Fin 2020, la marque chinoise 7Artisans lançait un objectif 50 mm atypique pour les hybrides plein format : le 7Artisans 50 mm f/1,05. Entièrement manuel, il vise à séduire les photographes recherchant une optique originale et ultra-lumineuse, pour une expérience proche de l’argentique et un bokeh ultra-doux. Quelle qualité d’image pouvons-nous obtenir avec cet objectif ? Pour le savoir, nous l’avons testé pendant plusieurs mois sur un Sony A7 III. Voici donc notre test photo du 7Artisans 50 mm f/1,05.

Phototrend Test 7artisans 50 mm f/1,05

Un mot à propos de 7Artisans

Si vous êtes un fidèle lecteur de Phototrend, le nom de 7Artisans ne vous est peut-être pas inconnu. Fondée en Chine en 2015, cette marque basée à Shenzhen est encore peu connue sous nos latitudes. Elle a pour particularité de proposer des objectifs manuels, dépourvus d’autofocus et de stabilisation, dotés d’une ouverture (très) lumineuse. Le tout à un prix (beaucoup) plus doux que les objectifs conçus par de grands noms comme Voigtländer ou Leica.

Nous avions déjà croisé la marque début 2020, lors de notre test du 7Artisans 35 mm f/1,2.

Test 7artisans 35 mm f/1,2 : optique ultra-lumineuse et atypique pour hybrides APS-C et Micro 4/3

Présentation du 7Artisans 50 mm f/1,05

Est-il encore besoin de présenter un objectif 50 mm ? Depuis plusieurs décennies, cette focale est devenue incontournable, offrant un angle de vue proche de l’œil humain (46°). Elle peut donc servir à capturer une profusion de sujets, du portrait à la photo de rue, en passant par l’architecture. Le 7Artisans 50 mm f/1,05 est disponible en monture Z (Nikon), RF (Canon), E (Sony) et L (Leica, Panasonic, Sigma).

Phototrend Test 7artisans 50 mm f/1,05

7Artisans propose déjà à son catalogue plusieurs objectifs 50 mm. Toutefois, ce 7Artisans 50 mm f/1,05 se distingue par son ouverture ultra-lumineuse à f/1,05, offerte par un diaphragme circulaire à 15 lamelles. À la clé, une profondeur de champ ultra-faible, un bokeh crémeux, une très grande luminosité… Cette ouverture maximale autorise un grand nombre d’usages créatifs. On regrette simplement que la distance minimale de mise au point soit de 57 cm – pas idéale pour capturer de très petits objets en gros plan.

A short way to the sunset – Sony A7 III – 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/1,05, 1/8000s, 100 ISO

Contrairement à d’autres objectifs de la marque, ce 7Artisans 50 mm f/1,05 opte pour une formule optique complexe. Il est constitué de 10 lentilles réparties en 7 groupes. Elle inclut 2 lentilles spéciales à dispersion ultra-faible.

Dépourvu de contacteurs, l’objectif n’offre aucune communication avec le boîtier. On peut donc faire une croix sur l’autofocus, le réglage automatique de l’ouverture ainsi que les données EXIF. Il fait aussi l’impasse sur la stabilisation optique ; cependant, ce point est compensé par le stabilisation du capteur IBIS d’une grande majorité d’hybrides plein format (à l’exception notable de « vieilleries » comme les Canon EOS R et RP).

Phototrend Test 7artisans 50 mm f/1,05

Enfin, ce 50 mm de 7Artisans se distingue par son positionnement premium. Là où une optique comme le 7Artisans 35 mm f/1,2 est disponible à 159 €, ce 7Artisans 50 mm f/1,05 atteint presque la barre des 500 €. Cette montée en gamme se ressent aussi dans les matériaux utilisés et dans la prise en main de l’objectif, comme nous allons le voir sans plus tarder.

