Test Samyang AF 135 mm f/1,8 FE : téléobjectif à focale fixe ultra-polyvalent et réactif

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sur 10

En janvier 2022, Samyang dévoilait le successeur en version « hybride » de l’une de ses focales fixes incontournables. Si le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE se destine initialement à la photo de portrait, il pourra également convenir à bon nombre d’autres types de sujet – et combler les désirs des bokeh lovers. Quelles performances pouvons-nous attendre de ce téléobjectif ? Pour le savoir, nous l’avons utilisé pendant plusieurs semaines, monté sur des Sony A7 III et A1. Voici notre test complet du Samyang AF 135 mm f/1,8 FE.

Présentation du Samyang AF 135 mm f/1,8 FE

Lancé en janvier 2022, le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE a la lourde tâche de succéder à l’une des optiques phares de l’opticien coréen. En effet, il vient prendre la relève du 135 mm f/2 ED UMC, proposé depuis 2015 en monture reflex Canon EF et Nikon F.

Avec cette nouvelle version conçue pour les hybrides Sony plein format, Samyang offre plus qu’un simple dépoussiérage. Ouverture à f/1,8 plus lumineuse, présence de l’autofocus, formule optique entièrement revue, joints d’étanchéité… Le nombre de nouveautés est loin d’être anecdotique

Toutefois, la recette reste inchangée, de même que les ambitions de la marque sud-coréenne : offrir aux photographes un objectif ultra-lumineux et polyvalent, capable d’offrir un bokeh d’une grande douceur. Le tout à un tarif de 899 €, bien plus abordable que ses concurrents.

Le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE s’appuie sur une formule optique plus ambitieuse que par le passé. L’objectif est conçu autour de 13 lentilles réparties en 11 groupes. On notera la présence d’une lentille asphérique (notée « U-ASP » par Samyang, pour « Ultra-Précision Aspherical). Mais aussi de 3 lentilles ED à faible dispersion – et de 2 lentilles à haute réfraction (HR). 

Cette combinaison de lentilles ED et HR devrait aider à réduire les aberrations chromatiques et à limiter la perte de contraste en contre-jour. D’une manière générale, cette conception optique doit permettre d’obtenir un excellent piqué sur toute la surface de l’image, quelle que soit la distance au sujet. 

Mentionnons aussi le diaphragme circulaire à 11 lamelles. Il succède à l’iris à 9 lamelles de la version reflex. À la clé, un bokeh des plus esthétiques, et des transitions d’une grande douceur. Un point que nous ne manquerons pas de vérifier au cours de ce test. Notez également la distance minimale de mise au point de 69 cm seulement.

Côté autofocus, l’objectif se dote d’une motorisation STM linéaire. Elle doit (théoriquement) se montrer rapide, précise et silencieuse. De plus, elle a été pensée pour être pleinement compatible avec les modes de détection et de suivi du sujet (et de son œil). Un point qui devrait particulièrement intéresser les portraitistes. 

Enfin, on apprécie les 7 joints d’étanchéité répartis aux endroits les plus stratégiques. Les amateurs d’image sous la pluie (ou dans des environnements poussiéreux) apprécieront. 

Voici les caractéristiques complètes du Samyang AF 135 mm f/1.8 FE :

  • focale : 135 mm
  • objectif pour capteur plein format
  • ouverture max : f/1,8
  • ouverture min : f/22
  • angle de champ : 18,9˚ (12,5˚ en APS-C)
  • construction optique : 13 éléments répartis en 11 groupes dont 1 lentille U-ASP, 2 verres HR et 3 lentilles ED
  • diaphragme : circulaire à 11 lamelles
  • distance minimale de mise au point : 69 cm
  • stabilisation d’image : non
  • tropicalisation : construction résistante à l’humidité et à la poussière
  • grossissement max : 0,243x
  • mise au point : autofocus, moteur linéaire STM
  • diamètre du filtre : 82 mm
  • dimensions : 129,6 mm x 93,4 mm (L x D)
  • poids : 772 g
  • accessoires fournis : pare-soleil, bouchons d’objectif
  • monture compatible : Sony FE

Ergonomie et prise en main du Samyang AF 135 mm f/1,8 FE

Au premier abord, le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE impressionne par sa (relative) légèreté. Avec 772 g sur la balance, il se montre considérablement plus léger que ses concurrents de Sony (-178 g) et de Sigma (-458

Sans surprise, ses mensurations ne font pas de lui un objectif compact. Comptez 13 cm de long, 9,34 cm de diamètre maximal – et un diamètre de filtre de 82 mm. Des dimensions qui le placent dans la norme des autres objectifs 135 mm

L’objectif se distingue également en reprenant la nouvelle signature visuelle de la marque, introduite avec le Samyang AF 12 mm f/2 X. Très sobre, elle se démarque avec un revêtement en caoutchouc à la texture en nid d’abeille au niveau de la bague de mise au point. 

