Photographier, imprimer, et maintenant filmer. Dévoilé en janvier 2026, le Fujifilm Instax Mini Evo Cinema ajoute la vidéo à la recette Instax, une première pour la gamme.
Le boîtier s’inspire fortement des caméras Super 8. Sa molette applique à chaque clip vidéo (et photo) le rendu d’une décennie, des années 1930 aux années 2020. Une nostalgie assumée, dans l’Instax le plus haut de gamme jamais sorti.
Mais une fois retombée la fièvre du voyage dans le temps, que reste-t-il vraiment ? Assez de cinéma pour mériter le plus cher des Instax, ou un simple mirage rétro ? La réponse dans notre test complet du Fujifilm Instax Mini Evo Cinema.

Sommaire
- Un Instax qui filme : la promesse du Mini Evo Cinema
- Ergonomie et prise en main : un boîtier qui assume l’héritage Super 8
- Sélecteur d’époques : 100 ambiances, du cinéma muet à la génération YouTube
- Qualité photo : le même tandem qu’en 2021
- Vidéo : une première à tâtons sur Instax
- Impression : le look classique instax mini
- Réactivité : une ode à la lenteur
- Application et partage instax mini Evo
- Autonomie, mémoire et connectique
- Fujifilm Instax Mini Evo Cinema : un concept très intéressant, une exécution en demi-teinte
Un Instax qui filme : la promesse du Mini Evo Cinema
Un appareil instantané qui filme : voilà la promesse, aussi inattendue que paradoxale, de l’Instax Mini Evo Cinema. Pour la première fois dans l’histoire d’Instax, un boîtier de la gamme est capable d’enregistrer de la vidéo. On peut ainsi capturer des clips de 15 secondes, que l’on peut fractionner en plusieurs prises pour changer d’angle (ou d’effet) en cours de route.

Mais le véritable cœur du dispositif, c’est le sélecteur d’époques. Une molette propose 10 rendus puisés dans les dernières décennies, des années 1930 aux années 2020, appliqués dès la capture, aux vidéos comme aux photos. Le soin va jusqu’à la bande-son : certains modes ajoutent le ronronnement d’un projecteur à bobines ou les glitchs sonores des premiers enregistrements. L’ambition est claire : transformer n’importe quel instant du quotidien en un petit film au parfum Super 8 vintage, à imprimer et à partager.
Malgré un design inédit, le Mini Evo Cinema reprend le petit capteur 1/5 pouce de 4,9 Mpx des précédents Instax Mini Evo. Il s’agit d’un parti pris technique assez conservateur, que certains jugeront poussé à l’extrême. Comme avec son Fujifilm X Half, la marque assume de faire passer l’expérience avant la fiche technique.

L’appareil s’inscrit dans la lignée « Evo » de Fujifilm, ces hybrides qui marient capture photo numérique et impression instantanée. Après l’Instax Mini Evo (2021), puis l’Instax Wide Evo (2025), l’Instax Mini Evo Cinema pousse le curseur d’un cran avec la vidéo.
Mais cette montée en gamme se paie. Le Mini Evo Cinema est lancé à 379 €, contre 199 € pour le Mini Evo et 349 € pour le Wide Evo, tous deux privés de fonction vidéo. Fujifilm signe là son Instax le plus cher et place donc la barre des attentes très haut.

Voici les caractéristiques de l’Instax Mini Evo Cinema, comparées à celles du Mini Evo :
| Instax Mini Evo Cinema | Instax Mini Evo | |
|---|---|---|
| Capteur | CMOS 1/5 pouce, 5 Mpx | CMOS 1/5 pouce, 5 Mpx |
| Objectif | équiv. 28 mm f/2 | équiv. 28 mm f/2 |
| Définition photo | 2560 x 1920 px | 2560 x 1920 px |
| Vidéo | 600 x 800 px à 24 fps (1080 x 1440 en époque « 2020 » + microSD) | non |
| Plage ISO | 100 à 1600 (auto) | 100 à 1600 (auto) |
| Obturation | 1/4 s à 1/8000 s (auto) | auto |
| Écran | LCD 1,54 pouce, 170 000 pts | LCD TFT 3 pouces, 460 000 pts |
| Viseur | accessoire fourni | non |
| Effets | 10 époques x 10 intensités | 10 filtres x 10 optiques |
| Audio | effets sonores par époque | non |
| Impression | Instax Mini, 318 dpi | Instax Mini, 318 dpi |
| Mémoire | interne (~50 photos / 10 clips) + microSD jusqu'à 256 Go | interne (~45 photos) + microSD |
| Connectivité | Bluetooth, Wi-Fi | Bluetooth |
| Charge | USB-C | micro-USB |
| Batterie | Li-ion non amovible, ~100 tirages | Li-ion non amovible, ~100 images |
| Dimensions (L x H x P) | 39,4 x 132,5 x 100,1 mm | 87 x 123 x 36 mm |
| Poids | environ 270 g | 285 g |
| Accessoires fournis | viseur, poignée, dragonne | dragonne |
| Prix au lancement | 379 € (janvier 2026) | 199 € (novembre 2021) |
Ergonomie et prise en main : un boîtier qui assume l’héritage Super 8
Côté design, l’Instax Mini Evo Cinema reprend (plus ou moins) le format vertical du Fujica Single-8 P300, la caméra 8 mm lancée par la marque en 1965. La prise en main évoque clairement les caméscopes d’antan, avec un déclencheur de type gâchette placé sous l’objectif, à hauteur d’index. L’enregistrement tourne tant que l’on maintient la gâchette enfoncée.


