Sony vient d’annoncer le Sony A9 II, deuxième itération de son boîtier hybride professionnel. Incarnant la quintessence du savoir-faire du constructeur japonais, il mise sur un capteur stabilisé sur 5 axes de 24 millions de pixels capable de shooter jusqu’à 20 images par seconde, mais également sur une connectivité accrue et sur une meilleure adaptation aux flux de travail de photographes professionnels de sports et d’actualité. Proposé 5400 € nu, il sera disponible aux alentours du mois d’octobre 2019. Retour sur les caractéristiques du nouveau monstre de Sony.

Ce deuxième semestre est décidément très fourni en nouveautés pour la marque orange et noire. Après avoir dévoilé son nouvel hybride full-frame ultra-défini, le Sony A7R IV, une nouvelle itération de son compact expert, le RX100 VII, ainsi que deux nouveaux hybrides à capteur APS-C, les A6100 et A6600, Sony revient en force et dévoile son nouveau boîtier très haut de gamme, le Sony A9 II.

Il y a tout juste 2 ans, Sony avait fait couler beaucoup d’encre en dévoilant le Sony A9, un boîtier hybride venant concurrencer frontalement le duopole formé par les Canon EOS 1DX Mark II et Nikon D5. Doté d’un capteur de 24,2 millions de pixels stabilisé sur 5 axes, d’un obturateur électronique capable de shooter jusqu’à 1/32000e de seconde et d’une rafale pouvant monter jusqu’à 20 images par seconde, ce boîtier résolument destiné aux professionnels de l’image venait affirmer les grandes ambitions de Sony sur ce marché habituellement très fermé.

Première prise en main du Sony A9, le mirrorless plein format taillé pour le sport

Voici les caractéristiques principales du Sony A9 II : 

  • Capteur CMOS Full Frame de 24,2 Mpx
  • Processeur BionZ X
  • Monture E
  • Viseur électronique avec écran OLED à 3,7 millions de points couvrant 100% du champ
  • Écran LCD tactile et orientable de 3 pouces avec 1,44 millions de points
  • Autofocus hybride : 693 points (détection de phase) et 425 points (détection de contrastes)
  • Couverture AF à 93 %
  • Plage de fonctionnement AF : de -3 à 20 IL
  • Sensibilité du capteur : 100 – 51 200 ISO (extensible de 50 à 204 800 ISO)
  • Rafale jusqu’à 20 i/s (avec suivi AF/AE) avec obturateur électronique et jusqu’à 10 i/s avec obturateur mécanique / Buffer de 361 images maximum
  • Vitesse d’obturation de 30 s à 1/32000 s
  • Compatibilité RAW 14 bits : oui
  • Vidéo : 4K jusqu’à 30 fps, Full HD jusqu’à 120 fps
  • Stockage : double-emplacement compatible SDHC et SDXC (UHS I et II)
  • Connectivité:
    • Sans fil : WiFi 802.11 a/b/g/n/ac (2,4 et 5 Ghz), Bluetooth 4.1, NFC,
    • Filaire : USB-C 3.2, micro HDMI, prise casque 3,5 mm, griffe porte-accessoire, prise télécommande
    • Port Ethernet Gigabit
  • Batterie : NP-FZ100
    • Autonomie photo : 500 clichés (viseur électronique) ou 690 clichés (visée par l’écran)
    • Autonomie vidéo : 110 minutes (viseur électronique) ou 120 minutes (visée par l’écran)
  • Rechargement via port USB-C : oui
  • Dimensions : 128,9 x 96,4 x 77,5 mm
  • Poids : 678 grammes (avec batterie et carte mémoire)

Ergonomie et construction améliorés

D’après son constructeur, le Sony A9 II bénéficie d’une ergonomie revue : « la position, la taille, le toucher et la réactivité des boutons et molettes ont été améliorés pour permettre une manipulation sans quitter l’œil du viseur », indique la marque japonaise. Le bouton « AF-ON » doit ainsi se montrer légèrement plus gros.

En outre, Sony indique avoir perfectionné le joystick et a ajouté un système de verrouillage de la mollette de compensation d’exposition. Enfin, la mollette arrière ainsi que l’inclinaison du déclencheur sont censés avoir été améliorés pour un meilleur confort sur le terrain.

