Test Fujifilm X-E4 : l’hybride APS-C performant et léger au look télémétrique discret

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sur 10

En janvier 2021, Fujifilm lançait une nouvelle version de son hybride APS-C compact et rétro. Au sein du portfolio de la marque, le Fujifilm X-E4 se distingue par son tarif modéré, sa fiche technique fournie et son gabarit poids-plume (364 g seulement). Il vise ainsi à séduire les photographes de rue – tel un cousin éloigné du X100V – mais également celles et ceux aimant voyager léger.

Quelle qualité d’image le Fujifilm X-E4 permet-il d’obtenir ? Ses performances sont-elles à la hauteur de nos espérances ? Comment se place-t-il face aux X-T3 et X-T4, dont il reprend le capteur et le processeur ? Après un mois de test (et plus de 2000 photos), voici notre test complet du Fujifilm X-E4.

More with less : la philosophie du X-E4

Trois ans après la sortie du X-E3, Fujifilm renouvelle début 2021 son hybride « basique ». Le pari de Fujifilm avec le X-E4 était osé. Loger le même capteur APS-C que les X-T3 et X-T4, le même processeur… mais dans un boîtier beaucoup plus compact, qui puisse être emporté partout, au quotidien comme en voyage.

Au sein de l’écosystème de Fujifilm, la gamme E a toujours opté pour un positionnement un peu à part. S’offrant un look « télémétrique » façon Leica, il ressemble davantage à un compact expert (comme le X100V) qu’à un boîtier à objectif interchangeable. La simplicité de ses lignes pourrait même faire croire à un boîtier d’entrée de gamme.

Pourtant, le Fujifilm X-E4 bénéficie des mêmes technologies que les boîtiers les plus haut de gamme de la marque (à quelques nuances près). On retrouve ainsi une fiche technique bien fournie, centrée autour du capteur CMOS X-Trans 4 de 26,1 Mpx (ici non-stabilisé), accompagné du X-Processor 4. Toutefois, il adopte un form factor différent, plus léger, plus petit, plus minimaliste… et plus discret. Il est également doté d’un viseur plus étriqué et fait l’impasse sur la tropicalisation, point réservé aux boîtiers X-T.

Dès lors, le X-E4 pourrait-il devenir le boîtier idéal pour la photo de rue ou en voyage ? C’est ce que nous allons étudier ensemble.

Ergonomie et prise en main du Fujifilm X-E4

Deux adjectifs nous viennent pour décrire le Fujifilm X-E4 : simple et sobre. Le boîtier de Fujifilm adopte un look particulièrement proche des boîtiers argentiques d’antan. Fujifilm pousse même le minimalisme jusqu’à dépouiller le X-E4 de toute aspérité sur les faces avant et arrière. Résultat : le boîtier ressemble à un rectangle aux bords droits et lisses.

De prime abord, le boîtier peut paraître assez « glissant », le pouce et l’index cherchant une quelconque aspérité pour s’y loger. Fujifilm propose bien un repose-pouce (69 €) et une poignée compatible Arca Swiss (84 €), mais ces derniers sont vendus à part. Heureusement, le boîtier est suffisamment léger pour être tenu facilement à une main. Et, si besoin, on peut toujours se stabiliser davantage en glissant son pouce gauche sous le boîtier – ce qui nous rappelle étrangement les appareils style Instamatic.

Car s’il y a bien un aspect à garder en tête avec le Fujifilm X-E4, c’est sa légèreté. Pesant seulement 364 grammes, c’est un véritable poids-plume. Couplé à un objectif comme le XF 27 mm f/2,8 R WR, le duo se paye le luxe d’être encore plus léger que le Fujifilm X100V – un comble ! Mesurant 12,1 cm de large, 7,3 cm de haut et 3,3 cm d’épaisseur, il peut se glisser dans une poche de veste, et trouve tout naturellement sa place dans n’importe quel sac photo.

En termes d’ergonomie, le Fujifim X-E4 joue une autre partition que les X-T3 ou X-T4. Ainsi, la tranche supérieure fait dans la sobriété, puisque seules deux roues crantée prennent place aux côtés de la griffe porte-flash. La plus grande permet de régler la vitesse d’obturation – et se dote d’un mode P (en plus du mode A) qui devrait rassurer les néophytes. On retrouve évidemment la molette On/Off couplée au déclencheur (avec filetage, pour ajouter un bouton de déclenchement doux). Mais aussi un unique bouton personnalisable – qui sert par défaut à régler la sensibilité ISO. On distingue aussi le bouton Q, qui prend une importance cruciale.

