « instagrammesque ». À notre goût, il se montre un peu moins pertinent que les autres simulations de films proposées par Fuji. Mais il est probable que les amateurs du genre l’adopteront sans délai.

Filtre Eterna Bleach Bypass – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS – 32,9 mm, f/10, 1/50s, 160 ISO

Ce faisant, le X-T4 permet d’obtenir des fichiers JPEG de très bonne qualité. Toutefois, il est possible d’appliquer ces simulations de films également sur les fichiers RAW grâce au logiciel Fujifilm X Raw Studio et à Lightroom par exemple.

À noter également que les réglages de tonalités des ombres et des lumières peuvent être réglées plus finement que par le passé, avec une intervalle de 1/2 au lieu de 1 (de -2 à +4). De même, on constate que l’appareil permet de régler la balance des blancs sur la priorité aux blancs – ou la priorité à l’ambiance (blancs plus chauds). Ainsi, on peut définir plus finement la dominante des couleurs.

La superbe locomotive E211 du Train des Pignes à vapeur – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS – 40,7 mm, f/5,6, 1/480s, 160 ISO

Annot, petite ville de l’arrière-pas niçois, terminus du train à vapeur des Chemins de Fer de Provence – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR, 77,3 mm, f/8, 1/110s, 400 ISO

Le train à vapeur à l’assaut des contrefors de l’arrière-pays niçois – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR – 140 mm, f/6,4, 1/210s, 640 ISO

Train… à vapeur – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR – 140 mm, f/6,4, 1/210s, 320 ISO

Au-delà, les fichiers JPEG sont toujours extrêmement souples pour une retouche simple. Nous faisons le même constat qu’avec le X-T3 : la dynamique du capteur évite de « cramer » trop facilement les blancs. De même, les noirs ne sont pas trop bouchés.

Enfin, les fichiers RAW permettent de récupérer une grande quantité d’informations, aussi bien dans les zones surexposées que dans les tons sombres. Au final, les fichiers générés par ce X-T4 sont un plaisir dès la sortie du boîtier, et révèlent leur plein potentiel au post-traitement.

Début du coucher de soleil depuis la plage de la Mala, à Cap d’Ail – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS – 18 mm, f/5,6, 1/640s, 160 ISO

Plage de la Mala, coucher du soleil – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS, 34,3 mm, f/5,6, 1/640s, 160 ISO

Récupération des hautes lumières et des ombres – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS – 34,3 mm, f/5,6, 1/850s, 160 ISO

Enfin, notons l’apparition d’un nouveau mode permettant de capturer nativement des images en HDR. Dans la pratique, l’appareil capture 3 images à la suite et les fusionne en interne. Naturellement, un détour par les options permet de définir précisément les valeurs du bracketing. Les fichiers ainsi générés sont enregistrés en JPEG, mais aussi en RAW, ce qui n’a pas manqué de nous surprendre.

Menton, panorama depuis la Basilique Saint-Michel Archange – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS – 18 mm, f/5,6, 1/750s, 160 ISO

Une des nombreuses ruelles du vieux Menton – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS, 55 mm, f/5, 1/150s, 160 ISO

Montée en ISO du Fujifilm X-T4

Les bonnes performances du X-T4 se retrouvent aussi à la gestion de la montée en sensibilité. Jusqu’à 2 500 ISO, les images sont particulièrement propres en RAW. Jusqu’à 8 000 ISO, le bruit numérique reste acceptable, et peut être récupéré grâce à votre logiciel de post-traitement préféré. Les choses se gâtent à partir de 10 000 ISO, où le rendu des images devient assez indigeste en RAW. En JPEG, le boîtier améliore la qualité des images avec des fichiers très exploitables jusqu’à 12 800 ISO.

En voyage notamment, cette (très) bonne montée en ISO est très intéressante. Si vous souhaitez sortir le soir sans vous encombrer de votre trépied, vous pourrez capturer de belles images nocturnes à main levée.

