Annoncé en août 2025 via une campagne de financement participatif, le drone HoverAir Aqua de Zero Zero Robotics aura fait patienter les amateurs de sports nautiques. Initialement attendu pour la fin d’année dernière, ce mini-drone filmant jusqu’en 4K 100 fps et capable de flotter, de décoller et d’amerrir vient tout juste de débuter sa commercialisation globale.
Avec son poids de 249 g et sa promesse d’étanchéité totale, ce drone s’aventure là où la concurrence – DJI en tête – refuse d’aller. Retour sur les caractéristiques techniques de ce modèle atypique.

Sommaire
HoverAir Aqua : comme un poisson dans l’eau
HoverAir, marque du constructeur chinois Zero Zero Robotics, s’est spécialisée dans les drones légers capables de décoller de la paume de la main, sans nécessiter de télécommande ni de smartphone. Les drones misent surtout sur un suivi automatisé du sujet par reconnaissance visuelle (à l’instar de sa gamme HoverAir X1). Avec le nouveau HoverAir Aqua, la marque tente d’appliquer sa formule aux exigences du milieu marin et des sports de glisse.


La principale singularité du HoverAir Aqua réside dans sa conception. Contrairement aux drones traditionnels dont l’électronique redoute la moindre goutte, l’appareil de Zero Zero Robotics affiche une certification d’étanchéité IP67 (ce qui correspond à une protection contre la poussière et une résistance à l’immersion jusqu’à 1 m pendant 30 min). Son châssis adopte une structure tubulaire flottante (orangée) lui permettant de se poser directement sur l’eau.
Plus impressionnant sur le papier : le fabricant l’a doté d’une fonction baptisée Turtle Flip. Théoriquement, si le drone se renverse à la surface en raison du clapot ou d’une vague, il est capable d’actionner ses hélices pour se remettre à l’endroit de manière autonome avant de redécoller.


Le fabricant réussit même à maintenir le poids du drone sous la barre fatidique des 249 g (pour 20,2 cm de long, 20,6 cm de large et 6,25 cm de haut). Cette spécification le classe d’office dans la catégorie C0, simplifiant grandement son usage récréatif.
Sa batterie offre une autonomie maximale théorique de 23 minutes, une valeur classique pour un gabarit si léger, mais qui pourrait fondre rapidement face à des vents contraires et après chaque décollage depuis l’eau.


Capteur 1/1,3 pouce et vidéo 4K 100 fps
Côté image, le HoverAir Aqua embarque un capteur CMOS de 1/1,3 pouce, une taille identique à celle que l’on retrouve sur le DJI Mavic 4 Pro ou le récent DJI Lito 1.
Ce capteur lui permet de filmer en 4K jusqu’à 100 fps, un atout indéniable pour réaliser de beaux ralentis sur les vagues. Zero Zero Robotics intègre les profils de couleur 10-bit HLG et H-Log afin d’offrir une plus grande latitude d’étalonnage. On retrouve un objectif grand-angle 24 mm f/2,55 (en équivalent 24×36). Le drone peut aussi capturer des photos de 12 Mpx au format JPEG. L’enregistrement se fait sur la mémoire interne de 128 Go.


Afin de pallier les contraintes spécifiques des prises de vue maritimes, l’objectif dispose d’un revêtement hydrophobe pour chasser les gouttes d’eau. La lentille frontale dispose également d’un système anti-buée auto-chauffant.


En revanche, l’appareil fait l’impasse sur une stabilisation sur 3 axes (comme sur les drones classiques), s’appuyant à la place sur une nacelle stabilisée sur un seul axe, couplée à une stabilisation numérique et à une compensation d’horizon logicielle (SmoothCapture 3.0). À voir comment cela se comportera lors de sessions d’enregistrement à 55 km/h et avec des bourrasques.
Vol autonome pour le surf, le kayak ou le paddle
Comme certains des précédents modèles de la marque, l’Aqua se veut avant tout une caméra volante très autonome. Le drone dispose de 15 modes de vol automatisés (suivi, orbite, spirale, etc.) optimisés pour le surf, le kayak ou le paddle. Il peut atteindre une hauteur maximale de 120 m.
Un petit écran AMOLED de 1,6 pouce, directement intégré sur le dessus du drone, permet de configurer l’appareil et de visualiser le cadrage sans devoir dégainer un smartphone au bord de l’eau.
Pour le contrôle à distance, le drone est accompagné de la télécommande Lighthouse, un bracelet étanche assurant une liaison entre l’utilisateur et la machine. Le drone peut suivre la position géographique du bracelet et revenir automatiquement vers lui si la liaison s’affaiblit ou si la distance maximale est dépassée (100 m avec le bracelet). Une radiocommande plus classique reste toutefois disponible en option pour ceux qui préfèrent le pilotage manuel (portée annoncée de 1 km).
Face à la concurrence : un segment très spécialisé
Le marché des drones grand public résistants à l’eau est extrêmement restreint. Alors que les leaders du secteur comme DJI évitent soigneusement le milieu marin, les alternatives se comptent sur les doigts d’une main.
On trouve notamment la marque SwellPro avec son SplashDrone 4+. Toutefois, ce dernier joue dans une tout autre catégorie : massif, lourd (plus de 2 kg), onéreux (au-delà de 2000 €) et ciblant avant tout un public professionnel ou industriel.
Le HoverAir Aqua occupe donc un créneau quasiment vierge en proposant une solution prête à l’emploi et compacte pour les sports aquatiques.
Prix et disponibilité du HoverAir Aqua
Après plusieurs mois de retard sur le calendrier initial, le HoverAir Aqua est désormais officiellement disponible à la vente depuis la fin du mois de mai 2026.
Il est proposé sur la boutique officielle de la marque et sur Amazon au tarif de 1299 € pour le pack Basic Combo.
Une version Fly More Combo (incluant des batteries supplémentaires) est affichée à 1499 €.
Enfin, on dispose aussi du Land and Sea Combo, avec des batteries et des télécommandes classiques pour 1699 €.
Notez que, pour une durée limitée, toute commande passée sur le site du constructeur s’accompagne d’une batterie supplémentaire offerte. Par ailleurs, les prix affichés actuellement semblent réduits de 20 % et sont donc susceptibles de grimper ultérieurement.


Notre premier avis sur le HoverAir Aqua
Le HoverAir Aqua est un produit de niche assez intrigant. En combinant un poids inférieur à 249 g, un capteur de bonne taille et la prouesse de pouvoir se poser sur l’eau, Zero Zero Robotics apporte une réponse concrète aux surfeurs et amateurs de nautisme.
Toutefois, ce positionnement exclusif se paie au prix fort. À 1299 €, l’Aqua se révèle presque deux fois plus onéreux qu’un DJI Mini 5 Pro, tout en faisant l’impasse sur une stabilisation mécanique poussée, pourtant indispensable pour gommer les mouvements les plus brusques.
Par ailleurs, son poids plume, s’il constitue un véritable atout réglementaire, reste un facteur limitant face aux fortes rafales côtières. Quoi qu’il en soit, l’innovation technique est indéniable et la proposition particulièrement intéressante pour les spécialistes de l’eau.