C’est à l’arrière que les changements les plus importants ont eu lieu. Fujifilm a écouté les photographes, et a rajouté un écran tactile – et orientable ! Pour mémoire, ces derniers points étaient les deux grands absents du X-E3. On retrouve cependant la même disposition des boutons et du mini-joystick. Simplicité oblige, point de croix directionnelle, ni de molette arrière.

C’est à l’avant que le boîtier frise avec le dépouillement. Hormis la monture de l’objectif, on retrouve l’unique molette crantée du boîtier… Et c’est tout. Fujifilm a même fait disparaître la molette de sélection des modes AF (manuel, simple, continu). Pour les retrouver, on est donc obligé de farfouiller au sein du menu Q – lequel devient rapidement un incontournable.

Mais où est passée la molette de sélection des modes de mise au point ?

Le faible nombre de commandes physiques est à double-tranchant. D’un côté, il offre une apparente simplicité, qui pourrait rassurer les débutants. Mais d’un autre côté, les photographes plus expérimentés pourraient être un poil frustrés.

Côté visée, on peut compter sur l’écran arrière mentionné ci-dessus. Mesurant 3,2 pouces de diagonale, il affiche 1,62 millions de points. Point notable, l’affichage est inversé lorsqu’on pivote l’écran à 180° vers le haut. Une idée intéressante, notamment pour les vloggers. Cependant, la manœuvre n’est pas des plus aisée. Elle nécessite de forcer légèrement sur le mécanisme, ce qui n’est pas très rassurant.

© Fujifilm

Citons aussi le viseur électronique, logé tout à gauche du boîtier.  Ce dernier s’appuie sur un petit écran OLED de 0,39 pouce, comptant 2,36 millions de points. Hélas, avec son dégagement oculaire de 17,5 mm et son grossissement de 0,62x, il s’avère étriqué et n’est pas des plus confortable…

Sur la tranche gauche, on note la présence d’un port USB-C 3.2 Gen 1x1, une sortie micro-HDMI (type D), et d’une prise jack 3,5 mm pour micro externe ou une télécommande. Pour brancher un casque, vous devrez utiliser l’adaptateur USB-C – jack fourni. Les différentes prises sont protégées par une trappe en plastique très pratique.

Côté droit, en revanche, circulez, il n’y a rien à voir. L’unique logement pour cartes SD trouve sa place à côté de la batterie, sur la tranche inférieure. Malheureusement, le slot est uniquement compatible avec la norme UHS-I, et pas UHS-II… Autre (léger) souci : la trappe est située trop près du pas de vis pour trépied. Lorsqu’on visse une semelle, cette dernière empêche donc l’accès à la carte SD ou à la batterie. Dommage.

Même avec la petite semelle d’un Gorillapod, l’accès à la trappe de la batterie et de la carte SD est impossible.

Enfin, le boîtier pouvant être rechargé en USB-C, Fujifilm s’est dispensé d’inclure le chargeur de batterie secteur « classique ». La marque fournit donc un câble USB accompagné d’un adaptateur secteur. Certes, cette solution a ses avantages, puisqu’on peut utiliser le boîtier branché au secteur. Mais quand on veut charger plusieurs batteries, c’est un peu moins pratique et il faut opter pour un achat supplémentaire.

In fine, il est clair que Fujifilm a dû consentir à quelques sacrifices afin de rendre son X-E4 aussi compact. Certains sont assez logiques, d’autres… un peu moins. Cependant, sa discrétion en fait un boîtier de choix pour la photo de rue, par exemple. Et en voyage, le risque de mal de dos est grandement diminué. De ce point de vue, le X-E4 est donc particulièrement bien pensé.

Interface du Fujifilm X-E4

Comme indiqué plus haut, le Fujifilm tente un véritable numéro d’équilibriste. D’un côté, il propose une expérience manuelle proche des boîtiers argentiques. D’un autre côté, il tente de se montrer plus simple (ou plus dépouillé, selon le point de vue) que les X-T3 ou X-T4.

On est donc fréquemment amené à consulter les menus de l’appareil – lesquels s’avèrent heureusement assez simples à prendre en main. Le nombre d’options étant plus réduit que sur le X-T4, on s’y retrouve plus facilement.

