Pour le festival Circulation(s) du 17 mars au 6 mai, María Moldes nous présente sa série Bloop. Cette jeune photographe espagnole nous en dit plus sur le lieu du shooting, sa passion pour la photographie, son engagement pour l’environnement et ses projets passés et à venir.

Bloop © María Modles

Bloop © María Modles

Née en 1974 en Espagne, María découvre la photographie pendant ses études de psychologie à l’université : « La photographie m’a toujours intéressée. Avant, ce n’était qu’un passe-temps pour moi. Mais il y a un peu plus de quatre ans, j’ai reçu une bourse pour étudier la photographie. C’est à ce moment que j’ai commencé à développer mes différents projets. » nous explique-t-elle.

Gammacity © María Modles

Gammacity © María Modles

María Moldes a une approche spéciale de la photographie puisqu’elle aime la mélanger à des concepts plus ou moins concrets : « J’utilise la photographie comme une façon de m’exprimer. Avec mes clichés je parle des sujets qui me paraissent les plus importants et auxquels je suis sensible comme l’écologie, la cause animale et les humains. Ceux qui m’éveillent le plus de sympathie sont les personnes âgées qui se sentent souvent invisibles à la société » nous explique María.

Gammacity © María Modles

Gammacity © María Modles

Maintenant photographe à plein temps, María Moldes en est déjà à sa troisième série photo personnelle. La première se nomme Gammacity, une série de portraits de personnes âgées capturées au smartphone pour passer inaperçue. Un sujet qui l’a fascine et qu’elle aime particulièrement traiter.

Scenes of Radioactive Life © María Modles

Scenes of Radioactive Life © María Modles

Dans sa seconde série, la photographe emprunte le même concept : photographier incognito des personnes âgées sur la plage grâce à son smartphone. « J’aime utiliser des équipements qui me permettent de photographier sans attirer l’attention. C’est très important que les photos soient prises dans leur réalité » nous confie María.
Loin de tourner au ridicule ces personnes, elle souhaite commenter notre rapport à la vieillesse dans la société moderne et pointer du doigt les effets néfastes d’une exposition trop longue au soleil, d’où le nom de la série, Scenes of Radioactive Life.

Scenes of Radioactive Life © María Modles

Scenes of Radioactive Life © María Modles

Il y a aussi des séniors dans la série Bloop mais le message n’est pas du tout le même. María est allée sur les rives de la Mar Menor dans la région de Murcie. L’endroit s’appelle Lo Pagán et il renferme les secrets d’un bain de boue thérapeutique inédit.

Bloop © María Modles

Bloop © María Modles

A cause en partie de l’affluence touristique venue pour ces bains, l’écosystème de la région – abritant par exemple des flamants roses – est menacé. « C’est un endroit qui devrait être un paradis mais à cause des pressions du surdéveloppement et du gaspillage agricole, il se trouve en grand danger » affirme l’artiste.

Bloop © María Modles

Bloop © María Modles

Le message de la série est donc principalement écologique : « Plus qu’un message c’est un désir qui me traverse parfois l’esprit quand je vois à quel point l’être humain est dévastateur avec son environnement. J’aimerais que quelqu’un nous force à nous arrêter et à faire les choses différemment. C’est pourquoi j’ai fait une allusion au film de 1951 Le jour où la Terre s’arrêtera, créant un écologiste de l’espace venu nous menacer de prendre les rênes de ce monde si nous n’arrêtons pas sa destruction ».

Bloop © María Modles

Bloop © María Modles

Pour pouvoir une nouvelle fois passer inaperçue, la photographe s’est munie d’un appareil photo compact ainsi que d’un téléphone portable. Ensuite commence un long travail d’observation : « J’ai passé des heures parmi mes sujets, prenant des bains de boue et me mélangeant avec eux pour pouvoir bouger librement sans interférer avec leurs attitudes. »

Bloop © María Modles

Bloop © María Modles

Si le travail de María Moldes vous a plu, vous pouvez en voir l’intégralité sur son site et la rencontrer lors de l’inauguration du festival Circulation(s) à partir du 16 mars. L’occasion de rencontrer également Camille Lévêque, Guillaume Hebert, Alma Haser, Giulia Berto et bien d’autres !