Un trépied photo peut vous changer la vie en vous offrant de nouvelles possibilités de prise de vue : meilleure stabilité, composition parfaite, pose longue. Mais lorsque l’on parle de trépied, on pense tout de suite à cette chose lourde et encombrante qui nous empêche de nous déplacer en toute liberté.

Rassurez-vous, il existe de très nombreux types de trépieds, notamment une gamme que nous apprécions tout particulièrement : les trépieds de voyage.

Dans ce Mercredi Pratique, nous abordons l’intérêt d’un trépied de voyage, comment bien le choisir et surtout toutes les choses qu’il est possible de faire avec.

Trépied de voyage : un format compact et léger

Par définition, les trépieds de voyage disposent d’un format compact et d’un poids léger, permettant de les transporter facilement en voyage ou bien lors d’une longue marche. Voici les éléments à prendre en compte lors de la sélection d’un trépied de voyage.

Un trépied de voyage qui rentre dans un Sac Messenger (oui, c'est l'Everyday Messenger de Peak Design)

Un trépied de voyage qui rentre dans un Sac Messenger (oui, c’est l’Everyday Messenger de Peak Design)

Une construction en aluminium ou en carbone

Dans les magasins photo, on trouve des trépieds composés de matériaux très différents. Plastique, acier, aluminium, carbone sont les plus courants. Ici, nous vous déconseillons les trépieds en plastique ou en acier pour une simple raison : en voyage, vous avez besoin d’un trépied léger et résistant. L’acier est lourd et le plastique est fragile.

Reste alors deux matériaux : l’aluminium et le carbone. Chacun a ses avantages et ses inconvénients : l’aluminium est solide, bon marché, mais lourd alors que le carbone est lui aussi solide, bien plus léger, mais fait monter facilement le prix du trépied.

A gauche, un trépied en aluminium ; à droite, un trépied en carbone

A gauche, un trépied en aluminium ; à droite, un trépied en carbone

Ici, les deux solutions sont à envisager, même si nous avons une préférence pour le carbone qui est plus rigide, plus léger et permet de filtrer un peu mieux les vibrations par rapport à l’aluminium. Dans tous les cas, si les jambes sont en carbone, la rotule et d’autres éléments seront en aluminium.

Une charge maximale suffisante

La première chose à regarder lors du choix d’un trépied est la charge maximale supportée (en kg). La rotule a également une charge maximale indiquée.

Par exemple, si votre matériel photo fait 2 kg (boîtier + objectif le plus lourd), vous devrez choisir une charge maximale supportée d’au moins 2 kg. À ce niveau-là, les chiffres donnés par les constructeurs sont des données théoriques, et il est fortement recommandé de choisir une charge maximale bien supérieure au poids de votre matériel. Pour un matériel de 2 kg, optez pour une charge maximale d’au moins 5 kg. Pour un matériel de 1 kg, optez pour au moins 3 kg. Cela vous permettra de bénéficier d’une stabilité optimale pour votre appareil, notamment en situation un peu plus « exotique », par exemple, avec une prise de vue inclinée en mode portrait où l’équilibre n’est pas optimal sur toutes les jambes du trépied.

Les différentes hauteurs à analyser

Pour obtenir une taille compacte et être transportables, les trépieds de voyage font malheureusement un compromis sur la hauteur maximale du trépied.

Voici 4 informations à connaître pour bien choisir un trépied de voyage :

  • la hauteur minimale : il s’agit de la hauteur minimale à laquelle le trépied peut être utilisé. Elle s’obtient généralement en écartant au maximum les jambes du trépied afin de le rapprocher du sol. C’est notamment utile pour des photos macro ou en contre-plongée, mais en voyage ce n’est pas forcément la première caractéristique à regarder selon nous.
Hauteur minimale du VEO 235AB de Vanguard