En revanche, le menu Q mentionné plus haut est parfois agaçant, puisqu’il oblige à jongler en permanence entre le joystick et la molette avant. De ce point de vue, la concurrence réussit à proposer des interfaces un peu plus conviviales. On constate aussi quelques détails agaçants, comme le mode vidéo « planqué » tout en bas de la liste des modes de déclenchement. On notera toutefois que l’ensemble des boutons ou presque peuvent être personnalisés.

En un mot comme en cent : pour une utilisation « de base », l’appareil est facile à prendre en main. En revanche, les photographes plus expérimentés regretteront le manque de touches de raccourci dédiées, d’une « vraie » croix directionnelle (en plus du joystick), de molettes et de boutons en tout genre – qui facilitent réellement le travail sur le terrain.

Performances et qualité d’image du Fujifilm X-E4

Au cours de ce test, nous avons utilisé le Fujifilm X-E4 avec principalement deux objectifs : la focale fixe pancake Fujinon XF 27 mm f/2,8 R WR, et le téléobjectif à longue portée Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR.

Sans réelle surprise, Fujifilm nous livre un boîtier capable de produire de belles, voire de très belles images. La restitution des couleurs et des détails est très soignée. De même, l’autofocus s’avère performant dans la grande majorité des scénarios.

N’hésitez pas à cliquer sur les photos présentes dans ce test pour les afficher en qualité supérieure.

Rose et blanc – Fujifilm X-E4, Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR – 214 mm, f/5,6, 1/50s, 160 ISO
Nuances – Fujifilm X-E4, Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR – 240 mm f/6,4, 1/1250s, 100 ISO
Serenade – Fujifilm X-E4 – Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR – 105 mm, f/6,4, 5s, 200 ISO

Qualité d’image du Fujifilm X-E4 : une excellente gestion des couleurs

Côté capteur, aucune surprise puisque le X-E4 reprend à l’identique le couple capteur + processeur des X-T3 et X-T4. On retrouve donc avec plaisir le capteur X-Trans CMOS APS-C de 4e génération, comptant 26,1 Mpx. Ce dernier est de type rétroéclairé (BSI), et doit donc offrir une grande réactivité, ainsi qu’une sensibilité AF jusqu’à -7 IL. Le processeur X-Processor 4, quant à lui, est doté de 4 cœurs.

Lumières – Fujifilm X-E4, Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR, 72,7 mm, f/9, 1/50s, 250 ISO

Comme toujours chez Fujifilm, on retrouve les simulations de films, qui visent à offrir un rendu des couleurs et des contrastes très proches des pellicules argentiques Fuji. On dispose ainsi d’un total de 18 simulations de films, dont l’Eterna Bleach Bypass – que nous avions déjà croisé lors de notre test du X-T4.

Smoking kills (one day) – Fujifilm X-E4, Eternal Bleach Bypass, Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR, 98 mm, f/6,4, 1/160s, 160 ISO

Grâce à ce traitement « en interne, » le X-E4 permet d’obtenir des fichiers JPEG de très bonne qualité, dès la sortie du boîtier. Pour disposer de ces simulations de films sur les fichiers RAW, en revanche, il faudra passer par le logiciel Fujifilm X Raw Studio, ou par une solution comme la Nik Collection by DxO. Notez cependant que Lightroom Classic propose un ensemble de profils « Color Matching », qui tentent de reproduire les simulations de films de Fujifilm.

Anciens abattoirs de Vaugirad – Fujifilm X-E4, Eterna, Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR, 70 mm, f/6,4, 1/640s, 160 ISO

En termes de dynamique, nous ferons le même constat que pour les X-T3 et X-T4. Les fichiers générés par le boîtier s’avèrent d’une grande souplesse, et permettent de récupérer une grande quantité d’informations dans les zones surexposées comme dans les tons sombres. Malgré tout, certains concurrents parviennent aujourd’hui à faire encore mieux, notamment du côté de chez Sony. Enfin, notons que le X-E4 dispose lui aussi d’un mode HDR intégré, qui enregistre les images en JPEG, mais aussi en RAW.

