René Groebli, La magie du rail, 1949 © courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Perspectives : la rétrospective de René Groebli à la galerie Esther Woerdehoff

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À Paris, la galerie Esther Woerdehoff présente une rétrospective au travail de René Groebli. Cinquante tirages permettent ainsi de redécouvrir l’œuvre foisonnante du photographe suisse. D’une surprenante modernité, il livre une photographie en perpétuel mouvement, mais d’où émerge une relation intime et sensuelle au sujet. À découvrir jusqu’au 31 mai 2022.

René Groebli, La magie du rail, 1949 © courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Né en 1927, René Groebli laisse de côté le photoreportage après la Seconde Guerre mondiale pour se consacrer à une démarche artistique plus proche de l’intime. Il se démarque alors de ses contemporains – comme les photojournalistes Werner Bischof et Robert Franck, dont il était camarade de classe – en traitant ses sujets avec une approche subjective, sensible et personnelle.

Après une formation d’opérateur cinéma, il se fait remarquer à la fin des années 1940 avec sa série « La Magie du Rail », un ensemble de photographies noir et blanc qu’on peut retrouver dans l’exposition grâce à de très beaux tirages argentiques d’époque. Il expérimente une narration particulièrement radicale pour cette période : il traduit avec justesse le rythme du train qui avance, la lenteur, il saisit la vapeur, le sommeil des passagers, ce temps long caractéristique des voyages d’alors…

René Groebli, La magie du rail, 1949 © courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Il développe ce regard poétique encore davantage avec L’Œil de l’Amour, première déclaration d’amour photographique frappant par sa modernité – presque 30 avant que Nobuyoshi Araki ou Nan Golding se consacrent à cette thématique. René Groebli est moderne par cette narration de sa lune de miel avec son épouse Rita, par l’utilisation du flou de mouvement alors novateur, par ce grain noir et blanc fin, proche de la peau.

René Groebli, L’Œil de l’Amour, 1952 © courtesy Galerie Esther Woerdehoff

La beauté de ses images est servie par sa maîtrise de la technique de développement avant-gardiste pour l’époque, qui lui offre une réputation dont il profitera ensuite dans son studio de photographie publicitaire.  Ces superbes clichés sont d’ailleurs à retrouver à la MEP, dans le cadre de l’exposition Love Songs.

On trouve dans ses photographies des prémices des travaux d’artistes bien plus tardifs – comme Hervé Guibert, ou Annie Ernaux dans L’Usage de la photo – lorsqu’il capture avec nostalgie les traces d’un passage amoureux, la fumée d’une cigarette toujours allumée, le souvenir d’un instant : l’instant d’après.

René Groebli, L’Œil de l’Amour, 1952 © courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Une rétrospective à découvrir à la Galerie Esther Woerdehoff jusqu’au 31 mai 2022.

Informations pratiques :

René Groebli, Perspectives
Du 24 février au 31 mai 2022
Galerie Esther Wordehoff
36 rue Falguière, 75015 Paris
Mercredi-Samedi, 12h-19h
Entrée libre