Prise en main Nikon Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR : le zoom le plus étendu en monture Z

Un objectif à tout faire ?

Nikon dévoile un nouveau zoom polyvalent Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR pour hybrides plein format et APS-C Nikon Z. Pensé comme le mégazoom ultime (14,2x), il offre une polyvalence rarement égalée, avec une compacité et un poids très bien maîtrisés. Seule son ouverture glissante pourra questionner. Retour sur les caractéristiques techniques de cet objectif à tout faire, que nous avons pu prendre en main.

Test Nikon Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR

Zoom 14,2x : le plus long zoom en monture Z

Alors que la roadmap optique de la monture Z était complète – hormis un 35 mm S-Line à venir – Nikon sort un nouvel objectif de son chapeau. Lors de notre interview au CP+ 2024, Mitsuteru Hino, responsable de la planification des boîtiers chez Nikon, nous indiquait que le constructeur souhaitait continuer à susciter l’enthousiasme chez les clients avec leurs futurs produits. En voici donc la preuve avec ce nouvel objectif Nikkor, le 42e en monture Z.

Avec sa plage 28-400 mm, cet objectif offre un zoom 14,2x, compatible plein format (et APS-C). Sur un boîtier hybride Nikon APS-C, on obtient d’ailleurs un équivalent 40-600 mm en APS-C, excusez du peu. Et son gabarit et poids en feront sûrement un allié de choix pour les hybrides Nikon Z au format DX.

Avec une plage focale allant du grand-angle 28 mm au téléobjectif 400 mm, Nikon signe ici le plus long zoom en monture Z. C’est aussi le zoom le plus étendu sur cette plage de focales. Pour autant, il ne s’agit pas du zoom le plus étendu toute monture hybride confondue, la palme revenant à Canon avec son RF 200-800 mm f/6,3-9 IS USM, un bon compagnon pour les photographes animaliers.

Un objectif à tout faire ?

Avec une telle plage focale, ce zoom vise clairement les photographes souhaitant un objectif à tout faire. Il pourra rester vissé sur le boîtier tel un appareil photo bridge avec un capteur doté d’une taille décente. Pour rappel, le P1000 de Nikon opte pour un zoom 125x, 24-3000 mm f/2.8 -8.

On pensera ainsi aux photographes souhaitant photographier à la fois des paysages, des scènes de rue, mais aussi des détails, que ce soit en voyage ou en balade photographique.

Source : Nikon

Les amateurs de safari animalier devraient également être séduits, pour pouvoir réaliser des plans larges et des plans très serrés. Impossible également de ne pas penser aux compétitions sportives, en bord de stade ou dans les gradins. Avec sa compacité, ce zoom pourrait même passer l’étape de la fouille des sacs lors des compétitions des JO Paris 2024.

Voici les caractéristiques techniques du Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR :

  • plage focale : 28-400 mm (40-600 mm en APS-C)
  • objectif pour capteur plein format
  • ouverture max : f/4-8
  • ouverture min : f/22-45
  • angle de champ : 75° – 6°10’ (53° – 4° en APS-C)
  • construction optique : 21 éléments répartis en 15 groupes dont 4 lentilles en verre ED et 3 lentilles asphériques
  • diaphragme : circulaire à 9 lamelles
  • distance minimale de mise au point : 20 cm à 28 mm, 120 cm à 400 mm
  • stabilisation d’image : oui, VR avec gain jusqu’à 5 stops (5,5 stops en synchro VR)
  • tropicalisation : construction résistante à l’humidité et à la poussière
  • grossissement max : 0,35x à 28 mm
  • mise au point : autofocus, moteur pas à pas STM
  • diamètre du filtre : ø 77 mm
  • dimensions : 84,5 mm x 141,5 mm (D x L)
  • poids : 725 g
  • accessoires fournis : pare-soleil HB-114, bouchons d’objectif et étui
  • monture compatible : Nikon Z
  • prix de lancement : 1549 €
Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR et Nikon Z6 II

Prise en main du Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR

Nous avons eu l’occasion de prendre en main le Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR. Son poids et son encombrement minimes sont les premières choses à noter. Avec seulement 725 g, comparé aux 570 g du Nikkor Z 24-200 mm f/4-6.3, cet objectif est un véritable poids plume. Monté sur un Z 6II, l’ensemble pèse 1,430 kg. De quoi permettre un usage prolongé sans fatiguer ou nécessiter de trépied.

