Au cours des derniers mois, le marché des hybrides plein format polyvalents a été entièrement renouvelé, avec quatre modèles phares : le Sony A7 V, le Canon EOS R6 Mark III, le Panasonic Lumix S1 II et le Nikon Z6 III. Très complets et riches en fonctionnalités avancées en photo comme en vidéo, ces boîtiers visent tout simplement l’excellence. Après avoir publié leurs tests complets, nous vous proposons dans cet article un comparatif précis afin de déterminer lequel, parmi ces quatre champions, mérite la première place.
Sommaire
- 4 concurrents sur la ligne de départ
- Ergonomie : où l’on débat du goût de chacun et de la taille des optiques
- Qualité d’image : vainqueur Sony A7 V
- Stabilisation : vainqueur Panasonic Lumix S1 II
- Suivi autofocus : Canon pour la photo, Sony pour la vidéo
- Rafale et buffer : Lumix S1 II le plus rapide, Z6 III le plus pertinent
- Mode vidéo : Panasonic Lumix S1 II vainqueur
- Parc optique : vainqueur Sony A7 V
- En conclusion : Sony A7 V, champion de la polyvalence en photo ; Lumix S1 II, le vidéaste incarné
4 concurrents sur la ligne de départ
Entre septembre 2024 et fin 2025, le segment des hybrides plein format « milieu de gamme » a connu un renouvellement complet. Le lancement du très attendu Sony A7 V en décembre 2025 a clôturé un cycle initié à l’été 2024 par le Nikon Z6 III, suivi du Panasonic Lumix S1 II au printemps 2025, puis du Canon EOS R6 Mark III à l’automne de la même année.
Derrière cette appellation de « milieu de gamme » se cachent en réalité des boîtiers redoutablement polyvalents, rivalisant d’ingéniosité pour intégrer les dernières avancées technologiques. La plupart adoptent désormais des capteurs à structure semi-empilée (partially stacked), offrant des rafales qui tutoient (voire surpassent) les standards professionnels. Ils bénéficient également d’un autofocus dopé au Deep Learging et de fonctions vidéo héritées du monde du cinéma. Côté budget, ces appareils partagent un positionnement similaire autour de 3000 €, à l’exception du Lumix S1 II, lancé à 3499 €.
Nous avons pu tester intensivement ces quatre appareils et voici notre verdict.
Voici la liste des caractéristiques principales des Nikon Z6 III, Sony A7 V, Canon EOS R6 III, Panasonic Lumix S1 II :
| CARACTÉRISTIQUES | NIKON Z6 III | SONY A7 V | CANON EOS R6 Mark III | PANASONIC LUMIX S1 II |
|---|---|---|---|---|
| Définition capteur 24x36 | 24x36 BSI CMOS 24,5 Mpx semi-empilé | 24x36 BSI CMOS Exmor RS 33 Mpx semi-empilé | 24x36 CMOS 32 Mpx | 24x36 BSI CMOS 24,1 Mpx semi-empilé |
| Stabilisation mécanique | 5 axes, 8 stops | 5 axes, 7,5 stops | 5 axes, 8,5 stops | 5 axes, 8 stops |
| Sensibilité ISO (étendue) | 100 à 64 000 ISO (extensibles de 50 à 204 800 ISO) | 100 à 51 200 ISO (extensible de 50 à 204 800 ISO) | 100 à 64 000 ISO (extensibles à 204 800 ISO) | 100 à 51 200 ISO (extensible 50 à 102 400 ISO) |
| Obturation mécanique | 30 s - 1/8 000s | 30 s - 1/8 000 s | 30 s - 1/8 000 s | 60 s - 1/8 000 s |
| Obturation électronique | 30 s - 1/16 000 s | 30 s - 1/16 000 s | 30 s - 1/16 000 s | 60 s - 1/16 000 s |