Hauteur minimale du VEO 235AB de Vanguard

  • la hauteur maximale sans colonne (ou hauteur intermédiaire) : il s’agit de la hauteur du trépied lorsque les jambes sont entièrement dépliées, mais que la colonne centrale n’est pas sortie. Cette hauteur est la plus importante à nos yeux, car elle permet d’obtenir une bonne stabilité de l’ensemble.
  • la hauteur maximale colonne centrale dépliée : il s’agit de la hauteur maximale lorsque la colonne centrale est sortie. Elle correspond généralement également à la hauteur maximale du trépied. C’est une donnée à prendre en compte, mais attention, lorsque la colonne centrale est sortie au maximum, le boîtier se trouve en haut de cette colonne unique et est moins stable. Cette configuration n’est par exemple pas recommandée lorsqu’il y a beaucoup de vent.
  • la longueur fermé : lorsque le trépied a tous ses pieds repliés, et sa colonne centrale rangée, on calcule la longueur fermé. Plus cette taille est petite, plus le trépied sera compact lors du transport, un très bon point pour un trépied de voyage.
VEO 235AB longueur fermé : 37,8 cm

VEO 235AB longueur fermé : 37,8 cm

Pour résumer, les deux informations de hauteur importantes à noter dans le choix d’un trépied de voyage sont la hauteur maximale sans colonne et la longueur fermé. La première doit être la plus grande possible (pour un confort de prise de vue) et la seconde la plus petite possible (pour une meilleure portabilité).

Il est également important de prendre en considération un autre chiffre important : le diamètre total du trépied une fois replié. C’est une donnée clé pour connaître l’encombrement du trépied, malheureusement très peu de constructeurs l’indiquent dans les caractéristiques techniques.

Un poids maîtrisé

Dans la recherche du trépied de voyage idéal, il est important de noter le poids final de l’ensemble trépied + rotule : contrairement à un pied studio que l’on pose et que l’on ne touche plus, le trépied de voyage sera bien souvent sur votre dos. Les quelques centaines de grammes qui séparent deux modèles peuvent ainsi être très importants sur le terrain, surtout lorsqu’ils s’ajoutent au reste de votre matériel.

Pour nous, un trépied de voyage ne doit pas dépasser les 1,7 kg afin d’être suffisamment transportable et léger. Au-delà et jusqu’à 2,5 kg, on est plutôt dans la catégorie des trépieds « transportables » qui sont réservés à des usages un peu plus sédentaires.

Les jambes du trépied : nombre de sections, diamètre des tubes, système de fermeture

Dans votre choix, portez une attention particulière aux jambes du trépied. Tout d’abord, vous devez noter le nombre de sections, c’est-à-dire le nombre de parties qui s’emboitent et composent une jambe de votre trépied. 3, 4 ou 5 sections ? Les trépieds classiques disposent généralement de 3 sections. Cela permet d’obtenir une bonne stabilité et un prix serré. Pour les trépieds de voyage, nous sommes plutôt sur 4 ou 5 sections, ce qui les rend plus compacts, car une fois repliés la longueur fermé du trépied est plus faible. Par contre, plus de sections signifie un temps d’ouverture un peu plus long (il y a une ou deux actions à faire en par jambe) et il faut prêter une attention particulière au diamètre du tube composant la dernière section. Si ce dernier est trop fin, il peut réduire la rigidité de l’ensemble. Heureusement, les constructeurs sont au fait de cette limitation et proposent généralement un tube suffisamment épais.

Trépied de voyage VEO 235AB de Vanguard

Trépied de voyage VEO 235AB de Vanguard

Petit conseil : lorsque vous dépliez votre trépied, commencez toujours par les tubes les plus épais (en haut) pour terminer par les tubes les plus fins (en bas). Cela permet de disposer de la plus grande stabilité en conservant les tubes les plus fins rangés.

Le système de fermeture a également son intérêt : à clapets ou à vis. Le système à vis a fait de beaux progrès avec le vissage en 1/3 de tour. Le système à clapet permet malgré tout une très bonne puissance de serrage et sur certains modèles il est même possible de réglage la tension du serrage à l’aide d’une clé afin de garantir une performance au fil des années.

