Interview Michael Lafrasse (Tas2cailloux) : du Sony plein format à l’OM-1 Mark II

Des sommets enneigés aux lacs d’altitude, Michael Lafrasse – alias Tas2cailloux – traque depuis près de dix ans les plus belles lumières des Alpes. Devenu photographe outdoor à temps plein, ce Grenoblois a construit son univers à force de levers avant l’aube et d’ascensions au petit matin.

Dans cette interview, il revient avec nous sur sa démarche, ses sorties en montagne et les choix matériels qui structurent son travail au quotidien.

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Peux-tu te présenter en quelques mots, nous dire qui tu es, ce qu’est Tas2cailloux, et comment tu es venu à la photographie ?

Moi, c’est Michael Lafrasse, 33 ans, grenoblois. Ingénieur de formation, je me suis mis à la photographie en pratiquant énormément la montagne, avec l’envie de partager mes sorties et de donner envie aux gens de faire de même.

Au départ, mes photos étaient uniquement destinées aux réseaux sociaux (vers 2015), où j’ai créé l’univers Tas2cailloux (compte Instagram mais aussi blog) avec l’idée de faire voyager les gens et de les inciter, à travers mes images, à découvrir ce que la nature a de plus beau à offrir.

Amoureux des grands espaces, je me suis rapidement tourné vers la photographie de paysage, en me formant de manière autodidacte.

Aujourd’hui, je suis photographe outdoor à temps plein. En parallèle de mes contenus sur les réseaux sociaux, je travaille principalement avec des destinations touristiques, des offices de tourisme et des marques outdoor.

Comment décrirais-tu ton style photographique et tes sujets de prédilection ? Y a-t-il une thématique qui te porte plus que les autres aujourd’hui ?

Mon style est très orienté paysage, avec une forte attirance pour les lumières chaudes et une prédominance pour l’hiver, où les contrastes sont souvent plus marqués, notamment au lever et au coucher du soleil.

Si on regarde mon travail, j’immortalise en effet beaucoup ces moments-là. Ce sont des instants particulièrement intéressants en photographie, car la lumière y est souvent exceptionnelle, mais surtout parce qu’ils sont éphémères et imprévisibles.

Chaque sortie est différente, chaque lumière raconte une nouvelle histoire, et c’est justement cette part d’aléatoire qui me passionne.

Tu shootes beaucoup en montagne, autour de Grenoble et au-delà. Comment prépares-tu ces sorties, et quelle place tu donnes au repérage et à l’attente du bon moment ?

J’analyse énormément la météo : différents modèles, cartes satellites, mais aussi, quand c’est possible, l’évolution des webcams, parfois même sur des massifs voisins. Tout cela me permet d’anticiper au mieux les conditions.

Comme je suis souvent en montagne pour les levers et couchers de soleil, je dois maximiser mes chances. Se lever à 4 h du matin pour une ascension de 2 à 3 heures ne peut pas se faire tous les jours.

Malgré toute cette préparation, il faut accepter qu’une photo demande souvent plusieurs tentatives. Derrière une image réussie, il y a souvent 3 ou 4 sorties. Un nuage mal placé ou une lumière différente de celle espérée peut tout changer.

Mais c’est aussi ce qui fait la beauté de la photographie de montagne : cette part de magie et d’imprévu.

Tu es passé du plein format Sony à l’OM System en Micro 4/3. Qu’est-ce qui t’a convaincu de changer de système ?

Le poids et l’encombrement. Le boîtier en lui-même n’est pas forcément beaucoup plus léger, mais ce sont surtout les optiques qui font la différence.

Je cherchais un compromis entre légèreté, fiabilité (dans des conditions souvent extrêmes) et compacité. Je suis de plus en plus amené à photographier dans des conditions difficiles, notamment en hiver, avec des marches d’approche de plusieurs heures, où chaque gramme compte.

Ayant déjà utilisé le Micro 4/3 avant Sony, je connaissais bien cet univers, ce qui a facilité la transition. Aussi, avec les évolutions techniques et les logiciels de post-production, les limites physiques des capteurs Micro 4/3 (montée en ISO, Mpx…) ne sont finalement plus vraiment un problème.

Tu insistes sur le fait que le poids ne se juge pas sur le boîtier mais sur l’ensemble boîtier + objectif. Peux-tu nous donner des exemples concrets, chiffres en main, de ce que tu as gagné en passant de ton ancien setup à ton kit OM System actuel ?

Aujourd’hui, mon combo préféré est l’OM-1 Mark II avec le M.Zuiko Digital 12-100 mm f/4 IS PRO (équivalent 24-200 mm). Je suis à 1,07 kg, avec un encombrement très réduit.

En comparaison, mon ancien setup avec un Sony A7R III et le 24-105 mm f/4 (donc un zoom deux fois moins étendu) était déjà à 1,32 kg.

Sur le papier, cela ne représente « que » 240 g de différence, mais en pratique, je gagne aussi en polyvalence, ce qui m’évite souvent d’emporter un téléobjectif supplémentaire.

Autre exemple : là où j’avais un Sigma 14-24 mm f/2,8 avec le boîtier Sony pour un total de 1,45 kg , je suis aujourd’hui à environ 1 kg avec le M.Zuiko Digital ED 7-14 mm f/2,8 PRO et l’OM-1 Mark II.