Voici la liste complète des caractéristiques du 7Artisans 50 mm f/1,05 : 

  • longueur focale : 50 mm
  • format couvert : plein format
  • construction optique : 10 éléments répartis en 7 groupes, dont 2 lentilles à dispersion ultra-faible
  • ouverture maximale : f/1,05
  • ouverture minimale : f/16
  • diaphragme : circulaire, 15 lamelles
  • angle de champ : 46°
  • autofocus : non
  • distance minimale de mise au point : 57 cm
  • stabilisation optique : non
  • diamètre du filtre : 58 mm
  • tropicalisation : non
  • poids : 590 g
  • dimensions : 86 x 62 mm (longueur x diamètre)
  • accessoires fournis : bouchon arrière, cache objectif, housse de transport en cuir
  • monture : Sony E, Nikon Z, Canon RF, monture L

Phototrend Test 7artisans 50 mm f/1,05

Prise en main du 7Artisans 50 mm f/1,05

Tout de noir vêtu, l’objectif adopte un design très (voire trop) sobre. Il présente de nombreuses inscriptions sérigraphies, dédiées à l’ouverture, à la distance de mise au point (en mètres et en pieds).

Phototrend Test 7artisans 50 mm f/1,05

À l’avant, on retrouve quelques informations sur le diamètre de filtre (58 mm), le nom de l’objectif et une mention « 7Artisans ». À l’arrière, on aperçoit la monture pour laquelle l’objectif est prévu et un minuscule point rouge pour le montage de l’optique sur le boîtier. Dommage, cette marque n’est pas présence sur le fût mais à l’intérieur de la baïonnette.

Phototrend Test 7artisans 50 mm f/1,05

Aucun contacteur n’est présent. De fait, l’objectif n’est pas détecté par l’appareil. Un détour par les menus est donc indispensable pour lui « permettre » de déclencher sans objectif, du moins sur notre Sony A7 III. Par ailleurs, aucune donnée EXIF liée à l’ouverture n’est présente au sein des fichiers. Il faudra donc les noter à la main, ou sur une application comme Afilm.

Pour pouvoir utiliser un objectif manuel – comme celui de 7Artisans – il est impératif d’activer l’option « déclenchement sans objectif » depuis les menus du boîtier.

Au premier contact, le 7Artisans 50 mm f/1,05 surprend par son poids. Pesant la bagatelle de 590 grammes, l’objectif ne rentre pas dans la catégorie des « poids plume ». Voilà qui est étonnant pour une optique entièrement manuelle… mais un peu moins au vu du nombre de lentilles qui composent l’objectif, cela dit.

Mesurant 8,6 cm de long pour 6,2 cm de diamètre, l’objectif adopte un gabarit très trapu. Il s’en dégage une impression de lourdeur peu agréable. Une fois monté sur un Sony A7 III, le tandem atteint un total de 1,24 kg. Dans votre sac à dos, il ne risque pas de se faire oublier.

Phototrend Test 7artisans 50 mm f/1,05

Ce poids élevé s’explique notamment par le fût métallique, tout en alliage d’aluminium – de même que les bagues d’ouverture et de mise au point. Seul le pourtour de la lentille arrière est en plastique. L’objectif est livré sans pare-soleil. En revanche, on notera un bouchon avant, lui aussi en métal. Le pourtour intérieur est revêtu d’une fine mousse. Problème : le pare-soleil glisse trop facilement de l’objectif. À chaque fois que l’on retire l’objectif du sac, le pare-soleil se détache. À la longue, ceci devient assez agaçant.

Le 7Artisans 50 mm f/1,05 est livré avec un pare-soleil et une petite housse en cuir. À noter que la fermeture éclair est très fragile.

Par ailleurs, l’objectif souffre d’un léger défaut d’usinage au niveau de la baïonnette, ce qui rend parfois difficile de monter (et surtout de démonter) l’objectif du boîtier, surtout au début. À ce titre, on notera le manque d’espace entre l’arrière de l’objectif et la bague de mise au point, qui rend le démontage de l’optique assez compliqué, vu que l’on dispose de très peu de prise.

Phototrend Test 7artisans 50 mm f/1,05

La bague de mise au point, justement, est particulièrement large (2,6 cm). Elle est légèrement striée afin d’offrir une meilleure prise en main. À noter que l’objectif s’allonge d’environ 5 mm à la distance minimale de mise au point (0,57 m). Sa course est un peu trop souple à notre goût, ce qui peut donner une relative sensation d’imprécision.

Phototrend Test 7artisans 50 mm f/1,05

Enfin, la bague d’ouverture, située tout à l’avant de l’objectif, est assez particulière. Elle est totalement linéaire : aucun « clic » ne se fait entendre lors de la rotation de la bague. Sa course est assez courte ; toutefois, les valeurs maximales sont plus « éloignées » que les valeurs minimales. Entre f/1,05 et f/1,4, on observe une latitude d’environ 10° ; en revanche, les valeurs f/4, f/8 et f/16 sont presque collées les unes aux autres. Cette bague se montre particulièrement souple. Il est très (trop) facile de dérégler la valeur d’ouverture par un simple contact de la bague.