Aix-en-Provence, non loin de l’excellent restaurant argentin Empeñadas Club – Fujifilm X-T4, 7artisans 35 mm f/1,2 – f/4, 1/5s, 3200 ISO

Pas de trépied, pas de problème ! – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS, 32,9 mm, f/11, 0,6s, 1600 ISO

Voici une galerie de photos de nuit capturées avec le Fujifilm X-T4 : 

Une mise au point précise et rapide

L’autofocus du X-T3 était déjà très réactif. Cependant, Fujifilm indique avoir amélioré ses algorithmes liés à l’autofocus, et promet une mise au point en 0,02 seconde seulement sur le X-T4. On notera que le nombre de points AF reste inchangé entre le X-T3 et le X-T4 (425 collimateurs).

Sur le terrain, l’autofocus du Fujifilm X-T4 se montre particulièrement véloce. Le boîtier parvient à accrocher le sujet très rapidement. Ainsi, nous avons beaucoup apprécié les performances de l’AF du X-T4 avec le téléobjectif XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR : même dans les scénarios complexes (faible luminosité, contre-jour prononcé), l’autofocus du X-T4 ne faiblit pas et l’appareil déclenche sans latence.

Inspiration céleste ? – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS – 54 mm, f/8, 1/30s, 3200 ISO

L’appareil propose toujours 6 modes personnalisés de suivi du sujet, qui se montreront très utiles pour de la photographie sportive ou animalière.

À ce titre, mentionnons également la fonction « Pré-shoot », déjà présente sur le X-T3. Elle permet de capturer jusqu’à 20 images lorsque vous enfoncez le déclencheur à mi-course, minimisant le risque de rater l’instant critique.

Pont Craqueur ? – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR, 77,3 mm f/10, 1/90s, 125 ISO

Le X-T4 inaugure également de nouvelles fonctionnalités de détection et de suivi du visage et de l’œil du sujet. Dans la pratique, le boîtier s’en sort très bien et permet de capturer facilement de belles photos de portrait. Un détour dans les réglages offre la possibilité de définir la priorité sur l’œil droit ou l’œil gauche du sujet, ce qui peut s’avérer très utile lors de certains shootings.

Portrait du chauffeur et du mécanicien de la locomotive à vapeur E 211 – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR – 71,5 mm, f/10, 1/75s, 320 ISO

Malgré tout, nous sommes un tantinet déçu par le comportement de l’Eye AF dans certaines circonstances précises. Lorsque la lumière vient à baisser – ou si votre sujet est placé devant une zone fortement éclairée par le soleil, par exemple – le suivi AF semble quelque peu perturbé et perd parfois l’œil du sujet. Heureusement, ce phénomène reste assez rare. In fine, l’AF se rapproche de très près de ce que peut proposer Sony avec son A7 III… tout en restant légèrement en retrait.

Cécile – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR – 71,5 mm, f/8, 1/900s, 160 ISO

D’une manière assez étrange, l’AF a tendance à voir des visages… même lorsque la scène n’en comporte aucun. Un point que nous avons constaté d’une manière assez récurrente. Heureusement, il suffit de jouer brièvement avec le joystick pour que l’AF « oublie » le visage et fasse la mise au point normalement.

Petite déception toutefois : contrairement aux derniers boîtiers plein format de Canon ou Sony (entre autres), le X-T4 n’offre aucun mode de détection et de suivi de l’œil des animaux. Pour capturer ces quelques portraits félins et canins, nous avons donc dû utiliser un unique point AF, aidé par la mise au point en contenu. Espérons qu’une prochaine mise à jour vienne ajouter l’Eye AF au X-T4 pour les animaux.

Chat aux yeux bicolores – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS – 18 mm, f/4, 1/80s, 320 ISO

Ventabren, portrait canin – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS – 40,7 mm, f/4, 1/90s, 160 ISO

Nouvel obturateur mécanique et rafale ultra-rapide à 30 i/s

Le Fujifilm X-T4 inaugure également un nouvel obturateur à plan focal. Ce dernier doit se montrer à la fois plus rapide et plus discret. D’après le constructeur japonais, le délai de réponse au déclenchement est de seulement 0,035 seconde.

Sur le terrain, ce nouvel obturateur mécanique est très réussi. L’appareil devient très, très discret, avec un bruit beaucoup plus doux et feutré. À l’oreille, ce déclencheur est donc très agréable. Par ailleurs, ce nouvel obturateur mécanique est censé endurer jusqu’à 300 000 déclenchements, soit 2 fois plus que le X-T3.