Derrière les tours, la montagne – Fujifilm X-E4, Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR, 98 mm, f/8, 1/400s, 320 ISO

Montée en ISO du Fujifilm X-E4

Comme sur les précédents boîtiers de la marque, le boîtier offre une montée en ISO satisfaisante. La plage ISO du boîtier va de 160 à 12800 ISO, et peut être étendue de 80 à 51200 ISO.

Certes, le bruit fait une très légère apparition à 800 ISO, mais il demeure très facile à corriger au post-traitement. Il devient plus présent à partir de 2500 ISO, et la dégradation des images devient plus palpable aux environs de 8000 ISO.

En clair, ces bonnes performances en haut ISO s’avèrent très rassurantes. On peut ainsi sortir le soir sans forcément avoir besoin d’un trépied. De même, vous pourrez sans crainte pousser les ISO assez loin pour obtenir des photos de rue très vivantes, même en basse lumière.

Enfin, notez que le logiciel DxO PureRAW est compatible depuis la version 2 avec les fichiers capturés avec les boîtiers Fujifilm dotés d’un capteur X-Trans (comme le X-E4). Une manière de « sauver » vos fichiers particulièrement bruités.

Rush hour (mountain version) – Fujifilm X-E4 – Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR – 98 mm, f/7,1, 10s, 200 ISO

Un autofocus efficace… mais pas sans défaut

Avec le même duo capteur + processeur que le X-T4, on est en droit de s’attendre à de très bonnes performances AF. Et sur le terrain, on retrouve les mêmes qualités… et les mêmes défauts. Concrètement, l’accroche du sujet est rapide, même en basse lumière (à condition d’éviter les optiques XF les plus anciennes). Malgré tout, il arrive que l’AF soit « perturbé » dans les environnements les plus denses.

Albertville, 5 minutes d’arrêt – Fujifilm X-E4 – Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR – 70 mm, f/6,4, 1/400s, 320 ISO

Par ailleurs, nous sommes un poil déçus par la détection et le suivi de l’œil du sujet. En effet, l’appareil est totalement perdu dès que la personne porte des lunettes, et fait la mise au point sur la monture. De même, on observe un certain nombre de « faux positifs », où l’appareil croit identifier un œil – même sur un immeuble. Enfin, on regrette amèrement que Fujifilm ne propose toujours pas de fonction « Eye-AF » pour les animaux.

Cécile – Fujifilm X-E4, Fujinon XF 27 mm f/2,8 R WR, 27 mm, f/6,4, 1/1400s, 250 ISO

Performances en rafale du Fujifilm X-E4

Le Fujifilm X-E4 hérite d’un obturateur performant. En obturation mécanique, il est capable de déclencher de 4 à 1/4000s. Avec l’obturateur électronique, il est capable de monter à 1/32000s. Prudence cependant avec l’obturateur électronique, car l’effet de rolling shutter est parfois assez présent.  

Penchitude – Fujifilm X-E4, Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR, 70 mm, f/5,6, 1/850s, 1000 ISO

En rafale, le X-E4 monte à 8 i/s en obturateur mécanique et à 20 i/s avec le shutter électronique. Un mode permet de monter jusqu’à 30 i/s, moyennant un recadrage de 1,25x. Des performances de haut vol qui devraient servir aux amateurs de photo d’action. On retrouve aussi la fonction Pre-Shoot, où l’appareil enregistre les images précédent le début de la capture, afin d’être certain de ne pas louper l’instant propice.

Vitesse – Fujifilm X-E4, Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR, 300 mm, f/8, 1/1250s, 160 ISO

L’ennui, c’est que le buffer est assez restreint, et ne dépasse pas plus de 26 images en RAW compressé (et 17 images en RAW non compressé). Pour de la photographie de sport, c’est insuffisant. Par ailleurs, les vitesses d’enregistrement sur la carte sont limitées par la compatibilité avec la norme UHS-I, et non UHS-II. Une manière pour Fujifilm de segmenter ses gammes.

Sur le terrain, l’appareil donne très vite l’impression de « saturer » en rafale. À la cadence de 20 i/s, le buffer sature au bout d’une seconde seulement. De ce point de vue, le X-T4 est beaucoup mieux armé – mais n’oublions pas qu’il est vendu plus cher !