| Rafale obturateur mécanique | 14 i/s | 10 i/s | 12 i/s | 10 i/s |
| Rafale obturateur électronique | 20 i/s | 30 i/s | 40 i/s | 70 i/s |
| Mémoire tampon rafale max. | 1000 images | 35 images | 116 images | 185 images |
| Mode haute résolution | Non | oui, upscale en externe 130 Mpx | Non | Oui, pixel-shift, 96 Mpx, main levée |
| Définition vidéo max. | 6K 60 fps, 4K 60 fps, 4K 120 fps (crop 1,5x) | 4K UHD 60 fps, 4K UHD 120 fps (crop 1,5x) | 7K 24 fps Open Gate, 7K DCI 60 fps, 4K 120 fps | 6K 30 fps Open Gate, 5,1K 60 fps Open Gate, 5,9K 30 fps, 4K 120 fps |
| Recadrage vidéo def. max. | Non | Non | Non | Non |
| Enregistrement vidéo RAW | N-Raw / Apple ProRes RAW HQ | Non | RAW, C-RAW, C-RAW Light | Apple ProRes RAW |
| Suivi AF | Humains (corps + visage + œil), chiens, chats, oiseaux (corps + visage + œil), voitures, avions, trains | Humains, chiens, chats, oiseaux (corps + visage + œil), voitures, avions, trains, insectes (corps + visage) | Humains, animaux (chiens, chats, oiseaux, chevaux ; corps + visage + œil), sports mécaniques (autos, motos, avion) + Action Priority | visage, œil, corps, animal, voiture, moto, vélo, train, avion |
| Collimateurs AF sélectionnables | 273 | 759 | 6097 | 779 |
| Viseur électronique | 5,76 Mpts, 0,80x | 3,68 Mpts, 0,80x | 3,69 Mpts, 0,80x | 5,76 Mpts, 0,78x |
| Écran LCD | 3,2 pouces, 2,1 Mpts, orientable 3 axes | 3 pouces, 2,1 Mpts, orientable 4 axes | 3 pouces, 1,62 Mpts orientable 3 axes | 3 pouces, 1,84 Mpts, orientable 4 axes |
| Dimensions (LxHxP) | 138,5 x 101,5 x 74 mm | 130 x 96,4 x 82,4 mm | 138,4 x 98,8 x 88,3 mm | 134,3 x 102,3 x 91,8 mm |
| Poids | 750 g | 695 g | 669 g | 800 g |
| Tropicalisation | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Carte mémoire | 1 x CFexpress type B + 1 x SD UHS-II | 1x slot SD UHS-II + 1x slot CFexpress type A/SD | 1 x CFexpress type B + 1 x SD UHS-II | 1x CFexpress type B + 1x SD UHS-II + SSD externe |
| Autonomie (viseur / écran norme CIPA) | 360 / 390 | 630 / 750 | 390 / 620 | 320 / 360 |
| Recharge USB-C | Oui (PD uniquement) | Oui | Oui (PD uniquement) | Oui |
| Wifi et Bluetooth | WiFi 802.11 a/b/g/n/ac (2,4 et 5 Ghz), Bluetooth 5,0 | WiFi 6, Bluetooth 5,0, NFC | WiFi 802.11 a/b/g/n/ac (2,4 et 5 Ghz), Bluetooth 5,3 | Wi-Fi 5 et Bluetooth 5.0 LE |
| Prix de lancement | 2 999 € (juin 2024) | 2 999 € (décembre 2025) | 2 899 € (novembre 2025) | 3499 € (mai 2025) |
Ergonomie : où l’on débat du goût de chacun et de la taille des optiques
Si, sur le segment des boîtiers sportifs, le Sony A1 II se distingue au premier coup d’œil de ses rivaux monoblocs plus massifs, la comparaison physique entre nos quatre hybrides est bien plus nuancée. À première vue, ils partagent une silhouette et un encombrement très similaires ; pourtant, chacun cultive une philosophie bien spécifique en matière d’ergonomie.
Le Lumix S1 II s’impose comme le plus volumineux et lourd (800 g contre 669 g pour un EOS R6 III par exemple), avec des commandes pas toujours intuitives et des menus d’une austérité reconnue.