Phototrend Test 7artisans 50 mm f/1,05

In fine, la prise en main offerte par ce 7Artisans 50 mm f/1,05 n’est pas catastrophique… mais elle peine à nous convaincre pleinement. On est hélas assez loin de l’expérience qualitative offerte par de « vrais » objectifs vintage de Minolta, Canon, Nikon et allii même s’il se dégage un sentiment de construction durable.

Qualité d’image du 7Artisans 50 mm f/1,05

Sur le terrain, comment se comporte cet objectif de 7Artisans ? Son ouverture ultra-lumineuse permet-elle d’obtenir un bokeh ultra-crémeux ? Pour le savoir, nous avons utilisé le 7Artisans 50 mm f/1,05 pendant 3 mois, monté sur un hybride plein format Sony A7 III (doté d’un capteur de 24 Mpx).

N’hésitez pas à cliquer sur les différentes photos pour les voir en haute définition.

Shiny sunlight – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/1,05, 1/1250s, 100 ISO

D’emblée, mettons fin à cet insoutenable suspense : oui, l’ouverture à f/1,05 fait de cet objectif une véritable machine à bokeh. Et ça tombe bien, puisque c’est exactement cela qu’on lui demande.

Sa longueur focale de 50 mm le rend particulièrement adapté à la photographie de portrait. Aux ouvertures les plus grandes, on peut jouer aisément sur la séparation des plans et valoriser efficacement le sujet.

Al Pacino – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/1,2, 1/400s, 100 ISO

L’objectif s’adapte particulièrement aux portraits de rue, permettant de jouer avec l’arrière-plan. La transition entre le premier plan et l’arrière-plan est d’une très grande douceur. L’œil du sujet est net, tandis que ses tempes sont déjà floues. À l’arrière-plan, le moindre élément se transforme en micro-bulle de lumière. En fermant un peu le diaphragme, les bulles deviennent plus nettes, mieux dessinées.

Cécile – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/1,05, 1/1600s, 100 ISO

Le 7Artisans 50 mm f/1,05 permet aussi de capturer de très belles photos de portrait en contre-jour, en jouant sur les reflets du soleil à l’arrière-plan. Les effets de flare sont assez prononcés : selon nous, ils ajoutent de la personnalité à l’image. En revanche, on constate une importante baisse de contrastes de l’image. Un passage au post-traitement permet de corriger ce point… mais dans une certaine mesure seulement.

Daniel – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/1,2, 1/320s, 100 ISO

Toujours au sujet du bokeh, l’objectif permet également de goûter aux joies de la proxiphotographie. On peut ainsi capturer de belles images de nature ou de petits objets. Cependant, la distance minimale de mise au point est assez longue (presque 60 cm par rapport au capteur). Malgré tout, on parvient à obtenir des résultats très intéressants et très créatifs.

Aux Jardin des Plantes – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, f/4, 1/640s, 100 ISO

Au-delà de l’effet de flare mentionné plus haut, l’objectif se montre particulièrement sensible à l’effet de ghosting aux ouvertures les plus grandes – et en s’approchant de la distance minimale de mise au point. Lorsqu’une source lumineuse est braquée vers l’objectif, des « images fantômes » apparaissent nettement à f/1,05. Elles se présentent sous la forme de lignes courbes aux couleurs arc-en-ciel, qui disparaissent progressivement en fermant le diaphragme. Une fois apprivoisé, cet aspect permet d’ajouter une touche de personnalité à l’objectif et aux images capturées.

Ghosting – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/1,1, 1/800s, 100 ISO

Au rayon des aberrations, notons aussi une certaine propension aux aberrations chromatiques. Sur des objets capturés en contre-jour, une frange verte et violette assez prononcée se fait remarquer.

After the rain – Les gouttes de pluie sur l’asphalte forment de petites bulles très esthétiques, mais la frange violette et verte est très visible – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/1,05, 1/5000s, 100 ISO

Par ailleurs, le vignettage est très prononcé aux plus grandes ouvertures. En fermant l’iris, il tend à se faire un peu moins présent – sans disparaître vraiment. De plus, on note une légère distorsion en coussinet, les lignes extérieures ayant tendance à converger vers l’intérieur de l’image.

