Organisée du 8 au 14 octobre 2018, la 25e édition du Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre a de nouveau rendu hommage aux journalistes mettant en jeu leur vie sur le terrain pour rapporter une information indépendante et libre.

Cette édition 2018 proposait des expositions photo poignantes sur lesquelles nous reviendrons dans un précédent article, et qu’il est encore possible de visiter jusqu’au 4 novembre 2018.

Cette année, le jury était présidé par Christiane Amanpour, journaliste à CNN et voici les reportages photo récompensés.

Christiane Amanpour, présidente du Jury Prix Bayeux 2018

Trophée photo / Prix Nikon : Clashes on Gaza’s border de Mahmud HAMS

Le trophée photo du Prix Bayeux, également appelé Prix Nikon (Nikon est partenaire de l’événement depuis 10 ans) a été remis cette année à Mahmud Hams pour l’AFP suite à son reportage Clashes on Gaza’s border en Palestine et réalisé entre février et mai 2018. Le photographe Mahmud Hams avait déjà été récompensé en 2007 à Bayeux avec le Prix Photo et le Prix du Public.

Ludovic Drean, Nikon Pro et Nicolas Poincaré, maitre de cérémonie

Le Palestinien Saber al-Ashkar, 29 ans, lance des pierres durant des affrontements contre les forces israéliennes, le long de la frontière de la bande de Gaza à l’Est de la ville de Gaza, le 11 mars 2018. Les Palestiniens manifestent pour le droit au retour dans leur terre d’origine, désormais considérée comme territoire israélien © AFP PHOTO / MAHMUD HAMS

Le Palestinien Saber al-Ashkar, 29 ans, lance des pierres durant des affrontements contre les forces israéliennes, le long de la frontière de la bande de Gaza à l’Est de la ville de Gaza, le 11 mars 2018. Les Palestiniens manifestent pour le droit au retour dans leur terre d’origine, désormais considérée comme territoire israélien © AFP PHOTO / MAHMUD HAMS

Ce reportage s’intéresse à la « Grande marche du retour » qui regroupe des milliers de Palestiniens le long de la frontière, surtout le vendredi. Ces groupes d’hommes, de femmes et d’enfants défient souvent les soldats israéliens et de nombreux manifestants sont blessés, avec également certains morts.

« Une grande partie de son activité consiste à aller couvrir ces manifestations avec des milliers de Palestiniens qui essaient de forcer les barrières. C’est un combat un peu désespéré », indique Michèle Léridon, Directrice de l’Information de l’AFP. Depuis le début de ces marches en mars 2018, plus de 200 Palestiniens ont été tués. Mahmud Hams a également indiqué que « c’est plus dangereux que jamais : pour les manifestants, mais aussi pour les journalistes qui peuvent être identifiés avec leur casque et leur gilet par balle, mais sont pourtant pris pour cible ». Le photographe a rejoint l’AFP en 2003 et couvre depuis les événements dans la bande de Gaza.

Les 2e et 3e prix ont été attribués respectivement à Laurent Van Der Stockt pour Le Monde avec son reportage La vieille ville de Mossoul : la bataille contre le dernier bastion de Daesh en Irak et à Juan Barreto pour l’AFP avec son reportage Venezuela : anti-government protests.

Prix Photo Jeune Reporter / Prix Capa Press : The Great Exodus de Mushfiqul ALAM

Le prix photo du Jeune Reporter est desserré à Mushfiqul Alam, un jeune photo reporter freelance pour son travail The Great Exodus, sur les Rohingyas. Ce reportage est disponible sur son site internet.

Les Rohingyas marchent à travers la rizière après avoir franchi la frontière à Lomba bill, Cox's Bazar au Bangladesh © Mushfiqul ALAM

Les Rohingyas marchent à travers la rizière après avoir franchi la frontière à Lomba bill, Cox’s Bazar au Bangladesh © Mushfiqul ALAM

Prix du Public photo : The Rohingyas crisis: a harrowing journey de Paula Bronstein

Le Prix du Public, auquel ont été invités à voter un public de plus de 160 personnes vivant principalement dans le département, avait 10 reportages photo à départager, du Venezuela à l’Irak en passant par les Philippines, le Bangladesh, la Palestine ou bien encore le Yémen et la Syrie.

Une Rohingya pleure, traumatisée après des jours de marche, avec peu de sommeil, alors que des milliers de personnes fuyant le Myanmar sont coincées sous un soleil brûlant sur une rizière boueuse attendant d'être admise dans les camps par les gardesfrontières du Bangladesh à Anjuman Para, Cox's. Bazar, Bangladesh le 16 octobre 2017 © Paula BRONSTEIN

Une Rohingya pleure, traumatisée après des jours de marche, avec peu de sommeil, alors que des milliers de personnes fuyant le Myanmar sont coincées sous un soleil brûlant sur une rizière boueuse attendant d’être admise dans les camps par les gardes-frontières du Bangladesh à Anjuman Para, Cox’s. Bazar, Bangladesh le 16 octobre 2017 © Paula BRONSTEIN

Paula Bronstein recevant le Prix du Public Bayeux 2018

Paula Bronstein recevant le Prix du Public Bayeux 2018

Pour cette édition, c’est le reportage The Rohingyas crisis: a harrowing journey, un travail de Paula Bronstein, qui a été récompensé. Réalisé entre septembre et décembre 2017, ce reportage dévoile au grand jour le génocide et la crise humanitaire que vivent les Rohingyas, minorité ethnique musulmane en Birmanie. Depuis fin août 2017, une répression militaire meurtrière a déclenché un mouvement de population de plus de 1,1 million de Rohingyas, fuyant le pays pour le Bangladesh. De nombreuses femmes et enfants ont péri dans ce voyage.

Paula Bronstein vit et travaille à Bangkok pour Getty Images. Son reportage photo montre la détresse et la fragilité des populations forcées de quitter leur pays.

Regard des jeunes de 15 ans 2018 : Kylian Mbappé photographié par Franck Fife pour l’AFP

Depuis 2008, le Prix Bayeux s’adresse également aux élèves de troisième du département du Calvados, mais aussi du monde entier. Pour cette édition, en partenariat avec Nikon et l’AFP, 12 000 élèves ont dû choisir parmi une sélection de 20 photos de l’AFP celle qui symbolisait le mieux le monde d’aujourd’hui.

La photo gagnante est celle de Franck Fife, un portrait de l’attaquant français Kylian Mbappé embrassant le trophée de la Coupe du Monde de football à Moscou. Cette photo a récolté 21% des votes.

Le photographe Franck Fife commente sa photo : « Je suis ravi de recevoir l’adhésion de milliers de collégiens, mais cependant pas étonné que leur choix se soit porté sur l’idole de la génération “deux étoiles”. Personne ne s’y attendait ! Quand l’orage s’est abattu sur le stade, aucun d’entre nous n’était équipé en conséquence. De mémoire, c’était la première fois que je prenais une douche de près d’une heure et demie ; sans interruption. »

Pour découvrir le palmarès complet de cette 25e édition du Prix Bayeux, rendez-vous sur cette page.