Et comme je pars souvent avec deux optiques (7-14 mm + 12-100 mm), le gain total dans le sac dépasse facilement les 600 g. Sans compter l’encombrement.

Quelles sont les fonctions de l’OM-1 Mark II que tu utilises vraiment au quotidien et qui changent ta façon de shooter ? Qu’est-ce qui est essentiel et qu’est-ce qui reste anecdotique pour toi ?

L’OM-1 Mark II a plusieurs fonctionnalités que j’utilise quotidiennement. La première, c’est la stabilisation. Je prends aujourd’hui très rarement un trépied et je shoote presque exclusivement à main levée, même de nuit ou au coucher du soleil.

Pouvoir photographier à 1/4 de seconde avec un 50-200 mm f/2.8 à main levée, dans des conditions de très faible lumière, est vraiment impressionnant.

La stabilisation est aussi essentielle pour le mode ND intégré, qui permet de faire des poses longues sans filtre physique. Bien sûr, pour les puristes, un filtre reste préférable, mais dans mon usage, le rendu est largement suffisant, d’autant plus que les images sont en RAW et permettent donc de retravailler derrière, là où, souvent, les modes intégrés chez d’autres marques sortent un fichier JPG…

Enfin, la tropicalisation (IP53) est un vrai atout. Tempêtes de neige, pluie, orages : le boîtier reste en permanence accessible sur ma sangle Peak Design, prêt à shooter, sans que je me pose la question de la météo.

Tu as aussi un OM-5 Mark II en complément de l’OM-1 Mark II. Comment se répartissent les usages entre les deux boîtiers, et dans quels cas tu pars avec l’un plutôt que l’autre ?

Cela dépend surtout du poids que je peux me permettre d’emporter.

L’OM-5 Mark II est privilégié lorsque je dois partir très léger. Je le couple généralement avec un M.Zuiko Digital ED 8-25 mm f/4 PRO ou un M.Zuiko Digital ED 12-40 mm f/2.8 PRO pour obtenir un kit compact et polyvalent.

Dans les autres cas, et dans environ 80 % de mes sorties, je travaille avec l’OM-1 Mark II.

Tu places clairement les optiques avant le boîtier dans ta hiérarchie. Si on partait de zéro pour un kit dédié à la photo outdoor, par quoi tu commencerais et pourquoi ? Et pour qui souhaiterait se perfectionner ?

Je commencerais par une optique polyvalente, comme le M.Zuiko Digital 12-100 mm f/4 IS PRO ou le M.Zuiko Digital ED 8-25 mm f/4 PRO.

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Le 12-100 mm est mon objectif préféré, car il permet de couvrir une très large plage focale, du grand-angle au téléobjectif, avec une excellente qualité. Cela évite de changer constamment d’objectif, ce qui peut être perturbant au début. On se concentre ainsi sur l’essentiel : la photo.

Dans des environnements plus fermés, comme en haute montagne ou autour des lacs d’altitude, le 8-25 mm f/2.8 est idéal. Il offre un ultra grand-angle tout en restant polyvalent, avec une ouverture confortable pour les conditions de faible lumière.

Pour moi, le boîtier reste secondaire. Aujourd’hui, il existe énormément de technologies, mais le plus important reste de pratiquer, de prendre du plaisir et de développer son regard. Le matériel viendra naturellement en fonction de l’évolution et de la spécialisation de chacun.

Je passe souvent pour un extraterrestre, justement, en étant sur du Micro 4/3, alors que tous les puristes ne parlent plus que de plein format, et même maintenant de moyen format en paysage. À tel point que l’on me compare parfois à un amateur :). Mais pour moi, le plus important, c’est que chaque photo raconte une histoire et surtout qu’elle corresponde au rendu que le client ou soi-même a souhaité. Le matériel n’est pas si important s’il ne correspond pas à ses besoins spécifiques.

Si tu devais donner trois conseils à quelqu’un qui débute en photo de paysage de montagne, ce serait quoi ?

Le premier, c’est de sortir et de faire des photos. Peu importe le matériel, même un téléphone : il faut pratiquer. L’œil se forme avec le temps, et les compositions viennent naturellement.

Le deuxième, c’est de s’inspirer des photographes que l’on apprécie. Essayer de comprendre leurs images, leur composition, leur post-traitement. L’objectif n’est pas de copier, mais d’apprendre et de progresser.

Le troisième, c’est de sortir avec d’autres photographes. C’est extrêmement formateur, car chacun a sa propre vision et cela permet de voir un même paysage sous différents angles.

Et même si ce n’était pas demandé : ne pas regretter. La nature réserve des surprises, parfois bonnes, parfois moins. Les conditions ne seront pas toujours au rendez-vous… mais ce sera toujours une bonne raison d’y retourner.


Merci à Michael Lafrasse d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Pour découvrir son travail et suivre ses sorties en montagne, rendez-vous sur son compte Instagram @tas2cailloux ainsi que sur son site tas2cailloux.com. Vous y trouverez de quoi nourrir votre prochaine envie d’évasion.

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Toutes les photos publiées dans cet article ont été réalisées à l’OM System OM-1 Mark II, avec le 7-14 mm f/2,8, le 12-100 m f/4 m ou le50-200 mm f/2,8. Seule la photo de la cascade, prise en pose longue à main levée au 7-14 mm f/2.8, a été faite à l’OM-5 Mark II.