Le Nikon Z6 III (750 g) offre une excellente préhension et un viseur d’une luminosité exceptionnelle. Mais on regrette son écran sur une simple rotule et le déséquilibre induit par les imposantes optiques Z.

Le Sony A7 V (695 g) se distingue par son ingéniosité : son écran articulé sur 4 axes est un modèle de polyvalence. Il profite également de la compacité du parc optique en monture E. Revers de la médaille : son gabarit pourrait gêner les photographes aux mains les plus larges.

Le Canon EOS R6 Mark III, enfin, joue la carte de la légèreté (669 g) et du compromis idéal. S’il est très agréable à manipuler, ses finitions paraissent légèrement moins « premium » ou raffinées que celles de ses concurrents directs.

Mais comparer le poids des boîtiers nus a ses limites. Pour obtenir une vision plus juste de l’encombrement au quotidien, il est pertinent de mesurer le poids de chaque ensemble couplé à une optique standard ouvrant à f/1,4.
- Nikon Z6 III + Nikkor Z 50 mm f/1,4 : 1,17 kg
- Sony A7 V + FE 50 mm f/1,4 GM : 1,21 kg
- Canon EOS R6 Mark III + RF 50 mm f/1,4 L VCM : 1,24 kg
- Panasonic Lumix S1 II + S Pro 50 mm f/1,4 : 1,75 kg
Si Canon, Sony et Nikon sont au coude-à-coude, Panasonic, lui, accuse un certain retard. Avec un duo boîtier-objectif près de 500 g plus lourd que ses concurrents, le Lumix S1 II boxe dans une autre catégorie, un point non négligeable pour les longues sessions de prise de vue.

Un autre détail pratique sépare les différents concurrents : Canon, Sony et Panasonic proposent une option permettant de fermer le rideau de l’obturateur à l’extinction, un atout précieux lors des changements d’optique puisque le capteur est protégé des poussières. Une fonction que Nikon persiste, hélas, à réserver à ses modèles plus onéreux.
Face à des boîtiers aux prestations si proches, le choix final dépendra souvent de vos habitudes, de votre parc optique actuel et d’une part de subjectivité — même si certains détails font, pour nous, la différence.
Qualité d’image : vainqueur Sony A7 V
On découvre ici deux écoles en termes de définition : 24 Mpx pour les S1 II / Z6 III et 33 Mpx pour les A7 V / R6 III. À la clé, un léger avantage pour le recadrage pour des photos prises avec les boîtiers de Sony et Canon.

En termes de colorimétrie, le Lumix S1 II se distingue en offrant peut-être les images les plus flatteuses, avec un rendu vif et contrasté. Les autres concurrents ne déméritent pas, mais le véritable tournant se joue sur la gestion de la sensibilité et la plage dynamique.

Sur ce terrain, le Sony A7 V assoit sa supériorité. Il combine la plus haute définition à une excellente gestion du bruit numérique, tout en offrant la dynamique la plus étendue. Il permet de récupérer des images fortement sous-exposées ou brûlées avec une étonnante facilité.

Le Nikon Z6 III, quant à lui, embarque un capteur similaire (voire identique) à celui du Lumix S1 II. Les clichés issus du boîtier sont impeccables : la colorimétrie les contrastes sont restitués fidèlement, pour un rendu idéal pour le reportage. Toutefois, lorsqu’il s’agit de dynamique pure ou de recadrage intensif, il se montre un peu moins souple que le Sony A7 V.

Le Canon et ses 32,5 Mpx peine un peu plus à hauts ISO – faute de capteur rétroéclairé – et ne se montre guère plus convaincant en gestion de la dynamique. À sa grande flexibilité, le Sony A7 V ajoute un mode d’upscaling qui permet d’obtenir un cliché de 130 Mpx grâce à une seule image (via logiciel externe). Le Lumix S1 II reste toutefois un sérieux prétendant avec son mode pixel-shift de 96 Mpx.