Cette unique bague se montre particulièrement large et confortable. Comme sur la quasi-totalité des objectifs hybrides, elle actionne un moteur interne et ne possède donc pas de butée. Sa course virtuelle est assez longue. Elle est de type « linéaire« , et ne dépend pas de la vitesse de rotation. Sur le terrain, cela permet d’affiner assez facilement la mise au point (en mode DmF notamment). Mais pour passer rapidement d’un sujet proche à un autre plus lointain en manuel, cette longue course est parfois un peu pénalisante. 

Contrairement à certains de ses concurrents, l’objectif n’est pas avare en commandes manuelles. On dispose d’un bouton de rappel de la mise au point. Ce dernier peut servir au « mode astro », qui permet de régler automatiquement la mise au point à l’infini. Nous avions beaucoup apprécié cette fonction lors de notre test du Samyang AF 24 mm f/1,8 FE.

L’objectif dispose également d’un commutateur « Custom », doté de deux positions M1 et M2. Ceci permet d’attribuer un autre réglage à la bague de MAP, comme le réglage de l’ouverture par exemple. Enfin, On retrouve également sur le fût un limiteur de plage de mise au point (full, 0,69 m à 2 m, 1,50 m à l’infini), particulièrement utile. 

Last but not least, mentionnons le pare-soleil fourni avec l’objectif. Ce dernier s’avère très imposant, puisqu’il mesure 7 cm de long ! Des mensurations rendues indispensables au vu de la longueur focale de l’objectif. Du reste, ce pare-soleil est de très bonne facture, le plastique étant très épais, avec une extrémité en caoutchouc pour éviter tout glissement et amortir les chocs.

En définitive, Samyang nous livre une focale fixe bien construite, avec un très bon niveau de finitions. Si les dimensions sont assez semblables aux objecifs concurrents, le sud-coréen marque un grand coup grâce au poids très contenu. On peut donc emporter cet objectif dans son sac sans (trop) hésiter. 

Daniel Evans – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/1,8, 1/3200s, 100 ISO

Qualité d’image du Samyang AF 135 mm f/1,8 FE

Quelles performances optiques pouvons-nous obtenir de cette nouvelle focale fixe autofocus de Samyang ? Pour le vérifier, nous l’avons utilisé au quotidien – mais aussi lors d’événement sportifs comme la dernière édition du tournoi de Roland Garros. Et clairement, le résultat est largement à la hauteur de nos espérances. Vous pouvez cliquer sur chaque photo pour la voir en meilleure qualité.

Linda Noskova – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/1,8, 1/2500s, 100 ISO

Un véritable bokeh master ?

Contrairement à nos habitudes, nous n’entamerons pas cette partie par l’analyse du piqué… mais par celle du bokeh. Que les plus anxieux se rassurent : le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE est bien la « machine à bokeh«  que nous attendions. 

T’as de beaux yeux tu sais ? Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1.8 FE – f/1,8, 1/6400s, 100 ISO
Gentils coquelicots mesdames, gentils coquelicots nouveaux – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1.8 FE – f/3,2, 1/1600s, 100 ISO
Dodo ! Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/4, 1/160s, 8000 ISO

La combinaison entre longue focale (135 mm), ouverture très lumineuse (f/1,8) et iris à 11 lamelles fonctionne à merveille. Le sujet est d’une impeccable netteté, tandis que l’avant-plan et l’arrière-plan baignent dans un flou d’une grande douceur. Les transitions sont d’une très grande souplesse, ce que nous apprécions beaucoup.

Packshot DJI – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1.8 FE – f/4, 1/640s, 100 ISO

De même, la moindre source de lumière se transforme en une petite bulle. Samyang maîtrise donc parfaitement son sujet et nous livre une copie très réussie. On notera simplement un peu d’œil de chat dans les coins

Rouge (et vert) – Sony A1, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/1,8, 1/80s, 5000 ISO

Des performances optiques très honorables

En termes de performances pures, les résultats sont tout aussi bons. La sensation de piqué est particulièrement prononcée. Et ce, dès la pleine ouverture (f/1,8), et quelle que soit la distance au sujet. Le rendu des détails est particulièrement précis – ce que les photographes de portrait apprécieront immédiatement. 

