La photographe Jacquie Maria Wessels réalise des photos de nature morte capturées dans des garages traditionnels à travers le monde. Sa série sera bientôt ajoutée aux collections photographiques du Rijksmuseum d’Amsterdam.

Amsterdam Noord, Nederland – © Jacquie Maria Wessels

Une photographie de nature morte contemporaine

Depuis le milieu des années 2000, la nature morte connait un renouveau sur la scène photographique. Si elle avait été cantonnée à la photographie publicitaire, elle regagne l’intérêt des photographes plasticiens.

Jacquie Maria Wessels est une photographe néerlandaise, basée à Amsterdam. Elle débute sa carrière photographique en 1981 à Bruxelles avant d’étudier la Psychologie sociale à l’Université Vrije d’Amsterdam. Photographe indépendante et documentaire, ses sujets servent souvent de cadre pour étudier les situations sociales et l’environnement des gens.

Garage Stills intègrera bientôt les collections du célèbre Rijksmuseum d’Amsterdam consacré aux beaux-arts, à l’artisanat et à l’histoire du pays. Sa série a été sélectionnée par Mattie Boom et Hans Rooseboom, les curateurs en photographie du célèbre musée néerlandais. En réaction, la photographe a déclaré en être honorée, alors qu’il s’agit d’une collection internationale majeure de la photographie du XIX et XXe siècle.

© Jacquie Maria Wessels

« Dans ma mise en scène, j’essaie de conjuguer la beauté et la tension de l’inconnu, ou de redécouvrir les objets qui font d’un garage ce qu’il est par le biais d’une nature morte intrigante et picturale.« 

Jacquie Maria Wessels

© Jacquie Maria Wessels

Ce sont l’agencement des formes, les courbes et les couleurs qui attirent l’attention de la photographe. Car Jacquie Maria Wessels isole des combinaisons d’objets dans ses clichés capturés en argentique, et recrée une esthétique coupée dans le réel. En tension avec ces objets inanimés, émane la vie et le caractère d’une présence humaine invisible.

« Par l’acte de photographier dans les garages, j’emporte automatiquement une partie de l’authenticité de l’environnement avec moi. Chaque garage a sa propre identité car les garages sont souvent organisés par leurs propriétaires eux-mêmes, avec leur propre touche personnelle. Le chaos apparent prend naissance de façon organique à travers le projet, alors que le mécanicien sait exactement où ses outils se trouvent », a expliqué la photographe.

Un voyage photographique sur l’histoire des objets

Mais la série Garage Stills ne se cantonne pas aux garages des Pays-Bas. Elle s’immisce dans les garages aux quatre coins du monde. « En photographiant également dans d’autres pays, une couche supplémentaire est créée – les différences ou similitudes culturelles ajoutent alors une dimension supplémentaire aux natures mortes », analyse Jacquie Maria Wessels.

Le spectateur est alors poussé à chercher un sens, à reconstituer les situations au-delà de l’aspect abstrait et coloré des compositions. Par exemple, la dimension culturelle se retrouve dans les petits détails. « Elles peuvent être de petits accents tel un texte russe qui apparait dans un coin, ou, par exemple, dans le travail que j’ai réalisé à Tokyo, une palette de couleurs de la ville qui est reflétée dans la nature morte. » expose la photographe.

Ces photographies s’inspirent du genre cinématographique du film noir et par la peinture européenne de nature morte et s’inscrivent dans le courant de la nature morte contemporaine. Ces objets en tension entre l’inanimé et la vie portent un message en creux, en immortalisant ces espaces résolument humains à l’heure de l’automatisation industrielle.

Garage Stills Tokyo © Jacquie Maria Wessels

© Jacquie Marie Wessels 

Garage Stills, Amsterdam – © Jacquie Maria Wessels

Amsterdam D.S. – © Jacquie Maria Wessels

Vous pouvez retrouver l’ensemble des photos de la série Garage Stills sur le site de Jacquie Maria Wessels.