Mais le Sony A9 II profite également d’une meilleure résistance à la poussière et à l’humidité. Il reprend en effet la structure du boîtier de l’A7R IV : l’étanchéité est censée avoir été renforcée « à tous les points de jonction du boîtier ainsi qu’au niveau du capot de compartiment de la batterie et des slots SD », d’après le constructeur.

Capteur CMOS de 24,2 Mpx rétroéclairé et processeur BionZ X

Le Sony A9 II reprend un certain nombre de caractéristiques de son aîné mais se pare néanmoins de nouveautés intéressantes.

On retrouve ainsi un capteur BSI Exmor RS de 24,2 millions de pixels. Ce capteur de type CMOS empilé rétroéclairé est toutefois muni d’un filtre passe-bas, à la différence de l’A7R IV. Mais ce capteur intègre directement une mémoire DRAM afin de permettre un traitement des données beaucoup plus rapide qu’un capteur « classique ».

Ce capteur est secondé par le processeur BionZ X – le même que celui de son prédécesseur. D’après Sony, la sensibilité s’étend de 100 à 25 600 ISO (avec l’obturateur mécanique) et jusqu’à 51 200 ISO avec l’obturateur électronique. Toutefois, elle pourra être étendue manuellement de 50 à 204 800 ISO (avec l’obturateur électronique uniquement).

D’après les dires de son constructeur, l’A9 II bénéficie d’un nouvel algorithme de traitement d’image, censé réduire l’apparition du bruit numérique « dans les plages de sensibilité moyenne à élevée, tout en améliorant le rendu des détails et la qualité de l’image ». Un point que nous ne manquerons pas de vérifier lors d’une prochaine prise en main du boîtier.

Sony A9 II

Stabilisation sur 5 axes et viseur OLED Tru-Finder à 3,7 millions de points

À l’image de son aîné (et des autres hybrides de la marque), le capteur de ce nouvel A9 II est stabilisé sur 5 axes, et devrait permettre de gagner jusqu’à 5,5 stops.

Mais contrairement à son « petit frère » l’A7R IV, le Sony A9 II ne reprend pas le nouveau viseur électronique OLED Tru-finder UXGA (5,76 millions de points) et doit se contenter d’un écran OLED de « seulement » 3,69 millions de points, offrant un agrandissement sur 0,78x. Le taux de rafraîchissement est toujours personnalisable, de 60 à 120 i/s. Si ce viseur avait fait ses preuves au sein de la première version du A9, il est dommage que la marque japonaise n’ait pas fait profiter ce nouveau boîtier des dernières technologies maison…

De son côté, l’écran tactile dorsal de 3 pouces compte toujours 1,4 millions de points. Cet afficheur est monté sur une double charnière et peut donc être incliné vers le haut ou vers le bas.

Capture rafale à 20 images par seconde avec suivi AE et AF

Grâce à son duo de choc BionZ X et Exmor RS, le nouvel hybride professionnel de Sony offre une prise de vue continue à 20 images par seconde sans voile noir (black-out) en utilisant l’obturation électronique et jusqu’à 10 images par secondes avec l’obturateur mécanique – contre 5 sur son aîné.

Le buffer de l’appareil permet de capturer jusqu’à 239 images RAW et 361 clichés en JPEG. Il descend toutefois à 131 photos RAW non compressées et à 120 images en cas de capture en JPEG+RAW non compressé.

Lors de la visualisation des images en rafale, ces dernières sont groupées afin de ne pas « polluer » vos photos.

Sony A9 II Rafale

À l’instar de son prédécesseur, l’obturateur mécanique permet de déclencheur à une vitesse maximale de 1/8000 s ; toutefois, l’obturateur électronique permet de déclencher silencieusement avec une vitesse maximale de 1/32 000 s.

Sony indique avoir équipé son A9 du même mécanisme d’obturation mécanique que l’A7R IV : ce dernier est en effet équipé d’un système anti-vibration destiné à atténuer au maximum le bruit et les micro-tremblements internes. D’après son constructeur, cet obturateur doit offrir « une durabilité extrême » et serait capable de supporter jusqu’à 500 000 déclenchements.