Normandie Impressionniste – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/7, 1/1000s, 100 ISO

En revanche, nous serons plus critiques quant aux performances optiques de ce 7Artisans 50 mm f/1,05. À la pleine ouverture, la zone de netteté est restreinte à l’hyper-centre de l’image, le reste de l’image étant extrêmement mou. Pour obtenir une image plus homogène, il est nécessaire de fermer le diaphragme. Aux alentours de f/8, l’ensemble de l’image présente un bon niveau de piqué, même si les bords restent un peu en retrait. Aux ouvertures les plus faibles (à partir de f/13 environ et jusqu’à f/18), le niveau de diffraction est très élevé.

Quais de Seine et pollution atmosphérique – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/10, 1/1600s, 100 ISO

En clair, cet objectif montre réellement ses faiblesses sur la photographie de paysage ou de reportage. La sensation de piqué en net retrait, même en fermant le diaphragme, produit des images assez molles, donc peu intéressantes. De fait, ce 7Artisans 50 mm f/1,05 semble largement plus adapté pour capturer des sujets situés à courte ou moyenne distance – pour des portraits ou de la photographie de détails notamment.

Rivoli – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/8, 1/160s, 100 ISO

Enfin, nous sommes un peu déçus au niveau de l’effet de starburst. Même aux plus grandes ouvertures, les sources de lumière peinent à produire une « vraie » étoile aux branches bien dessinées. La photo ci-dessous est le seul exemple où le starburst est réellement prononcé.

Normandie, nuit étoilée – Si la source de lumière est particulièrement vive, l’objectif consent à générer un bel effet starburst… mais il reste très difficile à obtenir. Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, f/14, 13s, 5000 ISO

Au final, cet objectif rentre très bien dans la définition d’une « optique de caractère » (character lens). Il ne faut donc pas chercher la perfection optique absolue, avec une homogénéité sans faille sur toute l’image. Au contraire, il s’agit de jouer avec les différentes aberrations générées par l’objectif, afin d’obtenir des résultats beaucoup plus créatifs, notamment pour les portraits et la photographie de détails.

Après la pluie, le bokeh ! Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/1,05, 1/2000s, 100 ISO

Malheureusement, cet objectif 7Artisans 50 mm f/1,05 s’avère assez difficile à maîtriser. Sans surprise, l’ouverture à f/1,05 exige une grande rigueur : au moindre décalage de la mise au point, le sujet devient flou. Pour modérer ces 2 points, il suffit de fermer un peu le diaphragme. Les bulles du bokeh deviennent ainsi plus nettes et la zone de netteté est légèrement plus grande, facilitant la mise au point.

Hugo – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/1,4, 1/1600s, 100 ISO

Cependant, on observe un réel souci de précision au niveau du focus peaking, qui doit pourtant faciliter l’utilisation de cet objectif manuel. La zone accentuée en rouge par le focus peaking est très importante, laissant croire que la mise au point est correctement effectuée sur le sujet. Hélas, nous avons rencontré à de nombreuses reprises un souci de « front focus », qui se traduit par un décalage important entre le sujet et l’endroit où a été faite la MAP. Ceci s’avère particulièrement gênant, surtout aux plus grandes ouvertures (mais pas seulement).

Lors de la prise de vue, le focus peaking semblait indiquer que la MAP était bel et bien faite sur la coccinelle. Hélas, un léger décalage s’est produit et la coccinelle n’est pas vraiment nette. Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 1/1250s, 100 ISO

Last but not least, l’objectif est parfois assez difficile à utiliser pour certaines pratiques comme l’astrophotographie. D’une part, le tiret sérigraphié à l’infini ne correspond pas réellement à l’infini – ce qui est assez gênant car on risque d’obtenir une mise au point incorrecte. D’autre part, les images à la pleine ouverture souffrent du fort vignettage et du manque d’homogénéité mentionnés plus haut. Les bords sont en net retrait et les aberrations (coma, notamment) sont très prononcées. Les choses s’améliorent en fermant le diaphragme, mais on perd l’intérêt d’une optique aussi lumineuse.

À l’ouverture maximale (f/1,05), le manque d’homogénéité, le vignettage très prononcé et les aberrations ne permettent pas à l’objectif d’être vraiment à l’aise pour l’astrophoto. Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/1,05, 15s, 500 ISO

Quelles alternatives au 7Artisans 50 mm f/1,05 ?