Enfin, un point technique sépare les boîtiers : les capteurs des Sony, Nikon et Panasonic sont de type semi-empilé (partially stacked). Cette technologie offre une vitesse de lecture bien supérieure aux capteurs classiques, réduisant drastiquement les distorsions du rolling-shutter en obturation électronique et en vidéo. Le capteur du Canon, bien que plus conventionnel, reste néanmoins l’un des plus rapides de sa catégorie.




Stabilisation : vainqueur Panasonic Lumix S1 II
Les quatre appareils sont équipés d’un capteur stabilisé sur 5 axes. Sur le papier, le plus performant est le Canon EOS R6 Mark III avec un gain théorique de 8,5 stops. Sur le terrain, tous font un très bon travail et selon nos essais, on arrive à récupérer entre 6 et 6,5 stops.

Le Lumix S1 II se démarque véritablement grâce à son mode pixel-shift capable de fonctionner à main levée. Contrairement à de nombreux rivaux, il permet d’obtenir une image de 96 Mpx très probante sans l’aide d’un trépied, le traitement étant intégralement effectué en interne par le boîtier.

À cette performance photo s’ajoute une stabilisation vidéo tout aussi bluffante. Panasonic est le seul à proposer un mode « cropless » qui stabilise la captation sans aucun recadrage dans l’image. L’efficacité est telle qu’elle rivalise presque avec un enregistrement assisté par une gimbal !
Suivi autofocus : Canon pour la photo, Sony pour la vidéo
Dotés de systèmes AF renforcés par IA et le Deep Learning, les quatre boîtiers se livrent une bataille féroce pour offrir la mise au point la plus rapide et le suivi plus précis. Ils proposent tous des modes de détection avancés capables de reconnaître et de suivreune multitude de sujets : humains, animaux (chiens, chats, oiseaux, insectes) et véhicules (voitures, avions, trains, motos).


Si les Nikon Z6 III et Lumix S1 II progressent au fil des mises à jour, ils demeurent encore un (petit) cran en dessous du duo de tête. Avec le Canon EOS R6 Mark III et le Sony A7 V, l’accroche du sujet quasi-immédiate, les yeux sont détectés même lorsqu’ils sont partiellement masqués et les boîtiers ne les perdent presque jamais. L’AF du Canon est peut-être un chouïa plus efficace en photo, quand celui du Sony est plus redoutable en vidéo.
Rafale et buffer : Lumix S1 II le plus rapide, Z6 III le plus pertinent
Nos quatre protagonistes franchissent tous la barre des 20 i/s en obturation électronique, mais leurs tempéraments diffèrent radicalement.
Le Panasonic Lumix S1 II affiche les chiffres les plus impressionnants, avec une capture en RAW grimpant jusqu’à 60 i/s (et même 70 i/s en RAW 12 bits). Une cadence vertigineuse, seulement surpassée par les 120 i/s du Sony A9 III. Néanmoins, cette puissance brute se heurte à une mémoire tampon assez limitée : le boîtier sature après seulement 2,5 à 3 secondes, imposant une pause forcée pour le déchargement des images. Descendre à 30 i/s permet de soulager le buffer.

Le Canon EOS R6 III n’est pas en reste avec ses 40 i/s (RAW 12 bits). Mais là encore, la mémoire tampon peut être tout aussi frustrante en RAW (environ 150 vues), bien qu’elle se montre plus généreuse en JPEG.
De son côté, le Sony A7 V propose une rafale à 30 i/s (RAW 14 bits), mais son endurance à pleine vitesse est la plus courte : à peine plus d’une seconde en rafale en RAW. Cependant, Sony a prévu une parade efficace : une fois le buffer plein, le boîtier ne se bloque pas mais redescend à 13 i/s – un rythme qu’il peut maintenir de manière virtuellement illimitée.
Le Nikon Z6 III, s’il semble plus modeste avec ses 20 i/s en RAW, s’avère être le choix de la raison. Il peut certes grimper à 30, 60 ou 120 i/s en JPEG (avec recadrage APS-C pour la plus haute vitesse). Mais son véritable point fort est son endurance : à 20 ou 30 i/s , son buffer est quasi illimité, offrant une souplesse d’utilisation bien supérieure sur de longues séquences d’action – malgré un suivi AF un peu moins perfectionné. Enfin, il domine ses rivaux en obturation mécanique avec une cadence de 14 i/s, contre 10 à 12 i/s pour les autres.
| Sony A7 V | Nikon Z6 III | Canon EOS R6 III | Panasonic Lumix S1 II | |
|---|---|---|---|---|
| Rafale obturation mécanique | 10 i/s | 14 i/s | 12 i/s | 10 i/s |
| Rafale obturation électronique | 30 i/s | 20 i/s | 40 i/s | 70 i/s |
| Rafale JPEG | 30 i/s | 60 i/s | 40 i/s | 70 i/s |
| Rafale crop APS-C | 30 i/s | 120 i/s | 40 i/s | 70 i/s |
Voici une sélection de photos réalisées avec le Nikon Z6 III, Sony A7 V, Panasonic Lumix S1 II et Canon EOS R6 Mark III :
