Pourquoi personne ne prend jamais en photo les ramasseurs de balles ? – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/1,8, 1/8000s, 100 ISO

Au-delà de la photo de portrait, l’objectif permet d’immortaliser avec aisance tous les détails des différents objets, petits ou grands. Un point que vient aider la distance minimale de mise au point à 0,69 m. Attention cependant à la zone de netteté, extrêmement réduite à f/1,8. 

Coquelicot envahi – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1.8 FE – f/3,2, 1/600s, 100 ISO

En fermant le diaphragme, l’ensemble de l’image est particulièrement propre. C’est seulement en pratiquant le pixel peeping que l’on observe une infime mollesse sur les bords extrêmes de l’image, qui s’estompe totalement à f/5. D’une manière générale, les performances optiques sont particulièrement satisfaisantes, que le sujet soit au centre ou sur les bords. De ce point de vue, l’objectif répond pleinement à nos attentes.

Facel Vega III – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1.8 FE – f/8, 1/160s, 250 ISO

Aberrations et distorsions : une copie très maîtrisée

Nous sommes tout aussi satisfaits par l’absence totale d’aberrations chromatiques. Même en zoomant à 100 % sur des scènes « complexes » (objets métalliques à contre-jour), nous ne sommes pas parvenus à trouver trace d’artefacts rose ou verts. 

X2800 – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/5,6, 1/160s, 500 ISO

Du côté du flare, les performances sont tout à fait honorables, aucun artefact n’étant à noter. Cela étant, nous avons réussi à obtenir une ligne courbe orangée sur quelques images, capturées dans des conditions assez difficiles en plein soleil (et sans pare-soleil…). Heureusement, le phénomène est particulièrement rare notamment grâce au pare-soleil. Utilisé judicieusement, il peut même donner de la personnalité à nos images !

Santiago Rodriguez Taverna – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/1,8, 1/2000s, 100 ISO

Nous sommes également surpris par la gestion des distorsions. Avec bon nombre de téléobjectifs, les images souffrent d’importantes déformations en coussinet (les lignes extérieures convergeant vers l’intérieur de l’image). Ici, les distorsions sont très bien maîtrisées, et la distorsion en coussinet est quasi-imperceptible. Au global, la géométrie de la scène est parfaitement restituée.

D’ordinaire, la photo aurait été ratée à cause de l’irruption du cycliste dans le champ. Mais à f/1,8, sa présence crée un effet de profondeur intéressant. Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/1,8, 1/8000s, 100 ISO

Dans le même registre, le vignettage est particulièrement maîtrisé. Certes, en cherchant bien, on observe un très léger assombrissement des coins à f/1,8. Mais là encore, le phénomène reste marginal et se corrige aisément au post-traitement. 

Duo père-fille – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/1,8, 1/3200 ISO, 100 ISO

Performances de l’autofocus du Samyang AF 135 mm f/1,8 FE

Comme indiqué au début de ce test, le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE s’équipe d’une motorisation STM linéaire, censée se montrer rapide, efficace et silencieuse. Sur ce dernier point, la focale fixe de Samyang tient ses promesses. Un point que devraient apprécier les photographes devant se faire discrets.

Vive les mariés – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/1,8, 1/2500s, 100 ISO

Couplé à un Sony A7 III ou à un Sony A1, les performances de l’autofocus sont globalement honorables. De jour comme de nuit, l’accroche du sujet est très rapide, y compris lorsque ce dernier se déplace assez rapidement. On note cependant quelques (rares) cas où la MAP est faite à côté du sujet, mais ce phénomène reste anectotique. 

Alexander Zverev – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/2,5, 1/2000s, 100 ISO

Mais surtout, la détection et le suivi du sujet – et de son œil – sont particulièrement efficaces. Même lorsque le sujet s’avance directement vers nous, l’AF suit parfaitement, nous permettant d’obtenir de très belles images. 

Santiago Rodriguez Taverna – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/3,2, 1/1000s, 100 ISO

C’est seulement lorsque le sujet s’approche très près de l’objectif que l’autofocus éprouve quelques difficultés. Dans ce cas de figure, l’AF « décroche » et tente de récupérer un élément « à tout prix », livrant donc une photo floue. 

Giulio Zeppieri – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/1,8, 1/6400s, 100 ISO

Notre seul reproche concerne le passage entre un sujet très proche et un autre plus lointain. Les lentilles dédiées à la mise au point étant assez lourdes, leur déplacement prend du temps. En d’autres termes, l’utilisation du limiteur de la plage de MAP est fortement recommandée pour une utilisation « sportive ». 