A gauche, fixation

A gauche, fermeture à vis ; à droite, fermeture à clapet

Enfin, en voyage vous serez sûrement confronté à des sols inégaux alors il est important de vérifier que les extrémités des jambes du trépied disposent de patins en caoutchouc antidérapant qui peuvent être vissés pour laisser apparaitre une pointe escamotable. La pointe sera utile en cas de sol meuble (terre, gravier) et le caoutchouc sera plus adapté au bitume et à la roche.

Rapidité de mise en place

En voyage, vous êtes constamment en déplacement d’un endroit à un autre et il est important de ne pas perdre de temps lors de la mise en place du trépied. Ici, les trépieds de voyage jouent les mauvais élèves avec plus de sections à déplier par rapport aux trépieds classiques. Pour gagner de la place, de nombreux trépieds permettent également de basculer les jambes sur les côtés de la colonne centrale. Certaines marques, comme Vanguard avec sa gamme VEO, permettent de ranger la colonne centrale entre les jambes d’une simple bascule. Cela permet de gagner du temps lors du déploiement du trépied.

deplie

La rotule, une pièce maîtresse souvent délaissée

Si sur certains trépieds la rotule est solidaire du trépied, elle est bien souvent détachable. La rotule est un élément important d’un kit trépied, bien plus que cela en a l’air. En effet, si le trépied permet de stabiliser votre appareil, la rotule va vous permettre de le manier avec aisance, rapidité et précision afin d’ajuster votre cadre et votre orientation.

Il existe différents types de rotules :

  • la rotule ball : elle permet de régler rapidement la position de l’appareil photo dans toutes les directions grâce à une boule (d’où son nom). À l’aide d’une molette, la boule est serrée et assure la stabilité de l’appareil photo.
Rotule Ball K-20X Sirui

Rotule Ball K-20X Sirui

  • la rotule pistolet : elle fonctionne de la même manière que la rotule ball à une différence prêt : au lieu d’une molette pour serrer la boule, on a une poignée avec une gâchette. C’est notamment pratique pour réaliser des filés ou des suivis en vidéo si la rotule est bien réglée.
rotule pistolet Vanguard GH300T

rotule pistolet Vanguard GH300T

  • la rotule 3D : fonctionnant à l’aide de 3 molettes, la rotule 3D permet d’opérer des réglages très précis, au degré près. C’est l’équipement de choix des photographes d’architecture ou de macro.
Rotule 3D XPro de Manfrotto

Rotule 3D XPro de Manfrotto

Pour un trépied de voyage, la rotule ball est la solution la plus compacte et polyvalente. En plus du système de rotule, il est important de noter qu’une bonne rotule fait souvent la différence dans un trépied : elle est plus stable, n’a quasiment aucun jeu et pourra durer de nombreuses années.

Un conseil : équipez-vous d’une rotule standard avec système d’attache rapide Arca-Swiss. Il s’agit d’un standard utilisé par de nombreux constructeurs et cela vous permettra de disposer d’un système de fixation compatible avec de nombreux accessoires et supports de fixation pour votre appareil photo.

La rotule peut être fournie avec votre trépied ou bien disponible à part, selon la gamme de prix du trépied – plus le trépied est haut de gamme, moins la rotule est fournie avec, même s’il existe parfois des kits complets.

Ces détails qui font la différence

Dans les trépieds que nous testons, il y a des petits détails qui font toute la différence.

Un crochet en bas de la colonne principale permet par exemple de suspendre un leste, son sac photo par exemple, afin d’améliorer la stabilité du trépied et de bien l’ancrer.

Crochet pour stabiliser le trépied

Crochet pour stabiliser le trépied

Pour les températures négatives, une poignée antidérapante en caoutchouc sur l’une des jambes du trépied est un véritable plus.