Veules-les-Roses, grandes marées et grosses vagues – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR – 63,4 mm, f/8, 1/680s, 160 ISO

La grande vague – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR, 77,3 mm – f/8, 1/650s, 160 ISO

La vitesse d’obturation autorisée par l’obturateur mécanique s’étend de 4s à 1/8000 s. En obturateur électronique, la vitesse maximale passe à 1/32 000 s.

Du côté de la rafale, le X-T4 se montre particulièrement performant. Les chiffres s’envolent à 15 i/s en obturateur mécanique (contre 11 i/s sur le X-T3), avec un buffer capable d’encaisser jusqu’à 110 JPEG et 38 RAW. L’obturateur électronique, de son côté, grimpe à 20 i/s (jusqu’à 79 JPEG et 36 RAW). Mais le X-T4 permet aussi de monter à 30 i/s en obturateur électronique « sans black-out », au prix d’un certain recadrage (x1,25), avec un buffer de 60 JPEG et 35 RAW.

Ces chiffres peuvent paraître impressionnants – et ils le sont sur le terrain. Mais dans la pratique, la taille des fichiers RAW (environ 54 Mo par cliché en mode non-compressé), couplé à la taille assez moyenne du buffer peuvent se révéler assez pénalisants. Ainsi, la mémoire tampon sature au bout de 3 secondes de capture à 15 i/s. Et pour de la photographie sportive, c’est assez peu.

Chevrolet El Camino, Saint-Jean-Cap-Ferrat – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS – 55 mm, f/5,6, 1/140s, 160 ISO

On veillera aussi à utiliser systématiquement des cartes UHS-II, afin d’éviter de paralyser le boîtier pendant de longues secondes pendant l’écriture des fichiers sur la carte mémoire.

Une stabilisation sur 5 axes très appréciable

Last but certainly not least, la stabilisation du capteur sur 5 axes fait partie des principales nouveautés du Fujifilm X-T4. Ce dernier n’est certes pas le premier boîtier du constructeur à embarquer la stabilisation interne, puisque le X-H1 en était déjà doté. Cependant, le X-T4 est le premier de la gamme X-T à opter pour un système IBIS. Par ailleurs, Fujifilm a également ajouté un système d’amortissement de l’obturateur, ainsi que différents capteurs gyroscopiques. À la clé, un gain annoncé par la marque jusqu’à 6,5 stops avec certaines optiques Fujifilm X (18 sur 29 objectifs de la gamme).

Dans la pratique, nous avons réussi à capturer des images à main levée avec 1 seconde de temps de pose (à 18 mm). Avec notre télézoom XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR, nous avons réussi à capturer des photos nettes à main levée à 0,5s… mais les choses se compliquent pour atteindre la seconde pleine de temps de pose.

Cascade de la colline du Château, Nice – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 50-140 mm f/2,8 R LM OIS WR – 87,1 mm, f/2,8, 0,5s, 160 ISO

À ce titre, mentionnons que le X-T4 est (heureusement) compatible avec la double-stabilisation du capteur et de l’optique. Cependant, son comportement est légèrement étrange : si vous désactivez la stabilisation de l’optique, le boîtier désactive de facto la stabilisation du capteur. En gros, la double-stabilisation, c’est tout ou rien ! Malgré tout, saluons les performances du Fujifilm X-T4, dont la stabilisation sur 5 axes du capteur permet de photographier à des vitesses assez basses sans craindre d’obtenir des clichés flous.

Tram nocturne à main levée place Massena, Nice – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS, 18 mm, f/2,8, 1/4s, 250 ISO

L’intérieur d’un restaurant chic – Fujifilm X-T4, 7artisans 35 mm f/1,2 – 35 mm, f/5,6, 0,6s, 1000 ISO

Un très bon rendu en vidéo et de (très) nombreuses options

Comme indiqué au début de ce test, la vidéo dispose maintenant d’un mode dédié. Prise d’importance de ce média, la vidéo fait jeu égal avec la photo (Still) en étant directement accessible via un commutateur dédié, placé sous la molette de la vitesse.

Comme le X-T3 avant lui, le Fujifilm X-T4 est particulièrement bien pourvu pour la vidéo. En termes de caractéristiques pures, le X-T4 compte parmi les boîtiers APS-C les plus complets pour la vidéo. De ce point de vue, il vient même titiller certains boîtiers Panasonic Micro 4/3 ou plein format.

