Du 6 février au 20 mai 2018, le Jeu de Paume accueille une large rétrospective de l’artiste Susan Meiselas, photo journaliste spécialisée dans les conflits armés et engagée pour les droits de l’Homme.

Susan Meiselas

Carnival Strippers © Susan Meiselas

Cette photographe américaine est née à Baltimore en 1948. Après des études brillantes d’art visuel à Harvard, Susan suit un carnaval de strip-tease pour documenter de façon visuelle et sonore le quotidien de ces femmes dans la série Carnival Strippers sortie en 1976. A travers les photographies crues et les interviews des strip-teaseuses et de leur entourage, l’artiste nous plonge totalement dans l’univers burlesque des Etats-Unis des années 1970.

Susan Meiselas

Nicaragua, Mediations © Susan Meiselas

La même année, Susan Meiselas entre en tant que freelance dans la coopérative photographique Magnum Photos. Le Nicaragua est alors le premier pays en guerre qu’elle couvre sans commission de presse. Ce petit pays d’Amérique Centrale est frappé par la révolution sandiniste qui a débutée en 1962 pour ne finir qu’en 1990. En 1978, le directeur du journal d’opposition est assassiné alors que le pays souhaite la chute de la dictature de la famille Somoza. L’insurrection populaire est immédiate. Un an plus tard, l’opposition obtient la démission d’Anastase Somoza et la mise en place d’un embargo états-unien.

De ce reportage, la photographe créé une série intitulée Mediations en 1982. En plus de ses clichés qui sont distribués à tous les journaux du monde, Susan Meiselas fait un vrai travail d’archivage, ressortant des placards des images inédites. Elle-même prend des vidéos pour étoffer ses sources. Ses photographies en couleur sont très appréciées et permettent de transmettre l’optimisme de la résistance.

Susan Meiselas

El Salvador © Susan Meiselas

Après les troubles au Nicaragua, un coup d’Etat survient à El Salvador en 1979 déclenchant une guerre civile meurtrière. Les médias occidentaux ne s’intéressent au sujet qu’après l’assassinat de l’archevêque Oscar Romero, défenseur des droits de l’Homme, et de quatre américaines dans une église en 1980. Voyant la montée des révolutions en Amérique Centrale, Ronald Reagan intervient pour limiter l’avancée du communisme. Au total, cette guerre civile a tué 75 000 civils.

Susan Meiselas

Nord de l’Irak, fausse commune où des Kurdes ont été retrouvés © Susan Meiselas

Entre 1991 et 2007, Susan décide de couvrir le conflit au Kurdistan pour montrer les horreurs de la guerre du Golf et la réalité du génocide mené par Sadam Hussein. Après la découverte d’une fosse commune, Susan immortalise les fouilles et entreprend un large travail de recherches dans les archives familiales des habitants. Il se trouve que ces Kurdes ont été tués par Saddam en 1988 pour les punir de leur insurrection.

Susan Meiselas

Prince Street Girl © Susan Meiselas

Parallèlement à la couverture des conflits d’Amérique Latine, Susan revient régulièrement aux Etats-Unis pour capturer l’évolution de la société. Ainsi, dès 1976, la photographe s’immisce dans un groupe de jeunes filles de son quartier de New York pour rendre compte de leur quotidien. Prince Street Girls est donc la série tirée de ces filles du quartier italien new-yorkais qui ont accueillies Susan Meiselas et son appareil photo.

Devenue leur amie, Susan aimait immortaliser ces instants de leur jeunesse.

Susan Meiselas

Pandora’s box © Susan Meiselas

De retour en Amérique, la photographe commence une nouvelle série traitant du marché du sexe intitulée Pandora’s Box sortie en 1995. Elle y photographie la vie d’un club SM à New York tout en prenant soin d’interroger les personnes présentes pour avoir un reportage complet.

Susan Meiselas voulait parler de ces sujets difficiles pour les femmes. Elle s’est également battue en Amérique et au Royaume Uni contre les violences conjugales en participant à des campagnes de publicité.

Susan a énormément milité pour les droits de l’Homme dans le monde entier, notamment à Juarez, ville mexicaine au fort taux de criminalité, où des personnes disparaissent mystérieusement chaque année, mais également en France dans la Jungle de Calais.

Lors de l’exposition, vous pouvez assister gratuitement (sur présentation du billet d’entrée) à une masterclass de Susan Meiselas le samedi 14 avril de 15h à 18h. Une visite guidée est également organisée le mardi 20 mars à 18h par Pia Viewing, la commissaire de l’exposition que Phototrend a rencontré en juillet dernier, ou par l’historienne spécialisée dans la photographie Clara Bouveresse le mardi 27 février. Un conférencier sera également invité le 15 mai pour une visite commentée.

Des associations sont invitées à débattre sur le sujet « Les images à l’épreuve du terrain » tout au long de l’exposition (voir les horaires en fin d’article). Le Centre Hubertine Auclert pour l’égalité des femmes, le Centre Simone de Beauvoir engagé pour le droit des femmes ou encore le Centre Primo Levi soignant les victimes de violences politiques et de tortures feront partie de ces rencontres.

Pour en savoir plus sur l’artiste, vous pouvez visiter son site ou bien celui de l’exposition. Une Master class est également prévue le samedi 14 avril de 15h à 18h. Vous pouvez envoyer vos propositions et vos questions avant le 2 avril à l’adresse masterclassmeiselas@jeudepaume.org et vous renseigner sur l’évènement sur l’onglet du Jeu de Paume.

Informations pratiques
Du 6 février au 20 mai 2018,
Au Jeu de Paume sur la place de la Concorde à Paris.
Ouvert le mardi de 11h à 21h et du mercredi au dimanche de 11h à 19h
Fermé le lundi
Plein tarif : 10 € et tarif réduit : 7,50 €

Atelier Les images à l’épreuve du terrain
– Mardi 20 février, 18 h 30
– Mardi 6 mars, 18 h 30
– Jeudi 8 mars, 12 h 30
– Mardi 20 mars, 18 h 30
– Jeudi 22 mars, 12 h 30
– Jeudi 29 mars, 12 h 30