Le Fujifilm X-E4 côté vidéo

En vidéo, le Fujifilm X-E4 propose un certain nombre d’options… mais n’est pas le mieux pourvu en la matière. Ainsi, il fait l’impasse sur la 4K 60p, et doit se contenter de la 4K 30p et Full HD 60p. Par ailleurs, l’ergonomie du boîtier n’est pas vraiment pensée pour la vidéo : pas de bouton d’enregistrement dédié ni de mode « séparé » pour les options liées à la vidéo. Pire, le mode vidéo n’est pas facile à trouver, étant logé tout à la fin de la liste des modes de déclenchement.

Heureusement, il se rattrape en permettant de filmer en 4K DCI en plus de la 4K UHD. On note aussi la présence de 2 modes de ralenti à 100/120 fps et 200/240 fps en Full HD. Mais surtout, les images en 4K sont capturées sans crop. On aimerait pouvoir en dire autant sur certains boîtiers concurrents ! Enfin, plusieurs options comme les zébras ou le profil F-Log facilitent le travail sur le terrain et en post-production. En passant par la sortie HDMI, il est aussi possible d’enregistrer le flux vidéo en 4:2:2 10 bits.

L’absence de bouton dédié à l’enregistrement vidéo indique que cette fonction n’est pas vraiment la vocation première de ce boîtier. Pourtant, il fait un compagnon très pertinent pour du vlog.

Sur le terrain, le boîtier livre une prestation très correcte, à défaut de révolutionner le genre. La qualité d’image est très satisfaisante et le suivi des sujets assez efficace. Néanmoins, comme sur le X-T4, on regrette l’absence d’un réel mode de tracking : sur le terrain, il arrive que l’AF « décroche » et cherche à capturer un sujet plus lointain. Attention également au rolling shutter, qui peut être présent si vous effectuez des mouvements rapides en panning.

Retrouvez ci-dessous une vidéo capturée aux Saisies avec le Fujifilm X-E4, accompagné du Fujinon XF 27 mm f/2,8 R WR et du Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR. Sur les plans capturés avec ce dernier, on notera que le mécanisme de stabilisation a tendance à « lutter » lors des mouvements en panning.

Test vidéo du Fujifilm X-E4 en Savoie

Finalement, le seul « vrai » point noir est l’absence de stabilisation du capteur, qui complique parfois les choses.

Enfin, sans surprise, la durée d’enregistrement est bridée à 30 minutes, afin de ne pas être considéré comme un caméscope et de ne pas être soumis à une taxe imposée par l’UE (aujourd’hui supprimée).

Au final, le Fujifilm X-E4 pourra servir à la réalisation de petites vidéos. Ainsi, il s’avère pertinent pour du vlogging. En revanche, si vos ambitions en vidéo sont plus élevées, un boîtier comme le X-T4 devrait bien davantage vous convenir.

Autonomie du Fujifilm X-E4

Bonne nouvelle pour les propriétaires d’un hybride Fujifilm : le X-E4 reprend la batterie NP-W126S de ses aînés. Dans les chiffres CIPA, Le constructeur indiquait une autonomie de 460 photos – une valeur déjà très correcte pour un hybride. Sur le terrain, le boîtier se montre assez fidèle à cette valeur. En voyage, l’appareil est capable de tenir toute une journée sans devoir être rechargé. En usage « modéré » (au quotidien par exemple), on peut rester environ une semaine entière loin du secteur.

En revanche, la vidéo est particulièrement énergivore, 45 minutes de tournage en 4K 30p suffisant à mettre la batterie à genoux.

Heureusement, le boîtier peut être rechargé en USB – ce qui est toujours très pratique sur le terrain. De même, il est possible de faire fonctionner l’appareil lorsqu’il est branché en USB. Pratique pour de la vidéo ou du timelapse, même si la batterie ne se charge pas.

Connectivité sans-fil

Le boîtier fait montre d’une connectivité sans-fil complète. Il est compatible avec le Bluetooth 4.2 (basse consommation) et avec le WiFi 4. Dans la pratique, vous pourrez utiliser l’application Camera Remote (disponible pour iOS et Android) pour contrôler le boîtier à distance ou parcourir les images de l’appareil photo et les télécharger sur votre smartphone.

L’appli permet également d’ajouter les informations de géolocalisation à vos images, et peut aussi servir comme déclencheur à distance.

Dans la pratique, l’application est efficace, mais son interface est un poil austère et n’est pas forcément ultra-ergonomique.

À qui se destine le Fujifilm X-E4 ?