Laura Siegemund – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/3,2, 1/2500s, 100 ISO

À ce sujet, nous avons poussé l’objectif dans ses retranchements lors d’une journée à Roland Garros. Et l’objectif s’en tire avec les honneurs, la mise au point étant effectuée très précisément, sans aucun délai. Sur nos images, le sujet est particulièrement net, avec une indéniable sensation de piqué. Photographier à pleine ouverture f/1,8 du sport devient ainsi possible – attention seulement aux vitesses d’obturation maximales de votre boîtier…

Sebastian Ofner – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/1,8, 1/4000s, 100 ISO

À l’inverse, l’arrière-plan baigne dans un flou très esthétique. De plus, l’objectif est capable de suivre tous les mouvements des joueurs et joueuses, sans aucune hésitation. En clair, l’objectif de Samyang livre une très bonne prestation.

Sean Cuinin – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/2,5, 1/3200s, 100 ISO

Retrouvez ci-dessous une galerie de photos capturées à Roland-Garros avec le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE :

Retrouvez ci-dessous une sélection de photos capturées avec Samyang AF 135 mm f/1,8 FE (monté sur un Sony A1) :

(Absence de) stabilisation optique

Légèreté oblige, le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE fait l’impasse sur la stabilisation optique. Un point que l’on retrouve également côté Sony et Sigma, soit dit en passant. Par voie de conséquence, l’objectif se repose exclusivement sur la stabilisation capteur sur 5 axes (IBIS) du boîtier. Cependant, l’IBIS est – par nature – moins efficace que la stabilisation optique sur les longues focales. 

Szombor Piros – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/1,8, 1/1600s, 100 ISO

Cependant, sur le terrain, l’absence de stabilisation optique n’est pas particulièrement pénalisante. Sur le terrain, nous avons réussi à obtenir des images nettes sans difficulté à 1/15s. Une performance assez impressionnante compte tenu de la longue focale (et du gabarit) de l’objectif. 

Orsay – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/7,1, 1/15s, 40000 ISO

Il aurait sans doute été possible de descendre encore plus bas si l’objectif avait été stabilisé. Mais dans ce cas, il aurait certainement été plus gros, plus lourd et plus cher. 

Face à la concurrence

Certes, les objectifs 135 mm ne sont pas les plus courants – et encore moins sur la monture E. Mais au fil des années, le catalogue de la monture hybride de Sony s’est considérablement étoffé. Le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE rencontre donc plusieurs concurrents sur sa route. Mais avec un tarif à 899 €, la marque sud-coréenne adopte un positionnement stratégique très judicieux

Sony 135 mm f/1,8 G Master

En premier lieu, impossible de passer à côté du Sony 135 mm f/1,8 G Master. Une focale fixe d’excellence, qui se distingue par une qualité d’image stratosphérique et un autofocus très rapide. Il pêche seulement par son effet « œil de chat » à la pleine ouverture. Seulement voilà : Sony fait payer très cher ses prestations. Affiché au tarif de 1840 €, il se montre particulièrement élitiste. Ajoutez à cela un poids de presque un kilo, et vous saisirez rapidement la pertinence de l’objectif de Samyang

Sigma 135 mm f/1,8 DG HSM Art

Mentionnons également le Sigma 135 mm f/1,8 DG HSM ART. Ce dernier est une déclinaison directe de la version pour reflex (en monture Canon EF et Nikon F), lancée en 2017. Il offre une superbe qualité d’image, servie par un rendu du bokeh très agréable à l’œil. Les puristes reprocheront simplement une colorimétrie assez chaude.

Seulement voilà : cet objectif de Sigma est assez cher (1349 €) … et très lourd. À l’usage, difficile de passer à côté de ses 1230 grammes et de ses 14 cm de long. Il ne nous reste donc plus qu’à attendre que Sigma sorte une « vraie » version hybride de cet objectif. Un chantier ambitieux, que la marque a déjà engagé avec certaines focales fixes, comme le Sigma 35 mm f/1,4 DG DN Art

Samyang 135 mm f/2 ED UMC

Un autre concurrent de ce Samyang 135 mm n’est autre que son prédécesseur en version reflex. Seulement voilà : le Samyang 135 mm f/2 ED UMC est moins lumineux (f/2 vs f/1,8). Et surtout, il fait totalement l’impasse sur l’autofocus. Il est donc à réserver aux photographes capturant des sujets qui n’ont pas trop la bougeotte ! Néanmoins, la différence de poids est assez négligeable (815 g vs 779 g pour notre version « hybride »). Enfin, reste la question du prix. Vendu 499 €, ce 135 mm en version reflex demeure pertinent. Si vous n’avez vraiment pas besoin de l’autofocus (et qu’une bague d’adaptation ne vous gêne pas), cet objectif peut être à considérer.