Autofocus hybride à 693 points

Le Sony A9 II intègre un mécanisme d’autofocus hybride, composé d’un AF 4D Focus à détection de phase de 693 points, sensible jusqu’à -3 IL, couvrant jusqu’à 93 % de l’image (comme son prédécesseur). Mais il dispose aussi d’un AF à détection de contraste de 425 points afin d’accroître la fiabilité et les performances de l’autofocus en basses luminosités ou dans les situations présentant de faibles niveaux de contrastes. A noter que nous avions déjà croisé ce système d’AF hybride sur les récents A7R IV et Alpha 6600.

Naturellement, l’A9 II bénéficie des dernières avancées de Sony en matière d’algorithmes d’autofocus, afin de suivre plus précisément les mouvements du sujet – qu’il s’agisse d’un humain ou d’un animal. L’appareil est ainsi capable d’effectuer jusqu’à 60 calculs par seconde pour les réglages de mise au point et d’exposition automatique.

On retrouve ainsi avec satisfaction le fruit du travail du constructeur japonais, qui a récemment mis à jour ses différents boîtiers pour accroître les capacités de leur autofocus, introduisant notamment le « Real-time Eye AF » et le « Real-time Tracking ». Basé sur l’utilisation d’un mécanisme d’intelligence artificielle, ce procédé permet à Sony d’améliorer la réactivité de ses appareils – alors que ce point était déjà particulièrement bien maîtrisé sur ses derniers hybrides.

Retrouvez ci-dessous un ensemble de photo capturées avec le Sony A9 II (fournies par la marque) :

Vidéo 4K à 30 fps

Davantage orienté photo que vidéo, le dernier-né du constructeur japonais n’en est pas moins capable de filmer en 4K à 30 fps (3840 x 2160 pixels) sur toute la largeur du capteur, sans crop, avec une lecture de la totalité des pixels. Dans la pratique, l’appareil capture des images en 6K et suréchantillonne la vidéo pour une vidéo en 4K de meilleure qualité.

Comme sur son prédécesseur, l’A9 II propose le format Super 35 mm ainsi que la capture en Full HD à 120 i/s jusqu’à 100 Mbits/s.

Là aussi, le nouvel hybride professionnel de Sony tire profit des derniers algorithmes de la marque. À l’instar du A7R IV, il propose le suivi des yeux des humains en temps réel en vidéo (Real-Time Eye AF) et permet de sélectionner l’œil du sujet sur l’écran tactile (fonction Touch Tracking).

En revanche, il fait l’impasse sur le support des espaces colorimétriques S-Log, ainsi que sur les modes HLG. Pour cela, les vidéastes devront sans doute attendre le prochain A7S III, dont l’arrivée n’est pas encore annoncée.

Ils pourront se consoler avec l’interface audio numérique à la griffe porte-accessoire : cette dernière permet de connecter le nouveau micro-canon Sony ECM B1M, ou encore de bénéficier d’un enregistrement du son d’une qualité supérieure grâce à l’adaptateur pour microphones XLR (Sony XLR-K3M).

À l’instar de son prédécesseur, le Sony A9 II est capable d’enregistrer le son en stéréo, mais dispose aussi d’une entrée micro dédiée et d’une prise casque standard (jack 3,5 mm).

Port Ethernet, double slot port cartes SD UHS-II et connectivité accrue

Afin de satisfaire les exigences des professionnels de l’image, Sony a doté son A9 II d’un nouveau port Ethernet Gigabit, capable de supporter le standard 1000BASE-T. Les photojournalistes pourront donc bénéficier d’une vitesse de transfert de leurs fichiers encore plus rapide, mais également plus sécurisé, l’appareil prenant maintenant en charge les protocoles FTPS (SSL ou TLS).

En Wifi, l’appareil bénéficie du support de la bande de 5 Ghz (IEEE 802.11ac) pour des taux de transfert encore plus véloces et moins d’interférences. L’appareil doit également permettre de meilleures performances en prise de vue à distance sur PC et Mac (mode connecté) avec l’application « Remote Camera Tool » avec un lag réduit et un mode Live View plus réactif. Il est également désormais possible de formater la carte SD à distance, de changer les paramètres du serveur FTP ou encore de modifier le support de stockage de destination.