Mode vidéo : Panasonic Lumix S1 II vainqueur
Sans surprise, le Panasonic Lumix S1 II se démarque nettement côté vidéo. Il peut filmer (en interne) jusqu’en 6K 30 fps ou en 5,1K 60 fps en Open Gate, en 5,9K 30 fps en 16:9, ainsi que de multiples formats anamorphiques. Cerise sur le gâteau, il autorise l’Apple ProRes RAW en interne (5,8K 30 fps) et la 4K 120 fps avec suivi AF.

À cela s’ajoute une prise de son en 32 bits flottants, un ventilateur intégré pour filmer sans limite, et l’enregistrement direct sur SSD. Entre son double ISO natif et sa stabilisation incomparable, la qualité d’image est telle qu’on lui pardonnera sans peine un autofocus un peu plus hésitant que chez ses concurrents.

En face, la concurrence propose de solides arguments. Le Canon EOS R6 Mark III s’avère très compétent avec sa 7K 24 fps en RAW et Open Gate. De son côté, le Nikon Z6 III est un rival sérieux grâce à sa 6K 60 fps en N-RAW 12 bits (ou ProRes RAW HQ) – même s’il reste globalement moins bien doté en options « cinéma » que le Lumix.
En revanche, le Sony A7 V est plus timide, se limitant à une « simple » 4K UHD 60 fps sans recadrage. Certes, cette 4K est suréchantillonnée depuis la 7K, offrant une netteté supérieure à la concurrence, et l’autofocus en vidéo est plus précis. Mais on reste frustré par la réponse de Sony, qui semble vouloir en garder sous le pied pour ses futures caméras de la gamme FX.
Parc optique : vainqueur Sony A7 V
Face à ses trois rivaux, le Sony A7 V dispose d’un atout historique majeur : le parc optique plein format le plus vaste du marché. En ouvrant sa monture E aux fabricants tiers dès ses débuts, Sony a permis à Sigma, Tamron, Samyang ou Viltrox de bâtir un catalogue exhaustif. Pour l’utilisateur, cela se traduit par un choix incomparable et des optiques adaptées à tous les budgets.