La finition noir et gris offre un rendu assez élégant. Comparé au Mini Evo d’origine qui affichait un assemblage tout plastique, le Mini Evo Cinema nous semble mieux construit, avec une impression de solidité supérieure. On reste sur du plastique, mais l’objet inspire davantage confiance.

Chaque détail joue la carte de l’analogique. Par exemple, la molette de « sélecteur d’époques » émet un clic à chaque cran. Aussi, un levier ressemblant à une manivelle de rembobinage de pellicule permet de lancer une impression instax.

Côté dimensions, l’appareil fait presque 10 cm de large, 13 cm de haut et 4 cm de profondeur pour un poids de 270 g. C’est donc bien plus encombrant qu’un instax Mini classique, et il sera difficile de le transporter dans une poche de pantalon. Pour protéger l’appareil et faciliter le transport, Fujifilm vend un étui de rangement en simili-cuir, disponible à 39 €.

Le boîtier est pensé pour être tenu d’une seule main, à la verticale, ce qui permet d’obtenir des photos ou vidéos au format portrait. C’est aussi assez cohérent avec le public ciblé par cet appareil, adepte des formats verticaux des réseaux sociaux. Un petit miroir placé à côté du flash facilite la prise de selfies ou de (très courts) vlogs.

Au quotidien, le boîtier est agréable à prendre en main , et peut être tenu aussi bien de la main droite que de la main gauche, même si les commandes seront plus facilement accessibles pour un droitier.
Au dos, pas de viseur tunnel comme sur les Instax de base, mais un écran LCD de 1,54 pouce (170 000 points). C’est petit, voire très petit pour vérifier la mise au point. Avec certains filtres, il est même très compliqué de déterminer ce que l’on vise.

Pour compenser ce manque de visibilité (ou donner un look encore plus « vintage »), Fujifilm fournit un petit « viseur » magnétique à fixer devant le moniteur. Techniquement, c’est une simple loupe (à l’image de celles servant à analyser les négatifs) qui permet de grossir l’écran. C’est pratique pour isoler l’image dans la visée, mais les pixels deviennent très apparents et le champ de vision est réduit, surtout pour les porteurs de lunettes. En bref, la visée n’est clairement pas le point fort de cet Instax Mini Evo Cinema.


Fujifilm fournit également une poignée additionnelle, en plus de deux dragonnes : une pour le viseur, l’autre pour l’appareil. La poignée additionnelle se visse sous l’appareil, via le pas de vis permettant aussi d’utiliser un trépied. Elle vient offrir une meilleure préhension, notamment pour les grandes mains.

Sélecteur d’époques : 100 ambiances, du cinéma muet à la génération YouTube
Les 10 rendus disponibles
Au-delà du design rétro, c’est aussi dans l’aspect créatif que le Mini Evo Cinema se distingue. Sur le côté de l’appareil, une molette « Sélecteur d’époques » propose 10 rendus inspirés des années 1930 aux années 2020, applicables aussi bien aux photos qu’aux vidéos.