Sur certains modèles, une jambe se transforme rapidement en monopode, l’occasion de laisser son trépied à l’hôtel et de ne prendre que le monopode pour la journée.

phototrend-trepied-sirui-n-3205x_13

Un trépied c’est bien. Mais fourni avec une housse en bandoulière, c’est mieux. Cela permet de le ranger lors des déplacements ou bien même de le transporter à part au lieu de l’accrocher au sac photo.

Test-VEO-235AB-Phototrend11

Vous utilisez une sangle BlackRapid ? Optez pour un plateau rapide avec une attache courroie afin de ne pas avoir à choisir entre votre courroie d’épaule et votre trépied pour la fixation.

sirui-ty-lp40-plateau-rapide-avec-attache-courroie-65x39mm-pour-rotules-kx-gx-compatible-arca-swiss

Sirui TY-LP40 plateau rapide avec attache courroie

Comparez avant d’acheter

Avec cet article, vous devriez être capable de comparer les différents trépieds de voyage sur une base technique, à condition que les différents fabricants vous proposent ces informations sur leurs fiches produits. Pensez donc bien à comparer les différents trépieds, pesez le pour et le contre, car le trépied idéal, tout comme le sac photo idéal, n’existe pas.

Dans tous les cas, si vous voyez un trépied photo à 50€, fuyez. Le trépied peut sembler bien construit, mais à ce prix là vous aurez un produit de mauvaise qualité (composition des jambes) et avec forcément du jeu du fait d’une construction au minimum.

Pour le moment, nous avons eu l’occasion de tester un seul trépied de voyage : le VEO 235AB de Vanguard, destiné aux reflex (charge maximum de 6 kg). Ce trépied fait partie de la gamme VEO destinée au voyage (sacs, monopodes et trépieds). Vous pouvez retrouver notre test complet sur cette page.

Disponible à 179,90€, le VEO 235AB est pour nous un excellent compromis taille/poids/qualité/prix pour toutes les personnes qui ne veulent pas mettre plus de 200€ dans un ensemble trépied + rotule.

Dans la même gamme, le trépied de voyage VEO 204AB ne pèse que 1,27kg et peut supporter une charge maximale de 4 kg, suffisant pour un reflex d’entrée de gamme mais surtout un ensemble hybride ou compact. Il est disponible à partir de 122€.

Il existe d’autres marques qui proposent des trépieds de voyage comme MeFoto, Benro, Gitzo, Freizo et bien sur Manfrotto. Nous testerons d’autres modèles dans l’année.

Après le voyage, ne rangez pas votre trépied

Ca y est, vous êtes rentré de voyage, vous avez fait plein de photos (que vous penserez à sauvegarder) et vous venez de ranger votre trépied dans son placard, rendez-vous le prochain voyage ou la prochaine balade photo.

Grave erreur ! Un trépied de voyage est avant tout un trépied. Certes plus léger et compact qu’un trépied standard, mais un trépied tout de même. Et si ce dernier peut le plus en voyage grâce à son faible poids et encombrement, il pourra vous être utile dans bien d’autres situations tout au long de l’année.

Voici différentes manières d’utiliser votre trépied photo :

  • à la maison, en créant un mini studio portrait
  • à la maison, en créant un studio packshot (et en utilisant le focus stacking)
  • lors d’une sortie photo la nuit
  • dans votre jardin, le parc ou la forêt à côté de chez vous pour faire de la macro
  • pour faire de la photo d’architecture
  • pour faire de la pose longue en pleine journée avec des filtres ND

Comme vous le voyez, il y a bien d’autres usages à votre trépied de voyage. Ce dernier a l’avantage d’être compact et léger, tout en pouvant supporter votre matériel photo, alors pourquoi s’en priver ?

Contrairement à ce que les constructeurs nous font croire (il faudra un trépied pour le voyage, un trépied pour la rue, un trépied pour la nuit), votre trépied de voyage fera un excellent trépied de tous les jours si vous apprenez à dompter ses limitations (ou avantages, c’est seulement la manière de voir qui change).