Le X-T4 est capable de capturer des séquences en 4K « oversamplées » en UHD comme en DCI, exploitant toute la largeur du capteur (ratio 16:9 ou 17:9). L’appareil permet de filmer à 30 i/s sans crop, mais aussi en 60 i/s… moyennant un recadrage de l’image de 1,29x. Pour faciliter le montage de vos rushs, une option permet de conserver le crop dans toutes vos images, peu importe le format utilisé.

La restitution des couleurs n’est évidemment pas en reste, puisque le X-T4 vous propose de générer des images en 4:2:0 en 8 ou 10 bits en interne. Pour obtenir des films en 4:2:2 10 bits, il faudra toutefois passer par la sortie HDMI et un enregistreur externe. Les vidéastes pourront également profiter des modes F-Log, HLG (Hybrid Log Gamma), mais aussi de la simulation de film ETERNA.

Point notable : le X-T4 est capable d’enregistrer des vidéos en 4K à 50 ou 60 i/s pendant 20 minutes, et pendant 30 minutes en 30 i/s ou en Full HD. D’une manière plus prosaïque, les fichiers peuvent être enregistrés en MP4/H.264 AAC, en MOV/H.264 LPCM (sans perte), ou encore en haute qualité MOV/H.265 (HEVC) LPCM.

L’ajout d’un mode dédié à la vidéo sur le X-T4 permet de séparer les réglages liés à la photo de ceux liés à la vidéo. Concrètement, vos réglages vidéo peuvent être gérés de manière séparée : les modes de simulation de film, de netteté ou de courbe des tonalités sont sauvegardés à part et ne viendront pas modifier le rendu de vos photos, et inversement.

En effectuant un détour dans les menus (toujours aussi touffus), on tombe sur un paramètre baptisé « contrôle film optimisé« . Ce dernier permet de modifier les paramètres d’exposition, d’ouverture et de sensibilité ISO depuis l’écran tactile. Ceci peut s’avérer extrêmement intéressant pour les vidéastes. D’une part, ce mode offre la possibilité d’effectuer les réglages sans enregistrer le « clic » des boutons physiques. D’autre part, il permet de garder indépendants les réglages pour la photo et pour la vidéo.

Mais au-delà de ces grandes considérations, comment se comporte le X-T4 sur le terrain ? Disons-le sans ambages : le dernier-né de Fujifilm permet de capturer de très belles vidéos, avec une très belle restitution des couleurs et des détails.

Avec la stabilisation du capteur sur 5 axes, Fujifilm vient corriger l’un des principaux reproches que pouvaient faire les vidéastes à l’encontre du X-T3. Les images s’avèrent remarquablement stables (à condition de ne pas avoir la tremblante, bien sûr).

Les tremblements et les vibrations du vidéastes sont correctement atténuées par le boîtier, même si les mouvements plus doux et progressifs paraissent parfois un peu saccadés en raison de la stabilisation. Cependant, saluons l’efficacité du système de Fujifilm. En photo comme en vidéo, la stabilisation est au rendez-vous et permet de capturer de belles séquences d’une grande fluidité, même en filmant avec un télézoom.

Du côté de l’autofocus, le X-T4 s’en sort avec les honneurs. La transition entre les plans est rapide et efficace. En revanche, le suivi des sujets est parfois un peu erratique. En effet, il n’existe pas de réel mode de tracking du sujet, contrairement à ce que propose la concurrence. Assez souvent, il est arrivé que l’AF décroche et cherche à capturer un sujet plus lointain. Il en va de même avec le suivi de l’œil du sujet, qui décroche parfois lorsqu’un élément traverse le champ et masque le sujet.

Enfin, le X-T4 propose maintenant un mode de ralenti à 240/200 i/s (sans le son), là où son prédécesseur plafonnait à « seulement » 120/100 i/s. L’appareil est capable d’enregistrer dans ce nouveau mode pendant 3 minutes d’affilé. Dans la pratique, ceci équivaut à un ralenti 10x. Sur le terrain, les images capturées dans ce mode sont d’une remarquable fluidité. La stabilisation sur 5 axes fait des merveilles et les séquences s’avèrent particulièrement stables, là encore.