Chaque décennie possède sa propre signature visuelle, pour un rendu vidéo (et photo) unique :
- 1930 : grain marqué et tons pâles (monochrome des premières actualités filmées)
- 1940 : rendu colorimétrique très vif, d’inspiration Technicolor
- 1950 : rendu imitant l’enregistrement de l’écran d’un téléviseur N&B
- 1960 : reproduction du rendu des caméras 8 mm
- 1970 : rendu imitant l’enregistrement de l’écran des premiers téléviseurs couleur
- 1980 : imitation du négatif couleur 35 mm, aux tons vifs
- 1990 : look caméscope familial, VHS
- 2000 : rendu des capteurs CCD des premiers compacts numériques
- 2010 : rendu des premiers smartphones avec leurs filtres
- 2020 : rendu net et riche, proche du rendu des smartphones actuels
Intensité et cadres
Une bague « contrôle des degrés » permet d’ajuster l’intensité sur 10 niveaux (de 0 à 9), soit 100 combinaisons possibles. On peut également ajouter différents cadres selon les époques (mire, horodatage, effet de pellicule abîmée, lecteur YouTube, etc.).
Voici les cadres en fonction des époques (degré d’intensité 5) :




















Les différents filtres d’époques sont très intéressants pour personnaliser ses images, mais il faut faire attention à leur intensité. Selon les filtres choisis et surtout le degré d’intensité, le rendu de l’image peut être fortement altéré. Dommage que Fujifilm ne permette pas de désactiver complètement les effets. D’après nos tests, l’image la plus neutre s’obtient avec le filtre « année 2020 » et l’intensité 5.






Ces effets s’appliquent aussi à l’audio. Certains modes ajoutent le ronronnement des bobines ou des artefacts sonores cohérents avec l’époque choisie. Comme pour ses simulations de film, Fujifilm n’a pas cherché à reproduire fidèlement un support précis, mais plutôt à en restituer l’esprit. Nous avons essayé de jouer avec tous les filtres proposés, avec une petite préférence pour le noir et blanc très contrasté des années 1930 et le rendu parfois « teal and orange » des années 1960.
Qualité photo : le même tandem qu’en 2021
Pour le reste, pas de miracle : l’Instax Mini Evo Cinema reprend le couple capteur + optique du Mini Evo. On retrouve un (tout) petit capteur CMOS de type 1/5 pouce de 4,9 Mpx, associé à une optique équivalent 28 mm f/2.


La sensibilité, gérée automatiquement, s’étend de 100 à 1600 ISO, et la vitesse d’obturation varie de 1/4 s à 1/8000 s, là aussi sans intervention possible. On peut seulement ajuster l’exposition en fonction des situations.
Les clichés mesurent 2560 x 1920 pixels et pèsent entre 1 et 1,5 Mo. Sans surprise, ce niveau de définition reste suffisant pour un tirage au format Mini (6,2 x 4,6 cm de surface imprimée), mais guère au-delà. Ne cherchez pas non plus de format RAW.














Affichées sur un écran classique ou recadrées, les images trahissent vite leurs origines. Le niveau de détail est proche d’un téléphone d’entrée de gamme, avec des contre-jours difficiles et une dynamique limitée. En clair, on n’achètera pas cet appareil pour sa qualité photo brute, mais pour l’expérience qu’il propose autour.




L’appareil dispose d’un mécanisme autofocus, bien qu’un peu lent. Le problème principal est que la caméra est très sensible au flou de bougé. Malgré une prise en main assez ferme et des vitesses d’obturation relativement rapides, il n’est pas rare de se retrouver avec une photo totalement ratée, parfois en raison d’une mise au point mal effectuée (celle-ci se fait en appuyant à mi-course sur le déclencheur).




Un petit levier situé sous le sélecteur d’époques permet de zoomer numériquement dans les images. Toutefois, étant donné la faible définition du capteur, il faudra éviter cette fonction, au risque de fortement dégrader l’image.






Vidéo : une première à tâtons sur Instax
La vidéo est l’argument de vente numéro un, et c’est aussi là que l’écart entre la promesse et la réalité technique est le plus net. En mode CINE, l’appareil enregistre des clips vidéo de 15 secondes maximum en 600 x 800 pixels à 24 fps.
Cette définition est très faible pour un appareil qui sort en 2026, à des années-lumière de ce que produit n’importe quel smartphone. C’est ici clairement un objet ludique, pas un outil de production.
Les images sont assez correctes pour être consultées sur l’écran arrière de la caméra, et en fenêtré dans l’application Instax sur smartphone, mais pas vraiment sur un écran d’ordinateur, où la faible qualité des séquences sera dure à ignorer. Mais selon nous, peu d’utilisateurs regarderont ces clips en grand écran.
Le mode haute qualité 1080 x 1440
Un mode « haute qualité » 1080 x 1440 px existe, mais il est doublement bridé. Il est disponible uniquement avec l’époque « 2020 » activée et seulement si une carte microSD est insérée. Dans ce cas de figure, la caméra enregistre simultanément une vidéo « haute qualité » et une séquence en définition classique.