Ce poids est obtenu par l’usage de polycarbonate pour le fût de l’objectif. Malgré tout, ce dernier bénéficie de joints d’étanchéité, qui lui permettent de résister à l’humidité et à la poussière. C’est un point essentiel pour un zoom que l’on souhaite emporter tout le temps avec soi. Les finitions de l’objectif sont également très bonnes, en adéquation avec ce que fait Nikon sur ses optiques Z.

En termes d’encombrement, le Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR reste sous la barre des 15 cm de long. On compte ainsi seulement 14,15 cm de long pour 8,45 cm de diamètre maximale, à 28 mm. En position 400 mm, l’objectif double presque sa longueur. Ici, on retrouve un comportement classique d’un objectif à zooming externe.

Voici deux photos permettant de comparer la taille de l’objectif à côté de deux zooms Nikon, le Z 100-400 mm f/4,5-5,6 VR S et le Z 24-200 mm f/4-6,3 VR :

Comme on peut le voir, ce 28-400 mm se situe entre les deux en termes d’encombrement, et ressemble beaucoup au 24-200 mm au niveau du style.

Ergonomie minimaliste

Côté commandes, Nikon reprend la recette assez minimaliste de ses zooms comme le 24-200 mm, avec… aucun commutateur. Le mode AF/MF est géré par le boîtier, tout comme la stabilisation. On notera simplement la présence d’une large bague de zoom, ni trop souple ni trop rigide. Elle permet de passer de 28 mm à 400 mm en seulement un quart de tour, très agréable sur le terrain.

Plus proche du boîtier, on retrouve la bague personnalisable décrantée, à laquelle on peut attribuer les réglages de l’ouverture, des ISO, de la correction d’exposition, etc. Enfin, un commutateur Lock permet de verrouiller le zoom en position 28 mm pour faciliter son transport et l’empêcher de se déployer vers le bas.

Le constructeur introduit également un nouveau pare-soleil carré sur cet objectif. Quel intérêt ? En position repliée, ce pare-soleil prend beaucoup moins de place et n’empêche pas de manipuler la bague de zoom. Un grief que l’on faisait à de nombreux zooms.

Comme un look de caméscope

Ouverture variable f/4-8, stabilisation optique et MAP mini : un juste équilibre ?

Pour offrir cet équilibre entre compacité et plage focale, Nikon a du faire un compromis sur l’ouverture maximale de son objectif. Ici, l’ouverture est glissante, avec des valeurs maximales de f/4 à f/8 selon la focale choisie.

Ainsi, l’objectif n’est pas des plus lumineux, notamment à fond de zoom. Cela semble cependant être une tendance sur le marché, comme le montrent d’autres propositions telles le Canon RF 200-800mm f/6.3-9 IS USM ou le dernier Panasonic Lumix S 28-200 mm f/4-7,1 Macro OIS.

Lors de notre prise en main, nous avons pu vérifier comment se décompose l’ouverture maximale glissante en fonction des focales :

Plage focaleOuverture maximale
28-31 mmf/4
32-38 mmf/4,5
39-40 mmf/4,8
41-43 mmf/5
44-49 mmf/5,3
50-61 mmf/5,6
62-88 mmf/6
89-104 mmf/6,3
105-129 mmf/7,1
130-164 mmf/7,6
165-400 mmf/8

L’ouverture maximale diminue rapidement en zoomant, en passant à f/5 dès 41 mm, puis f/5,6 à 50 mm. Au-delà de 105 mm, on est à f/6,3, puis à f/8 à partir de 165 mm et jusqu’à 400 mm. En guise de comparaison, le Nikon Z 24-200 mm f/4-6,3 VR est à f/6,3 dès 85 mm.

Test Nikon Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR

Avec ces données, la capture d’images en basse lumière, ou même pas ciel nuageux, risque de nécessiter une montée en ISO importante, surtout aux focales les plus longues.

Heureusement, Nikon dote son zoom ultra polyvalent d’une stabilisation optique VR. Elle permettrait de compenser jusqu’à 5 stops (norme CIPA), et même jusqu’à 5,5 stops avec un boîtier doté de la Synchro VR (Zf, Z8 ou Z9). Il faudra voir sur le terrain si cette stabilisation est aussi efficace que celle obtenue avec le Z 24-120 mm f/4 S et un boîtier stabilisé. Pour rappel, lors du test du Nikon Zf, il nous avait permis de réaliser des images nettes à main levée jusqu’à 2 secondes.

Cette stabilisation optique sera également un atout sur les hybrides Nikon APS-C dont le capteur n’est pas stabilisé.

