Laure Fauvel est une photographe et retoucheuse. Elle puise son inspiration aussi bien dans son imaginaire fantastique que dans la peinture classique. Sa série Clair-Obscur est une reproduction moderne 2.0 de ce cycle artistique fait d’ombres et de lumières.

Inspirations opposées

Major de promo, elle est diplômée de la section post-production de la prestigieuse école de photographie Gobelins. Elle y apprend la photographie, la retouche, et décide d’en faire son métier. « C’était très formateur, on était mis en relation avec des professionnels de l’image. C’est au cours de cette formation que j’ai pris conscience que c’était la retouche créative qui m’intéressait ».

Laure Fauvel Clair Obscur

© Laure Fauvel

L’inspiration en photographie est inépuisable. Mais lorsque l’on y ajoute le côté retouche, tout devient réalisableL’imaginaire n’a pas de limite. Et Laure Fauvel en a fait son terrain de jeu. Elle jongle entre imaginaire et reconstitution de tableaux, mettant en scène petits monstres, créatures fantastiques mais aussi natures mortes ou portraits. « Dans tous les cas c’est de la mise en scène. De la post-production avec des monstres comme ma photographie classique », affirme-t-elle.

Les drôles de terreurs de Laure Fauvel 

Laure Fauvel Clair Obscur

© Laure Fauvel

Jeux d’ombres et de lumières

On peut retrouver sa photographie classique dans ses séries Sorcière ou Cévennes, mais aussi dans Clair-Obscur. Rapport direct au style de peinture qui joue du contraste zones claires/zones d’ombres. « C’est un parallèle entre la peinture classique et le Clair-Obscur du XXIe siècle où les personnages ne sont éclairés que par des écrans », explique la photographe pour décrire cette série de clichés.

Laure Fauvel Clair Obscur

© Laure Fauvel

Cette série est l’un de ses travaux réalisés pendant ses études aux Gobelins. C’est une version moderne des œuvres Clair-Obscur de Caravage ou de Rembrandt. « J’aime cette idée d’éclairage artificiel que l’on peut retrouver dans les tableaux. J’essaye de montrer la ressemblance entre l’éclairage à la bougie passé et celle des écrans dans ces pièces noires aujourd’hui », ajoute-t-elle.

Laure Fauvel représente aussi cette évolution à travers la reconstitution d’oeuvre : comme La Madeleine à la veilleusedu peintre français Georges de La Tour. L’artiste laisse un jeu de couleur significatif : « Cette lumière froide vient s’opposer à la lumière réconfortante de la bougie ». Comme si l’Homme n’était éclairé symboliquement ou métaphoriquement que par cette source de lumière.

Souvent seules, au visage morne, ces personnes véhiculent un sentiment de dépression, voire de perte d’humanité. Éclairé par cet écran bleu, les yeux vides et sans émotion, on peut déceler une critique de la surconsommation d’écran dans nos sociétés contemporaines ultra-connectées – et parfois ô combien solitaires.

À gauche, le photographie de Laure Fauvel, à droite la peinture La Madeleine à la veilleuse de Georges de La Tour

Une belle preuve que l’évolution des techniques permet aussi le renouveau de l’art sans le faire dépérir. Une série à retrouver sur son site Internet, sur sa page Facebook et son compte Instagram.