Au final, le Fujifilm X-T4 se montre un excellent compagnon pour les photographes désirant se mettre à la vidéo. L’appareil déborde d’options de prise de vue et permettra de capturer de superbes séquences.

Autonomie et connectivité sans fil du Fujifilm X-T4

À la différence de ses grands frères, le Fujifilm ne mise plus sur la « traditionnelle » batterie NP-W126S de 1260 mAh. Pour offrir une meilleure autonomie à son nouveau boîtier, le constructeur mise sur une nouvelle batterie de 2200 mAh, nommée NP-W235.

D’après Fujifilm, cet accumulateur doit permettre de capturer 500 images en mode normal, et environ 600 images en mode économie. Dans la pratique, cette batterie permet d’utiliser le X-T4 sans garder l’œil rivé sur la jauge de la batterie avec une autonomie supérieure à ce que le constructeur indique.

Par contre, pour un usage intensif, une seconde batterie reste un must have. Si Fujifilm ne fournit plus de chargeur secteur traditionnel, la batterie pourra être rechargée à l’intérieur du boîtier en utilisant le port USB Type C, ce qui immobilisera cependant l’appareil pendant environ 3 heures. Le chargeur double BC-W235 est recommandé pour les professionnels.

Néanmoins, ce changement de batterie pourrait faire grincer les dents de celles et ceux ayant déjà un stock conséquent d’anciennes batteries Fujifilm.

Notons aussi la connectivité sans fil complète du X-T4, qui dispose du Wifi et du Bluetooth. Dans la pratique, vous pouvez utiliser l’application Camera Remote (disponible pour iOS et Android) pour contrôler le boîtier à distance ou parcourir les images de l’appareil photo et les télécharger sur votre smartphone. L’appli permet également d’ajouter les informations de géolocalisation à vos images, et peut aussi servir comme déclencheur à distance. D’après Fujifilm, Camera Remote peut également permettre la mise à jour firmware de l’appareil photo.

Dans la pratique, l’application est efficace… mais sans plus, la faute à une ergonomie parfois discutable.

À qui se destine le Fujifilm X-T4 ?

À cette question, nous serions tentés de répondre : au plus grand nombre ! Mais plus spécifiquement, le Fujifilm X-T4 est l’appareil photo à capteur APS-C le plus haut de gamme de Fujifilm. Il s’adresse à celles et ceux voulant disposer d’un ensemble léger et compact (boîtier + optiques) tout en cherchant une qualité d’image supérieure.

Rappelons-le, la gamme X-T1/2/3/4 a initialement été pensée pour les photographes professionnels, notamment dans le sport. A l’heure actuelle, Fujifilm n’a pas souhaité investir le monde du plein format, un choix d’autant plus compréhensible que la gamme GFX moyen format est là pour satisfaire les envies de très grand capteur.

Les marches du coucher du soleil, Nice – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS, 48,4 mm, f/14, 1/70s, 320 ISO

Malgré tout, le X-T4 est un boîtier APS-C qui n’a pas à rougir face au plein format. Avec son look proche des boîtiers argentiques (à nombreuses molettes), cet appareil s’adresse aux photographes amateurs et professionnels qui souhaitent avoir les réglages sous la main.

Le Fujifilm X-T4 pourra ainsi être un très bon successeur à un boîtier reflex pour un photographe professionnel en quête de compacité. Aujourd’hui, on peut dire que le X-T4 se suffit à lui-même et peut aisément remplacer un boîtier professionnel, y compris plein format, grâce à l’une des meilleures qualité d’image disponible pour un capteur APS-C.

Criel-sur-mer, falaises à marée (très) basse – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS, 55 mm, f/4, 1/2900s, 160 ISO

Avec son autofocus réactif et sa rafale très rapide (jusqu’à 20 i/s en obturateur électronique, et jusqu’à 30 i/s en rognant l’image), le X-T4 est un boîtier d’une rare polyvalence. Assez compact et léger, il forme un compagnon très séduisant. Accompagné d’un télézoom puissant, il se montre parfait pour de la photographie sportive ou animalière.

Mais le X-T4 saura également convaincre les vidéastes, grâce à la stabilisation sur 5 axes de son capteur et à la profusion d’options de prise de vue disponibles. Il se montre un excellent boîtier pour du « run and gun » comme pour des prises de vues plus posées.