Notons aussi que l’A9 II est doté d’une nouvelle fonctionnalité de mémo vocal : les photographes peuvent ainsi dicter des informations vocales (jusqu’à 60 sec par image) à leurs images : ces mémos vocaux pourront ainsi être écoutés lors de la visualisation des images. Ils peuvent aussi être envoyés en FTP en même temps que les photos, permettant aux photographes de communiquer des informations utiles lors de la diffusion de leurs clichés.

Grâce à l’application « Imaging Edge », il est également possible de transcrire automatiquement ces mémos vocaux en texte et de les ajouter aux métadonnées IPTC des fichiers JPEG. Si cette fonctionnalité fonctionne aussi bien que ne le vante Sony, elle pourrait devenir un allié précieux des photographes de terrain ayant besoin de transférer rapidement des données à leur éditeur qui effectuent le travail de légende des images

Enfin, les deux slots SD sont maintenant compatibles avec la norme UHS-II, un point particulièrement attendu par la communauté des utilisateurs du Sony A9.

L’A9 II reprend la batterie NP-FZ100 de son aîné, d’une capacité de 2 280 mAh. Elle devrait procurer une autonomie d’environ 500 photos avec le viseur et 690 vues par l’écran – une endurance légèrement revue à la hausse par rapport à son prédécesseur. On notera également la possibilité de recharger l’appareil via le port USB-C intégré.

Ce dernier se voit également mis à jour, étant capable de supporter l’USB 3.2 pour des transferts filaires encore plus rapides.

Les propriétaires du Sony A9 de première génération apprécieront de ne pas avoir à renouveler leur stock de batteries. Néanmoins, ils devront troquer leur poignée verticale pour le nouveau grip Sony VG-C4EM – ce dernier étant également compatible avec l’A7R IV.

Sony A9 II

Prix et disponibilité du Sony A9 II

Le Sony A9 II sera disponible en Europe à partir du mois d’octobre 2019, pour un tarif conseillé de 5400 € nu – soit 100 € de plus que le A9 de première génération au moment de sa sortie.

Notre premier avis sur le Sony A9 II

Avec ce nouveau Sony A9 II, le constructeur japonais met à jour son boîtier le plus expert, résolument destiné aux professionnels du sport, de la photo animalière ou de l’événementiel. Si cette nouvelle itération n’est pas une véritable révolution par rapport au A9 de première génération, elle apporte un certain nombre de nouveautés qui visent à corriger certains petits défauts et à équiper l’appareil des dernières technologies maison.

Ses utilisateurs apprécieront notamment le mécanisme d’obturation mécanique amélioré ainsi que la meilleure résistance aux éléments (même si Sony ne parle toujours pas de tropicalisation de son boîtier).

Les photojournalistes devraient également tirer parti des nouvelles fonctionnalités connectées du boîtier : transfert FTP en arrière-plan, gestion des protocoles FTP sécurisés, port Ethernet Gigabit et connexion Wifi en 5 Ghz… Sans oublier la nouvelle fonction de mémos vocaux associés aux photos, et qui peuvent également être transcrits en texte pour être ajoutés aux données IPTC des fichiers envoyés.

Cette nouvelle version du A9 permet à Sony de réitérer sa tentative de prise de position sur le marché des appareils professionnels. Rafale silencieuse à 20 i/s avec suivi AE/AF, algorithmes de suivi du sujet et de détection de l’œil… le constructeur japonais tient la dragée haute à ses rivaux Canon et Nikon – d’autant que ces derniers n’ont pas (encore) dévoilé d’appareil hybride capable de rivaliser avec le boîtier de Sony.

Ce nouvel hybride arrive pile au bon moment pour les Jeux Olympiques de Tokyo, qui doivent débuter le 24 juillet 2020 (56 ans après les premiers Jeux Olympiques organisés au Japon). Ce délai laisse donc le temps aux rédactions de découvrir les capacités de ce boîtier, Sony espérant sans nul doute faire carton plein pour cet événement sportif made in Japan.