Haute en couleur, la série Intrusion nous emmène dans un univers feutré très original imaginé par l’artiste Julie Poncet.

Julie Poncet Intrusion

Intrusion © Julie Poncet

Présente au festival l’Émoi d’Angoulême, Julie est auteur-photographe depuis maintenant 5 ans. Après avoir été ingénieur agronome au Maroc, elle a souhaité se tourner vers la photographie, un art qui la suit depuis le collège. « Mes amies s’étaient inscrites au club photo, j’ai suivi le mouvement et pris le virus », nous explique l’artiste.

Surprendre, faire réfléchir, et raconter des histoires sont les activités photographiques principales de Julie Poncet. La photographe s’est confiée à nous et nous parle de son travail : « On pourrait résumer ma démarche ainsi : faire sourire d’abord, surprendre, laisser le temps de décrypter les différents niveaux de lecture, tout en créant quelque chose de visuellement agréable. »

Julie Poncet Intrusion

Intrusion © Julie Poncet

La série Intrusion est totalement dans le thème. Elle nous fait sourire par ses couleurs et son originalité, elle nous surprend avec des contrastes tout aussi colorés et enfin elle nous livre un message : « Cette série parle de la tentative du sujet de tout contrôler dans sa quête de sécurité, qui conduit l’espace à se rétrécir fatalement jusqu’à l’uniformité. »

Julie Poncet Intrusion

Intrusion © Julie Poncet

Inspirée de l’artiste japonaise Yayoi Kusama, Julie a souhaité mettre en évidence les espaces confinés et uniformisés par la répétition des motifs. Pour montrer que ce cocon personnel n’est pas forcément la bonne solution, la photographe rajoute des éléments en contraste avec les tissus identiques. Elle nous explique ainsi sa démarche : « Phobies, addictions, mutations environnementales, résurgences du passé, viennent perturber cette belle ordonnance fantasmée. Dans chaque photo, insidieusement une cigarette, une souris, une vieille tapisserie… s’immiscent pour rappeler la vanité du tout contrôle de notre existence. »

Cette série est une tribune contre la zone de confort et ses dérives comme l’isolement et le rejet de l’autre. La routine nous enferme également dans un environnement trop protecteur qui ne nous permet de pas d’être préparés à des éléments subversifs, menaçant l’ordre habituel et donc notre santé psychique et physique.

Julie Poncet Intrusion

Intrusion © Julie Poncet

La couture pour les robes, le tapissage des murs ou encore l’emballage des éléments de décors ont été fastidieux pour Julie. Trois à cinq jours de préparation sont nécessaires pour couvrir l’espace de tissu. Photo après photo, l’artiste n’a cessé de s’améliorer en emballage et en couture. L’opération est devenue précise : « Je recouvre donc les murs le matin, je photographie le midi pour profiter de la lumière et je remets tout en état dans le milieu d’après-midi, après avoir vérifié que la prise finale est bien là. Je n’aime pas que la prise de vue prenne trop de temps, au-delà d’une heure, c’est que je m’y suis mal prise, que l’idée est mauvaise, qu’il faut revoir le concept ou le visuel en lui-même. »

Julie réalise des autoportraits et aime travailler seule : « J’aime bien tout maîtriser, je prends plus de temps et vais plus à fond dans mes idées lorsque je travaille seule, je n’ai pas l’impression de déranger quelqu’un pour donner vie à mes idées. Il est parfois plus facile de travailler seule que d’essayer d’exprimer ce que j’ai dans la tête. »

Julie Poncet Intrusion

Intrusion © Julie Poncet

Pour voir l’intégralité de la série et bien plus, faites un tour sur le site de Julie Poncet. Vous pouvez encore voir son travail au festival de l’Emoi à Angoulême jusqu’au 29 avril ainsi que celui de Jasmine Durand. Si vous voulez encore des couleurs dans un univers harmonieux, vous pouvez découvrir la série Knitted Camouflage de Joseph Ford.