Le tout dans un format largement plus compact et facile à transporter qu’un reflex ou qu’un hybride plein format.

 

Les derniers reflets du jour sur la façade du Louvres – Fujifilm X-T4, Fujifilm XF 18-55 mm f/2,8-4 R LM OIS, 24,3 mm, f/10, 0,7s, 800 ISO

Et le X-T3, dans tout ça ? Il est vrai que les 2 boîtiers partagent le même capteur CMOS APS-C de 26,1 Mpx et le même processeur, et offrent une qualité d’image très similaire. Le prix du X-T3 ayant fortement baissé depuis son lancement – on le trouve à moins de 1100 € – il pourrait être tentant d’en faire l’acquisition.

Seulement voilà : le X-T4 embarque de nombreuses améliorations, notamment au niveau des algorithmes de l’autofocus et du suivi, qui le rendent à la fois plus précis et plus efficace. La stabilisation capteur 5 axes, qui procure un gain maximal de 6,5 stops, est extrêmement efficace – et nous a permis de capturer des clichés à main levée même à des vitesses très basses. En vidéo, il s’avère plus agréable à utiliser que son prédécesseur, notamment grâce à un mode de capture séparé.

In fine, le X-T3 demeure une valeur sûre, surtout pour qui ne souhaite faire que de la photographie ; de notre point de vue, les nouveautés apportées par Fujifilm font surtout du X-T4 un bon investissement pour les utilisateurs photo ET vidéo.

Conclusion

Pour ne rien vous cacher, le Fujifilm X-T4 est pour nous un vrai coup de cœur. Il s’avère un excellent compagnon du quotidien, à la fois léger, compact et performant. Il permet d’obtenir des images de très belle facture, quelles que soient les circonstances.

Sur bien des aspects, le X-T4 est une évolution en douceur du X-T3. Il reprend ainsi le même capteur APS-C de 26,1 Mpx et le même processeur. Seulement voilà : Fujifilm a su apporter un certain nombre de nouveautés très pertinentes.

On pense notamment à la stabilisation du capteur sur 5 axes, particulièrement attendue par de nombreux photographes. Ou au nouvel obturateur mécanique, au rendu sonore particulièrement agréable. Mais il innove aussi (et surtout) au niveau de la vidéo, en optant pour un mode dédié offrant une profusion d’options de prise de vue. De fait, le X-T4 est un excellent boîtier pour celles et ceux voulant ajouter une corde à leur arc en shootant des vidéos en plus de la photo.

Certes, les X-T4 n’est pas exempt de défauts. Pour un boîtier mettant autant l’emphase sur la vidéo, justement, le retrait de la prise casque dédiée est assez dommage. On notera aussi quelques petits cafouillages des algorithmes de détection et de suivi de l’œil du sujet, heureusement assez rares. À ce titre, les fans de photo animalière regretteront aussi que le boîtier fasse l’impasse sur l’Eye AF pour les animaux. Enfin, il est plus que temps que Fujifilm simplifie ses menus, toujours aussi peu lisibles.

Heureusement, ces défauts sont très rapidement gommés par la qualité globale du boîtier. Bénéficiant d’un gabarit très séduisant, d’un excellent niveau de finitions, le X-T4 est un boîtier très attachant, que l’on prend réellement plaisir à utiliser au quotidien.

Le Fujifilm X-T4 est disponible nu à partir de 1 729 € chez Digit-Photo, Miss Numérique, Camara, Digixo, Amazon ou à la Fnac. Il est également proposé en kit avec l’objectif XF 18-55 mm f/2,8-4 à partir de 2089 €, et avec le zoom 16-80 mm f/4 tropicalisé à partir de 2184 €.

Test du Fujifilm X-T4 : l'hybride APS-C expert en photo et vidéo
Excellente qualité d'imageFabrication et finitions exemplairesExtrêmement réactifTrès belle restitution des couleursMode vidéo ultra-completStabilisation très efficace en photo comme en vidéoViseur électronique agréableTrès bonne montée en ISOLéger et compactExcellente autonomie
Menus peu clairsQuelques (rares) ratés au niveau de l'Eye AFPas d'Eye AF pour les animauxPas d'évolution du capteur et du processeur par rapport au X-T3
8.9Note finale
Fabrication / finitions9
Qualité d'image9
Ergonomie8
Réactivité9.5