Zeiss Milvus 135 mm f/2 ZE

Last but not least, notons la presence du Zeiss Milvus 135 mm f/2 ZE (disponible en monture Canon EF et Nikon F). Oui, ses performances optiques sont remarquables en tout point. Oui, la qualité de construction et de finitions sont exemplaires. Mais pour un objectif manuel, son poids de 1123 g et son tarif de 2199 € (!) sont difficiles à justifier. Notez que l’opticien allemand propose aussi le Zeiss Batis 135 mm f/2,8, un peu moins cher mais moins lumineux.

À qui se destine le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE ?

À première vue, une focale fixe 135 mm est à réserver à quelques scénarios bien précis, oscillant entre portrait et nature morte. Seulement voilà : en ajoutant un autofocus très réactif à son objectif (et en optant pour un positionnement tarifaire judicieux), Samyang change la donne

Sur le terrain le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE offre une remarquable polyvalence. Les portraitistes apprécieront immédiatement le rendu du bokeh et les performances de l’AF pour la détection et le suivi de l’œil (y compris pour les animaux).

Bokeh Fripouille – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/3,2, 1/60s, 125 ISO

Les photographes de détails loueront la sensation de piqué extrêmement présente dès la pleine ouverture, ainsi que la distance minimale de MAP assez courte. Sans oublier la possibilité d’isoler le sujet de son arrière-plan de manière ultra-efficace.

Chapeau ! Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/6,3, 1/800s, 100 ISO

De même, les astrophotographes apprécieront l’excellente gestion des distorsions, ainsi que le bouton paramétrable permettant de faire la MAP à l’infini en un clin d’œil. Enfin, les photographes de sport et d’action sauront mettre à profit la grande réactivité de l’objectif (à condition de jouer avec le limiteur de plage de MAP). 

Nuno Borges – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/1,8, 1/6400s, 100 ISO

Enfin, tous apprécieront les efforts consentis par Samyang pour réduire le poids de l’objectif. Demeurant sous la barre des 800 g, l’objectif s’avère très équilibré… et bat ses concurrents à plate couture. 

Léger, performant et assez abordable, ce Samyang AF 135 mm f/1,8 FE coche donc de nombreuses cases

Laura Siegemund – Sony A7 III, f/2,8, 1/1600s, 100 ISO

Conclusion

Au terme de ce test, le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE nous laisse une impression globalement très positive. L’opticien sud-coréen nous livre une copie très soignée. 

Certes, on pourrait épiloguer pendant des heures sur la précision du piqué, l’impeccable restitution des détails, l’absence d’aberrations. On pourrait disserter à l’infini sur le poids très maîtrisé, la sensation d’équilibre et les joints d’étanchéité de cette focale fixe à longue focale. 

Seulement, c’est sur le terrain que cet objectif fait toute la différence. Véritable machine à bokeh, l’objectif de Samyang se distingue en livrant des images particulièrement esthétiques. Il devient aisé de donner une véritable personnalité à ses photos. 

C’est joli la campagne – Sony A7 III, Samyang AF 135 mm f/1,8 FE – f/9, 1/160s, 100 ISO

À f/1,8, la zone de netteté est extrêmement réduite, permettant de jouer avec une aisance déconcertante sur la profondeur de champ. De même, la douceur des transitions est remarquable. Ajoutez à cela un autofocus très efficace, et vous obtenez un objectif 135 mm particulièrement séduisant, tant pour le portrait que pour la photo d’action, de rue ou de détails. Loin de se cantonner à des sujets statiques, l’objectif offre une remarquable polyvalence.

Cerise sur le pompon, cet objectif très réussi dispose d’un rapport qualité-prix particulièrement séduisant. Ainsi, nous le recommandons sans hésiter

Le Samyang AF 135 mm f/1,8 FE est disponible à partir de 899 € chez, Digit-Photo, Digixo, Miss Numérique, IPLN, Camara, Photo-Univers et à la Fnac

Test Samyang AF 135 mm f/1,8 FE : téléobjectif à focale fixe ultra-polyvalent et réactif
Fabrication / finitions
8.5
Qualité d'image
8.8
Ergonomie / praticité
8.7
Points forts
Piqué très présent dès la pleine ouverture
Bokeh très esthétique
Poids maîtrisé
Autofocus très efficace
Remarquable polyvalence
Très bon rapport qualité-prix
Nombreux boutons paramétrables, notamment pour l'astrophoto
Points faibles
Léger œil de chat
(Faible) présence de flare
Pas de stabilisation optique (mais est-ce un mal ?)
8.7
sur 10