La proposition de 7Artisans a le mérite d’être (très) originale. Un objectif entièrement manuel et ouvrant aussi large, ça ne court pas les rues ! Vendu à 489 €, le 7Artisans 50 mm f/1,05 ne rencontre pas beaucoup de concurrents sur son passage.

Coïncidence, la principale concurrence de cet objectif vient de la marque 7Artisans elle-même, qui propose un autre 50 mm, ouvrant cette fois à f/1,1. Ce dernier repose sur une formule optique plus simple (7 éléments en 6 groupes). Ses performances optiques sont analogues à celles du 7Artisans 50 mm f/1,05, avec un piqué particulièrement mou à f/1,1. Il est cependant un peu plus léger et plus compact (400 g) que la version ouvrant à f/1,05. Conçu à la base pour les boîtiers Leica en monture M, il peut être monté sur les boîtiers Sony et Fujifilm grâce à une bague d’adaptation fournie. Il est disponible au tarif de 469 €.

Citons également l’objectif Zeiss Planar T* 50 mm f/1,4. Disponible en monture Canon EF et Nikon F, il est entièrement manuel et se montre léger et compact (330 g). Zeiss oblige, la qualité de construction et de finitions sont exemplaires. L’objectif est composé de 7 lentilles en 6 groupes. Sur le terrain, l’objectif délivre des images de très bonne qualité, avec un vignettage et des distorsions chromatiques très maîtrisés. Cependant, la sensation de piqué est analogue à l’objectif de 7Artisans. Certes moins lumineux (f/1,4 vs f/1,05), cet objectif Zeiss est proposé au tarif de 599 €.

Pour les hybrides Sony plein format, l’opticien germanique propose également le Zeiss Loxia 50 mm f/2. Certes, son ouverture maximale n’est « que » de f/2. Mais il se rattrape amplement par la qualité des images qu’il permet d’obtenir. La sensation de piqué est excellente, et le rendu du bokeh est très agréable à l’œil. Très compact et léger (320 g), cet objectif manuel fait un quasi-sans faute. Il est proposé au tarif de 769 €.

Zeiss propose aussi deux objectifs ultra-lumineux (et manuels), les Zeiss Milvus 50 mm f/1,4 et Zeiss Otus 55 mm f/1,4. Offrant une qualité d’image exceptionnelle, ils sont toutefois réservés aux portefeuille les mieux garnis, étant affichés au tarif respectif de 1299 € et… 3390 €.

Mentionnons également le Voigtländer 50 mm f/1,2 Nokton Asph. Lui aussi se montre plus léger et plus compact que le 7Artisans 50 mm f/1,05 (434 g). Il se montre moins lumineux (f/1,2 vs f/1,05). Il repose sur 8 éléments en 6 groupes – mais il se différencie en intégrant 2 lentilles asphériques. Sur le terrain, cet objectif de Voigtländer se montre plus performant… même s’il faut attendre f/5,6 pour que le piqué devienne acceptable au centre comme aux bords de l’image. Enfin, si cet objectif est entièrement manuel, il dispose de contacteurs pour transmettre des données EXIF au boîtier. Reste toutefois la question du tarif : vendu à 1199 €, l’objectif de Voigtländer est tout de même (beaucoup) plus onéreux que celui de 7Artisans.

Enfin, mentionnons les récents objectifs 50 mm f/1,2 de Canon, Nikon et Sony. Ces derniers sont clairement dans une autre catégorie que ce 7Artisans 50 mm f/1,05. Que ce soit en termes de poids, de performances ou de prix (sans parler de la présence de l’autofocus), ces objectifs d’excellence ne peuvent être comparées à un objectif aussi atypique que celui de 7Artisans.

Test Sony FE 50 mm f/1,2 GM, le roi du bokeh en monture E ?

À qui se destine le 7Artisans 50 mm f/1,05 ?

En voilà, une épineuse question. Si vous êtes à la recherche de la perfection optique absolue, avec un piqué stratosphérique dès la pleine ouverture, clairement, cet objectif n’est pas pour vous.

De même, si vous prenez surtout des photos de paysage, avec des plans assez uniformes, le manque d’homogénéité pourrait vous gêner. Pour cette raison, l’objectif ne se prête pas énormément à l’astrophotographie, les distorsions à la pleine ouverture (f/1,05) étant très importantes.