Enfin, ce 28-400 mm dispose d’une distance minimale de mise au point assez courte, surtout à 28 mm. Avec seulement 20 cm entre le capteur et son sujet au grand-angle, il est possible de réaliser des clichés très proches, avec un grossissement de 0,35x. Cela ouvre les portes à la proxyphotographie. À 400 mm, la MAP minimale passe à 120 cm.

Construction optique et autofocus

Nikon a opté pour une construction optique constituée de 21 éléments répartis en 15 groupes dont 4 lentilles en verre ED et 3 lentilles asphériques. Cet arrangement devrait permettre de réduire les aberrations chromatiques et offrir une meilleure homogénéité. Le constructeur promet une superbe qualité d’image, un point qu’il faudra vérifier lors d’un test terrain de ce zoom.

Côté autofocus, ce zoom puissant est doté d’un moteur pas à pas STM assez traditionnel. Nikon promet une mise au point à la fois rapide, précise et silencieuse. L’objectif est également compatible avec les algorithmes de suivi AF présents sur les Z8, Z9 et Zf.

Voici une sélection de photos réalisées avec le Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR (source Nikon) :

Prix et disponibilité du Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR

Le Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR sera disponible à partir de 18 avril au tarif de 1549 €. Il est d’ores et déjà possible de le précommander.

Cet objectif est disponible sur le Nikon Store, chez Digit-Photo, IPLN, Miss Numérique, Photo-Univers, Digixo, Fnac ainsi que dans les magasins photo spécialisés.

Notre premier avis sur le Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR

« Une optique, toutes les possibilités ». Voici comment Nikon résume sa proposition avec le Nikkor Z 28-400 mm f/4-8 VR. Ces caractéristiques sont en effet alléchantes, avec une plage de zoom et une polyvalence inédite dans une optique relativement légère et à l’encombrement contenu.

Cet objectif devrait facilement séduire les photographes à la recherche du zoom ultime, à garder constamment sur son boîtier. Celui-ci coche ainsi toutes les cases, en étant compact, léger, stabilisé, ultrapolyvalent, permettant de capturer aussi bien des plans larges que des plans très rapprochés.

Restent deux éléments qui pourraient venir noircir le tableau : son tarif un peu élevé, et son ouverture glissante pas des plus lumineuses. Un test terrain devrait pouvoir trancher.

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  1. Bonjour, petite confusion dans le texte quand vous écrivez « Il faudra voir sur le terrain si cette stabilisation est aussi efficace que celle du Z 24-120 mm f/4 S. » Le 24-120 n’étant pas stabilisé, vous devez parler du 24-200 déjà évoqué plus haut. Cordialement

    1. Bonjour Eric. Je viens de préciser dans l’article : je voulais parler de la combinaison entre la stabilisation du capteur du Zf et l’optique 24-120 mm f/4 S qui est très bonne, même si l’optique n’est pas stabilisée elle-même.

    2. Bonjour comment nous pouvons faire pour vous rencontrer notre besoin et je peux faire comment pour acheter ce combien le prix

  2. Merci pour cet exposé. Cet objectif sera intéressant pour les photographes ne recherchant pas un piqué maxi et voulant un optimum en poids et encombrement. Dans le passé j’ai utilisé un 28-300 pour éviter d’avoir à emmener, cause poids limite en cabine avion,un 80-400 et un 24-70 avec mon D850. Je ,’étais pas satisfait du résultat final.
    Avec mon Z9 j’utilise un Z 100-400 avec Multiplicateur 1.4, et j’ai acquis un Z600 f6.3 pour une question de qualité d’image et de piqué avec une focale fixe.
    A nouveau pour une question de poids limite, le 28-400 pourrait constitué un complément à une longue focale fixe, mais seulement en « back-up ».

    1. Merci Pierre pour ton retour d’expérience.
      Je dois dire que la qualité des zooms de voyage comme le 24-200mm est en hausse par rapport à leurs homologues reflex.
      Nous essayerons de tester cet objectif pour voir ses capacités en termes de qualité d’image, au delà de son côté couteau-suisse.

    2. Idem sur le 28/300 c’est un très bon objectif pour la photo de famille en extérieur mais pour faire de la photo sportive en intérieur là on voit tout de suite la limitation baisse de performance sur l af et le piquet n’est pas très bon. Il faudra aussi être vigilance sur le pompage et la qualité des joints car au niveau poussière c’est la bête noire. A tester