Monter et partager une vidéo Instax
L’application mobile instax mini Evo permet ensuite d’assembler plusieurs clips en une vidéo de 30 secondes (maximum), avec génériques et habillages. La logique est cohérente avec l’esprit « réseaux sociaux » du produit, mais il faut accepter de raisonner en basse définition et en format portrait.






Autre limitation : s’il est possible de copier la vidéo dans la galerie de l’application instax, il n’est pas possible de l’enregistrer dans la galerie d’images de son smartphone (Photos sur iOS, Galerie sous Android).
Pour partager facilement une « vidéo instax », Fujifilm propose d’imprimer une capture de la vidéo, sur laquelle un QR code est appliqué. Ainsi, en flashant ce code, il est possible de visualiser la vidéo, et de la télécharger (exemple de vidéo via ce lien).


On peut égayer ce procédé en appliquant sur les captures imprimées un filtre proposant un rendu d’affiches de films vintage. Notez que les vidéos sont hébergées deux ans sur les serveurs de Fujifilm. Pour ceux qui voudraient éviter le passage par l’impression et simplement scanner le QR code depuis la prévisualisation dans l’application, c’est impossible car le QR code affiché avant impression est factice.
Impression : le look classique instax mini
L’appareil imprime sur film instax mini (sur papier 8,6 x 5,4 cm avec une image de 6,2 x 4,6 cm) avec une résolution de 318 dpi. On peut opter pour les modes Naturel ou Riche (ce dernier offrant des couleurs plus vives).


Pour lancer l’impression, le geste est inspiré de l’argentique : on tourne le levier d’impression à 90 degrés (deux fois), et le tirage se révèle progressivement en 90 secondes environ. Un bouton aurait fait le même travail, mais on ne va pas bouder le plaisir mécanique de la manipulation.


Le niveau d’impression est identique à celui des tirages Instax classiques. Ainsi, malgré certains défauts, on apprécie toujours autant de manipuler et partager les clichés de cette manière plutôt que sur un quelconque terminal électronique. À bonne distance, les images sont tout à fait convaincantes et montrent tout l’intérêt de réunir appareil photo et imprimante instax dans un même boîtier.


Réactivité : une ode à la lenteur
Si vous cherchez un appareil photo ultra-rapide, passez votre chemin. L’Instax Mini Evo Cinema est lent. Pas un peu lent : lent au point d’en devenir parfois frustrant au quotidien.
L’allumage demande un appui long, puis environ 4 secondes avant que l’appareil soit prêt à déclencher. Le passage d’une époque à l’autre via la molette impose une attente du même ordre, icône de chargement à l’appui, comme si le boîtier recalculait tout son rendu à chaque cran. Les bascules entre lecture et prise de vue subissent le même traitement.


À cela s’ajoute une mise en veille agressive, censée préserver la batterie, qui éteint l’appareil après 2 minutes et oblige donc à repasser par la séquence de démarrage. À désactiver dans les menus dès le premier lancement de l’appareil.
Autre ralentissement, une confirmation s’affiche après chaque clip vidéo pour valider sa conservation, sans possibilité de la désactiver. Une étape qui n’apporte rien et ralentit encore l’usage. En photo, l’image capturée reste affichée 3 à 4 secondes après chaque prise, alors même que la revue des clichés est désactivée… mais peut-être est-ce aussi pour nous inciter à l’imprimer ?
Selon nous, Fujifilm utilise le même processeur que sur les autres Mini Evo, et ce dernier commence à dater, tout en étant mis à rude épreuve par les fonctions avancées de la caméra.
Application et partage instax mini Evo
L’appareil s’appuie sur l’application instax mini Evo, en Bluetooth ou Wi-Fi, disponible sur iOS et Android.
Elle permet de piloter l’appareil à distance (pratique pour les selfies et les clips « vlogs »), d’assembler des vidéos, et de transformer le boîtier en imprimante de poche pour n’importe quelle image du smartphone, avec aussi des modèles « affiche de film » à la clé.
Toutefois, l’appairage de l’appareil avec son téléphone n’est pas toujours facile. Cela nécessite de s’y prendre à plusieurs reprises sans vraiment comprendre pourquoi. Un comportement frustrant, que la lenteur générale du système n’arrange pas. Il faut plus de 45 secondes pour télécharger une vidéo de 15 secondes. À l’image de la capture, rien n’est jamais vraiment fluide avec le Mini Evo Cinema.