Nikon suit une trajectoire similaire en ouvrant progressivement sa monture Z. Ainsi, bon nombre d’optiques de Tamron (ou Viltrox) sont disponibles pour les boîtiers Nikon – mais on déplore l’absence totale d’objectifs Sigma. Le catalogue reste donc moins étoffé en monture Z qu’en monture E et les optiques Nikkor Z, bien qu’excellentes, sont souvent onéreuses… et volumineuses.
À noter qu’il existe une parade : la bague Megadap ETZ21 Pro+ permet de monter des objectifs Sony E sur les boîtiers Nikon Z avec autofocus et stabilisation fonctionnels. Cette solution offre aux utilisateurs du Z6 III un accès indirect au vaste écosystème Sony, moyennant un petit investissement supplémentaire et quelques compromis possibles selon les combinaisons.
Panasonic, de son côté, mise sur la L-Mount Alliance. Si Sigma propose une gamme pertinente et innovante, la diversité globale n’atteint pas encore celle de Sony. Les optiques Panasonic sont intéressantes mais manquent parfois de compacité, tandis que les objectifs Leica, souvent dérivés de modèles Sigma ou Panasonic, affichent des tarifs prohibitifs.
Enfin, la monture Canon RF est ouverte… mais uniquement du côté de l’APS-C. Côté plein format, Canon continue de maîtriser toute la chaîne de production de l’image. Certes, la monture RF est de plus en plus complète (environ 50 optiques à ce jour), mais le constructeur pratique bien souvent des tarifs prohibitifs pour ses optiques les plus qualitatives…
Pour qui investit dans un système hybride aujourd’hui, le Sony A7 V bénéficie d’une longueur d’avance décisive grâce à plus de dix ans d’ouverture de sa monture E. Le Nikon Z6 III peut partiellement compenser via la bague Megadap, tandis que Panasonic et Canon peinent encore à offrir une diversité comparable.
En conclusion : Sony A7 V, champion de la polyvalence en photo ; Lumix S1 II, le vidéaste incarné
Nous arrivons au terme de ce comparatif. L’exercice s’avère très révélateur : si chacun de ces appareils excelle dans des domaines spécifiques, le Sony A7 V s’impose comme le choix le plus équilibré pour la majorité des photographes.
Son capteur semi-empilé de 33 Mpx offre la meilleure plage dynamique, l’autofocus s’avère d’une précision redoutable et l’écosystème optique est le plus riche du marché. On pourra seulement regretter une partition vidéo un peu timide – Sony semblant brider volontairement ses performances – malgré une qualité d’image exemplaire en 4K.
Le Panasonic Lumix S1 II mérite une mention spéciale pour les vidéastes, voire les cinéastes. Avec sa 6K 30 fps en Open Gate, sa stabilisation exceptionnelle, sa rafale de 60 i/s ou encore son mode pixel-shift à main levée, il constitue l’outil de création hybride le plus complet – pour peu que son poids ne soit pas un obstacle.


Le Nikon Z6 III, quant à lui, incarne le choix de la raison et de l’endurance. On apprécie sa très bonne qualité photo, ses 20 i/s en RAW avec buffer illimité et un mode vidéo très complet. La bague Megadap ETZ21 Pro+ lui permet en plus d’accéder au catalogue de la monture E. Un choix rationnel pour les nikonistes et ceux recherchant l’endurance en rafale.
Le Canon EOS R6 Mark III, enfin, reste un excellent boîtier mais peine à bousculer la hiérarchie. Sa rafale de 40 i/s impressionne sur le papier, mais sa mémoire tampon frustrante et surtout sa qualité d’image en retrait à haut ISO le pénalisent face au Sony. Il comblera les canonistes déjà équipés qui souhaitent monter en gamme, mais aura plus de mal à séduire ceux qui partent de zéro.
Pour qui cherche le boîtier hybride plein format polyvalent le plus abouti en 2026, le Sony A7 V demeure le choix le plus rationnel. Les vidéastes exigeants se tourneront naturellement vers le Panasonic Lumix S1 II, tandis que les photographes d’action privilégieront l’endurance et la polyvalence du Nikon Z6 III. Quant au Canon EOS R6 Mark III, il satisfera les canonistes fidèles, mais ne bouleverse pas la hiérarchie établie.
Le Sony A7 V est disponible au tarif de 2999 €. Il est également proposé en kit avec le zoom Sony FE 28-70 mm f/3,5-5,6 OSS II au tarif de 3425 €.
Le Nikon Z6 III est disponible à partir de 2999 €. Vous pouvez également l’acquérir en kit avec le Nikkor Z 24-70 mm f/4 S au prix de 3629 €.
Le Canon EOS R6 Mark III s’affiche à 2899 € nu. De nombreux kits sont proposés ; on retiendra celui incluant le zoom RF 28-70 mm f/2,8 STM à 4079 €.
Enfin, le Panasonic Lumix S1 II est proposé au tarif de 3499 €, et à 4000 € en kit avec le zoom Lumix S 24-105 mm f/4 Macro.




