En présence de 350 journalistes du monde entier, la 25e édition du Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre ouvre ses portes. L’évènement se tiendra du 08 au 14 octobre 2018 et rend hommage aux reporters de guerre, « ces photographes qui travaillent dans des conditions périlleuses pour nous permettre d’accéder à une information libre » déclarent les organisateurs.

Des projections-débats sont prévues toute la semaine, avec notamment pour thématiques : « Lybie : Anatomie d’un crime », « Yémen, une guerre à huis clos ». Mais également d’autres rendez-vous comme le Forum médias, les Tables rondes. L’association Amnesty international sera présente, ainsi que France Inter qui diffusera ses émissions en direct.

Débats autour des nouvelles formes de communication, immersion dans l’essence du reportage de guerre : cette nouvelle édition est présidée par Christiane Amanpour, journaliste de renommée mondiale, chef du service international de CNN.

© Ali Arkady, Embrassant la mort, 1er prix Photo- Prix Nikon 2017

« À l’heure de l’information en continu, où ce type de reportage a de plus en plus de mal à trouver sa place, où le traitement people prend le pas, le Prix Bayeux offre des témoignages directs d’hommes et de femmes de terrain pour comprendre la réalité quotidienne et les grands enjeux des conflits contemporains, leurs conséquences sur les populations locales et leurs éventuelles répercussions ici. »

Un évènement international à ne pas manquer pour découvrir « un arrêt sur images d’un monde en turbulences » comme le résument Patrick Gomon, Maire de Bayeux ; Jean-Léonce Dupont, Président du Département du Calvados et Hervé Morin, Président de la Région Normandie.

« Raconter la guerre »

Les expositions — qui s’articulent autour du reportage de guerre — mettent en lumière et interrogent la complexité de ce métier à haut risque. À chaque instant les photoreporters, aux premières loges du front de bataille, documentent les enjeux politiques et socioéconomiques de pays en guerre ainsi que l’impact sur les populations civiles.

© Karam Al-Masri, AFP

Cette 25e édition retrace l’évolution de la profession — de la guerre de Crimée au milieu du 19e siècle jusqu’à la guerre de Syrie — prenant en compte les techniques et le matériel de reportage utilisés mais également l’histoire et la motivation de ces hommes et femmes qui risquent leur vie à chaque instant. L’exposition « Raconter la guerre » fera un point sur ce métier depuis les premiers photoreporters envoyés par les médias qui ont vus leurs moyens techniques évoluer rapidement.

Sur les traces de la naissance du métier de photoreporter, l’exposition « Au royaume des insoumis » de Pascal Manoukian, membre de l’agence Capa, est un témoignage saisissant de la résistance afghane à l’invasion de l’Armée Rouge de 1979 à 1989 — il s’agit de 10 ans de reportage photographique dans un conflit majeur du 20e siècle qui a enfanté toute une génération de photojournalistes. Avec « Please Slow Freedom », Yuri Kozyrev-Noor présente son travail sur l’intervention des États-Unis en Irak depuis 2003, et les conséquences des erreurs commises en faisant un parallèle avec la création de l’État islamique.

Au royaume des insoumis ©Pascal Manoukian

© Yuri Kozyrev, Please slow freedom

Lumière sur des guerres de l’ombre

La guerre du Yémen est documentée par plusieurs photographes étrangers et yéménites dans une exposition exclusive. Pays fermé au reste du monde et aux regards extérieurs, divisé entre le nord sous contrôle des rebelles houtistes et le sud, territoire du Président Hadi reconnu par la communauté internationale. Le Yémen — depuis mars 2015 au coeur d’une guerre impliquant les pays du Golfe Arabie Saoudite et Émirats Arabes-Unis, et d’autres acteurs comme des forces yéménites locales, des pays d’Afrique (Soudan, Érythrée entre autres), l’Iran ainsi que les pays occidentaux qui fournissent des armes — est interdit aux journalistes.

République démocratique du Congo © Colin Delfos/e/UNHCR

L’exposition « République Démocratique du Congo : la crise de l’ombre » confronte le regard de deux photographes de guerre — Colin Delfosse et Michele Sibiloni — sur les crises de déplacements au Congo impliquant 4,25 millions de Congolais forcés de quitter les crises et violences du sud du Congo trouvant refuge dans les pays voisins tandis qu’en parallèle plus d’un demi-million de réfugiés issus de pays africains voisins cherchent refuge en République démocratique du Congo.

Venezuela : la chute d’un rêve  © Oscar B. Castillo

Le reporter de guerre Oscar B.Castillo présente « Venezuela : la chute d’un rêve », son travail de plus de 6 ans autour de la documentation des violences au Venezuela. L’état de guerre n’y est pas officiellement déclaré et pourtant le pays est témoin d’une véritable fracture sociale et d’une rupture socio-politique. Le photoreporter donne un aspect intimiste à ses photographies en se concentrant sur l’histoire de sa famille.

Photoreporter est un métier à risque dans lequel les photographes risquent leurs vies à chaque instant pour documenter les guerres actuelles. L’évènement rendra hommage à la photographe Shah Marai, chef photographe de l’AFP à Kaboul victime le 30 avril 2018 avec 9 autres journalistes d’un double attentat à la bombe, en exposant ses clichés uniques et captivants d’« Afghan lives ».

© Shah Marai, les vies afghanes

La remise des prix aura lieu le samedi 13 octobre, comprenant le Prix de la Presse écrite, le Prix Télévision, le Prix Nikon Photo, le Prix Radio, le Prix Télévision Grand Format (décerné par la Scam), le Prix jeune Reporter, le Prix Image animée (décerné par Arte, France 24 et Bew tv) ainsi que trois prix spéciaux : Prix Ouest-France-Jean Marin (presse-écrite), Prix du public (photo) et le Prix région Normandie des lycéens et des apprentis (télévision).

La majorité des expositions durent jusqu’au 4 novembre 2018, l’occasion de les découvrir si vous ne pouvez pas venir au festival.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du Prix Bayeux.

Informations pratiques :
Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre
à Bayeux
Plan des lieux d’expositions
du 08 au 14 octobre 2018
Entrée libre