Au-delà du téléchargement et de l’impression des images réalisées avec la caméra, on peut aussi transférer d’autres clichés depuis son smartphone. Le Mini Evo Cinema se transforme alors en imprimante sans fil à la demande.
Attention, comme évoqué plus haut, il est possible de visionner toutes les images capturées depuis l’application et de les sauvegarder dans la mémoire de cette dernière. Par contre, impossible de les transférer directement dans la galerie de votre smartphone. Ce n’est autorisé qu’avec les clichés que vous avez déjà imprimés. Une sacrée contrainte qui empêche un partage spontané ou rapide.
Il n’est également pas possible de copier les photos de la mémoire interne vers la carte microSD. Les fichiers stockés sur cette mémoire interne ne sont donc pas transférables vers un ordinateur. Mieux vaut donc toujours enregistrer ses photos et vidéos avec une carte insérée.
Autonomie, mémoire et connectique
L’autonomie est annoncée pour environ 100 tirages photo par charge. Sur ce point, nous sommes d’accord. Par contre, l’enregistrement vidéo fait fondre la batterie bien plus vite, au point qu’une batterie externe est recommandée pour filmer au-delà d’une heure. La batterie, non amovible, demande 2 à 3 heures pour une charge complète.


Côté stockage, la mémoire interne accueille environ 45/50 photos ou 10 clips en 600 x 800 px, complétée par un emplacement microSDXC jusqu’à 256 Go, indispensable dès que l’on veut filmer ou photographier « sérieusement » ou viser la définition supérieure en vidéo.
On dispose également d’un port USB-C, mais notez qu’il ne sert qu’à la recharge. Pour transférer ses images et vidéos, il faudra passer par l’application ou un lecteur de carte microSD.
Fujifilm Instax Mini Evo Cinema : un concept très intéressant, une exécution en demi-teinte
L’Instax Mini Evo Cinema est sans doute l’appareil instax le plus original jamais produit par Fujifilm. Mais avant de conclure notre test, encore faut-il s’entendre sur ce que l’on attend d’un tel objet. Le juger sur sa seule fiche technique, ce serait passer à côté de l’essentiel : ce genre d’appareil n’attire pas les gens qui courent après la perfection.
Bien au contraire. Ce qu’ils cherchent, c’est un lo-fi pleinement assumé, une imperfection qui a du caractère, dans un appareil dédié et amusant plutôt que dans un smartphone. De ce point de vue, le minuscule capteur et la vidéo granuleuse en 600 x 800 px ne sont pas des défauts : ils font partie du charme. Le vrai produit, c’est le sélecteur d’époques, le levier d’impression mécanique et la silhouette de Super 8.
Cependant, revendiquer le lo-fi n’excuse pas tout. Il subsiste de vraies limites d’exécution, celles qui frustrent même l’amateur le plus séduit par ce rendu imparfait. On notera bien entendu la lenteur de l’ensemble : au démarrage, au changement d’époque, au passage entre lecture et prise de vue, l’appareil se fait systématiquement attendre, au point de manquer des scènes. Soit précisément l’inverse de ce que promet un appareil instantané censé… saisir l’instant.
À cela s’ajoutent un partage compliqué, une application lente, un appairage capricieux et une autonomie très juste. Rien de tout cela ne fait partie du charme : ce sont de vraies frictions.


Notre conseil final sera donc assez tranché. Achetez-le si c’est l’expérience qui vous attire avant tout : le plaisir de l’objet, l’amusement, le rendu vintage et imparfait, le rituel un brin désuet consistant à capturer puis imprimer, avec la lenteur comme parti pris et non comme défaut. Les amateurs de photo instantanée et les créateurs de contenus en quête d’un objet à part, prêts à lever le pied, y trouveront leur compte.
En revanche, passez votre chemin si vous comptiez filmer ou photographier mieux qu’avec votre téléphone, si vous attendez de la réactivité, ou si 379 € doivent selon vous garantir une certaine qualité technique – encore qu’à ce prix, il n’existe pas vraiment d’alternative sérieuse…. Le Mini Evo Cinema n’est fait pour aucun de ces usages.
Au final, c’est un appareil que l’on a envie d’aimer et qui saura récompenser celles et ceux qui acceptent ses (nombreux) compromis. À condition d’y mettre la patience qu’il réclame.
Le Fujifilm Instax Mini Evo Cinema est disponible à 379 €.
Vous le retrouverez à la Fnac, chez Digit-Photo, MN Photo Video, IPLN, Camara, Panajou, Photo-Univers et chez les revendeurs spécialisés.
Côté budget film, rien ne change par rapport au reste de la gamme : une cartouche de 10 films Instax Mini coûte autour de 10 €, soit environ 1 € par tirage. Le pack de 20 films coûte environ 19 €.