En fermant le diaphragme, on peut obtenir une homogénéité assez satisfaisante… mais on perd totalement le bénéfice d’une optique ultra-lumineuse pour l’astrophoto. Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/6, 5s, 5000 ISO

En revanche, si vous êtes à la recherche d’une optique « de caractère », capable de produire un bokeh ultra-doux et vous permettant de produire des images très originales, ce 7Artisans 50 mm f/1,05 saura vous satisfaire. Si vous aimez capturer des photographies de portrait avec un arrière-plan totalement flouté, où le moindre élément se transforme en bulle de bokeh, vous avez frappé à la bonne porte.

L’avantage des gens qui se prennent pour un BG, c’est qu’ils ne rechignent jamais à être pris en photo. Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/1,4, 1/60s, 100 ISO

Dans une moindre mesure, il pourra aussi servir pour photographier de petits objets en jouant avec la profondeur de champ – mais on pourra se sentir un peu gêné par sa distance minimale de mise au point de 57 cm.

Apparition printanière -Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/2,8, 1/2500s, 100 ISO

Enfin, il pourra séduire celles et ceux aimant capturer des images nocturnes à main levée. Grâce à son ouverture ultra-lumineuse, il évite de devoir monter trop haut dans les ISO. Et, là encore, le rendu du bokeh devrait en convaincre plus d’un.

Saint-Jacques – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/4, 1/80s, 100 ISO

Conclusion

Au final, le bilan de ce 7Artisans 50 mm f/1,05 s’avère assez contrasté. Mérite-t-il son titre de « Bokeh Master » ? Oui, et pas qu’un peu. Les photographes aimant jouer avec la profondeur de champ – notamment pour les portraits – devraient être aux anges, tant le flou d’arrière-plan est d’une grande douceur. Les aberrations sont nombreuses (flare, images fantômes) : il faudra donc savoir en tirer parti pour produire des images plus créatives et plus originales

Entièrement manuel – et n’offrant aucune communication avec le boîtier – l’objectif de 7Artisans propose une expérience radicalement différente des objectifs « modernes », et se rapproche beaucoup des optiques argentiques d’antan.

Industrial sunset – Sony A7 III, 7Artisans 50 mm f/1,05, 50 mm, f/4, 1/500s, 100 ISO

Malgré tout, on regrette le manque d’homogénéité de cet objectif. Même en fermant le diaphragme, le piqué reste assez mou et les bords demeurent indigestes. Mais ce point est surtout gênant sur les sujets les plus éloignés, et moins sur des sujets situés à courte ou moyenne distance (pour des portraits notamment).

Enfin, si la finition en métal s’avère satisfaisante, cette optique demeure lourde et peu agréable à transporter. Mais surtout, on déplore certains problèmes de conception particulièrement gênants. Ainsi, on observe un souci de front focus, lié à un focus peaking très imprécis : trop souvent, on se retrouve avec des clichés où la mise au point est erronée. De même, le réglage à l’infini est très délicat, tant la bague de mise au point est souple.

S’il demeure perfectible sur bien des points, il permet cependant de diversifier et d’enrichir considérablement sa pratique photographique, en jouant avec le bokeh et les (nombreuses) aberrations optiques. Et de ce point de vue, le but de 7Artisans est parfaitement rempli.

Le 7Artisans 50 mm f/1,05 est disponible chez Digixo au tarif de 489 € en monture Sony E, Nikon Z, Canon RF et en monture L (Leica, Panasonic, Sigma). Il est également proposé sur Amazon à 535 €.

Pour ce test, nous avons ajouté un critère supplémentaire, basé sur la “personnalité” des images capturées. Parfaitement subjectif, ce critère vise à évaluer la possibilité offerte par l’objectif à capturer des images plus créatives en jouant avec le bokeh et avec les différentes aberrations (flare, images fantômes, etc).

Test 7Artisans 50 mm f/1,05 : un objectif "Bokeh Master" séduisant mais perfectible
Images très agréables à l'œil (beaucoup de caractère)Bokeh ultra-douxOuverture à f/1,05 ultra-lumineusePrix assez raisonnable
Poids élevéManque d'homogénéitéBagues trop souplesFocus peaking très imprécis - risque de décalage de la mise au pointAbsence de communication entre le boîtier et l'optique
7.5Note finale
Fabrication / finitions7
Qualité d'image6.5
Ergonomie générale7.5
Personnalité des images9