Chez Fujifilm, la segmentation des différentes catégories de boîtiers numériques est relativement claire. La gamme X-T a été pensée pour les photographes professionnels, ayant besoin d’un boîtier APS-C sans concession, notamment en termes de performances. En dessous, le X-T30 II offre presque les mêmes performances, la tropicalisation en moins et avec une ergonomie plus grand public.

De son côté, la gamme X-E vise à offrir le meilleur compromis possible entre qualité d’image et compacité.

De fait, le X-E4 s’adresse particulièrement aux photographes à la recherche d’un boîtier léger et compact, au design vintage et sobre. Son gabarit « poids-plume » est extrêmement appréciable, au quotidien comme en voyage. Et puisqu’il reprend le duo capteur + processeur de boîtiers autrement plus lourds (et onéreux), il propose très bonne qualité d’image.

Ski moon – Fujifilm X-E4 – Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR – 91 mm, f/4,5, 1s, 6400 ISO (photo traitée avec DxO PureRAW 2 pour diminuer le bruit numérique)

D’une certaine façon, il peut être vu comme une alternative à un compact expert comme le Fujifilm X100V, mais avec la possibilité de monter n’importe quel objectif de la monture X. Cependant, tous deux sont très à l’aise pour la street photography, étant particulièrement discrets.

It’s the light – Fujifilm X-E4, Fujinon XF 27 mm f/2,8 R WR – 27 mm, f/8, 2s, 1000 ISO

Cependant, cette sobriété voulue par Fujifilm peut trouver ses limites. Si la stabilisation du capteur vous est indispensable, si vous cherchez un boîtier plus sportif et/ou si vos besoins en matière de vidéo sont assez poussés, il vous faudra vous orienter vers un boîtier plus complet, comme l’excellent Fujifilm X-T4.

Conclusion

Difficile de résister au charme du X-E4. Fujifilm réussit à livrer un boîtier très séduisant, tant d’un point de vue technique qu’esthétique. Le X-E4 est réellement un boîtier très attachant, et nous le recommandons sans hésiter.

En premier lieu, on apprécie énormément la légèreté et la compacité de ce boîtier. En voyage comme au quotidien, il peut être emporté partout. Sa discrétion en fait également un très bon allié pour la photo de rue. Avec son design rétro et minimaliste, il rappelle les boîtiers au style « télémétrique » et s’avère réussi.

Early morning train – Fujifilm X-E4, Fujinon XF 70-300 mm f/4-5,6 R LM OIS WR – 70 mm, f/5, 1/900s, 320 ISO

Côté performances, on apprécie évidemment que le « petit » X-E4 reprenne le couple capteur + processeur du X-T4, qui est pourtant plus onéreux. À la clé, une excellente qualité d’image et un autofocus performant. Néanmoins, notez que le X-E4 fait l’impasse sur la stabilisation du capteur et la tropicalisation. De même, nous restons un peu sur notre faim côté vidéo. Enfin, il est dommage que le buffer ne soit pas plus capacitaire. Ce boîtier n’est ainsi pas taillé pour la photo sportive ou animalière, où la rafale est clé.

Heureusement, les (quelques) défauts sont gommés par la qualité globale du boîtier. Fujifilm réussit à livrer un excellent compromis entre légèreté, compacité, performance et tarif.

Le Fujifilm X-E4 est disponible nu au tarif de 899 € chez Digit-Photo, Miss Numérique, Camara, Digixo, Photo-Univers, et à la Fnac.  

Un pack incluant un repose-pouce et un grip est proposé à 999 €. Enfin, un kit incluant le boîtier et l’objectif pancake XF 27 mm f/2,8 R WR (lire notre test) est vendu au tarif très pertinent de 1049 €.

Test Fujifilm X-E4 : l’hybride APS-C performant et léger au look télémétrique discret
Fabrication / finitions
8.7
Qualité d'image
8.7
Ergonomie
7.7
Réactivité
8
Points forts
Design rétro et minimaliste
Très bonne qualité d'image
Autofocus réactif
Écran orientable et tactile
Ultra-léger et compact
Vidéo 4K non croppée
Points faibles
Capteur non-stabilisé
Capacité du buffer trop faible
Unique logement pour cartes SD mal situé, uniquement compatible UHS-I
Viseur un peu étriqué
Quelques choix ergonomiques discutables
Pas de suivi AF des animaux
Boîtier non tropicalisé
8.3
sur 10